Dans un précédent billet, le 17 mai, j’attirais l’attention sur un projet de loi dont l’une des dispositions proposait un regroupement des CCI (les Chambres de Commerce et d’Industrie) franciliennes en une seule et unique CCI d’Île-de-France. La CCI de l’Essonne y aurait perdu son statut d’établissement public. Nous avons souhaité la défendre, parce qu’elle fait un travail remarquable et que son autonomie est la condition d’une action indispensable à notre département, à ses entreprises et à ses emplois. J’ai mené ce combat aux côtés du député Guy Malherbe (qui a rédigé un amendement cosigné par Françoise Briand, Geneviève Colot, Pierre Lasbordes et Franck Marlin) et des sénateurs Laurent Béteille et Serge Dassault. Nous avons tous travaillé avec le président de la CCI, Gérard Huot, et la sauvegarde de l’établissement est acquise. Excellente nouvelle.
juin 2010
De la bioéthique à l’environnement : la recherche de la mesure
Jeudi 24 juin 2010 à 09:49 3 commentairesMardi soir, en compagnie de l’évêque Pierre d’Ornellas, j’ai débattu en la Basilique Sainte-Clotilde sur la bioéthique et le développement durable. Les alentours de Sainte-Clotilde étaient plongés dans une nuit d’été plutôt étrange : non seulement le quartier était calme et vide, comme un soir de défaite, mais dans la rue Las Cases, en lieu et place des voitures, ce sont des fiacres qui stationnaient, avec leurs chevaux au repos. Le tournage d’un film avait renvoyé les abords de la Basilique au XVIIIe s., à une époque où l’équipe de France de Football n’existait pas.
L’évêque d’Ornellas préside le « groupe de travail des évêques » qui a pris une part très active aux débats sur la révision des lois de bioéthique. En juin 2009, les états généraux de la bioéthique avaient lancé ce processus, qui devrait aboutir devant le Parlement en 2011. Le Conseil d’Etat y a apporté également sa contribution, sous la forme d’une étude, et le Comité consultatif national d’éthique a rendu plusieurs avis publics sur les différents objets de la législation.
Le lien entre la bioéthique et le développement durable ne va pas de soi. Il tient bien sûr à la vie, des hommes et des autres vivants, qui est l’objet commun des sciences et des technologies du vivant, et qui est au cœur des réflexions bioéthiques et écologiques. Pour le responsable politique que je suis, ce lien tient surtout à la recherche collective d’une mesure, susceptible d’être instituée. C’était l’un des enjeux, il y a quelques années, de l’inscription du principe de précaution dans la Constitution et de la prise en compte juridique des générations futures. Et ce doit être l’objet de règles d’institutions internationales, à même d’encadrer la recherche et les technologies. Sur le terrain écologique, il faut qu’une organisation mondiale de l’environnement voit le jour. Les questions bioéthiques méritent elles-aussi une réglementation à l’échelle européenne.
Mais du point de vue de l’expertise publique et du débat collectif, la comparaison entre le développement durable et la bioéthique montre un vrai déséquilibre. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui nous sommes collectivement lucides sur les avancées, les risques ou les dangers de la recherche et des techniques médicales, notamment en matière de procréation. C’est d’ailleurs tout l’intérêt et la réussite des états généraux que d’en avoir fait la démonstration : consultations étendues, haut niveau d’information, débats informés et décisions souvent consensuelles. Mais en matière d’environnement, contrairement à ce que l’on pourrait croire, notre lucidité est bien moindre. Notre conscience collective des risques et des bouleversements reste faible, et la « mesure » législative et institutionnelle que nous devrions y mettre en est encore à ses débuts. Voilà une comparaison qui a pu sembler paradoxale, peut-être provocante, mais je suis convaincue que la qualité scientifique de l’information et des débats sur la bioéthique est en avance, et qu’elle pourrait inspirer les initiatives environnementales à venir.
Troublante téléprésence
Lundi 14 juin 2010 à 16:43 24 commentairesMercredi dernier, je me suis retrouvée nez à nez avec des responsables d’entreprises présents physiquement à Londres, à Bruxelles et à la Plaine Saint Denis. Rien d’extraordinaire me diront certains. Après tout, la visioconférence est une pratique de plus en plus courante dans les entreprises implantées dans le monde entier. Oui mais la nouveauté réside dans l’incroyable effet de présence obtenu par la fluidité parfaite de l’image et surtout l’échange des regards, comme dans une rencontre « réelle ».
Dans cette salle de téléprésence, j’avais devant moi trois grands écrans où je pouvais voir en même temps les trois groupes de personnes situés à trois endroits différents. Les caméras sont placées de telle sorte que je pouvais voir leurs yeux lorsqu’ils me regardaient, ce qui est impossible avec un simple ordinateur et une webcam.
Lors de cette téléconférence, nous avons parlé de ce que changent les réseaux dans la vie des entreprises et dans leurs relations avec leurs clients. Cette conférence était elle-même une illustration de ce que la téléprésence permet de faire. Elle évite les multiples déplacements longs et coûteux auxquels doivent souvent recourir les cadres d’une entreprise mondialisée. Cela représente non seulement une économie importante mais aussi un gain évident en terme de développement durable. Je songe aussi à ce que peut devenir le télétravail avec un tel outil. L’équipement d’une salle de téléprésence reste encore cher mais qu’en sera-t-il demain ?
Lorsque chaque foyer sera équipé de très haut débit, il deviendra possible de participer à de vraies réunions de travail interactives tout en restant chez soi. Et je n’oublie pas les possibilités de rencontres avec des parents ou des amis qui habitent loin.
Le sommet international du ballon rond
Jeudi 10 juin 2010 à 19:00 16 commentairesSource : FlickR – shanediaz120
Demain, la Coupe du Monde commence. Les amateurs de football auront les yeux rivés sur les écrans dès 16h00, et les 95 000 places du Soccer City Stadium de Johannesburg sont toutes réservées depuis belle lurette.
La Coupe va durer un mois, et c’est peu dire que le monde entier va la suivre. La question ne se posera même pas de savoir si l’on est amateur de football ou pas : tout le monde saura ce qui s’y passe, d’une manière ou d’une autre. Vous n’y échapperez pas.
Un événement de cette ampleur en Afrique ? Une première. L’Afrique du Sud au cœur d’un tel événement ? Une première. Une rencontre internationale de ce type ? Une première. Mais pourquoi au juste ? Parce que les villes sud-africaines vont accueillir pendant un mois des représentants du monde entier. Des touristes, des amateurs de sport, des supporters, des commerçants, des cadres, des élus, des gouvernants venus de partout. On aura là une sorte de sommet international, dans la durée, dont l’ampleur n’a nul équivalent.
Avec 32 nations représentées, ce sommet sera d’une originalité extrêmement forte et particulièrement instructive pour tous ceux qui s’intéressent aux instances internationales de délibération et de régulation. Ceux notamment qui travaillent avec tant de difficulté au développement d’une gouvernance mondiale de l’Internet, ou bien ceux qui cherchent à créer une organisation internationale de protection de l’environnement.
La FIFA s’apprête à réussir, autour des terrains de football, ce que bien des acteurs internationaux rêvent de réaliser dans leur domaine. Je vous accorde que la paix, la liberté et l’ensemble des enjeux humanitaires et environnementaux ne trouveront pas leur équilibre mondial dans les stades. Mais il n’empêche que va s’ouvrir demain une rencontre internationale pacifique, autour d’une commune activité. Sans qu’un pays l’écrase de son leadership, sans que les pays les plus riches partent avantagés, sans que les règles communes soient disputées. C’est un exemple intéressant, non ?


