mai 2010

Réforme des retraites : le débat est lancé

Mercredi 26 mai 2010 à 16:53 26 commentaires

J’ai ouvert hier matin la « Convention nationale sur la réforme des retraites » organisée par le Mouvement Populaire. La convention s’est déroulée toute la journée à l’Assemblée nationale, dans une salle comble, de l’ouverture à la clôture. Les places étaient comptées, tout le monde n’a malheureusement pas pu rentrer. Cette convention, comme toutes celles que nous avons organisées depuis deux ans, a montré combien l’UMP vit désormais au rythme du débat.

Hier, les trois tables rondes ont été suivies par des militants et des sympathisants, mais également par un public intéressé par le thème des retraites et attiré par la qualité des intervenants. Nous n’étions pas dans un meeting, mais au cœur d’un véritable débat où des positions différentes, parfois franchement hostiles, ont pu s’exprimer.

Dominique Paillé a modéré les tables rondes et les échanges avec le public, sans se départir de son flegme. Impressionnant, parce que certains échanges étaient vifs. « Nous sommes là pour brasser des idées », disait-il à un moment où la salle s’emportait. Il a tenu bon, et des élus, des acteurs sociaux, des syndicalistes et des économistes ont eu le temps d’exposer leurs vues et de répondre aux questions. Ils ont pu éprouver aussi les réactions de la salle, qui était partagée sur certaines propositions. Le sociologue Louis Chauvel en a fait l’expérience, lorsqu’il a plaidé en faveur de la taxation fiscale des retraités les plus riches. Une bonne partie de la salle protestait ; quelques jeunes semblaient plus séduits. La solidarité intergénérationnelle était mise à l’épreuve, en direct.

La rencontre a été plus qu’enrichissante, parce que les vraies questions ont toutes été posées. J’ai le sentiment que nous avançons. En lucidité, sur les enjeux démographiques comme sur la crise qui frappe le financement des retraites ; en clarté, aussi, sur ce que l’on attend du Mouvement Populaire dans la concertation engagée par le Gouvernement. Nous avons un objectif publiquement assumé, sur lequel Xavier Bertrand a insisté : sauver les retraites par répartition sans diminuer les pensions des retraités. Et sans non plus accabler la prochaine génération en la condamnant à des augmentations de cotisation qui la priveront à la fois d’emplois et de retraites !

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Ne cédons pas à la tentation facile du « Facebook émissaire » !

Vendredi 21 mai 2010 à 10:27 45 commentaires

aperos geants

© Ministère de l’intérieur – DICOM
Photographe DELAMOTTE

Je débute ce billet dans un registre que vous n’attendiez sans doute pas de moi : je vais défendre Facebook ! Il faut avouer que les actualités concernant le plus célèbre des réseaux sociaux se télescopent. On ne parle ces jours-ci que des « apéros Facebook » et de leurs conséquences dommageables.

Je tiens à rappeler tout de suite que le Gouvernement n’a en aucune manière l’intention d’interdire les manifestations conviviales. Comme l’a indiqué mercredi Brice Hortefeux à l’issue d’une réunion consacrée à cette question, si le Gouvernement insiste sur le respect des règles d’organisation, c’est qu’il s’agit là du seul moyen d’éviter la mise en danger de la santé ou de la sécurité des participants. Oui à la fête, non aux drames !
Il ne s’agit pas de paroles en l’air : le décès d’un participant à Nantes la semaine dernière rappelle les risques liés à l’absorption excessive d’alcool.

Les apéros géants « spontanés » constituent l’occasion pour les participants de faire la fête, et il n’y a rien de mal à cela ; l’ennui c’est qu’il n’y a ni service d’ordre ni secours en cas de malaise ou d’accident.

Et Facebook dans tout ça ? Facebook est le médium par lequel les apéros sont lancés. Le réseau social ne porte aucune responsabilité quant à l’organisation de ces événements. Selon la loi (pour ceux qui veulent savoir, c’est la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, LCEN de son petit nom), un service qui donne aux internautes la possibilité de publier des données n’est en rien responsable des contenus ainsi mis en ligne. Il n’a pas d’obligation de surveillance de ces contenus.
Toutefois, si un de ces contenus lui est signalé comme illicite, il doit le retirer, faute de quoi sa responsabilité civile et pénale est engagée.

On ne peut donc pas reprocher à Facebook d’héberger des groupes appelant à organiser des apéros. Tout au plus pourrait-on lui reprocher de ne pas effacer l’invitation à un apéro qui lui aurait été signalé comme illicite, c’est-à-dire qui n’aurait pas fait l’objet d’une déclaration par les organisateurs aux autorités au plus tard 3 jours avant la date prévue, ou qui aurait été interdit par les autorités en raison de risques graves de sécurité.

N’accablons donc pas Facebook sur le thème des apéros géants. Ne l’accablons pas non plus pour une autre affaire dont on parle ces jours-ci, celle de deux personnes qui ont été licenciées par leur employeur pour avoir, sur Facebook et dans le cercle d’échanges privés, critiqué le management de leur entreprise.
Leur dialogue, qui n’était pas public, avait été transmis à l’employeur par un des « amis » ayant accès aux contenus en question.

Là encore, Facebook n’est pas responsable. Cette affaire nous rappelle opportunément que toute donnée mise en ligne sur Internet nous échappe, même lorsque l’on croit qu’elle est réservée à un cercle privé d’amis. Nos « amis Facebook » sont susceptibles de faire de ces données un usage que nous n’avions pas prévu, éventuellement à notre détriment, comme le montre ce litige. On attend avec intérêt la décision du conseil des prud’hommes de Boulogne-Billancourt, initialement prévue pour le 20 mai et renvoyée à une date ultérieure.

Il y a en revanche des reproches plus fondés à formuler envers Facebook concernant la protection des données personnelles.

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Les Ateliers de l’élu 2.0 font des petits

Mardi 18 mai 2010 à 15:41 13 commentaires

Les « Ateliers de l’élu 2.0 » que j’ai lancés à l’automne dernier ont fait salle comble à chacune des sessions : les parlementaires et les élus de tous bords on été assidus et enthousiastes. C’est un succès, parce que les participants étaient nombreux et plus encore parce qu’ils ont fait connaître cette initiative auprès de leurs collègues en France et au Parlement Européen !

Durant les dix sessions, nous avons reçu près de deux cents participants, qui sont venus assister aux ateliers d’introduction puis aux séances pratiques organisées sur différents thèmes et outils. Ces élus sont devenus les porte-parole des outils numériques et ils ont contribué au « buzz » des ateliers. Avec succès, manifestement, puisque plus d’une centaine de comptes ont été ouverts ou réactivés au lendemain des sessions. Et je vois que le groupe socialiste de l’Assemblée nationale a désormais une personne à plein temps en charge de valoriser les députés PS sur Internet.

Ces groupes improvisés rassemblaient des utilisateurs de tous niveaux. Il y avait des parlementaires parfaitement « connectés », comme Alain Lambert ou Pierre Moscovici, qui se sont mélangés à des débutants et les ont guidés. Et des défricheurs, comme Lionel Tardy, qui ont livré des astuces aux plus curieux.

Le plus souvent, les élus se posaient des questions sur le profil des internautes qui visitent leurs pages, pour mieux adapter leurs messages à leurs destinataires virtuels. Les parlementaires ont tous souhaité valoriser leurs échanges avec les administrés de leur circonscription en utilisant les réseaux sociaux. L’avantage de Facebook et de Twitter étant bien sur que les élus qui en font usage savent à qui ils s’adressent. C’est important pour cibler leur discours, pour expliquer leur démarche et surtout poursuivre le débat. Les élus avaient également envie de savoir où trouver sur la toile une veille thématique susceptible de les instruire sur les débats d’opinion. Nous leur avons indiqué des pistes.

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Pour le maintien de l’autonomie des CCI départementales en Ile-de-France

Lundi 17 mai 2010 à 15:47 10 commentaires

CCI Essonne

Un projet de loi visant à réformer les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) a été examiné à l’Assemblée nationale. Cette réforme est nécessaire et attendue.

Cependant, une des dispositions du texte vise à créer une Chambre de Commerce et d’Industrie d’Ile-de-France unique, privant ainsi les chambres départementales de leur statut d’établissement public. Chaque délégation départementale ne pourrait alors plus agir que sur habilitation de l’échelon régional. Autant dire que cet amendement parlementaire, fortement soutenu par la CCI de Paris, mettrait en péril les actions de proximités remarquables des CCI départementales, à l’image de celles menées en Essonne, sous l’impulsion de son président, Gérard Huot.
La CCI Essonne illustre sa performance en se classant ainsi au 8ème rang national sur 143 en termes de bases économiques. Autre écueil dénoncé également par la CCI Seine-et-Marnaise, ce projet de fusion risque d’alourdir les charges pour les entreprises.

J’ai à cœur, avec mon suppléant Guy Malherbe, de soutenir l’autonomie de la CCI de l’Essonne afin qu’elle poursuive son accompagnement au quotidien de toutes nos entreprises locales. Entreprises qui, surtout en cette période de crise sans précédent, ont plus que jamais besoin de s’appuyer sur la compétence des services qu’offre la CCI Essonne.

C’est pourquoi, j’ai personnellement sensibilisé à cette question mon collègue Hervé Novelli, secrétaire d’État qui est notamment chargé du commerce. Guy Malherbe a par ailleurs déposé un amendement visant à maintenir cette autonomie. Bien que l’amendement ait été rejeté, Hervé Novelli s’est engagé en séance à ce « que le schéma retenu au niveau francilien laisse toute leur place à l’Essonne et à la Seine-et-Marne. Cela est possible et réalisable ».

Je me suis toujours battue aux côtés des acteurs économiques de mon département pour défendre au mieux leurs intérêts, car l’emploi sur notre territoire dépend de leur dynamisme. La préservation de l’autonomie de la CCI de l’Essonne est un dossier auquel je suis donc particulièrement attentive. Prochaine étape début juin avec le passage du texte au Sénat : je serai vigilante.

Quand la biodiversité ministérielle réserve des surprises…

Mercredi 5 mai 2010 à 17:08 24 commentaires

volcan

Les cabinets ministériels abritent de temps en temps une biodiversité qui réserve bien des surprises. Contre toute attente, ces milieux sont parfois favorables au développement de spécimens des plus insolites. Derrière les costumes gris et les tailleurs stricts se cachent parfois des crapauds fous, des individus singuliers aux trajectoires étonnantes. J’en ai d’ailleurs plusieurs dans mon équipe. A ce propos, ma directrice de cabinet lorsqu’elle est un peu à cran me reproche même d’en faire l’élevage.

Mais ce billet n’a pas pour objet de vous parler de l’ensemble de ma collection de batraciens cinoques, mais d’un conseiller en particulier, Fabrice Mattatia.
J’ai rencontré pour la première fois Fabrice sur les bancs de Polytechnique. Spécialiste dans les systèmes de sécurité informatique et d’identité numérique, il a rejoint mon équipe au moment de ma prise de fonction au secrétariat d’État à la prospective et au numérique. Mais il a plus d’une corde à son arc : outre la physique quantique, le latin, le droit et le cryptage, Fabrice est également féru de volcanologie, science qu’il a étudiée en tant que chercheur à l’université de Cambridge.

Alors quand l’Eyjafjöll a commencé à cracher ses cendres, Fabrice s’est essayé à synthétiser, à l’usage des profanes, ses connaissances en la matière. J’ai trouvé la note très claire, intéressante, et j’ai eu envie de partager ma toute nouvelle science.

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