La semaine dernière, j’ai organisé un colloque sur les droits et les libertés dans la société numérique. Le grand amphi de l’institut océanographique au décor délicieusement rétro nous a accueilli pour l’occasion. Il ne s’agissait pas de refaire un énième débat sur la loi HADOPI mais de réfléchir à tout ce qu’Internet change dans notre vie de citoyen: notre façon d’envisager la démocratie et l’espace public mais aussi les moyens de mieux protéger notre vie privée. De nombreux intervenants, venus de différents horizons (journalistes, blogueurs, juristes, parlementaires, responsables d’association…) ont répondu à mon invitation.
Dans la première table ronde intitulé «Internet sert-il la démocratie?», il a été bien sûr question du gouvernement 2.0 et des avancés d’Internet pour mieux prendre en compte les volontés des citoyens. Mais la discussion a surtout porté sur ce que peut être l’espace public numérique. Nicolas Vanbremeersch n’a pas manqué de souligner les apports des blogs et des sites participatifs pour faire progresser l’information et le débat public. Cécile Ostria qui dirige la Fondation Nicolas Hulot a évoqué pour sa part les apports du Web pour faire progresser la cause écologique tandis que Julien Pain, jeune journaliste à France 24 et ancien membre de Reporters sans frontières nous a exposé le rôle de contre pouvoir joué par Internet dans les dictatures, notamment en Iran.
Mais la société numérique, nous le savons bien, n’est pas toujours entre les mains des personnes les mieux intentionnées. C’est pourquoi, dans la deuxième table ronde, nous nous sommes interrogés sur les formes de régulations que l’on peut envisager sur Internet. Nous ne pouvions évidemment pas faire l’impasse sur la loi HADOPI et l’avenir du droit d’auteur. C’est pourquoi nous avons eu droit, sur ce sujet, à un échange assez houleux entre Pascal Rogard qui dirige la société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) et Jérémie Zimmermann l’une des figures de la fronde anti Hadopi. Fort heureusement, il n’y a pas eu de noms d’oiseaux échangés mais quelques huées se sont faits entendre dans l’amphi… Heureusement la loi HADOPI n’a pas occupé toute cette deuxième table ronde. Car la régulation c’est aussi le problème des contenus illicites, celui des échanges d’informations touchant à la vie privée des personnes. En dépit de leurs divergences, les différents juristes présents, Isabelle Falques-Pierrotin, Alain Bensoussan et Corinne Thiérache se sont accordés à dire que les règles ne manquent pas en théorie mais leur application se révèle particulièrement difficile à mettre en œuvre au niveau international avec des pays qui se refusent à faire respecter ces règles. A l’évidence, nous devons encore progresser pour trouver des règles acceptables et applicables par tous à travers le monde…
Nous devons tout autant progresser pour mieux protéger la vie privée des internautes. Ce sujet était au fond le fil rouge de ce colloque. Dès la première table ronde, l’ancien sénateur René Trégoüet s’est lancé dans une mise en garde assez véhémente sur le sujet. A ses yeux il faut trouver le moyen de dissocier l’identité numérique de celle du citoyen pour que ce dernier ne se retrouve pas avec une multitudes de données le concernant qui pourraient être exploitées contre lui. Cette question de la vie privée a occupé l’essentiel des débats de la dernière table ronde portant sur la place d’Internet dans notre République. Un consensus s’est dégagé: il s’agit désormais de mettre en œuvre un véritable droit à l’oubli, autrement dit la possibilité pour chacun d’entre nous de ne plus voir des données personnelles diffusés à tort et à travers sur le net sans son assentiment. Reste à mettre en place les moyens de faire appliquer ce droit à l’oubli. C’est une autre paire de manche… Et ce sera tout l’objet d’un atelier que je vais organiser à la rentrée.


Caroline
22 octobre 2009, 09:03Chère Madame,
Heureuse de découvrir votre blog, après votre page sur Facebook, ou j’y suis déguisée en ‘ Globalmom’, ces réseaux mondiaux américais ( moi qui suis aussi canadienne anglaise) ne me disant rien qui vaille.
Permettez moi de vous inviter, vous et votre staff, à découvrir un ‘ réseau’ que je préfère qualifier de » club » d’un nouveau genre: International Parents, en mode Beta ici: http://www.internationalparents.net/beta
Mis à part sa thématique, ce qui me semble intéressant est sa conception:
- local et global : cad organisé autour de hubs régionaux, à travers le monde
- multilingue et multiculturel, comme ses membres ( et comme les individus!)
- très protecteur de la vie privée de ses inscrits
- avec une visée non lucrative, tout en étant ambitieuse, selon les principes du ‘ social
entrepreneurship’(venus une fois de plus de Californie)
- avec un souci d’esthétique et de chaleur dans son interface
J’espère apporter une autre vision du ‘web social’ ou Web 2.0, une vision ouverte au monde et féminine.
Caroline
22 octobre 2009, 09:09Pour vous y inscrire il vous faut un lien spécifique, que je ne peux diffuser sous la forme d’un commentaire sur ce blog mais je communiquerai volontiers par email.
Je blogue également: sur le Web comme média, sur la communication marketing, et sur la gouvernance d’Internet, ici en français: http://www.sanfranciscoconsult.com/editorials/
Le dernier post est la reprise de votre décalaration conjointe avec Kouchner sur la gouvernance d’Internet.
Et ici en anglais:http://www.sanfranciscoconsult.com/editorials/eng
SUGIER ROLAND
27 octobre 2009, 12:57MADAME LA MINISTRE,
On nous alerte continuellemnt et à juste titre sur les mails demandant vos coordonnées personnelles et coordonnées bancaire (fishing).
OR je viens de recevoir un mail de Fia-Net me demandant de leur adresser photocopie de ma carte d’identité (recto verso) et un document bancaire (chèque barré, rib etc) et cela via des moyens non sécurisés que sont les simples mails et fax.
En faisant quelques recherches sur Internet j’ai constaté que je ne suis pas le seul à avoir reçu ce type de mail et en être étonné. Si on ne répond pas la commande passée avec une
e-entreprise est invalidée.
EST-CE NORMAL ?
En outre, je paye mes commandes avec une e-carte bleue qui est un excellent moyen de protection de mes coordonnées bancaires. En conséquence même si je lui envoyais ces dernières Fia-Net ne pourrait pas faire la vérification que je suis bien le propriétaire de la carte utilisée pour le paiement.
Cependant ,en preuve de bonne volonté, je leur ai envoyé la photo de ma CI qui porte mon adresse, la même que celle à laquelle doit être envoyé l’objet commandé, mais rien en ce qui concerne mes coordonnées nbancaires. Pour le moment ma commade n’est toujours pas validée.
Vouloir protéger les commerçants et les clients c’est bien mais pas par un moyen qui offre aux e-voyous exactement les informations necessaires et suffisantes pour commander et faire payer par d’autres.
Pensez-vous apporter une solution à cette incompatilité entre la protection des données bancaires et la lutte contre les voleurs de coordonnées bancaires.
Respactueuesement R. SUGIER