février 2010

Une âme perdue en rase campagne

Vendredi 19 février 2010 à 18:37 11 commentaires

J’avais eu quelques doutes sur la sincérité du Parti socialiste face à Georges Frêche.
Invitée sur France Inter à débattre avec François Rebsamen, j’avais émis l’hypothèse que le PS pourrait céder à la tentation de ne défendre que très mollement une liste concurrente de celle de Frêche. À l’antenne, F. Rebsamen avait juré ses grands dieux que la page Frêche était tournée et que le PS ferait tout pour le faire battre.
Aujourd’hui dans Le Monde, le même Rebsamen explique qu’il faut soutenir Frêche et que le PS n’y « perdra pas son âme ».

L’Essonne en campagne

Jeudi 18 février 2010 à 10:15 5 commentaires

meeting3

© Arnaud Perrin

Le théâtre de Longjumeau a accueilli mardi soir une grande réunion publique. Nous présentions la liste de la Majorité présidentielle en Essonne pour les élections régionales. J’ai pu présenter chacun des membres de cette liste devant un public très mobilisé.

Il y avait bien du monde dans ma ville mardi soir. Sur scène, un grand nombre d’élus, des députés, des Sénateurs, des conseillers généraux, des maires ; quelques ministres, encore, tous venus dire à l’Essonne combien elle méritait autre chose que la présidence socialiste et verte de la Région. Car nous avons parlé de l’Essonne; de ses territoires urbains et agricoles, de ses habitants si divers, de leurs aspirations, de leurs difficultés. De leurs conditions de vie qui ne s’améliorent pas, des transports qui les épuisent.

Nous avons parlé de l’immense budget de la Région : 4,5 milliards annuels, auxquels s’ajoutent les 6,5 milliards du Stif, chaque année. Un budget qu’augmente une fiscalité de plus en plus folle. De l’argent dont les Franciliens profitent d’autant moins que les dépenses de fonctionnement explosent alors que nous avons avant tout besoin d’investissements. Et de l’argent qui semble parfois ne servir qu’à financer des campagnes de communication de plus en plus mensongères.

Nous avons parlé de la formation en berne, des lycées qui attendent leur rénovation depuis plus de dix ans, de la sécurité qui manque dans les gares. Nous avons parlé vie quotidienne, en exposant nos ambitions pour la région, notre programme.

Lire la suite…

Les mauvais calculs du Conseil général de l’Essonne

Mardi 16 février 2010 à 14:09 34 commentaires

calcul

Dans l’Essonne, le Conseil général que dirigent les socialistes a puisé dans ses fonds pour financer des campagnes de communication hostiles au Gouvernement. Des affiches et des espaces publicitaires, puis des brochures et divers courriers ont été fabriqués et publiés pour servir une campagne caricaturale contre le projet de réforme des collectivités territoriales, au moment où il est discuté au Parlement.

Je m’associe bien sûr aux élus du groupe UMP du Conseil général de l’Essonne pour condamner fermement l’utilisation qui a été faite de l’argent des Essonniens à des fins partisanes. Depuis la fin de l’année 2009, le Conseil général a consacré rien moins que 200.000 euros à cette campagne.

Je soutiens pleinement l’initiative prise par les élus qui viennent de porter plainte auprès du Procureur de la République et de rappeler que le rôle de l’institution départementale n’est pas, comme a pu le croire l’exécutif du moment, de financer une campagne nationale pour le compte du Parti socialiste.

Les collectivités que dirigent les socialistes accablent leurs habitants d’impôts depuis des années. On se demande parfois ce qui est fait de cet argent public. La réponse en Essonne est malheureusement explicite. Le Conseil général avait pourtant une autre campagne à mener, d’intérêt général celle-là : une campagne consacrée à la promotion des métiers en Essonne et des talents de banlieue. Elle n’a pas pu être financée.

Elisabeth Badinter et le féminisme d’aujourd’hui

Vendredi 12 février 2010 à 18:53 95 commentaires

Dans son dernier ouvrage, Le conflit, la femme et la mère, Elisabeth Badinter explique que la condition féminine est entrée dans une phase de régression (depuis les années 80′), et que sous les coups conjoints de la crise économique, d’une idéologie familiale réactionnaire et d’une écologie radicale, la femme est aujourd’hui contrainte d’être une « mère idéale », qui pour se réaliser doit avant tout élever et nourrir ses enfants, entre allaitement obligatoire et purées bios.
L’ouvrage fait une critique savoureuse de ce nouvel idéal maternel qu’on impose aux femmes pour mieux les faire rentrer au foyer.

E. Badinter me cite dans son livre et m’y désigne comme l’une des porte-parole de cette régression de la condition féminine. Je fais en effet partie de celles qui prônent une attention à l’alimentation des enfants, aux soins infantiles ou à la nourriture bio.

Voilà qui m’installe donc à la pointe de la réaction, où convergent selon elle le radicalisme écologique et « l’idéologie naturaliste » qui ne voudrait voir dans la femme qu’une mère. J’ai bien sûr de la sympathie pour la critique qu’E. Badinter fait du « maternalisme », c’est-à-dire de la façon dont la société, celle du pouvoir masculin, réduit la femme à son seul statut de mère. J’en ai d’autant plus que la génération d’E. Badinter a justement donné aux femmes la possibilité, la liberté, d’être autre chose qu’une épouse, autre chose qu’une mère.
Cette génération a combattu pour que les femmes, aujourd’hui, puissent avoir la liberté de choisir, entre la vie de famille et le travail, et la liberté, surtout, de choisir dans le temps, sans exclusion, de pouvoir travailler et de pouvoir être mère, par exemple.

C’est exactement pour cette raison que je ne suis pas convaincue par l’analyse qu’E. Badinter fait de la situation actuelle, et encore moins par ce qu’elle dit du souci environnemental. À ses yeux, l’écologie est un « naturalisme » nécessairement rétrograde, auquel elle demande qu’on oppose un « artificialisme » progressiste. Je trouve cela un peu rapide. Mais il est vrai que je ne suis pas philosophe.

Les femmes d’aujourd’hui sont aussi, pour bon nombre d’entre elles, des mères. Que ces mères aient envie, comme ça a été mon cas, d’allaiter leur enfant, qu’elles le fassent si et quand elles le peuvent, me paraît être une liberté importante. Je ne compte pas m’en priver au motif que Madame Badinter trouverait cela réactionnaire et qu’elle y verrait matière à dénoncer le mythe de la « femme parfaite ».

M’intéressant à la situation des femmes aujourd’hui et aux difficultés qui leur sont faites, je travaille pour ma part sur un certain nombre de questions qui me préoccupent plus que l’allaitement. Je pense notamment à l’évolution du rapport entre les « genres », à la dégradation des relations entre filles et garçons en milieu scolaire, au « plafond de verre » qui bloque les carrières féminines ou encore aux débats actuels autour du voile. De tout cela, dans ce livre « féministe », pas un mot n’est dit.

Une liste à la hauteur des défis de l’Essonne

Mercredi 10 février 2010 à 16:48 8 commentaires

liste regionales essonne

La force d’une campagne, c’est la rencontre d’un projet et d’une équipe. Il faut un bon projet et des candidats dynamiques et talentueux. Cette année en Essonne, j’ai la chance d’être à la tête d’une liste remarquable qui va défendre, le 14 et le 21 mars, un projet régional à la fois ambitieux et responsable.

La liste essonnienne de la majorité Présidentielle est une liste renouvelée, jeune, qui tire sa légitimité de l’action de terrain. Ainsi en-est-il de mon numéro 2, Stéphane Beaudet, 37 ans, maire de Courcouronnes, spécialiste de la politique de la ville, de Véronique Carantois, conseillère régionale sortante, totalement impliquée dans la réflexion liée à la mutation écologique comme à l’avenir de sa commune Chilly Mazarin, ou encore de François Durovray, élu d’opposition de Montgeron et à la pointe de notre action sur les transports.

Une liste qui fait aussi tout naturellement place aux femmes et à la diversité, sans tambour, ni trompette. Une liste avant tout composée d’Essonniens qui connaissent et partagent le quotidien des habitants de la grande couronne. Une liste qui s’est fixée comme unique objectif la qualité de vie pour tous en Essonne avec 4 priorités : les transports, l’emploi, le logement et le développement durable.

En nous rassemblant dès le premier tour, nous avons fait le choix de la transparence et de l’honnêteté sur les hommes comme sur le projet. Pour l’électeur, avoir la garantie de se voir proposer la même liste au deuxième tour, c’est l’assurance de ne pas devenir l’otage des petits arrangements « entre amis » de l’entre-deux tours.

Lire la suite…

IDéNum : petites mises au point

Lundi 8 février 2010 à 18:41 28 commentaires

IDéNum_ordi_avec_clef

Depuis le 1er février, date de la présentation du label IDéNum, j’observe avec intérêt les nombreuses réactions que suscite ce projet sur la toile. Afin de recenser l’ensemble de vos questions, j’ai demandé à mon cabinet de mettre en place une veille de manière à répondre point par point à vos interpellations sur le sujet.
Au-delà des aspects positifs, qui ont d’ailleurs été largement soulignés, j’entends me concentrer sur les points qui font polémique ou qui sont l’objet d’ambiguïtés, voire de confusion.

En guise de préambule, il me semble utile de rappeler les principes clé de cette idée, assez neuve en France, d’identité numérique libre et certifiée. Et, je dis bien « neuve en France », car ce label repose sur un concept qui fonctionne déjà chez nos voisins européens.

L’objectif d’IDéNum est bien de faciliter la dématérialisation de nombreuses procédures, publiques comme privées, qui nécessitent une forte garantie de l’identité de l’internaute. Les avantages sont évidents tant pour les internautes, qui auront ainsi accès à toute une palette de nouveaux services et usages, que pour les partenaires qui pourront mutualiser les investissements et réaliser des économies sur les coûts.
Quant à tous ceux qui voient poindre la menace orwellienne dans IDéNum, je tiens juste à réaffirmer son caractère totalement facultatif.

Pour plus de clarté, j’ai regroupé les questions portant sur :

  • Open ID et sur les systèmes éprouvés à l’étranger
  • Les différences entre le label IDéNum et la carte d’identité électronique
  • Le respect de la vie privée
  • Le système de sécurité
  • Dernière info, toute fraîche, que je vous livre en exclusivité : depuis le début de la semaine, les sociétés Sagem, Orange, Moneo et le Conseil Supérieur du Notariat, ont fait part de leur intérêt pour le projet.

    J’espère que cette lecture vous donnera un éclairage pertinent sur ce qu’est vraiment IDéNum. Toutefois, loin de moi la prétention de faire le tour de toutes vos interrogations en une seule « séance ». J’invite donc tous ceux qui souhaiteraient des éclaircissements supplémentaires à me poster leurs commentaires.

    Lire la suite…

    La contraception : les mots pour apprendre

    Mercredi 3 février 2010 à 14:56 17 commentaires

    contraception

    L’Inspection générale des affaires sociales vient de remettre à la Ministre de la Santé un rapport sur l’IVG, qui fait le bilan de la législation en vigueur et propose un état des lieux.
    Peu réjouissant : un nombre beaucoup trop élevé de femmes, jeunes et moins jeunes, ont encore recours à l’IVG. Un peu plus d’une femme sur trois. Le diagnostic est d’autant plus accablant que 72 % des femmes qui ont eu recours à l’IVG utilisaient un moyen de contraception. Plus la contraception échoue, plus les IVG sont nombreuses.

    Voilà qui n’est malheureusement pas nouveau, et le rapport montre avec précision que la situation est particulièrement difficile dans certaines régions ou certains milieux. Il montre également que le recours par défaut à l’IVG touche aussi bien les femmes adultes que les adolescentes, ce qui n’est pas rassurant. Il va donc falloir mener de nouvelles campagnes publiques et s’adresser en priorité aux jeunes filles, pour qu’elles soient, demain, des femmes plus averties.

    Comme vient de le rappeler Roselyne Bachelot, il faut avant tout améliorer l’éducation sexuelle en milieu scolaire et favoriser l’accès à la contraception. Et si l’IVG s’impose parce que la contraception a échoué, alors il faudra que l’on facilite l’accès aux médecins et aux soins. Les agences régionales de santé auront un rôle important à jouer.

    Il me semble surtout que le message pédagogique est essentiel et qu’il doit être adapté à ses destinataires, pour diminuer le nombre d’IVG et éviter qu’elle tienne lieu de contraception par défaut. Nous avons fait des efforts, en matière de sécurité routière ou d’addictions, pour améliorer l’impact des campagnes d’information sur les adolescents. Et pourtant, ça n’allait pas de soi : l’adolescent se croit immortel. Il faut pouvoir lui dire que boire et enfourcher une moto c’est mourir ou bien ne plus jamais retourner en discothèque que sur un fauteuil roulant. Il faut aller le lui dire dans les collèges, les lycées, les boites de nuit.

    Ma comparaison est un peu brutale, mais je crois que l’éducation sexuelle doit relever un défi semblable : il faut qu’elle puisse s’adresser aux jeunes, filles comme garçons, en trouvant les explications et les messages qui correspondent à leur perception de la sexualité, qui n’est plus celle de leurs parents.