En septembre, l’intérêt pour l’école et l’éducation est toujours soutenu. C’est le moment où paraissent les classements internationaux, les indicateurs de l’OCDE, qui permettent d’apercevoir les particularités de notre système éducatif, et un certain nombre d’études sur la vie des élèves.
L’une d’entre elles m’a frappée : réalisée par l’Association de la fondation étudiante pour la ville, elle porte sur le rapport difficile que les collégiens des milieux populaires ont avec l’école : plus des trois-quarts d’entre eux y vont à reculons, une bonne partie des élèves souffrent d’inquiétude, de troubles du sommeil ou de maux de ventre. Ils voient le collège tour à tour comme un lieu d’ennui, d’humiliation ou de violence.
Beaucoup reste à faire pour l’école. Depuis 2007, le Gouvernement a réformé en profondeur l’Université, en la mettant sur la voie de l’autonomie ; il a recentré les programmes du primaire sur les acquis fondamentaux, il a amélioré le niveau de recrutement des enseignants (Master 2) et il a transformé le bac professionnel.
D’autres chantiers viennent d’être ouverts. Celui, indispensable, des « rythmes scolaires » : en France, nous soumettons nos enfants à des journées de travail beaucoup trop lourdes. Le nombre annuel de cours est très élevé par rapport à celui de nos voisins, mais le nombre de jours de cours est très faible. Le résultat de l’équation est simple : nos journées d’école sont épuisantes. Quant aux résultats scolaires de nos enfants, ils sont bien loin d’être les meilleurs de l’Union européenne.
Il faudra bien que l’on prenne un jour la décision de rallonger la semaine, de ne pas s’en tenir mordicus aux « quatre jours » et d’accepter de perdre une ou deux semaines de vacances dans l’année.
D’autres chantiers devraient être ouverts. Celui du collège, avant tout, dont on se dit qu’il pourrait gagner à être plus autonome, avec des équipes pédagogiques plus stables et plus soutenues. Plus accueillant et moins anxiogène pour les élèves ; plus attentif à la variété des parcours et des aptitudes. Nous devons débattre de ces questions, qui concernent tout autant l’institution scolaire que les familles, les pouvoirs publics et, au premier chef, nos enseignants. Sans doute faudra-t-il réfléchir à nouveaux frais à leurs missions et à la manière de revaloriser leurs carrières, dans tous les sens du terme. Ce sont quelques unes des questions dont le Mouvement Populaire traitera à la mi-novembre, lors de son premier grand « Rendez-vous » public, qui sera intitulé « Tout commence par l’éducation ».


