Elisabeth Badinter et le féminisme d’aujourd’hui

Vendredi 12 février 2010 à 18:53 99 commentaires

Dans son dernier ouvrage, Le conflit, la femme et la mère, Elisabeth Badinter explique que la condition féminine est entrée dans une phase de régression (depuis les années 80′), et que sous les coups conjoints de la crise économique, d’une idéologie familiale réactionnaire et d’une écologie radicale, la femme est aujourd’hui contrainte d’être une « mère idéale », qui pour se réaliser doit avant tout élever et nourrir ses enfants, entre allaitement obligatoire et purées bios.
L’ouvrage fait une critique savoureuse de ce nouvel idéal maternel qu’on impose aux femmes pour mieux les faire rentrer au foyer.

E. Badinter me cite dans son livre et m’y désigne comme l’une des porte-parole de cette régression de la condition féminine. Je fais en effet partie de celles qui prônent une attention à l’alimentation des enfants, aux soins infantiles ou à la nourriture bio.

Voilà qui m’installe donc à la pointe de la réaction, où convergent selon elle le radicalisme écologique et « l’idéologie naturaliste » qui ne voudrait voir dans la femme qu’une mère. J’ai bien sûr de la sympathie pour la critique qu’E. Badinter fait du « maternalisme », c’est-à-dire de la façon dont la société, celle du pouvoir masculin, réduit la femme à son seul statut de mère. J’en ai d’autant plus que la génération d’E. Badinter a justement donné aux femmes la possibilité, la liberté, d’être autre chose qu’une épouse, autre chose qu’une mère.
Cette génération a combattu pour que les femmes, aujourd’hui, puissent avoir la liberté de choisir, entre la vie de famille et le travail, et la liberté, surtout, de choisir dans le temps, sans exclusion, de pouvoir travailler et de pouvoir être mère, par exemple.

C’est exactement pour cette raison que je ne suis pas convaincue par l’analyse qu’E. Badinter fait de la situation actuelle, et encore moins par ce qu’elle dit du souci environnemental. À ses yeux, l’écologie est un « naturalisme » nécessairement rétrograde, auquel elle demande qu’on oppose un « artificialisme » progressiste. Je trouve cela un peu rapide. Mais il est vrai que je ne suis pas philosophe.

Les femmes d’aujourd’hui sont aussi, pour bon nombre d’entre elles, des mères. Que ces mères aient envie, comme ça a été mon cas, d’allaiter leur enfant, qu’elles le fassent si et quand elles le peuvent, me paraît être une liberté importante. Je ne compte pas m’en priver au motif que Madame Badinter trouverait cela réactionnaire et qu’elle y verrait matière à dénoncer le mythe de la « femme parfaite ».

M’intéressant à la situation des femmes aujourd’hui et aux difficultés qui leur sont faites, je travaille pour ma part sur un certain nombre de questions qui me préoccupent plus que l’allaitement. Je pense notamment à l’évolution du rapport entre les « genres », à la dégradation des relations entre filles et garçons en milieu scolaire, au « plafond de verre » qui bloque les carrières féminines ou encore aux débats actuels autour du voile. De tout cela, dans ce livre « féministe », pas un mot n’est dit.

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99 commentaires

  1. Ngombet malewa

    12 février 2010, 19:33

    Badinter c’est l’apogée d’une gauche anarchisante qui ne voit en la société ‘une force oppressive.
    Il faudrait interrogé les motifs profonds de son livre. Pour ma part, le mot « aigreur » lui convient. Vous êtes, Mère, Maire, Ministre et reconnue. Ne vous arrêtez donc pas aux supputations d’une branche sèche. Le loup n’hurle que dans sa solitude.

  2. Jean-no

    12 février 2010, 19:36

    Quand j’ai lu l’interview d’Elisabeth Badinter dans Libé, je me suis demandé si son propos n’avait pas été caricaturé un chouia, réduit comme ça arrive dans ces conditions, mais apparemment non. J’ai bien ri de la dédicace du livre : à Robert (son mari, mais aussi la célèbre marque – qui fut synonyme de biberon comme Frigidaire pour les réfrigérateurs – et par extensions, « les roberts », les seins)
    Au fond elle appartient à une génération précise, qui a combattu pour le droit des femmes par l’égalité : même si elle parle du libre choix, on sent dans ses propos un dégoût violent – allaiter, c’est pour les guenons. Toute femme devrait rêver d’aller travailler du matin au soir sans voir ses enfants de la journée mais pour pouvoir dire « je suis libre ». Mais libre de quoi ?
    Elisabeth Badinter souffre de contradictions idéologiques qu’elle ne peut évidemment pas assumer : elle a passé le Capes et l’agrégation pour faire de la recherche en philosophie et en littérature, elle a choisi de ne pas allaiter (ou de le faire, je n’en sais rien), mais tout ça elle l’a fait par choix, parce qu’elle l’avait un peu plus que les autres : elle possède 10% du capital de Publicis (et avant ça je doute qu’elle ait été à plaindre), et sans doute qu’une mère de famille bien plus pauvre qu’elle confie ses enfants à une crèche ou à une nourrice pour venir épousseter son bureau de philosophe (j’ai du mal à imaginer que Robert Badinter fasse la vaisselle)…
    Je ne critique pas ces contradictions, on ne choisit pas sa naissance et justement, Elisabeth Badinter a toujours essayé de lutter contre ses prérogatives, il n’y a pas beaucoup de multimillionnaires qui interviennent en collèges. Mais il faut bien admettre que certains ont plus le choix que d’autres.
    Je dois quelque chose à la lecture d’Elisabeth Badinter, notamment ce qu’elle a dit sur l’identité masculine dans XY, parce qu’elle a raison : nous ne fonctionnons pas à l’instinct, notre construction sociale et personnelle sont le fruit de nos biographies et de notre culture. Pour autant, les mères n’ont pas à avoir honte d’aimer leurs enfants et je ne vois pas comment on peut accuser les écologistes – les gens qui, au fond, se soucient du futur – d’être rétrogrades (il y a des écolos-rétrogrades sans doute mais comment peut-on généraliser à ce point ?).

  3. Jean-no

    12 février 2010, 19:40

    @Ngombet malewa : Je ne vois pas trop en quoi Élisabeth Badinter est anarchisante ! Je ne pense pas non plus qu’elle soit aigrie.

  4. Lee Hesse

    12 février 2010, 20:02

    La condition féminine, aujourd’hui varie, pour moi, selon le milieu social et le niveau financier des familles. Il est maintenant possible pour certaines de vivre en tant que femme, que mère et qu’épouse!
    Mais la difficulté réside, je le pense, pour toutes ces femmes, cadres ou non, qui vivent seules avec leurs enfants!
    C’est un véritalbe sujet de réflexion.
    Lee

  5. PrometheeFeu

    12 février 2010, 20:07

    Le féminisme a beaucoup change il me semble. Il s’agissait au départ de reconnaitre la personnalité de la femme. De lui reconnaitre les mêmes droits et devoirs que les hommes. Il s’agissait aussi d’un certain naturalisme pour lutter contre les discriminations artificielles. (Une femme est tout aussi capable qu’un homme de diriger une entreprise, participer a la vie de la cite etc et le lui interdire n’a pas de sens) Il s’agissait d’une véritable émancipation. C’est un féminisme dans lequel je me reconnais. Mais aujourd’hui, le féminisme semble vouloir défaire cette émancipation. De la reconnaissance de la femme comme individu responsable, on passe a la primauté d’un principe ou d’une idée de la Femme supérieur a la femme individu. Et cet anéantissement de la femme individu passe par la perte de ses droits, mais aussi de ses responsabilités. On veut interdire le voile intégrale et la GPA au nom de la protection de la femme tout comme on ne veut pas lui imposer la responsabilité que seule elle peut porter quand a l’allaitement de nouveau ne, ou son mode de vie pendant la grossesse. Cette infantilisation subtile me gène profondément. Apres tout, si nous ne faisons pas confiance aux femmes individus pour se protéger elles mêmes, qu’est-ce qui nous empêchera de les protéger un jour de la douleur de l’avortement par exemple?

  6. DAny

    12 février 2010, 20:17

    Sur le voile, très beau texte.

    Après que les plus hautes autorités religieuses musulmanes ont déclaré que les vêtements qui couvrent la totalité du corps et du visage ne relèvent pas du commandement religieux mais de la tradition, wahhabite (Arabie Saoudite) pour l’un, pachtoune (Afghanistan/Pakistan) pour l’autre, allez-vous continuer à cacher l’intégralité de votre visage ? Ainsi dissimulée au regard d’au- trui, vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. Sommes-nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous nous refusiez tout contact, toute relation, et jusqu’à la connivence d’un sourire ? Dans une démocratie moderne, où l’on tente d’instaurer transparence et égalité des sexes, vous nous signifiez brutalement que tout ceci n’est pas votre affaire, que les relations avec les autres ne vous concernent pas et que nos combats ne sont pas les vôtres. Alors je m’interroge : pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous de mandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour, où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble, ce qui fait tant souffrir nombre de femmes là- bas ? En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Sub version, provocation ou ignorance, le scandale est moins l’offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. C’est aujourd’hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer. Elles ne le peuvent pas… Pensez-y.
    Elisabeth Badinter

  7. Guinhut hélène

    12 février 2010, 20:34

    Mme Kosciusko-Morizet, je pense que vous avez mal interprété la position de Mme Badinter. Elle ne condamne en rien les femmes qui font le choix d’allaiter, de faire de la purée maison ou encore de laver les couches-culottes de leurs bébés, ce qu’elle condamne c’est la tendance de notre société actuelle à culpabiliser voir à condamner les mères qui ne le font pas.
    Mme Badinter milite avant tout pour le choix des mères et déplore les discours alarmistes qui soulignent de façon infondée les dangers du lait en poudre, des petits pots en encore de la pilule. Or, ces éléments qui semblent être des détails sont en fait des acquis essentiels qui simplifient la vie des femmes au quotidien. Attention à ces discours naturalistes qui confondent femme et mère! Une femme n’est pas juste une mère, elle est une personne indépendamment de sa progéniture, n’oublions pas cela! Alors laissons le choix aux femmes, laissons le choix aux mères! On peut être une bonne mère sans faire de la purée banane et du tapioca pour bébé!
    Par ailleurs, Mme Kosciusko-Morizet, je ne met en aucun cas en doute vos convictions féministes et je vous encourage à mener un combat pour l’égalité des genres à l’école, contre le plafond de verre ou contre les violences faites aux femmes ( combats trop souvent absent à droite). Néanmoins, gardez à l’esprit que le machisme est insidieux et se glisse dans chaque interstice de notre société. Dans les années 60, les femmes ont pris conscience que savoir qui faisait la vaisselle au sein du couple était un enjeu politique (à ce propos, je vous encourage à relire le livre de Betty Friedan). Aujourd’hui allaiter, ou emmener son enfant au parc sont aussi des choix politiques.
    Les problématiques féministes sont nombreuses mais il me semble inopportun de les hiérarchiser. Veiller à ce que les mères puissent élever leurs enfants librement est un combat aussi noble que celui consistant à lutter contre les violences faites aux femmes.

    Cordialement,
    Hélène G.

  8. do

    12 février 2010, 20:49

    vraiment d’accord avec vous!

    J’ai entendu des femmes dire qu’elles ne voulaient pas allaiter,parce qu »elles n’étaient pas des vaches, et nourrir leurs enfants …au lait de vache! comme si allaiter était hors de l’espèce humaine… C’est la condition d’une relation mieux réussie entre l’enfant et sa mère, et d’une meilleure santé, et ça n’a rien d’aliénant aujourd’hui. Il suffit de l’avoir vécu pour le savoir. C’est comme la mode des cheveux courts et des pantalons pour ressembler aux hommes: je suis heureuse de voir que nombre de jeunes filles préfèrent les cheveux longs et les longues jupes: c’est encore plus une liberté de pouvoir mettre en avant sa féminité.

    Ce qui est plus dommage, c’est que pour des raisons économiques, il y ait encore des femmes qui ne puissent pas choisir d’élever leurs enfants. Car choisir de travailler, elles le peuvent toutes, même si le travail qu’on leur réserve n’est pas toujours très épanouissant ni très payé. Je connais une fille qui travaille 7h par jour aux abattoirs à découper des ailes gauches de poulet: franchement, entre ça et élever ses enfants, si elle avait le choix, je n’ai pas de doute. Quant à moi, je suis instit et ma mère travaillait dans une crèche; je ne l’ai pratiquement pas connue, et j’en garde les stigmates encore aujourd’hui: vraiment, est-ce mieux d’élever les enfants des autres et de confier les siens à des gens moins qualifiés que soi? Je suis convaincue que non.

    Mais je suis sûre que Madame Badinter a eu, elle, la chance d’être élevée par sa mère!!
    Il n’y a que les gens qui n’ont pas souffert (enfants) de l’absence de leurs parents, qui s’imaginent que l’on peut s’en passer.

  9. Chamontin Élisabeth

    12 février 2010, 21:00

    Réponse de , Sarah Blaffer Hrdy, anthropologue et primatologue, membre de l’Académie des Sciences, à Élisabeth Badinter !

    http://tinyurl.com/ylnzqlb

  10. Ngombet malewa

    12 février 2010, 21:27

    @Jean-no Anarchisante par sa critique de la maternité et de son corollaire l’allaitement. Il est clair que la construction d’une société plus forte passe par l’optimisation de la capacité de survie de la progéniture. Est ce que cette optimisation passe par l’allaitement et la nourriture bio? Je crois que oui. Badinter c’est la personnification d’une décadence caviar, ou quand l’abondance nuit à l’acuité réflexive. La science médicale est formelle, l’allaitement limite l’apparition du cancer du sein. Le féminisme à bien d’autres combats à mener, l’égalité des chances et de salaires Homme-femme etcaetera etcaetera !

  11. Antoine

    12 février 2010, 21:39

    Une femme qui raconte des propos aussi désastreux que les actes de son mari: « qui se ressemble, s’assemble »…
    Quant elle nous dis qu’on peut très bien nourrir son nourisson avec du lait artificiel, que c’est aussi bons que le lait maternel je tombe de haut ! Déjà que le lait artificiel est chimique, on sait également que les biberons ont un composé chimique toxique qui tarde à être enlevé, alors prôner ces choses là c’est très fort !
    Comme Jean-No, j’ai crû à une blague en lisant l’interview…mais non…

    Finalement ça ne s’arrange pas chez les Badinter…

  12. Delferrière

    12 février 2010, 22:27

    En tant qu’homme, tout cela m’interpelle.

    Maintenant, réduire la condition des femmes à l’allaitement, est un raccourci cependant réaliste.

    La condition des femmes est à la fois en train de s’épanouir (je ne parle que de la France), avec l’occidentalisation de certaines (en particulier les jeunes femmes émancipées de notre diaspora); mais est en train de s’appauvrir et de régresser pour d’autres avec la perte de certaines valeurs préparées par le mouvement soixante huitard, et l’effondrement de la société civile, la régression économique (qui joue ici un rôle important) , et le déni de l’unité républicaine (j’aurais préféré écrire nationale, mais je suis méfiant quant à son acceptation), et le retour à une société décadente et inculte, pour qui la nouvelle donne de la société ne débouche sur aucun avenir, si ce n’est d’essayer de fonder une famille pour obtenir une sécurité relative.

    L’allaitement au sein est une image réductrice de la condition de plus en plus marginalisée de certaines, pour qui les réalités économiques et sociales et le progrès se réduisent drastiquement, ne laissant d’autre choix que d’accompagner notre société en régression.

    Bien que or de propos, je remarque ici que nous n’avons aucun projet de société, et certainement aucune politique familiale en direction de toutes ces femmes qui courageusement essaient de mener une vie active (souvent sans en avoir le choix) en élevant des enfants (pas toujours par choix).

    Je tire mon chapeau au courage de toutes ces femmes qui tentent d’apporter à leurs enfants, souvent seules dans les différents actes de leur vie quotidienne, une vie d’amour et une présence rassurante et épanouissante.

    Allaiter, oui, à condition de le pouvoir. Si les employeurs, par exemple, appliquaient réellement les textes, ou acceptaient sans rechigner d’accorder les facilités nécessaires à cet allaitement, ce débat serait sans intérêt.

    Si les crèches étaient en nombre suffisants, proches des entreprises, des lieux d’activité, notre société serait beaucoup plus profitables aux femmes, et le débat écologique n’aurait pas lieu d’être.

  13. Jean-no

    12 février 2010, 22:48

    @Guinhut hélène : Elisabeth Badinter milite pour le choix mais en même temps elle range l’allaitement dans l’animalité, qui la dégoûte. Je pense que tout le monde la juge bien en supposant qu’elle est opposée à l’allaitement même si son esprit démocratique l’empêche de le formuler ainsi.

    @Ngombet malewa : j’ai l’impression que vous avez une vision réduite des réflexions d’Elisabeth Badinter, elle n’a rien d’une nihiliste. Sans être vraiment âgée, elle appartient tout de même à une génération qui a connu l’époque où une femme devait avoir la permission de son époux pour travailler ou pour disposer d’un compte en banque, où les femmes n’avaient pas plus de droits que les enfants. Le bio n’est donc pas du tout son affaire.

  14. Georges Dew

    12 février 2010, 23:04

    L’instinct maternel n’existerait pas? Une assertion comme celle la relève de la psychanalyse. Donc mesdames, privez vous du plaisir d’allaiter et messieurs, privez vous de vous occuper de votre petite famille. Pour un homme, le moment du repas d’un bébé allaité naturellement est un moment de sérénité, de calme et de tendresse. Et ces petits bouts de choux grandissent tellement vite !
    Elisabeth Badinter n’est pas une philosophe, c’est une idéologue. Elle décrète unilatéralement un truc et tente de l’imposer à tout prix alors que les faits démontrent exactement le contraire. Espérons que cette histoire la décrédibilisera durablement !

  15. valerie

    12 février 2010, 23:38

    Bonjour

    Il ne s’agit pas de culpabiliser individuellement les femmes qui allaitent.
    Il s’agit de montrer que ce naturalisme, surtout promu par les mags féminins d’ailleurs (on pourrait ici parler de Publicis d’ailleurs), sert encore une fois à culpabiliser les femmes. Après avoir été de super boss, de super amantes, il faut être de super mamans.

    Et quoi ? Demain nous expliquera t on que la machine à laver est polluante et qu’il faut revenir au lavage à la main ?

    « Je pense notamment à l’évolution du rapport entre les « genres », à la dégradation des relations entre filles et garçons en milieu scolaire, au « plafond de verre » qui bloque les carrières féminines ou encore aux débats actuels autour du voile. »
    ah ?
    Pouvez vous alors faire pression au sein de votre gouvernement pour faire abroger la loi sur le racolage passif qui a précarisé davantage les femme prostituées ?
    Pouvez vous publiquement condamner Eric Raoult, membre de votre parti qui a dit « Les viols et les tournantes ne se passent pas par moins 30° mais surtout quand il fait chaud et quand un certain nombre de petites jeunes filles ont pu laisser croire des choses » en 2006 ?
    Pouvez vous faire demander à ce que votre parti applique les lois sur la parité au lieu de payer des amendes ?
    Pouvez vous condamner Devedjian et ses propos sur son adversaire politique ?
    Pouvez vous demander un congé paternel identique à celui pratiqué en Suède ?
    Je peux continuer sur des pages si cela vous intéresse.

    De tout cela, dans votre billet, pas un mot n’est dit.

  16. Jean-no

    12 février 2010, 23:59

    @Georges Dew : au nom de l’instinct maternel, on a souvent rabaissé les femmes à une fonction mécanique, et c’est le combat (légitime) d’Elisabeth Badinter. La nature humaine est très particulière : on peut aimer un enfant avec ce fameux « instinct maternel » (qui se matérialise par des manifestations neurologiques et hormonales mesurables) sans être sa mère biologique mais en étant soeur, grand-mère, parfaite étrangère ou homme (les hommes qui vivent à proximité des enfants ont les seins qui poussent !). Car les humains se relaient à éduquer, le rôle de la mère n’est ni exclusif ni déterminé, contrairement aux petits de diverses espèces.

  17. dwarfpower

    13 février 2010, 09:46

    Quelle est donc cette manie actuelle de remettre en cause la liberté de chacun ?

    Si une femme décide d’allaiter ses enfants c’est qu’elle est la victime inconsciente ou volontaire d’un systèmesexiste. Si une femme décide de se voiler c’est qu’elle est la victime de fanatiques voulant renier son humanité, si quelqu’un souhaite nourrir ses enfants, voire soi même avec des produits bio ,c’est qu’il s’agit d’un doux barge voulant retournert dans sa cabane au sol en terre battue.

    Ce qui est remis en cause ces derniers temps, c’est ce que nous ont apporter les année 70 à 2000, la liberté individuelle dans le respect de l’autre. Arrêtons un peu de stigmatiser toute différence et commençons a vivre un peu plus ensemble – et n’oublions pas que le ensemble c’est la sphère publique, pas la sphère privée….

  18. Segolene Finet

    13 février 2010, 10:14

    Merci pour votre analyse. Je suis d’accord avec vous de tout cœur. On peut travailler, être productive, performante et compétente tout en allaitant. Quelle idée rétrograde de prétendre le contraire ! C’est d’ailleurs ce que prouvent chaque jours les avocates, entrepreneuses, médecins et même ministres (!) qui font le choix de l’allaitement. Les mères allaitantes d’aujourd’hui ne sont pas des opprimées !

  19. jp

    13 février 2010, 10:23

    1) comment peut on dire que la femme est culpabilisée et etre une des actionnaires principale de publicis , la publicité n’est elle pas l’usine de culpabilisation des femmes et encore s’il n’y avait que les femmes mais on culpabilise ausi les enfants dont le papa n’a pas une belle voiture !!!

    definition du conflit d’interet ??

    2) comment peut on dire que la seule facon de faire avancer le feminisme c’est de culpabiliser les hommes .

    ok pour ne pas culpabiliser les femmes , pas ok pour culpabiliser les hommes

  20. Jean-no

    13 février 2010, 10:35

    @Segolene Finet : « On peut travailler, être productive, performante et compétente tout en allaitant »

    Votre vocabulaire me terrifie :-)

  21. mokemo

    13 février 2010, 11:12

    le lait artifiviel n’est pas aussi bon que le lait maternel pour la santé de l’enfant. Cela n’a rien avoir avec un combat féministe. Il y a autre chose à faire.

  22. solal

    13 février 2010, 11:41

    je vous trouve stupide avec vos idées de droite( la femme au foyer , la mère avec ses enfants) E Badinter à un passé qui plaide en sa faveur ( je ne pense pas que vous pouvez en dire autant…
    Solal

  23. Colin

    13 février 2010, 11:52

    Sans doute faudrait-il libérer la femme de l’enfantement
    après l’avoir libérée de l’allaitement
    afin de ne pas passer pour un « naturaliste »

  24. Julie Dep

    13 février 2010, 12:25

    A mon avis vous êtes plutôt proches l’une de l’autre. Le malentendu vient de ces couches jetables que vous vouliez, paraît-il, surtaxer, et dont il est vrai qu’elles allègent le travail des mères. Pourquoi, en effet, ne pas privilégier les couches autodégradables?

    Pour ce qui est du lait, c’est le diktat des sociétés, variable en fonction de ses besoins, qui l’agace. Et la part qu’y prennent certains « naturalistes » forcenés en culpabilisant celles qui n’en ont pas envie.

    Le démon (toujours) vert du retour au foyer http://www.contre-dits.com/?p=13760

  25. Etienne DOUAT

    13 février 2010, 13:53

    Réponse à Madame Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET.

    Merci de cette réponse calme et tranquille. C’est vraiment très bien écrit et le ton change. On ne se situe pas sur le registre des reproches ou de la polémique mais de l’explication raisonnée. Je suis papa de 5 beaux enfants allaités par leur maman (mon épouse) respectivement bébé 1 Valentine : 5 mois d’allaitement maternel, bébé 2 Gabrielle : 7 mois, bébé 3 Guillaume : 3 mois, bébé 4 Christophe : 2 ans et 2 mois, bébé 5 Capucine : 3 ans. Les deux derniers sont les plus sages et indépendants. Je voudrais donner un exemple qui me semble aller en sens inverse de ce que j’ai compris de l’opinion d’Elisabeth BADINTER. Lorsque mon épouse a donné naissance à notre premier bébé, c’était en 1990, elle l’a allaité pendant 5 mois, puis la pédiatre lui a expliqué qu’elle n’avait plus assez de lait et que hop ! il fallait la sevrer et que c’était comme ça, pas de discussion. On n’a même pas envisagé une autre solution. Je précise que cette pédiatre était très branchée et au top de ce qui se faisait qu’elle allait aux congrès de pédiatrie. Elle était donc dans la ligne de ce qui se faisait à l’époque et on l’adorait. Elle n’avait jamais eu d’enfants elle-même mais elle était dévouée à leur cause. Notre fille a dû passer au lait artificiel mais elle ne l’a pas supporté et il fallu la nourrir avec un lait sans lait qui s’appelait « Prégestimil » qui nous coûtait 100 Francs la boîte à l’époque ! C’était une catastrophe et notre fille a dû ingurgiter ce produit qu’on nous présentait comme une nécessité. Puis au second bébé, la maman a préféré prolonger l’allaitement maternel qui a ainsi atteint 7 mois ce qui nous paraissait un exploit ! Puis au troisième bébé qui était notre premier garçon, on a vu que c’était un enfant très vorace qui tétait sa maman jour et nuit. Donc, on a voulu faire mixte en pensant qu’il n’y avait pas assez de lait maternel. Il a englouti les biberons et s’est sevré tout seul en une semaine à l’âge de 3 mois. Sa voracité n’a pas cessé pour autant car il prenait deux biberons énormes avec farines chaque nuit alors qu’on nous avait dit qu’il serait calé le soir et que tout venait de la maman qui n’avait pas assez de lait. Puis au 4ème bébé, la maman l’a allaité pendant un an, puis nous avons déménagé de Rennes à Montpellier donc elle a pensé que le sevrage allait se faire tout seul à cause de la fatigue… 25 mètres cubes de cartons confectionnés… et bien pas du tout ! il aimait tellement téter que dans la nouvelle ville, il a continué pendant une seconde année. Résultat des courses, il avait été allaité par sa mère pendant 2 ans et il était florissant et en excellente santé. Au 5ème enfant, mon épouse partait pour réduire la durée de l’allaitement car elle trouvait que c’était peut-être trop deux ans ! Mais le bébé en avait décidé différemment et ce furent trois ans et deux mois d’allaitement maternel. Cette période fut marquée par une communication exceptionnelle entre la maman et le bébé en raison de l’allaitement et vous n’imaginez pas les pressions exercées par de très nombreuses personnes pour contraindre la maman à cesser son allaitement. Médecins, pédiatres et autres développaient dès 2002 une culpabilisation de la mère allaitante qui contraste avec ce que je ressens comme des affirmations de la part de Madame Elisabeth BADINTER. Heureusement, mon épouse a connu par hasard une association dénommée « Leche League » regroupant des femmes allaitantes du monde entier. Les rencontres entre mères allaitantes de cette association ont permis à mon épouse de tenir le coup et de continuer son allaitement très longtemps. Qui a le droit de dire que ça suffit maintenant ? Plus tard, on a vu des expositions à l’hôpital public affichant des préconisations de l’OMS sur l’allaitement maternel de longue durée et on a vu que la France était un pays dans lequel on n’encourageait pas du tout l’allaitement maternel. Au fond, dans cette expérience qui montre qu’il n’existe pas de règle, chaque enfant a une histoire particulière. Mais les pressions subies par la maman ont toujours été dans le même sens : réduire au maximum l’allaitement.

    Finalement, laisser le bébé avoir le droit de téter sa mère ça dérange qui ?
    Créer un interdit là où il n’est pas nécessaire ça s’appelle comment ?
    Je ne fais la leçon à personne, je me contente de raconter une histoire, celle de mon épouse et de nos enfants.
    C’est une belle histoire ! On a beaucoup d’enfants et la maman les a allaités longtemps !

  26. degouge

    13 février 2010, 15:07

    Je pense que Mme Badinter a raison même si elle est un tantinet excessive.

    Je suis désolée mais la société, je dirai la société parisienne, induit une pression énorme sur la condition de la femme dans notre économie.

    En effet, la jeune fille peut poursuivre une scolarité, trouver un travail et s’imposer dans son poste jusqu’à ce qu’elle ait un enfant. A ce moment, se met en marche cette pression : comment va-t-elle concilier métier/maternité/maison ? Comment va-t-elle éduquer, nourrir son enfant ? Combien d’enfants va-t-elle avoir ?

    Plus le temps passera, plus les pressions seront différentes : réussite dans le travail, l’éducation des enfants, réussite dans sa vie sexuelle, réussite dans son apparence physique, réussite pour la santé des siens (la sienne on s’en moque un peu).

    Cette pression débute concrètement à la maternité : allaitement aux seins ou allaitement artificiel ! Cette pression ne date pas d’aujourd’hui, quoiqu’on dise.

    Comment concilier un allaitement aux seins de qualité quand
    1/la mère souhaite continuer à travailler dans un poste qui lui convient ?
    2/la mère ne peut pas allaiter du fait d’un manque de lait ?

    Nos mères faisaient en sorte que l’enfant soit sevré relativement tôt, marche tôt, soit propre tôt (tout cela avant un an) parce qu’elles n’avaient pas le choix, ni le temps. La pilule n’existant pas, les grossesses non désirées étaient nombreuses, sans machine à laver, congélateur, etc elles s’échinaient à la tâche pendant que le mari lui travaillait, vivait à l’extérieur.

    Le plafond de verre est de faire croire à une jeune fille que parce qu’elle étudie, elle sera libre ! C’est faux ! Le temps qu’elle octroie aux études ne sera jamais amorti par rapport au temps travaillé sauf pour celles qui font partie des élites et des plus riches. Celles-ci peuvent se payer à domicile les services d’une gouvernante, d’une cuisinière et d’une femme de ménage. Leurs revenus leur permettent d’être réellement autonomes. Leur carnet d’adresses, leurs réseaux, les familles leur sont une véritable assurance d’un avenir d’indépendance même au delà de cinquante ans.

    Nourrir au mieux son enfant est une priorité pour toute mère. Non l’instinct maternel n’existe pas car alors nous n’aurions pas besoin de conseils pour l’éducation, l’épanouissement de nos bambins.

    Oui le bio est recommandable mais ne doit pas être le signe extérieur de richesse, ni une corvée !

    Oui, il faut prendre en compte les problèmes de la mixité dans les écoles. Cette mixité depuis longtemps décriée mais imposée parce qu’elle a permis surtout l’économie d’école et de professeurs, ne devrait être effective qu’à la 6ème car après tout, elle permet la vie au travail, dans la société.

    J’ai 54 ans, je suis une femme, j’ai été dans les premières à porter l’uniforme dans l’Armée de l’air, à être sous-officier à part entière, à devoir m’imposer avec succès dans un domaine plus que macho bébête, à concilier vie de famille et travail sans l’aide de parents ou institutions, à pouvoir bénéficier de la contraception, d’un salaire.

    Je m’aperçois avec inquiétude que les générations qui suivent ne profitent pas entièrement de ces avancées ! Pire, elles sont inconscientes de perdre pour certaines ! Et ce n’est pas fini. Aujourd’hui, jeunes, elles pensent être formidables mais que dire dans 30 ans !

  27. Crab2

    13 février 2010, 16:09

    NATURALISME (du); et des fausses sciences…
    Elisabeth Badinter sort un excellent livre sur les femmes et l’allaitement…la blogueuse Monolecte [qui se prend de féminisme] se demande si la féministe n’aurait pas oublié qu’il y a encore des combats, plus importants, à mener sur les droits des femmes.
    Il est clair que  »notre blogueuse auteur de l’article publier dans Marianne2 n’a rien compris…plus sûrement pas fait l’effort de lire Élisabeth BADINTER.
    http://www.marianne2.fr/Oubliez-ce-sein-madame-Badinter!_a185110.html?com#com_880094
    .
    Je cite un court extrait de ce que je pourrais qualifier d’art de l’amalgame et de la désinformation; [...] »dans le vrai monde où je vis, on ne peut pas dire que j’ai été poussée, même gentiment, sur la voie de l’allaitement maternel. Enfin, si, juste au début, le temps de comprendre que le biberon, c’est tellement mieux, surtout pour reprendre le boulot à la fin du congé réglementaire ». […]  »On légifère abondamment sur le tissu religieusement ostentatoire… mais surtout lorsqu’il est porté par les femmes. » […] Fin des extraits tirés de son post.
    Allaiter est une liberté et n’a pas à devenir ou redevenir un dogme, voilà pour le principal ce que dit Elisabeth Badinter.
    .
    Je cite É BADINTER: « Je suis une mère médiocre et je revendique ce droit. »
    « Qu’est-ce qui se passe lorsque l’on a lâché son emploi à 30 ans et que l’on se retrouve à devoir vivre avec un homme qui vous dégoûte à 50 car on n’a plus les moyens de partir? », s’interroge-t-elle et c’est une bonne question.
    [Sur 10 divorces, sept sont demandés par les femmes].
    .
    Dire, je cite à nouveau É BADINTER, « Les discours de tous ces groupes que je ne mélange pas se sont coagulés autour de l’idée de la bonne mère écologique » Fin de sa remarque parfaitement fondée, ce qu’il faut comprendre c’est que l’écologie est instrumentalisée comme  »on » instrumentalise la religion, pour tenter d’obliger les femmes à rester  »a la maison », ce procédé patriarcal est vieux comme la phallocratie.
    Tous ces beaux discours  »sur la mère parfaite » sont tenus par les chantres du relativismes culturels, ce qu’il ne supporte pas c’est la femme autonome et libre.
    Et ce n’est pas surprenant de voir monter au créneau pas seulement des écologistes comme Cécile DUFLOT mais tous ceux qui insidieusement font preuve de laxisme, quand ce n’est de démagogies face aux tentatives de communautariser notre société.
    Elle à raison d’insister sur les aspect pseudo naturaliste de cette idéologie émergente, pas vraiment nouvelle dans ce monde misogyne.
    Ce n’est pas possible de lire autant d’ânerie en méconnaissance totale du fond de son propos.
    .
    Navrant.
    .

    sUR Marianne2, j’ai retenu ce commentaire, posté par yougo34 le 13/02/2010 12:53 a écrit: Je cite;  »A mon avis au lieu d’écouter son discours sur toutes les radios vous feriez mieux au moins de faire l’effort intellectuel de lire un des chapitres du livre avant de déballer des inepties de féministe ratée à la recherche de lecteurs ratés ». Fin d’une bonne remarque, mais ce n’est pas tenir compte que  »les malades » dans la tête estiment que les anormaux sont les autres.
    Écrire sur un forum, c’est écrire pour tous ceux qui lisent sans intervenir, mais imaginer convaincre des intervenants qui vivent dans l’illusion…quelle illusion…mieux vaut en rire.
    .
    Cependant il est un fait le sexisme se porte bien chaque fois qu’il prend pour habit le voile intégral ou la burqa d’un pseudo discours qui se sert du biologique ou d’une pseudo science sociale pour définir la place de la femme dans notre société; soit en faire une captive.
    .
    L’auteure [Monolecte] de cet article qui manifestement n’a rien compris à l’analyse ou à la critique sociale formulée par Élisabeth BADINTER a censuré le texte que que j’avais posté sur son blog ce jour en même temps que sur Marianne2
    [Voir page 2: 58.Posté par Crab2 le 13/02/2010 05:22: AMALGAM].
    .
    Pour la paraphraser;  »sans doute était elle prédisposer à la censure » (1)
    No comment, mieux vaut en rire.

    .
    (1) Sa phrase:  »Je suis aussi indisposée par les ayatollahs… » dans son texte…
    .
    http://laiciteetsociete.hautetfort.com/
    .
    Crab.

  28. degouge

    13 février 2010, 16:29

    @Etienne Douat

    Merci pour votre témoignage. Mais j’ai noté que vous parliez à la place de votre femme !
    J’ai l’impression que vous avez été plus observateur qu’acteur dans cette période de l’allaitement comme si la mère avait artificiellement la grossesse, ce moment de plénitude très recherché par certaines femmes.
    Votre témoignage met l’accent sur une famille nombreuse possible parce que notre société actuelle la privilégie.
    Choix possible par l’investissement important et essentiel de la femme : allaitement et en même temps 25 m3 de déménagement !
    Ce genre de choix peut-il être une norme ?
    Peut-il être compatible avec un métier ? Auriez-vous accepté de partager votre temps si votre métier et la société n’auraient pas pu assumer une famille nombreuse, un allaitement à la demande’?
    Au bout du compte, quand les enfants auront quitté le foyer, comment se poursuivra l’histoire ?

  29. Abbie Ham, rédacteur en chef

    13 février 2010, 16:44

    @Degouge : quand les enfants auront quitté le nid familial, fort tard ainsi qu’il est à présent de coutume, la mère entrera dans la période dite de « péri-ménopause » : son cerveau cessera de produire de l’ocytocine en grande quantité (ne réservant ce qui lui reste de capacité à se lier à autrui que pour sa progéniture) et cette femme ne verra plus de son époux (moins viril car produisant chaque année un peu moins de testostérone) que ses manquements. La blague qui dit que « le féminin de ‘allongé dans le canapé’ est ‘debout dans la cuisine’ » cessera de la faire rire. Elle commencera à s’intéresser à sa propre existence en faisant de la peinture sur soie ou en entrant dans une secte ou autre activité suspecte (yoga, développement personnel, catéchisme, etc.). Ces dérivatifs ne sauront empêcher l’épouse de ressentir un mépris croissant pour son conjoint. Elle considérera que sa vie a été un échec, peut-être qu’elle demandera le divorce (et c’est le mari qu’on traitera de salaud, au moment où il le sera le moins de son existence), peut-être qu’elle cherchera à donner un sens aux choses, peut-être qu’elle investira beaucoup dans ses enfants et petits enfants mais peu à peu elle s’en détachera aussi. Elle passera les vingt années restantes de sa vie dans l’aigreur et l’insatisfaction. Si son époux se remarie avec une jeunette, elle vivra dans la haine mais jubilera en voyant cette relation tourner à l’échec.
    Ensuite, le décès. Après, rien.
    Take care !

  30. nicole chebane

    13 février 2010, 17:00

    Je prends connaissance du débat ou de la polémique né du dernier livre d’E. Badinter. Je n’ai pour l’instant pas lu son livre, j’ai entendu ses mots sur France Inter et il m’a semblé qu’elle dénonçait surtout les risques présentés par l’abus de petites « choses » si petites qu’elles pouvaient au contraire passer inaperçues et être complètement banalisées. Or je crois, sans être philosophe moi non plus, que ces petites choses, entendues, reprises sont celles qui en étant instillées insidieusement mais régulièrement peuvent être les plus durablement retenues et donc les plus redoutablement efficaces pour former (formater ?) les jeunes consciences. En çà je partage le point de vue d’E. Badinter.
    Ceci m’amène à l’autre raison pour laquelle je vous écris et parce que je partage vos préoccupations : c’est la dégradation des relations entre filles et garçons en général et en milieu scolaire en particulier. Je travaille dans ce milieu et je suis consternée du retour en arrière (j’ai 50 ans et je n’ai jamais connu de tels diktats de garçons sur les filles). Les filles sont « objetisées », maltraitées au moins verbalement et lorsqu’E. Badinter parle des conflits en éclairant son propos par l’allaitement maternel, que dire de la régression de l’égalité des sexes dans la soummission dans les relations affectives et sexuelles, pornographiées au possible ? Vos préoccupations ne rejoignent-elles donc pas les siennes ? ne s’agit-il pas alors de la place des femmes dans la société ?

    Alors devant un tel enjeu ne soyons pas contre les unes les autres, laissons nos querelles (de clocher ?) de côté et unissons-nous pour lutter ensemble pour nos filles, pour leur dignité et leur droit de vivre librement en allaitant ou pas !
    Je ne suis qu’une simple citoyenne craignant de voir nos filles vivrent moins libres que leurs mères.
    Nicole

  31. Pierre-Yves Galloy

    13 février 2010, 18:02

    Quel mélange de la part d’E. Badinter de lier un mode de vie soucieu de l’ environnement et de notre santé à la répartition des tâches domestiques dans un foyer. Mon épouse a allaité nos 2 petites filles, nous utilisons des couches lavables que je lave aussi souvent que je le peux, nous cuisinons pour nos enfants des « petits pots » et des petits plats aussi bons que ceux que nous mangeons nous-mêmes, bios (je suis maraîcher-encadrant dans un jardin d’insertion)( à ce propos, Mme Badinter a-t-elle déjà goûté le pur régal que sont ces infects petits pots du commerce, même bios ? ), je nettoie régulièrement le vomi de mes filles lorsqu’elles sont malades, j’accompagne souvent la plus grande aux toilettes; à partir du sevrage, j’ai assuré systématiquement les ré-endormissements nocturnes afin que la séparation soit plus facile; je vais régulièrement chercher les filles à la crèche; ma femme a de son propre chef emmené notre voiture au garage hier, allertée par un voyant; j’ai de mon propre chef réalisé le ménage dans la montée d’escalier commune (tour de rôle avec les voisins…); je m’essaie à coiffer les longs cheveux de mon aînée; nous partageons nos soirées de réunions liées à divers engagements; nous avons chacun nos propres lieux de « détente »…Ma femme travaille à 30 °/o, aimerait passer à 1/2 temps, je travaille à temps plein et imagine parfois de prendre un congé parental pour l’arrivée de notre 3ème, nous gagnons ensemble moins de 2000 euros. Comment imaginer que passer du temps pour donner « du bon  » à ses enfants soit une alliénation ! Quelle alliénation que cette vie, quelle alliénation que ce corps qui a besoin qu’on le nourrisse régulièrement, qu’on l’habille, quelle perte de temps que tout ce temps passé à dormir, toutes ces siestes que réclament la santé et la croissance des enfants, ces siestes qui nous empêchent de profiter de la vie, de nous éclater; quelle alliénation de trouver bon ce contact d’un enfant et de ses parents à travers un sein qui nourrit, à travers des mains qui massent ou qui carressent. Saint Exupéry n’a-t-il pas dit « c’est le temps que tu passes pour ta rose qui la rend si précieuse pour toi » et puis aussi « les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faîtes chez les marchands… »
    Quelle bande d’alliénés et d’arriérés que tous ces peuples qui tentent encore de vivre simplement, avec des savoirs-faire millénaires, mais qui ne connaissent rien de la vraie liberté qui consiste à n’être soumis à aucune contrainte, et surtout pas celle de prendre soin de leurs enfants. La liberté selon E.B. : abolli le « sois belle et tais-toi », maintenant c’est « sois performante, indépendante, et montre que tu en as…et puis si tu restes sexy ça nous embête pas ! »
    Allez courage, on a entendu pire.

  32. JOURDAM

    13 février 2010, 20:37

    Avant de pontifier sur la condition des femmes bien au chaud dans votre petit bureau parisien, lisez donc les bonnes feuilles du dernier livre de Florence Aubenas sur la vie (est-ce encore la vie ? ) des normandes aliénées par le travail et son manque dans la région de Caen-Ouistreham(je crois que vous vous réclamez de la Normandie !!!). Là on est à des années lumières des boniments de joueur de bonneteau du « travailler plus… « .Salutations manchoises.

  33. cazettes

    13 février 2010, 21:45

    Moi j’aimerai bien savoir quand même pourquoi il y a autant de femmes qui sont atteintes du cancer du sein ?

  34. HORCHANI Salah

    13 février 2010, 23:27

    Lettre ouverte à Madame Elisabeth Badinter,…!

    Remarque préliminaire :

    Le texte qui suit a été, initialement, adressé à Isabelle Adjani, en tant que « Lettre ouverte » ; mais, en réalité, il pourrait avoir comme destinataires tous les défenseurs des Droits Humains et/ou Féministes, femme ou homme (hommes féministes, oui, ils existent ! En général leur engagement est soit politique soit découlant d’une prise de conscience personnelle), qui ont évité de mouiller leur chemise en se montrant frileux dans leur engagement concernant les deux débats, en vérité non éloignés, qui dominent, largement, l’espace politico-médiatique actuel, à savoir les débats sur le Voile et L’Identité Nationale. Il peut leur être adressé tel quel mais « mutatis mutandis » (en faisant les changements nécessaires). Ainsi, pour Elisabeth Badinter, il faut, changer, entre autres, l’expression «Cérémonie des Globes de Cristal 2010 » par l’expression « Séances de promotion de votre dernier livre intitulé « Le conflit, la femme et la mère », paru chez Flammarion, gravitant autour de la question de la maternité et, plus particulièrement, de l’allaitement, où vous développez la thèse selon laquelle l’allaitement est un nouveau fléau machiste engendré par un « nouveau naturalisme » qui veut « culpabiliser » les femmes et les enfermer dans leur rôle de mère ». Pour Elisabeth Badinter, la citation d’Averroès (1126-1198, réel précurseur de la Défense des Droits des Femmes), contenue dans ladite « Lettre ouverte » et reproduite ci-dessous, tombe, vraiment, à pic, puisqu’il y parle, aussi, d’allaitement et de maternité, et développe la même thèse, mais huit siècles auparavant ! etc.

    Le débat sur le voile, en France, vient d’envahir cette semaine, par votre bienveillance, Madame, la sphère où, avec grâce, vous évoluez. Et c’est tant mieux. En effet, lors de la cinquième cérémonie des Globes de Cristal 2010, prix artistiques décernés, comme vous le savez, par la presse française, vous avez été désignée « meilleure actrice » pour « la Journée de la jupe », film de Jean-Paul Lilienfeld. A cette occasion, vous avez rendu hommage, Madame, « aux femmes qui se battent contre l’ignorance et la violence », en vous concentrant, essentiellement, sur le problème actuel de la burqa, et ce en déclarant , le lundi 8 courant, sur la scène du Lido à Paris : « Cette jupe, c’est celle que portent des milliers de jeunes filles et de femmes pour affirmer qu’elles refusent que l’on confonde l’Islam, avec l’aliénation et l’assujettissement des femmes ! (…) Une jupe, ce n’est qu’un bout de tissu, mais qu’elle soit courte ou qu’elle soit longue, ce symbole peut nous aider à gagner une bataille contre l’obscurantisme, et même contre ce qu’il convient d’appeler, la haine des femmes. Cette jupe, c’est l’anti-niqab, c’est l’anti-burqa… ». J’aurais aimé, Madame, que vous rappeliez, devant ce parterre écoutant et écouté, que cette violence est, aussi, d’actualité pour toutes les femmes du monde entier avec sa triple tête : violences des mâles, violences de la loi et violences de la société ! J’aurais , également aimé, que vous, Madame, la franco-algérienne, vous parliez aussi, de l’Algérie de vos ancêtres, martyrisée et encore sous la menace de l’obscurantisme le plus extrême, aboutissement, dans ces contrées, de l’absence de démocratie et de l’étouffement de la société civile , situation, Madame, dont nous ne sommes pas à l’abri, mais qui serait, dans nos contrées, l’aboutissement de l’entretien de la stigmatisation et du climat de méfiance à l’égard des populations des banlieues , dites difficiles, et principalement de ses composantes immigrées ou musulmanes , qui n’arrivent pas, déjà, à se faire une place au sein de la société. J’aurais aimé, Madame, que vous parliez de l’exclusion et de la discrimination dont sont victimes vos compatriotes dans cette France éternelle des Droits et des Libertés ! J’aurais aimé, Madame, que vous condamniez, fermement, au soir de son enterrement de seconde classe, cet exécrable débat sur la supposée Identité Nationale, qui aurait dû être celui de la Fraternité Nationale, débat imaginé initialement pour raffermir un
    lien social distendu, mais qui a manqué, entièrement, sa cible en se transformant, n’en déplaise à ses initiateurs, en un débat de division nationale qui risque de mettre à mal l’unité de la nation française. Cette transformation, Madame, est l’aboutissement de la sortie du Débat du cadre républicain en se focalisant sur l’immigration et sur l’islam , et en ouvrant, grandement, les vannes à toutes les horreurs xénophobes et islamophobes, avec ses couacs , ses dérapages, ses vociférations et ses polémiques, allant en crescendo, et qui ont atteint toutes les sphères médiatiques et politiques. J’aurai aimé, Madame, que vous marquiez votre désarroi de voir la France, pencher, à la suite de ce débat, vers la logique du rejet des autres et le repli sur soi, plutôt que vers le « bien-vivre-ensemble », cette France qui s’est toujours targuée, Madame, d’avoir un message universel à apporter au monde. Les mesures qui figurent dans la synthèse de ce débat, enterré ce même lundi 8 courant, se sont limitées, Madame, à des gestes symboliques, mais aucune mesure ni recommandation pour éradiquer, du moins atténuer, cette tendance du « mal-vivre-ensemble » qu’a révélée ce débat.

    Etant donné que le prix artistique que vous avez obtenu, Madame, vous a été décerné par la presse française, je suppose qu’elle était nombreuse lors de votre intervention sur les femmes, l’Islam et la burqa. Dans ce contexte, si j’avais eu le privilège d’être informé de ladite intervention, je vous aurais communiqué, Madame, trois petites idées d’actualité que vous auriez pu exposer devant cette presse afin qu’elle les transmette auprès de ses lecteurs et auditeurs :

    La première idée, Madame, concerne le fait que, non seulement le port du voile n’est pas une prescription du Coran ( comme je l’ai montré dans un article paru sur AgoraVox, vous savez ce media en ligne, 100% citoyen et 100% participatif , qui nous permet de nous exprimer, librement, et de nous informer, autrement, et dont les principales missions sont l’information à l’égard du public et le soutien à la liberté d’expression), mais en plus, le Coran n’interdit pas le port du bikini, comme le montre un de mes commentaires associé au dit article.

    La deuxième idée, Madame, est la citation (que j’ai traduite spécialement pour vous), reproduite ci-dessous, d’Averroès (1126-1198), philosophe, médecin et juriste arabe, contemporain de Moïse Maïmonide (1138-1204) et presque contemporain de Thomas d’Aquin (1224-1274), trois figures emblématiques de la tolérance et de l’ouverture dans le domaine religieux. Cette citation, Madame, démontre qu’Averroès est, sans aucun doute, le précurseur de la Défense des Droits des Femmes :

    « Nous ne faisons pas assez pour l’épanouissement des femmes. Les considérer comme étant seulement aptes à enfanter et allaiter peut nuire à notre prospérité, alors qu’elles ont d’énormes capacités que nous avons étouffées par la situation de dépendance dans laquelle nous les avons mises, et qu’elles peuvent contribuer efficacement à la vie de la cité.
    N’oublions pas qu’elles constituent les deux tiers de l’humanité : si on laisse ces deux tiers vivre comme des plantes ou vivre en parasite sur le compte du tiers restant, cela ne peut que conduire nos cités à la ruine et au malheur ».

    La troisième idée, Madame, c’est un petit extrait d’un poème d’Ibn‘Arabi (1165-1241), prestigieuse figure du soufisme et l’un des plus grands visionnaires de tous les temps, poème, intitulé «La religion de l’amour », qui montre ce que devrait être toute spiritualité respectueuse de l’autre :

    La religion de l’Amour
    …« O merveilles, un jardin parmi les flammes !
    Mon coeur devient capable de toute image :
    Il est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines,
    Temple pour les idoles, Mecque pour les pèlerins,
    Tablettes de la Thora et livre du Coran.
    Je suis la religion de l’amour, partout où se dirigent ses montures,
    L’amour est ma religion et ma foi »

    Permettez-moi, Madame, de joindre, à cette Lettre Ouverte, l’assurance de mes sentiments respectueux et dévoués.

    HORCHANI Salah

  35. HORCHANI Salah

    13 février 2010, 23:58

    Jamais deux sans trois !

    Cette semaine, ils sont devenus fous les philosophes ! :
    Le premier nous a trompés.
    La deuxième nous a déçus.
    Demain, qui sera et que fera le troisième ?

    HORCHANI Salah

  36. Jean-no

    14 février 2010, 02:22

    @Jourdam : eh oui, travailler plus pour allaiter moins

  37. Jean-Luc

    14 février 2010, 09:05

    Bonjour,
    Beaucoup d’incompréhension réside dans l’analyse des propos de Mme Badinter. Il me semble que Mme Badinter accuse la société (et non les femmes) de peser sur les femmes en leur imposant une mauvaise conscience de ne pas allaiter leur enfant.

    Je pense que Mme Badinter a raison sur la forme..effectivement, la société essaie de peser sur les femmes pour qu’elles allaitent leur enfant. Par contre, je pense que Mme Badinter se trompe sur le fond. En effet, je crois vraiment à l’importance de l’allaitement maternel…Plusieurs études montrent que cela favorise le renforcement des défenses immunitaires, que cela évite les produits nocifs dans les tétines de biberons,que cela donne une elation mère enfant importante, etc….

    En résumé, je dis à Mme Badinter que son combat pour la condition féminine est légitime, mais ne doit surement pas aborder et chambouler les évidences de la vie. Une femme n’est pas un homme, un homme n’est pas une femme!!
    Et la comparaison incessante de la femme avec l’homme, ou de l’homme avec la femme, ne fournit qu’un débat stéril dans lequel seuls les discours excessifs se distinguent. Je pense à la complémentarité de l’homme et de la femme…je pense à la culture de leurs différences….plutot que la culture de l’opposition!!!!
    Bien Cordialement à Mme NKM que j’apprécie dans son positionnement de femme mère et active…

  38. degouge

    14 février 2010, 10:52

    @ , HORCHANI Salah

    Vous vous êtes exprimé sur les déclarations de Mme Badinter et vous avez profité de la tribune pour focaliser le débat sur un point particulier et une actrice Mme Adjani.

    J’aimerais juste apporter une petite contribution pour ramener la question sur la femme dans la société en 2010.

    2 extraits de vos propos :
    « J’aurai aimé, Madame, que vous marquiez votre désarroi de voir la France, pencher, à la suite de ce débat, vers la logique du rejet des autres et le repli sur soi, plutôt que vers le « bien-vivre-ensemble »…. »
    « mais en plus, le Coran n’interdit pas le port du bikini, comme le montre un de mes commentaires associé au dit article. »

    Tout questionnement est nécessaire pour la Liberté et ne signifie pas repli. Le vivre ensemble ne peut se faire que si justement on accepte l’autre sans précepte d’une religion quelconque mais en accord avec les lois d’un pays laïc.

    La France se pose des questions, a toujours accueilli, ce que l’on ne peut pas dire des pays que vous citez.

    En France, en Occident, la Femme est libre de penser, vivre et agir comme bon lui semble. C’est ainsi que des Mme Badinter, des Adjani, des Gisèle Halimi, des NKM, des Rachida Dati, des Elisabeth Guigou ou Ségolène Royal animent la vie publique.
    Quelle belle victoire. On peut se payer le luxe de dialoguer sur des questions qui nous apparaissent importantes même si parfois elles touchent la vie privée.

    Ces sujets de discussion traversent l’Atlantique pour atteindre les U.S.A !

    N’est-ce pas formidable ! Donnez-nous un exemple d’une telle activité de la femme ailleurs ?

    La France n’est pas parfaite mais qu’elle est douce et accueillante !

    Mêmes nos compagnons partagent nos discussions, partagent nos tâches !

    Elle est pas belle la vie ! Souriez, allez vers l’autre et ne lui parlez pas du Coran et vous verrez, tout ira parfaitement bien !

  39. MadameOscar

    14 février 2010, 21:48

    Il existe des femmes qui ont fait des études, ont eu des jobs intéressants, et font le choix non seulement d’allaiter leur bébé, mais également de prendre du temps loin de l’entreprise et du monde pro, pour se réaliser en tant que mère. Cela les réduit elle a la condition unique et bien restrictive de « maman »? Non… bien entendu. Car c’est un choix.
    Quel mépris pour la femme que de nous penser assez idiote pour se laisser victimiser comme EB le décrit.
    Enfin, il me semble qu’il y a d autres combats bien plus intéressants que l allaitement et l utilisation de couches lavables, comme l inégalité salariale, ou la violence domestique. Ou le manque de moyens de garde pour nos enfants.
    Un peu ringarde la dame Badinter …

  40. Mileagreen

    14 février 2010, 23:08

    Je me retrouve beaucoup dans ce que vous dites, au delà de toute idéologique politique de droite ou de gauche : j’ai allaité mes enfants, ils mangent en effet de la nourriture en provenance d’une agriculture biologique car je souhaite respecter à la fois la nature qui les nourrit et leur santé. Je travaille (à 4/5ième pour faire des activités avec eux) et suis divorcée. Je suis très loin de la femme « parfaite » et ne souhaite surtout pas le devenir … Il y a tellement de sujets qui me passionnent dans la vie que je n’ai jamais le temps de m’ennuyer et ma vie est loin d’être « contraignante » sous le joug des « normes » de la société … Je ne me sens ni vraiment exploitée (même si à responsabilités égales – je suis responsable d’un système d’information de santé environnementale – je gagne moins que mes collègues masculins), ni vraiment aidée. J’ai choisi cette vie là, y compris ma séparation. Il est vrai néanmoins que la société ne nous fait pas une place qui soit douce (même si je ne manque de rien) : habiter en région parisienne et travailler sur Paris tout en ayant des enfants scolarisés à récupérer tous les soirs est un grand écart de chaque instant avec un poste à responsabilités et pas d’aide familiale … Mais je ne me plains pas et j’ai toujours assumé les choses en croyant aux valeurs qui m’animent : le plus important pour moi est de pouvoir être responsable de mes choix et de mes actes et donc libre …

  41. Nicolas

    15 février 2010, 11:20

    Interesting, I`ll quote it on my site later.
    Nicolas

  42. Sam

    15 février 2010, 12:27

    48 commentaires et toujours pas de réponse de NKM…
    Ceci est un blog: pourquoi permettre de poster des commentaires pour ensuite se murer dans un mutisme inexpliqué?
    Un minimum d’interactivité serait bienvenu.
    A vous lire,
    Sam

  43. Kahena

    15 février 2010, 13:30

    Je suis féministe, française, musulmane, non souchienne, non convertie, de sensibilité centre-gauche et gaulliste (bien que née après 1970, année du décès du Général). Pour ceux et celles que cela étonnent, c’est une preuve qu’un tel cocktail peut exister ! Je voudrai, simplement, dire que j’ai aimé l’argumentation de NKM, la teneur de presque tous les commentaires, en excluant, évidemment, ceux de Crab2( d’ailleurs d’après le Petit Robert, crabe=Individu ridicule), la rigueur et la pertinence du commentaire de HORCHANI Salah et la douceur de la réponse que lui a faite Degouge à qui je voudrai dire que, malheureusement, dans la réalité, en général, mille sourires et toutes les retenues possibles ne suffisent pas à…Si sa conclusion était vraie, la vie serait vraiment belle !

  44. Anne SCOTTE

    15 février 2010, 14:52

    Non madame Badinter n’a pas raison. Les conquêtes du féminisme ne lui permettent pas d’avoir une attitude aussi radicale.
    Où est la liberté individuelle ? Si les femmes se sont battues pour l’égalité hommes femmes dans la vie civique et professionnelle, elles ne peuvent pas pour autant affirmer qu’elles sont identiques biologiquement aux hommes.
    Seules les femmes peuvent porter des enfants et les allaiter, n’en déplaise à Madame Badinter qui leur verrait volontiers substituer un utérus artificiel et des biberons de laits maternisés.
    Il n’y a aucune raison de culpabiliser une femme qui ne p eut ou ne veut allaiter son enfant. La réciproque est vraie : il n’y a pas non plus de raisons de fustiger des femmes qui allaiteraient leurs enfants sous prétexte que ce serait une régression au stade animal.
    Si Madame Badinter est mal à l’aise avec ce point, elle ne doit pas se servir de la cause féminine pour se donner bonne conscience, c’est une position intellectuelle déloyale.

  45. Stevenin P

    15 février 2010, 21:50

    je partage tout à fait l’opinion de Mme Badinter.
    Je suis une femme de 38 ans, deux enfants, mariée avec un homme qui fait sa part à la maison, une femme qui travaille (par choix). Et mon quotidien est loin d’être facile. Il ressemble à celui de toutes les femmes de mon âge qui ont fait des études, qui travaillent et qui ont des enfants, le tout par choix et en toute liberté.
    Oui, la société nous culpabilise ne pas allaiter (oui à l’hôpital on nous y oblige avec des discours du type « vous ne voulez pas le meilleur pour votre bébé »?)
    oui au quotidien on se sent coupable de ne pas faire faire des purées soi même, de ne pas laver des langes.
    on doit être belle, épouse séduisante, mère attentive qui ne laisse pas ses enfants à la crèche trop longtemps (8h30/16h30), qui joue avec eux, qui les amène à plein d’activités, qui leur donne plein d’amour, qui leur cuisine des plats équilibrés, qui communique avec eux. et dans tout ça il ne faut pas oublier de prendre du temps pour son couple et du temps pour soi. Voilà ce que nous véhicule la société à longueur de temps, dans les journaux, les magazine, les collègues, le corps médical, le monde entier.
    Comment faire tout cela en travaillant??? c’est tout simplement impossible. ma vie est super difficile (or je ne suis pas à plaindre, car j’ai une personne qui m’aide au ménage 2h par semaine, ce que peu de gens peuvent se permettre).
    Je me couche tous les soirs en me sentant coupable. toutes mes amies se couchent le soir en se sentant coupables. Nous nous sentons coupable de ne pas évoluer dans nos carrières de la même façon que les hommes au temps de la parité, de ne pas nous occuper « comme il faut » de nos enfants, de ne pas acheter des légumes et de la viande bio pour faire un bon ragout, mais de faire chauffer un plat cuisiné, coupables d’avoir une sale gueule, coupables de ne jamais aller à la gym car « bouger manger léger.fr ».
    On ne peut pas mener de front toutes ces tâches. je ne sais pas qui y arrive.
    la seule solution c’est de ne pas travailler pour être une mère qui ne se sente pas coupable (et encore!!! les femmes au foyer sont isolées de tous).
    L’allaitement n’est qu’un exemple parmi d’autres.
    à l’hôpital, ayant des crevasses terribles (car personne ne nous dit qu’allaiter c’est SUPER dur et que ça ne vient pas naturellement), on m’a obligée à tirer mon lait. Ce que j’ai fait, pour donner le meilleur à mon bébé. Je tirais mon lait en pleurant car je me sentais mauvaise mère de ne pas y arriver. mon bébé restait dans son berceau. Heureusement qu’une « vieille » sage femme m’a dit: votre bébé serait beaucoup mieux avec sa maman qui lui donne un biberon en lui chantant de jolie berceuses et le caressant, plutôt qu’il soit seul dans son berceau, sa maman pleurant avec son tire lait.
    Un soulagement énorme m’a envahi! mais il faut voir comme j’étais reçue par les autres sage femmes plus jeunes quand j’allais demander (quémander) un biberon.
    oui la mère d’aujourd’hui se sent coupable à tous les niveaux.
    j’ai allaité mon second bébé (je le précise car je me sent encore coupable de ne pas avoir allaité le premier), et j’avoue que je n’ai pas trouvé cela aussi merveilleux que nous le disent les magazines, les pédiatres, les sage femmes. c’est une contrainte énorme! et si on veut poursuivre au delà du congé maternité, il faut arrêter de travailler (ou aller tirer son lait, dans les toilettes, à son travail…………………..)

  46. degouge

    16 février 2010, 08:50

    @stevenin P

    Surtout arrêtez svp de vous culpabiliser : faites ce que votre instinct vous dit et vous verrez que tout ira mieux.
    Sinon vous allez passer à côté de votre vie et vous retrouvez à 60 ans complètement vidée et aigrie.
    Vous avez les possibilités physiques et intellectuelles pour concilier vie de famille/travail. Souriez, c’est une super chance.
    Vos enfants ne doivent certainement pas manger des cochonneries et plus ils grandiront, plus vous aurez le temps de vous consacrez à la cuisine. Il existe aujourd’hui des appareils qui permettent beaucoup de gain de temps.
    Sachez que lorsque vous arriverez à un âge, très rapidement, où la société ne vous demandera plus rien mais vous regardera de travers parce que vous avez réussi, vous aurez une aisance financière si nécessaire de nos jours, puis un jour une retraite, des enfants qui travailleront et s’épanouiront, vous sourirez alors de toutes ses mesquineries d’autant plus que ces femmes qui n’ont jamais travaillé en dehors de la maison, seront les plus envieuses. Eh oui, loin des enfants et des maris, elles vous diront qu’elles se sont sacrifiées, qu’elles n’ont pas de moyens financiers propres, que si le mari décède, ou quitte le foyer familial, elles sont dans le besoin.
    Vous savez, les enfants une fois grands, ont d’autres soucis (et heureusement) que les parents, même s’ils les adorent.

  47. UneBretonne

    16 février 2010, 10:02

    Tout à fait d’accord avec MadameOscar.
    Il est tout à fait légitime pour cette génération de femmes de se préoccuper des acquis pour lesquels elles se sont battues. Mais le monde évolue, et les sujets à faire avancer aussi, mais pour que toute femme de notre génération et des générations futures puisse garder sa liberté individuelle.

    j’ai 32 ans, je suis mère de deux enfants, enceinte du 3è. Je travaille à temps plein, m’éclate dans lon boulot, ramène le plus gros salaire à la maison, mes grossesses n’ont pas freiné mon ascension sociale, je termine actuellement l’autoconstruction de ma maison, j’envisage les couches lavables, les petits pots maison, et j’ai encore le temps pour une à deux activités pour moi dans la semaine.
    Je précise tout cela pour ne pas me faire taxer d’aliénée par je ne sais quoi/qui. je ne suis pas de ces femmes qui s’éclatent au foyer, ce n’est pas mon truc.
    Alors mon secret, et mon luxe (non je ne suis pas wonder woman) : j’ai un bonhomme qui met beaucoup la main à la pate, j’ai de la famille proche pour garder occasionnellement les enfants, et un employeur compréhensif. Vous savez? un truc qui ressemble à un tissu social…

    Ce qui pourrait aliéner ma liberté individuelle? Le manque de crèches, le manque de compréhension des employeurs face à la maternité (si je rétrograde à chaque congé mater, ça calme), être seule à élever mes enfants! En ce sens j’ai de la chance, j’ai la possibilité de faire ces choix.Le féminisme d’aujourd’hui devrait permettre à toute femme de pouvoir les faire.

    J’ai allaité mes enfants, j’essaierai d’allaiter celui ci. Combien de temps? Je n’en sais rien, je verrais bien, selon MES envies et celles du bébé. En tout cas, personne ne décidera à notre place!
    Ce qui est sur c’est que oui nous sommes soumises à des pressions., et oui nous sommes culpabilisées, tout le temps, pour tout.
    Nous ne sommes pas libres en France de choisir notre façon d’accoucher : c’est ultra médical ou à la maison, vous parlez d’un choix! (premier combat à mener), oui nous sommes très fortement pressées pour allaiter, oui mais pas trop, passé les 3 mois du bébé, là la pression s’inverse et nous sommes fortement incitées à arrêter, on culpabilise les mères au foyer, on culpabilise celles qui travaillent…

    Laissez nous. Vous, politiques, donnez nous les moyens de développer notre confiance en tant que mères, en tant que femmes, donnez nous les moyens de nous réaliser là où nous le souhaitons, et vous, combattantes de la première heure, faites confiance à notre génération, et battez vous pour les vrais combats d’aujourd’hui.
    Là où vous brandissez des droits de la Femme, je ne vois que de l’extrémisme, et, à l’inverse, la privation de mes droits, de mon droit à choisir ma vie.

  48. veronique

    16 février 2010, 12:01

    Je vous cite « Cette génération a combattu pour que les femmes, aujourd’hui, puissent avoir la liberté de choisir, entre la vie de famille et le travail, et la liberté, surtout, de choisir dans le temps, sans exclusion, de pouvoir travailler et de pouvoir être mère, par exemple. »

    Justement non, les femmes n’ont pas le choix entre la vie professionnelle et la vie de famille. Elles peuvent avoir l’un sans l’autre et aussi surtout les deux à la fois. A savoir que si la vie professionnelle est choisie, rien n’existe dans la société pour les choses soient simples pour les mères d’aujourd’hui. Combien de mères doivent prolonger le congé maternité, faute d’une place en crèche. A peine 10% des entreprises proposent des modes de garde pour les femmes…
    Et par dessus le marché, en plus de ne pas réussir à jongler entre une crèche aux horaires restrictives, un boulot à la pression maximale en temps de crise, on les fait culpabiliser de ne pas allaiter ou de ne pas passer 2h par jour à laver des couches…
    ça suffit donc !
    Il est certainement plus facile pour une NKM aux revenus biens supérieurs au SMIC de prôner les couches lavables… mettez vous dans la peau d’une mère qui paye un bras pour faire garder son enfant, et demandez vous si elle a le temps de laver des couches le soir ou le weekend…
    Alors oui il était temps qu’Élisabeth Badinter fasse une piqure de rappel… quite à froisser les pseudo-féministes des années 2000.
    Les femmes ont voulu leur liberté de travailler et l’ont eu et le paient cher de nos jours. Avant de leur rajouter des tâches au quotidien qui leur assureront le statut de mère parfaite, battez vous qu’elles puissent être femme/mère/épouse. Les hommes pour eux rien n’a changé depuis tout ce temps, ils peuvent toujours être superPDG/père/époux et même parfois ils se trouvent du temps pour une maitresse quand la superwomen qui est la mère de leurs enfants n’a plus de temps pour une petite pipe vite fait le soir.

  49. isabelle

    16 février 2010, 22:09

    Femmes engagées et travaillant dans l’écologie, nous venons d’écrire une lettre ouverte à Mme Badinter « Vertes de rage. Femmes et écolos : le nouveau féminin ».
    http://www.femininbio.com/gestes-ecolos-au-quotidien/actualites-ecolo/femmes-et-ecolos-le-nouveau-fe.html
    La position de Mme Badinter, que nous ne partageons absolument pas et qui selon nous manifeste une méconnaissance totale des fondement philosophiques de l’écologie et de ses acteurs dans le monde contemporain, représente néanmoins peut-être une opportunité : celle de faire connaître ce mouvement féminin qui existe dans l’écologie dont nous sommes conscientes en interne mais qui reste encore peu connu.

  50. laurent

    17 février 2010, 01:02

    le maitre mot c’est la liberté. Si les rapports mère-enfant sont basés sur la liberté, très bien, les femmes sont adulte et n’ont pas besoin de grande soeur pour leur dire quoi penser, comment vivre leur vie. Par coontre si c’est d’une façon ou d’une autre la pression sociale ou conjugale, alors des personnes comme elizabeth badinter sont indispensables !!

  51. Cecile

    17 février 2010, 14:09

    L’analyse de Madame Badinter est comme souvent, très pertinente et à contre-courant donc sans complaisance.
    Les périodes de crise provoquent une dégradation des conditions de vie des plus exposés. Elle tire une sonnette d’alarme qui j’espère sera entendue.
    Ecolo ou pas, nous sommes toutes des femmes, l’essentiel est faire progresser la vie des femmes grâce à ce débat.
    Le machisme n’est pas toujours affiché et se cache aussi sous couvert de bons sentiments. La tendance naturaliste/écolo…. peut représenter un danger. Au lieu de vous opposer, vous devriez observer ce qu’il se passe et se dit avec ce nouvel éclairage.

  52. Tristan

    17 février 2010, 15:49

    j’ai trouvé un très bon article sur la croix au sujet de l’allaitement.

    http://www.la-croix.com/Allaiter-ne-pas-allaiter-le-choix-des-meres/parents-enfants/2414159/24296

    l’idéal serai en faite de faire en France ce qu’ils font en Suède c’est à dire de permettre aux femmes de pouvoir allaiter leur enfants au travail.
    d’aménager des pièces pour pouvoir allaiter avec des crèches dans l’entreprise..et ce quelque soit l’emploi.. cadre ou ouvrière. Là ça serait une vraie avancée.
    Elisabeth Badinter se trompe de combat. Ce n’est pas la femme contre la mère ou pire la femme contre l’enfant mais la femme avec l’enfant. La nature à fait que la femme porte l’enfant. ça fait parti de son identité. de sa nature même. Le combat de la femme est de faire accepter que l’enfant n’est pas un obstacle à sa carrière et sa vie de femme mais qu’il y fait parti intégralement. Le jour où les femmes auront gagner ce combat (de pouvoir allaiter et travailler en même temps) elles auront tout gagner. L’enfant n’est pas une corvée et ça les femmes le savent. Élisabeth Badinter semble bizarrement oublier tout le côté agréable de la maternité et n’y voit plus que l’obstacle à émancipation de la femme. Elle semble aigrie.
    Il ne faut pas ce tromper de combat.

  53. Tristan

    17 février 2010, 15:57

    je me retrouve d’ailleurs entièrement dans le commentaire de  » UneBretonne ». Je suis moi- même maman de trois enfants que j’ai allaités 8 mois pour les deux premiers (étant jeune avec la pression social:  » 8 mois tu te rend compte c’est trop!! ») et 18 mois pour la dernière (étant plus affirmée de par mon âge). Bravo pour ce commentaire UneBretonne!

  54. Stevenin P

    17 février 2010, 18:05

    un million de fois d’accord avec véronique!!! bravo!

  55. Stevenin P

    17 février 2010, 18:27

    tristan: désolée mais s’occuper des enfant c’est souvent une corvée. s’occuper des enfants ce n’est pas uniquement des bisous et des câlins (trop courts car pas le temps): c’est ne pas se permettre de pas aller faire les courses, c’est aller acheter de la lessive à la station essence un dimanche (oui ça m’est arrivé) c’est mettre les machines en route, étendre le linge (deux , trois machines par jour), repasser, maintenir la maison propre (on ne peut pas dire c’est pas grave je le ferai demain comme lorsqu’on a pas d’enfants), c’est ne pas oublier de prévoir les activités, les rdv chez médecin, organiser tout ça, organiser les gardes, faire à manger, signer les cahiers, préparer les goûters pour le lendemain, faire les papiers administratifs, appeler 50 fois la caf en une semaine, préparer la logistique des vacances (et non, on ne peut plus partir à deux en Grèce en sac à dos), etc j’en oublie!!!
    un sondage montre que 60 des personnes qui ont des enfants, déclarent que si c’était à refaire (même s’ils adorent leur enfants), il y réfléchiraient à deux fois.
    si c’est tellement naturel et inné et facile pourquoi n’avons nous pas 8 enfants comme nos grands mère, pourquoi les femmes ont elles de nos jour leur premier enfant à 30 ans passés alors que la nature nous permet de faire des enfants 15 ans avant? les jeuenes couple disent tous vouloir « profiter de la vie avant »
    pourquoi en Suède alors que les femmes sont très très aidées, ne font pas plus d’enfant et en ont aussi (peu) qu’en France? (taux de natalité presque identique)
    pourquoi dans ce même pays les pères ne prennent pas leur congé paternité alors qu’ils gagnent le même salaire et est beaucoup plus long qu’en France?
    Arrêtons de dire que la vie des femmes en tant que mère est merveilleuse, car non c’est super super dur.
    ma vie de mère serait merveilleuse et j’en aurait 4, 6 ou 8 si je travaillait à mi temps, que j’étais aidée à la maison par une fille au pair, et que je pourrais prendre un WE par mois pour partir en WE avec mon mari. Je suis peut être une mère dévariée, anormale, folle, dans ce cas il faudrait que le gouvernement prévoie des hipotaux psy pour le genre de mères comme moi

  56. Tristan

    17 février 2010, 20:27

    Stevenin P, ce n’est pas toujours facile de concilier la vie de famille et le boulot je le conçois. On a certes besoins de plus d’aide et on ne peut pas tout faire toute seule. Mais ce n’est pas non plus toujours l’horreur. Je suis moi même maman de trois enfants j’ai 38 ans. Ce n’est pas que des calins, mais c’est quand même beaucoup de bonheur! en tout cas beaucoup plus de bonheur que de malheur.

  57. Tristan

    17 février 2010, 20:34

    Stevenin P, surtout il ne faut pas culpabiliser. tout ce que vous faite pour vos enfants ce sera le mieux. même avec des erreurs de temps en temps (on en fait toutes) ils se construiront, grandiront , vous aimerons et vous seront reconnaissant. Ce que je voulais dire c’est que pour celles qui veulent allaiter, les aider, en leur permettant si elles veulent de pouvoir le faire au boulot. pour celles qui ne le veulent pas c’est leur choix aussi. Bon courage! et tout l’amour dont vous pouvez avoir besoin.

  58. Stevenin P

    18 février 2010, 09:30

    effectivement c’est du bonheur. c’est du bonheur car on les aime. là est toute la différence. Car si on ne les aimait pas on les aurait déjà confiés à une nourrice ou mis en pension comme au 19eme. mes enfants je les aime plus que tout (sinon je serais pas en train de donner mon avis sur des forums femme/mère)
    Ce que critique EB c’est que les femmes qui font les choses « à moitié » sont montrée du doigt et culpabilisée (vous ne donnez pas le meilleur à vos enfants). cela on l’entant de la part des mères « bien » (« tu nourrit pas ton enfant? », comme si le biberon ce n’était pas de la nourriture, puis des gros yeux lorsqu’on dit non: « mais tu sais que c’est super important car les microbes, les rhino, le QI, le relation mère enfant etc.) on entend la même chose de la part des médecins, des pédiatres.
    alors qu’on devrait nous dire: « bon, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas si grave, on n’est pas au Sael, votre enfant va bien, il ne manque de rien, iil sera fier plus tard de voir que sa maman travaille car c’est nécessaire, ça lui donnera de bonnes valeurs pour plus tard etc »
    je n’ai pas allaité mon premier enfant, j’ai allaité le second… ben j’ai pas vu de différence ENORME au niveau de leur santé, de leur affectivité, de leur développement psycho moteur. le second à même tendance à être plus pot de colle, plus capricieux, il a marché plus tard, il a parlé plus tard et est plus malade (suivi par un pneumo pédiatre).
    Travailler c’est aussi s’occuper de ses enfants car on travaille pour gagner de l’argent et donc donner un toit à ses enfants, de la nourriture, des vacances, des jeux…), on leur transmet des valeurs qui sont importantes, à savoir que les choses ne tombent pas du ciel.
    une femme qui n’arrive pas à concilier sa vie familiale et sa vie professionnelle a l’impression d’être une sous femme et cette impression qu’elle a ne tombe pas du ciel, elle vient du discours social, médical, politique.
    qu’on allaite ou pas, dans nos pays où on ne manque de rien, tous les enfants peuvent grandir en bonne santé physique et mentale. le principal facteur qui influence le développement de l’enfant est le niveau socio eco des parents, et non pas qu’on ai eu des couches bio ou pas.
    moi un truc me fait bien plus peur que les couches jetables pour mes enfants: c’est la pollution des bagnoles, c’est la guerre dans le monde, la famine dans le monde, le manque d’emplois, le prix de la vie, la drogue, la prostitution etc

  59. Tristan

    18 février 2010, 10:16

    C’est bien pour ça que le jour où les femmes n’auront plus a faire de choix entre les enfants et boulot elles y auront gagné beaucoup. On ne devrait pas choisir ça. LE choix doit se faire parce que l’on a envie ou pas envie d’allaiter. pour le reste ce que vous dites: « le principal facteur qui influence le développement de l’enfant est le niveau socio eco des parents, et non pas qu’on ai eu des couches bio ou pas.
    moi un truc me fait bien plus peur que les couches jetables pour mes enfants: c’est la pollution des bagnoles, c’est la guerre dans le monde, la famine dans le monde, le manque d’emplois, le prix de la vie, la drogue, la prostitution etc » tout à fait d’accord avec vous. Mais là c’est un autre débat.

  60. Stevenin P

    18 février 2010, 10:33

    je pense qu’on n’a pas un vrai choix, que ce n’est pas possible de faire carrière ET de s’occuper de nos enfants comme on le souhaiterait.
    cela est du au simple fait que les journées n’ont que 24h.
    avant d’avoir mon premeir enfant je faisais de la recherche. j’arrivais à mon labo à 8h et je repartais vers 22h et souvent je ramenais du boulot à la maison (horaires qui ressembklent à ceux des hommes qui font « carrière »
    cela a été tout simplement incompatible avec la vie de mère que je voulais pour mon enfant: une vie « normale »: aller au jardin après la crèche, faire des dessins, coudre des déguisements, préparer des gâteaux, m’investir en tant que parent à la crèche et partciper aux activités, participer à certaines sorties scolaires, communiquer, se promener, lui monter le monde.
    J’ai du choisir. Oui c’est moi qui ai choisi mais ce choix m’a été imposé parce que les journées ont 24h. j’ai choisit mon enfant (une autre femme aurait peut être choisi la solution nounou / femme de ménage, et on ne peut pas la blâmer non plus)
    un chercheur qui travaille de 9h à 16h30 est un chercheur mort au bout de trois mois. C’est la super course!
    je ne regrette pas mon choix, mais j’adorais mon métier. j’ai eu le sentiment de choisir « la moins mauvaise solution ».
    Maintenant je travaille dans le secteur privé, avec des horaires plus « corrects ». c’est mon choix . j’ai plus de temps qu’avant, mais ce temps reste insuffisant si je veux être une bonne mère au sens que la société véhicule.
    Je ne sais vraiment pas comment font les mères qui arrivent à s’investir dans leur métier et leur carrière ET s’occuper plainement de leur enfants, sans passer par la case nounou, crèche, femme de ménage. la présence d’un ^père hyper investi? peut être, mais je connais peu d’hommes qui arrivent à sortir du travail à 16h30. il est encore plus montré du doigt que la mère

  61. Stevenin P

    18 février 2010, 10:35

    en fait j’en connais pas du tout .

  62. Tristan

    18 février 2010, 15:00

    Le fait est qu’une femme est obligée de s’adapter à une société conçue pour des hommes. Or l’égalité homme-femme ne veut pas dire uniformité. l’homme et la femme sont égaux en droit, en intelligence en capacité à améliorer la société mais sont différents dans la manière de le faire et dans leur nature même. L’homme ne porte pas les enfants à ce que l’on sache ni ne les allaite. cette société est parfaite pour eux. Elle n’est pas adapter à la femme. Quand la femme pourra avancer dans une société conçue aussi en tenant compte de ses particularités alors elle aura gagner un autre combat. Élisabeth Badinter et toute les femmes avant nous se sont battues pour que la femme soit reconnue comme l’égale de l’homme en droit en devoir en capacité à prendre les rênes. A ne plus être sous la tutelle d’un père ou d’un mari pour voter ou faire un chèque. Mais à présent elle doit ce battre pour trouver sa place dans une société faite pour des hommes avec des contraintes que les hommes eux même n’ont pas de par notre nature même. Et c’est là où Élisabeth Badinter se trompe de combat à mon sens aujourd’hui car la femme peut être aussi mère, si elle le souhaite, mais malheureusement pas dans cette société basée uniquement sur les normes masculines, sans tenir compte des différences féminines. Le nouveau combat des femmes est donc bien de féminiser la société en l’adaptant à sa nature, en imposant aux entreprises des salles d’allaitement pour celles qui souhaitent allaiter par exemple, en créant des emplois pour adapter le monde du travail a celui des femmes en général…
    Vous remarquerez que tous les témoignages convergent dans ce sens. Actuellement les femmes doivent forcement choisir entre carrière et enfants. D’où : elles sont moins bien payer (grossesses etc… tout ça ça handicap leur carrière ou leur choix de carrière) elles doivent forcement choisir les mi-temps plus que les hommes etc, etc…
    Avec de plus en plus de femmes au pouvoir on a peut être une chance que ça bouge un jour. Madame Koscuisko-Morizet, peut être que vous serez de celles qui feront changer les choses. Ce sera par des lois que la société française se féminisera. Et qu’enfin les femmes pourront mener une vie qu’elles auront vraiment choisi. Ce n’est pas à la femme de s’adapter à une société masculine mais à la société à s’adapter aux particularités de la moitié des ses citoyens, en l’occurrence ses citoyennes.

  63. Stevenin P

    18 février 2010, 18:35

    imaginons des salles d’allaitement au travail:
    sachant qu’un bébé est au sein en moyennes 30 minutes toutes les 4 heures (bébé hyper bien réglé! et uniquement pour manger, car le sein câlin ça peut durer une heure voire plus), il faudrait s’arrêter de travailler 45 minutes toutes les 4 heures (on va pas mettre bébé au sein et le retirer comme une sauvage). on rentre chez nous à 21h (et plus tard si on a a pris le temps de manger, ce qui est indispensable quand on allaite.
    Pas sympa pour les frères et soeurs plus grands qui sortent de l’école à 16h30
    si on est en train de signer un super contrat, il faut dire au client « attendez je reviens dans 3/4 d’h) et le client bien sûr va comprendre et attendre… hum hum.
    et si c’est nous le client qui devons aller négocier un contrat à l’extérieur?.. on prend bébé sous le bras?
    et si on est prof? on dit aux élèves de rester tranquilles le temps du sein? ou on donne le cours avec bébé au sein. Pas pratique si on est prof de gym, d’informatique, de physique, qui nous oblige à nous déplacer dans la salle. et on fait comment pour écrire au tableau. et les femmes conductrices de bus?
    et comment font les caissières? elles laissent la file d’attente et reviennent? car le coût des remplaçantes pour les heures d’allaitement serait exorbitant.
    on laisse bébé pleurer, hurler jusqu’à ce qu’on arrive du rdv, de la réunion, de la caisse, du cours de gym?
    et comment gérer lorsqu’on pratique l’allaitement à la demande????? on ne rentre pas chez soi à minuit en espérant avoir fait une journée de travail de 8 heure.

    à moins que dans une société féminine on soit payée un salaire qui nous permet de payer les factures pour 4h de travail (maxi) effectives par jour.

    et bébé ne nous voie que lorsqu’il est au sein…. à mon avis ce ne sera plus 30mn, mais 4heures, car bébé n’est pas fou. et bonjour le lien mère enfant… beaucoup d’anorexiques à 15 ans en perspective (quand on sait que l’anorexie s’explique par un survinstissement de la nourriture de la part de la mère au détriment du reste dans l’enfance,par une affectivité donnée uniquement sous forme de nuorriture)

    on ne peut pas tout avoir: épanouissement professionnel, financier, épanouissement individuel, épanouissement maternel, épanouissement dans le couple etc.
    il faut choisir, et ce choix n’est pas un choix de liberté car il nous oblige à abandonner des choses, à choisir la moins mauvaise solution.

  64. Tristan

    18 février 2010, 19:32

    c’est vrai que dit comme ça c’est irréaliste… mais si on ne fait rien pour féminiser cette société et si même les femmes ne veulent rien y changer alors ça restera une souffrance. Et on n’aura jamais le choix véritable. Le choix en général, implique de renoncer forcement à quelque chose.Mais pas à ce prix. c’est pas tout noir tout blanc… aider les femmes afin d’adapter la société, je ne pense pas que ce soit illusoire. Tout le monde y sera gagnant.

  65. Hélène

    18 février 2010, 23:36

    Bravo Madame ! Je partage votre analyse. Dans mon quotidien régional, est parue une interview de madame Badinter de bout en bout anti-allaitement qui m’a scandalisée. Qu’on nous laisse le CHOIX d’allaiter ou pas.

    Voici la réponse que j’ai faite et transmise au courrier des lecteurs :

    http://www.facebook.com/group.php?gid=306264530781&ref=mf

  66. Tristan

    19 février 2010, 10:23

    Merci Hélène, je me retrouve totalement dans vos propos! Bravo pour votre réponse.

  67. degouge

    19 février 2010, 14:36

    Pour avoir le choix d’allaiter, il faut qu’il y ait vraiment le choix : puis-je allaiter suffisamment pour que le bénéfice soit réel ? Puis-je ne pas allaiter sans problème, sans interrogation de mon entourage ? Puis-je allaiter et surtout apprendre à bien faire le geste sans avoir de souffrance ? Si j’allaite mon enfant, quel régime dois-je suivre ? Si j’allaite mon enfant, est-ce préjudiciable pour la sexualité du couple ? Si j’opte pour l’allaitement comment vais-je pouvoir concilier allaitement/travail ? Si j’allaite à la demande, mon mari ou mon compagnon va-t-il se charger des tâches ménagères comme par exemple aller chercher l’ainé à l’école, faire la cuisine ou baigner les enfants ou encore vider le sèche-linge?
    Pour être une maman parfaite, dois-je utiliser les couches lavables avec une lessive écolo et faire sécher mon linge sur mon balcon où c’est interdit ou dans mon jardin mais je dois l’étendre à l’aube ou au crépuscule parce que je travaille ? Comment dois-je faire si la nounou refuse les couches lavables ? Dois-je acheter un tire-lait pour que mon bébé est le lait chez la nourrice ? A quelle heure dois-je le faire ?

    Mme Badinter, sur un sujet précis comme l’allaitement, a voulu démontrer comment culpabiliser dans notre société dite moderne une femme pour l’inciter à s’occuper en priorité de sa maison même si elle a fait des études supérieures. Elle aurait pu prendre un autre sujet : par exemple la cuisine ou encore la voiture. Pourquoi utiliser la voiture alors qu’on peut tout faire en marchant. Pourquoi s’écrouler le soir épuisé alors qu’il faut être une amante aussi performante que les films pornos le montrent ? Pourquoi utiliser des sex-toys et des boules de geisha, l’Ipod ou le MP3 mais inciter la femme à utiliser des couches lavables ?

    Le plus injuste dans tout cela est que les femmes qui ont élevé leurs enfants et travaillé se trouvent quelque part lésées à la mort de leur époux quand la retraite de réversion est réduite parce qu’elle a une retraite. Lésée parce qu’une femme à domicile qui a élevé plusieurs enfants aura droit à une formation, une petite pension.

    Bref, la question n’est pas de stigmatiser une forme d’allaitement mais de dénoncer une forme de culpabilisation qui laisse quelque part la part belle aux messieurs qui continuent pour la grande majorité à s’éclater au boulot même quand un des enfants est malade ou à des soucis scolaires, des devoirs à faire.

    Tout cela se termine à la cinquantaine par une certaine fatigue de l’autre, une envie de se sentir jeune et désirable et de voir ailleurs comment une jeune femme peu être appétissante et vigoureuse.

    Que reste-t-il aux femmes ? De jolis souvenir et MEETIC !

  68. nathalie

    19 février 2010, 21:51

    J’ai été une mère comme Stevenin P. J’ai 74 ans . Mariée , avec joie , parce que j’étais enceinte . Sans contraception efficace , j’ai été enceinte 4 fois en 3 ans et j’en ai perdu un en route .Sans machine à laver, sans logement , sans voiture, avec une mauvaise santé . Je trouve idiot de vouloir utiliser les couches en tissu. Ce n’est pas super pour le bébé non plus Finalement , j’ai eu un 4° bébé 7 ans plus tard avec les premières couches à jeter et les petits pots . Je les ai tous allaités avec beaucoup de bonheur (çà existe ) pas très longtemps . La dernière , féministe dès le berceau , a refusé le sein avec détermination vers 7 mois ;Elle ne voulait pas non plus de biberon ! Donc , la timbale et les petits pots. Résultat ,j’ai gâché ma santé(les grossesse et le maternage usent le dos et le corps),je n’ai jamais pu travailler correctement Mon mari m’a toujours aidée et j’adore mes enfants qui m’ont donné les plus grandes joies de ma vie(dont 10 petits enfants )Mais je n’oserais dire ailleurs que ma vie a été gâchée.Je suis maintenant usée , vieille et malade, avec une retraite misérable Il faut lutter avant tout pour une contraception efficace dès la puberté; Pourquoi si peu de pub pour cela ? L’ALLAITEMENT EST UNE BATAILLE SECONDAIRE Il faut que les petites filles rêvent de leur futur métier plutôt que de leur robe de mariée . Pourquoi les petits garçons savent-ils ,pas forcément avec plaisir , qu’ils devront travailler et les petites filles parlent-elles de choisir ? Dans les milieux modestes les femmes travaillaient durement . Choisir c’est bien pour celles dont le mari gagne BEAUCOUP d’argent .Et s’il part , s’il meurt ?

  69. Stevenin P

    20 février 2010, 07:41

    mille fois d’accord avec debouge.
    Merci Nathalie pour votre témoignage, que je trouve bouleversant et si juste!

    j’ai fait une petite expérience. j’ai dit à mon fils de 10 ans: je vais peut être arrêter de travailler, car je trouve que je n’ai pas le temps de tout faire comme il faut (mon mari gagne bien sa vie). Le soir je m’énerve beaucoup car je dois faire le ménage, les lessives, le repas. Donc comme je ne vais plus aller travailler, tout sera prêt quand je vais vous chercher à l’école et on pourra faire plein de trucs ensembles! jouer, aller plus souvent à la bibliothèque, faire plus de peinture, des jeux de sociétés. Je pourrais venir aux sorties scolaires, le mercredi AM on ira au ciné ou à la piscine. etc
    Il m’a regardé avec des gros yeux globuleux: « mais maman, c’est pas bien si tu arrête de travailler! tu vas être toute seule toute la journée, tu verra personne, je pourrais plus voir mes copains au centre de loisirs, et moi je vais dire quoi? « ma mère elle fait rien, elle reste à la maison »? c’est la super honte! »
    je lui dit: ha bon, tu es content content d’avoir une maman qui travaille??

    lui: ha ben oui! en plus tu l’aime bien ton travail! et mon petit frère, s’il va plus à la crèche, il va être tout seul, il verra pas d’autres d’enfants. c’est trop la honte si tu travilles plus.

    voilà il a dans sa petite tête l’idée que homme ou femme, les choses ne tombent pas du ciel. qu’homme ou femme on peut aimer son travail. et que les enfants existent aussi en dehors de leur mère (de leurs parents).

    ça m’a fait penser à la phase de nathalie: « Pourquoi les petits garçons savent-ils ,pas forcément avec plaisir , qu’ils devront travailler et les petites filles parlent-elles de choisir ? »

  70. Alice Audouin

    21 février 2010, 20:04

    Chère Nathalie,
    Ta réponse fait partie de réponses les plus intelligentes et respectueuses à E Badinter. J’ai moi aussi écrit une réaction sur mon blog alice in warmingland.
    Tu peux compter sur la solidarité et mon soutien. Crée un grope sur facebook , nous setrons nombreuses derrière toi.
    Je pense que justement, le choix si contre-productif de ta personne comme embleme de sa critique va finir par montrer son erreur aux lecteurs : car tu as bien l’image d’une femme insoumise aux éventuelles rigidités vertes. Alice Audouin

  71. Julie Dep

    22 février 2010, 21:35

    Stevenin P
    Expérience perso copie/collée de la vôtre.

  72. Elias

    23 février 2010, 15:40

    Madame Pouvez-vous soutenir cette femme qui lutte avec courage et determination

    Après 75 jours de grève de la faim Meryem Mehdi se meurt dans l’indifférence 23 Fevrier 2010

    Meryem Mehdi entame aujourd’hui son 76e jour de grève de la faim. Elle a, en effet, entamé cette action extrême le 10 décembre dernier pour protester contre son «licenciement abusif» par Britidh Gas (BG), une multinationale britannique spécialisée dans les hydrocarbures.

    Licenciée le 8 novembre dernier alors qu’elle disposait d’un contrat à durée indéterminée (CDI), Mme Mehdi, âgée de 42 ans, travaillait à Hassi Messaoud depuis le mois de mai 2007. Son état de santé s’est considérablement dégradé. «Autant dire qu’elle est pratiquement mourante» ont indiqué, hier, des membres du Comité de femmes Snapap qui, dès le début, ont apporté leur franc soutien à la gréviste. «Elle refuse de voir des membres de sa famille qui lui ont rendu visite à plusieurs reprises. Elle est résignée à mourir puisqu’elle refuse même d’être transportée à l’hôpital. La faute incombe à BG qui n’a donné aucun signe encourageant allant dans le sens de la satisfaction de la revendication de Mme Mehdi de réintégrer son poste de travail», ont-ils encore ajouté. Selon nos interlocuteurs même l’avocat de Mme Mehdi, qui était en négociations avec les avocats de BG, «rajoute à la complexité de la situation en refusant de livrer la moindre information sur l’issue de ces discussions qui, apparemment, sont dans l’impasse alors que la vie de la gréviste de la faim est en danger». Pour soutenir la cause de Myriem Mehdi un Comité national de soutien aux travailleurs algérien(CNSTA) a été créé et, en collaboration avec le Comité de femmes Snapap, a initié plusieurs rassemblements et sit-in , notamment devant le siège de BG, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale et le ministère de l’Energie, mais en vain… Tayeb Louh, qui a reçu une délégation du CNSTA, n’a rien pu faire, semble-t-il, puisque toutes ses promesses n’ont pas été tenues. C’est dire que cette multinationale persiste à faire la sourde oreille. Mais les amis de Myriem Mehdi ne s’avouent pas vaincus et c’est ainsi qu’ils ont décidé d’organiser, demain mercredi, un autre rassemblement devant le siège de BG. Comme ils ont porté le cas de Myriem au niveau du Haut Commissariat de l’Onu lequel, à en croire le communiqué numéro 74 du Comité de femmes Snapap, va se pencher sur cette affaire ce mercredi. A. S.

    http://www.lemidi-dz.com/index.php?operation=voir_article&date_article=2010-02-23&id_article=evenement@art10@2010-02-23

  73. Suzanne

    24 février 2010, 14:03

    En effet, les propos d’E. Badinter sont choquants. Ou à la rigueur pas choquant smais tout simplement déconnectés de la réalité actuelle à mon sens.

    Certes on « subit » des contraintes de la part de la société. Mais le travail qui a été accompli il y a quelques années nous permet d’avoir de nombreux avantages qui n’ont pas été perdus : liberté, chemin vers une égalité homme/femme (même s’il reste à parcourir du chemin), libre choix de la mère, l’épouse, la femme…

    Actuellement, on peut choisir, et je trouve cela réducteur de dire qu’une femme allaitant ou utilisant des couches lavables est esclave… Dans la plupart des cas, elle l’a choisit de son plein gré!
    Certes, la société a créé un « moule », une « image parfaite ». Mais franchement, avec notre possibilité de choix, ne peut-on pas, maintenant, s’extirper du moule et faire comme nous le souhaitons?

    Je suis une maman-étudiante d’un enfant de 2 ans allaité 4 mois malgré le fait que je soit retourné 2 semaines après l’accouchement en cours. J’attend notre seconde qui sera elle aussi allaitée, plus longtemps si cela est possible (et même plus d’un an ou 2, n’en déplaise à certains)! De nombreuses fois on m’a fait des remarques car j’allaitais « longtemps ». Je n’en ai pas tenu compte, est-ce le problème des autres, de la société? J’ai choisi, pour ce que je pense être le bien de mes enfants. Suis-je esclave pour autant?
    Et puis, que Mme Badinter regarde autour d’elle : j’étudie et j’ai des enfants, nous sommes plusieurs à être dans ce cas, et je pense que je vais avoir (malgrè cela!) une belle carrière. Je n’ai pas choisi le rôle de mère ou de femme ; car pour moi me réaliser c’est être mère, femme et épouse. Cela était-il possible en 1970-1980? Sans doute moins qu’actuellement! Donc arrêtons de dire que nous sommes dans la régression, alors que tout porte à croire que les femmes peuvent d’autant plus se réaliser aujourd’hui qu’il y a 10 ans!

  74. Julie Dep

    26 février 2010, 10:30

    @Horchani
    « ’Averroès est, sans aucun doute, le précurseur de la Défense des Droits des Femmes  »

    Et ça ne lui a pas réussi!

    Chaque fois qu’Averroès est évoqué pour défendre l’islam, je pense à d’éventuels défenseurs de l’inquisition qui brandiraient à cet effet le nom de Galilée…

  75. HORCHANI Salah

    26 février 2010, 21:16

    @Julie Dep 26 février 2010, 10:30
    Votre réaction à mon commentaire n’engage que vous, d’autant plus qu’elle me fait dire, indirectement, ce que je n’ai pas dit, mais développe, plutôt, vos fantasmes qui n’ont aucune relation avec l’objet de l’article de NKM.
    En outre, je résume, ci-dessous, spécialement pour vous, ce que vous n’avez pas voulu retenir de mon commentaire :
    « Averroès au secours d’Elisabeth Badinter !
    La citation d’Averroès (1126-1198, réel précurseur de la Défense des Droits des Femmes), reproduite ci-dessous, tombe, vraiment à pic, au secours d’Elisabeth Badinter, puisqu’il y parle, aussi, d’allaitement et de maternité, et développe la même thèse, mais huit siècles auparavant :
    ‘‘ Nous ne faisons pas assez pour l’épanouissement des femmes. Les considérer comme étant seulement aptes à enfanter et allaiter peut nuire à notre prospérité, alors qu’elles ont d’énormes capacités que nous avons étouffées par
    la situation de dépendance dans laquelle nous les avons mises, et qu’elles peuvent contribuer efficacement à la vie de la cité.
    N’oublions pas qu’elles constituent les deux tiers de l’humanité : si on laisse ces deux tiers vivre comme des plantes ou vivre en parasite sur le compte du tiers restant, cela ne peut que conduire nos cités à la ruine et au malheur’’ ».
    HORCHANI Salah

  76. HORCHANI Salah

    27 février 2010, 09:12

    @Julie Dep 26 février 2010, 10:30 (Suite) :
    Depuis que l’humanité existe, toutes les spiritualités et les civilisations, y compris gréco-chrétienne, ont eu leurs moments de bonheur et de malheur, ou bien, pour paraphraser qui vous savez, leurs moments de « Grandeurs et (de) décadences » !
    HORCHANI Salah

  77. Didon ROSHD

    27 février 2010, 10:32

    @Julie Dep 26 février 2010, 10:3
    @degouge 14 février 2010, 10:52
    Au commentaire de HORCHANI Salah, il y a eu la douceur de la réaction de degouge, c’est une chose, et la réaction, au sens brutal du terme, de Julie Dep, et ça, c’est une autre chose. C’est ça la France !

  78. de Nantes

    5 mars 2010, 17:32

    et si la femme s’accomplissait par l’enfantement? Mme Badinter ne songe qu’à une chose: retirer à la femme se qui fait sa beauté et sa grandeur: pouvoir donner la vie… et la conserver, en nourrissant ses enfants, en les soignant, en les éduquant.

    je ne dis pas que l’homme n’a pas sa part, surtout dans l’éducation; mais physiologiquement parlant, hommes et femmes sont différents, et la femme est nécessaire à la petite enfance d’un enfant, plus que l’homme.

    pendant des siècles, la place de l’homme et de la femme a été définie, aussi sexiste que cela puisse paraître; et ça fonctionnait! Maintenant qu’on veut brouiller les frontières, ne plus parler de différences, la société se délite, les enfants sont avortés, ou isolés dès leur plus jeune âge en crèches, séparés de maman qui travaille. Et ni l’un ni l’autre ne s’accomplissent: les enfants ne sont plus éduqués, et les parents ne connaissent pas leurs enfants.

    je ne remercierait jamais assez ma mère d’être resté femme au foyer; et elle ne s’est jamais ennuyé, et maintenant qu’il ne lui reste plus que 2 enfants sur 5, elle m’a avouée n’avoir jamais gâchée sa vie: sa fierté est d’avoir des enfants qui tournent bien.

    car on s’accomplit par les autres, ce que Mme Badinter oublie, en posant l’homme et la femme seuls, et pire, en opposition…

  79. fabrice

    5 mars 2010, 17:54

    Bonjour NKM
    Je trouve votre réponse très pertinente et juste.
    Bravo !

  80. François

    5 mars 2010, 18:18

    100% d’accord avec de Nantes.
    Et ce n’est pas pour autant que je vois la femme que comme une mère ou une épouse.
    Ce qui brouille les choses, qui sont finalement simples naturellement, ce sont les idéologies niant la réalité telles que celle dite du « genre » (gender en anglais).
    La complémentarité homme-femme n’empêche pas une égale dignité des personnes: je rejoints NKM sur le travaille qui reste à faire dans des domaines comme le salaire etc.

  81. michel

    6 mars 2010, 02:45

    @Ngombet malewa : Votre commentaire est trop caricatural pour être utile à la réflexion ,et malheureusement truffé de fautes syntaxiques ou orthographiques.

  82. THERYCA

    8 mars 2010, 10:25

    Je pense que ces discussions sans fin n’existeraient pas si on cessait de renier la dimension spirituelle de l’être humain, catégorie dont les femmes font partie. Tout le monde semble avoir raison et pourtant ça coince. Je ne comprends pas que Madame Badinder soit ignorante de la somme de bienfaits qu’apporte l’allaitement, rien à voir avec l’écologie : l’allaitement est une question de santé publique. Ceci dit, allaiter dans un monde fait pour les hommes, c’est le premier pas vers un renoncement à une carrière professionnelle. Mais pourquoi une carrière est-elle si importante à nos yeux ? Parce que les hommes nous ont mis ça dans la tête. Après l’obéissance au père, il y a l’obéissance au mari (dont le salaire a permis que l’agence immobilière nous accorde un logement), et cerise sur le gâteau, obéissance au patron (il faut tout faire pour lui plaire afin de lui suggérer de nous accorder une promotion). Est-ce cela une bonne vie ? Pour moi, la meilleure vie possible, c’est de gagner juste assez pour payer mes factures, et pas plus. J’ai bien dit » gagner » juste assez et non » travailler » juste assez. L’objectif est uniquement de ne pas dépendre des hommes. Et qu’est-ce que je fais avec le temps libéré ? – Je le consacre à ma raison de vivre. La spiritualité est un des piliers de notre vie, et elle ne peut être assumée qu’en l’absence de stress. Je ne parle absolument pas de la religion et de ses dogmes, les religions sont encore un moyen fabriqué par les hommes pour nous manipuler en brandissant un dieu punisseur. Notre corps n’est pas un sac de peau mais une très petite planète « gazeuse » (invisible aux gens ordinaires) dont le centre est plus condensé et forme notre corps apparent. Quand nous pensons et voulons changer quelque chose dans notre vie, les molécules gazeuses s’animent sans contrainte et communiquent avec toutes les planètes gazeuses du cosmos. C’est pourquoi beaucoup de personnes spiritualistes disent que leurs prières sont exaucées. Les hommes super-agités ont très peu de chance de voir leurs prières intimes exaucées ; au contraire, les femmes peuvent vraiment contrôler leur vie par la puissance de leur planète invisible. Si vous avez de l’honnêteté intellectuelle, peut-être voulez-vous savoir si je dis vrai. Alors, une seule solution : essayer…

  83. ESTHER

    10 mars 2010, 21:00

    A ce propos, les plafonds de verre qui en pèche la progression de la femme dans le monde du travail, il serai temps d’en parler!
    Je crois que le débat est là.

  84. Marie

    18 mars 2010, 15:35

    Il reste du chemin à parcourir pour l’égalité professionnelle homme/femme, certes.
    L’objet du livre n’est pas celui-ci me semble-t-il.

    Simplement de tirer la sonnette d’alarme sur les courants écologistes, qui si louables soient-ils, ne doivent pas conduire à une surcharge de travail domestique (cuisine bio, couches lavables…), que les femmes assument seules dans la majorité des familles, pire que l’équilibre physique et physiologique de l’enfant ne redevienne, dans l’inconscient collectif, de la seule responsabilité de la mère (allaitement…).

    Étant jeune maman, le fait est qu’il existe une véritable pression sociale de la « bonne mère ».
    Le bio et le retour naturel, deviennent des outils de culpabilisation récurrents :
    - Empoisonner son enfant en lui donnant du lait en poudre et des petits pots pleins de conservateurs et de produits chimiques
    - Être un pollueur notoire en utilisant des couches jetables

    Si personne ne juge les femmes qui s’accomplissent dans la maternité, ce n’est pas le cas pour celles qui font le choix d’avoir une activité professionnelle. Mettre ses enfants en crèches n’est ni un « avortement », ni un « abandon », les enfants s’accomplissent et s’éveillent différemment. De quel droit juger ?

    Ce livre dénonce simplement le risque d’une acceptation de l’inégalité professionnelle homme/femme par la célébration de la « mère parfaite », sous couvert d’un retour au naturel, qui peut amener certaines femmes à ne pas d’avoir des enfants.

    Laissons aux mères le droit du choix de leur maternité !

  85. Pierre Meur

    27 août 2010, 23:10

    NKM : « Que ces mères aient envie, comme ça a été mon cas, d’allaiter leur enfant, qu’elles le fassent si et quand elles le peuvent, me paraît être une liberté importante. Je ne compte pas m’en priver au motif que Madame Badinter trouverait cela réactionnaire et qu’elle y verrait matière à dénoncer le mythe de la « femme parfaite » ».

    La question de la mère ne se pose pas en tant que femme, mais comme étant la responsable de ce qu’elle met au monde : l’enfant. Aujourd’hui, il faut être un individu libre, mais que représente cette liberté pour l’enfant qui naît ? N’est-il qu’une excrétion improbable ?

    Ce sont les femmes qui sont porteuses de la vie, pas les les hommes, dont le rôle à ce niveau n’est effectivement qu’une simple excrétion. Connaissez-vous un être humain qui puisse s’affirmer libre individuellement ? C’est bien l’enfant qui doit être au centre du regard, pas sa mère, et moins encore son père. Il n’y a pas de liberté dans l’enfantement, il n’y qu’un asservissement consenti, la puissance du plus fort au profit de la potentialité du plus faible.

    Les enfants ne demandent pas à venir, ils n’ont aucun choix. S’ils savaient que leur venue n’est qu’un prétexte à épanouissement de leurs géniteurs, ils réclameraient la ligature des trompes et la castration.

    Un être humain dormait dans une encoignure sur et sous un tas de cartons sales. Cet être humain avait été un enfant à qui on avait promis un avenir radieux. Mais ce n’était plus un être humain, parce qu’il ne correspondait plus au profil de l’être humain établi par la société. Voulez-vous vous en convaincre ? Et bien, il suffirait que je dise que c’est un homme, et pire encore, un musulman. Il faut peu de chose pour dépouiller un être humain de son humanité et l’habiller de ces particularismes caricaturés.

    La liberté n’est pas une cause, c’est un effet. Il n’y a pas de liberté dans l’individualisme, parce que pour créer la liberté, il faut au moins être deux, une société. La liberté, c’est la relation que l’on tisse avec l’autre, pas celle que l’on s’accorde. Ça, ce n’est que la permissivité.

    Marie : « Laissons aux mères le droit du choix de leur maternité ! »

    Et aux enfants de dire : « On ne choisit pas sa famille, on ne choisit que ses amis !». La maternité est la dernière forme d’esclavage, et l’esclave n’est pas la mère. Il est dommage que les enfants n’aient pas le droit à l’avortement pour eux-mêmes. On est si jeune quand on enfante. On ne sait pas encore dans quel mal on va jeter son enfant.

    Promesse d’ivrogne ? Promesse de mère, c’est pas mal non plus ! Alors qu’Elisabeth Badinter et Nathalie Kosciusko-Morizet se disputent pour savoir ce que doit être une mère libérée, c’est à l’horrible destin des enfants que je m’intéresse. Son formatage enculturel qui en fera un adulte prisonnier de la norme de sa société. Son enrôlement dans le commun nivellement par le bas.

    Je ne suis désespéré que parce que parce que l’être humain croit plus au désespoir qu’à l’espoir. Surtout en tant de paix. Je regarde mon enfant, et je sais déjà comment le poison d’une médiocre relation humaine si commune va anéantir son appétit à vivre.

    Il est heureux que l’humanité soit prisonnière de cette Terre pour laquelle elle n’est, somme toute, qu’une forme de vermine. Le potentiel du meilleur et du pire s’inscrit dans l’enfant qui nait, mais pourquoi faut-il toujours que ce soit le pire qui l’emporte.

    Une vrai mère, ce serait celle qui choisirait de ne pas mettre au monde, ou qui changerait le monde avant d’accoucher. Mais aujourd’hui les mères se demandent si c’est être libre que de donner le sein. Moi, ça me dépasse ?

    Le féminisme est-il une cause ? Non, c’est comme les maladies inventées par l’industrie pharmaceutique pour vendre des molécules sous une nouvelle forme. Instrumentalisez les bons sentiments, il y aura toujours quelqu’un pour acheter. Le féminisme a été inventé pour s’indigner dans les salons « où l’on cause », par pour libérez la femme. La condition humaine est ce qu’elle est, et elle n’est pas près de changer, parce que personne ne veut la changer. Les gens sont bien trop individualistes pour ça.

    Quand la mère regarde son nombril, elle oublie que ce qui la relie à son enfant, sera son nombril à lui. J’ai rarement écrit quelque chose d’aussi noir, mais si je ne l’écris pas, qui le dira dans ce monde si « normalisé » ?

  86. catherine

    30 août 2010, 15:34

    Je voudrais réagir ,un peu tard ,sur cet article.

    Vous parlez à la fin du fait qu’E.Badinter ne parle pas des problèmes actuels posés par le genre ,même si d’une certaine manière on peut dire que oui ,plafond de verre etc …le fait est que ce n’est pas le sujet du livre : »Le conflit : la mère et la femme » , il s’agit bien d’un livre qui dénonce la nouvelle ,ou plutôt l’archaïque représentation de la mère redonnée au goût du jour .
    Elle dit précisément qu’il faut laisser aux femmes choisir d’avoir ou pas des enfants , d’allaiter ou pas ,d’utiliser des petits pots ou pas …ce n’est pas le cas .Je pense que vous devriez aller interroger certaines femmes qui viennent d’avoir un enfant ,c’est assez surprenant la manière dont elles sont agressées : » Vous auriez grand intérêt à allaiter » , ou encore dans les médias « qu’y a -t-il de plus doux qu’une maman? »(un papa?du moins également doux) ,bref un retour certain vers un naturalisme qui est largement encouragé par les écologistes mais ceux qui prônent une idéologie on ne peut plus extrême ! Elle ne critique en aucun cas les personnes qui se battent pour l’environnement,sans menacer ,en l’occurence,les droits des femmes! Elle le dit d’ailleurs ,l’écologie est nécessaire et très importante mais pas au détriment des femmes ! Par ailleurs, vous ,madame ,avez envisagé la pénalisation des couches jetables , nous ne sommes pas dans une ère post-patriarcale ,qui croyez-vous ,des deux parents ,le plus sucsptible de s’y atteler ?Avec les couches lavables les femmes font 80% des tâches ménagères , imaginez vous donc !
    Cordialement :-)

  87. Artemiss

    30 septembre 2010, 12:18

    La philosophie n’est peut-être pas à la portée de tout le monde ?
    C’est insupportable de voir les gens débattre sur un livre qu’ils n’ont pas lu.
    C’est insupportable de voir les gens ignares débattre sur un livre qu’ils ont lu sans rien comprendre. Je ne parle pas de tous les commentaires, ni de l’auteur de ce blog NKM.
    La philosophie, leçon 1 en classe de terminale (ici citation de Wikipédia) :
    [La philosophie] désigne une activité et une discipline existant depuis l’Antiquité et se présentant comme un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l’existence humaine [...]
    Retenir les mots suivants : questionnement, interprétation, réflexion. Le philosophe s’emploie à ouvrir poser des questions, non à y répondre.
    En conséquence, débattez sur les questions posées par un essai de philosophie, mais n’en attaquez pas l’auteur sur ses opinions, un bon philosophe comme EB ne donne pas d’opinion mais fait un inventaire des situation et pose des questions… C’est comme les dissertations au lycée thèse antithèse synthèse, vous vous souvenez ? Les professeurs nous précisaient bien qu’il ne s’agissait pas de donner son opinion sur la question, vous vous en souvenez ?

  88. GAYET

    30 septembre 2010, 12:45

    Il est vrai que la philosophie a engendré la Démocratie mais sur ce point, Jean Jacques ROUSSEAU part du principe où la Culture, la Res Publica (chose Publique in Latine) ne sont pas accessibles (ne doivent pas) à tous. Il me semble que Voltaire allait aussi dans ce sens (c’est que j’ai retenu de la visite du Château de Cirey sur Blaise -Emilie du Chatelet)

    Philosophie, chose Publique et Internet ont un point commun ; ne pas être d’essence Démocratique et ne pas être à la portée (accessibilité) de tous. Internet et les E-book préfigurent la fin de l’accès à la littérature sur papier (Cf film de F. TRUFFAU Fahrenheit 451)

    Synopsis

    Dans une société dystopique où la connaissance est considérée comme un danger, les livres sont interdits. Le métier de Guy Montag consiste à les repérer et à les détruire par le feu.
    Mais un jour, sa rencontre avec Clarisse le pousse à remettre son activité en question.
    Adaptation du roman éponyme de Ray Bradbury, Fahrenheit 451 est l’unique film de François Truffaut tourné en langue anglaise.

  89. Alex Pich

    24 novembre 2010, 08:29

    Je lis actuellement LE CONFLIT, et par curiosité, et peut être aussi amour du débat, je suis venue lire votre point de vue, Mme NKM, vous qui êtes effectivement souvent citée dans ce livre. Si Mme BADINTER extrapole parfois un peu ce concept de maternage, on ne peut tout de même pas nier que cette tendance est en train de virer en diktat dans certaines maternités…
    Je suis enceinte de mon second enfant. Lors de ma première grossesse, à chaque fois que l’on m’a posé la question portant sur l’allaitement (gynécologue, obstétricien, généraliste, sage-femme, puéricultrice) tout le corps médical a su me « remettre » à ma place en me disant à quel point il était mauvais (voir égoïste) de faire si mal démarrer dans la vie son enfant.
    Lorsque certaines personnes de mon entourage se sont étonnées que je me contente « uniqement » du congé de maternité prévu par le code du travail, sans grapiller dans le congé parental, le congé pathologique, et j’en passe, je suis passée quasiment pour la « working girl » carriériste, à croire que cette grossesse était pour moi un accident!
    Alors que certains philosophes prennent la plume pour dénoncer le procès fait à celles qui pensent autrement, sans pour autant critiquer celles qui veulent plonger dans le maternage à tout prix, je dis « d’accord », et surtout merci. Ce qu’il manque, au final, dans cette histoire, c’est de laisser le choix aux femmes… comme toujours!

  90. Clarence

    15 mars 2011, 11:42

    Bonjour,
    Le propos de Badinter n’est nullement d’accuser les femmes qui choisissent d’allaiter, mais au contraire de déculpabiliser celles qui souhaitent être mères autrement, ainsi que de soulever l’idée que tous ces choix de « parenting » ne sont pas uniquement le fruit d’une réflexion personnelle, mais également l’adoption d’un modèle imposé dont on a bien du mal à se détacher. La grande majorité des critiques de l’ouvrage de Badinter s’articulent exclusivement autour de la vexation de ces « mères parfaites ». N’y a-t-il pas autre chose à en dégager ?
    Dénoncer le mythe de la mère parfaite ne revient en aucun cas à blâmer celles à qui il convient mais bien à admettre qu’il existe d’autres manières d’être mères, qui sont tout aussi valables. Quant au naturalisme ambiant, impossible de le nier. Un simple prospectus délivré en maternité en dit suffisamment.
    Pour finir, vous regrettez que Badinter ignore dans son ouvrage les questions de relations entre filles et garçons en milieu scolaire, du « plafond de verre » ou du voile… Certainement parce que son intention n’était pas de se lancer dans une encyclopédie du genre en 4 tomes.

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