Connaissez-vous l’art numérique ?
Peut-être pas… Et j’avoue qu’il y a peu de temps encore, je faisais moi-même partie des néophytes. Aussi ai-je invité à dîner ce mois-ci quelques spécialistes du domaine : artistes, galeristes, conservateurs, journalistes, directeurs de musées… Le temps d’une soirée que j’ai voulue informelle, ils m’ont présenté leur travail et leur vision de l’art numérique.
L’art numérique consiste à mettre les nouvelles technologies de la communication au service de l’artiste : systèmes audiovisuels, ordinateurs, interfaces électroniques, etc. C’est un art relativement nouveau, en plein essor, surtout avec l’avènement d’Internet.
Vous me direz, la technologie dans l’art, ça ne date pas d’hier. Certes. Mais auparavant, elle intervenait après le processus créatif : numérisation des œuvres, montages photographiques, etc.
Dans l’art numérique, la technologie est à l’origine de l’œuvre : l’artiste prend le parti de l’utiliser comme medium d’expression direct.
Mais revenons aux invités. Si je vous les cite tous, je crains de tomber dans un inventaire à la Prévert…
Disons que quelques « pionniers historiques » de l’art numérique comme Fred Forest, Miguel Chevalier, ou Maurice Benayoun ont bien voulu rejoindre ma table. L’art Internet, c’est-à-dire l’utilisation du Web comme support de l’œuvre, n’était pas en reste puisque Valéry Grancher et Systaime étaient présents. Le musicien Roland Cahen, l’écrivain Jean-Pierre Balpe et d’autres artistes du Cube sont également venus compléter l’éventail des disciplines. Par ailleurs, avant de partir, certains d’entre eux m’ont laissé un petit souvenir pictural. J’en profite pour les remercier, avec une mention spéciale à Systaime et au portrait express qu’il a réalisé pour moi.
Cette soirée était aussi l’occasion de rencontrer des galeristes tels que Stéphane Maguet ou Magda Danysz, et des conservateurs comme Margherita Balzerani. Ils ont d’ailleurs pu échanger leurs vues avec Pierre Cornette de St-Cyr du Palais de Tokyo ou Alain Seban du Centre Pompidou, sans oublier les journalistes de Digitalart International et Poptronics.
Je retiens de la variété de nos conversations que l’artiste numérique est un iconoclaste, et quelque part cela me plaît. Technophile invétéré, il s’entoure d’une foule d’appareils qu’il s’amuse à détourner de leur usage premier en les poussant au maximum de leurs possibilités. Qui aurait prédit qu’un ordinateur pouvait écrire des romans sensibles, ou qu’un iPhone était capable de dessiner des fleurs ?
En dévoilant des usages alternatifs, les artistes numériques et ceux qui les promeuvent nous montrent la voie : loin d’avoir peur de la technique et de la fuir, ils s’en emparent pour en faire quelque chose de beau et de fantaisiste. Ce sont peut-être eux, les crapauds fous que je cherche…


TALBOT Jean-Francois
23 décembre 2009, 18:34Je vous souhaite de passer de merveilleuses fêtes de fin d’année,
Très cordialement,
Jean-François.
Jean Mularski
23 décembre 2009, 20:30Vu l’illustration, on se croirait dans le fameux salon de Madame Geoffrin, au Siècle des Lumières! Innovez plus… éclairez vous en led… avec une table multi touch et des lunettes en réalité augmentée…
C’est vrai que tout cela est bien intéressant et démontre que le web doit introduire plus de créativité et de qualité esthétique.
Le web ressemble à l’urbanisme, on peut se croire dans une rue de qualité du centre de Paris, comme dans les plus mauvais hangars commerciaux de la N20…
La différence c’est l’intervention de véritables professionnels créatifs, graphistes….
Il y a toute une profession, une éthique et de la qualité made in France à défendre…
on compte beaucoup sur vous Nathalie en ces jours de grands souhaits. Atelier Identifiable.
Joseph
23 décembre 2009, 21:17L’art numerique est un sujet qui interesse principalement les galeristes du microcosme, et derisoire au regard de la situation economique et sociale. On prefererait que vous nous parliez de vos initiatives en matiere d’opendata et de web semantique en ce qui concerne les donnees publiques essentielles. Ou encore de vos initiatives en ce qui concerne les formations à la programmation informatique dans le cadre scolaire.
P.S.: web != internet.
Fabrice Epeboin
24 décembre 2009, 13:48Tiens… Il y a comme une frontière de plus en plus floue entre le ministère de la Culture et le votre ;-)
Ceci dit, c’est tout à votre honneur de vous mettre aux arts numériques, nous accusons un certain retard face à nos amis belges, très en pointe sur le sujet, et c’est un pan de la culture contemporaine qu’il serait fâcheux de négliger.
Allez hop, un peu de shameless autopromo pour aller plus loin sur le sujet : http://fr.readwriteweb.com/2009/06/26/divers/hacking-institutions-une-interview-de-philippe-langlois-du-tmplab/
Jean Mularski
24 décembre 2009, 14:49Joseph (le juste)… c’est aujourd’hui Noël… alors acceptez qu’en ce jour magique on puisse fêter la création sous sa forme la plus extraordinaire…
Ce qui me choque c’est la médiocre qualité de cette photo… pour illustrer l’art numérique…!
C’est d’ailleurs un sujet très préoccupant : les communications sur le net sont le plus souvent de très mauvaise qualité (forme, illustrations, photos) et c’est de pire en pire. Alors oui, il faut réveiller la création, l’innovation et la qualité dans ce nouveau domaine, comme c’est le cas pour la mode, la cuisine etc… ce qui impact ensuite toute la société et l’économie…
Je profite de ce mot pour dire que la composition du blog de NKM est agréable, reposante et invite à lire et à revenir….
P.S. Pour web=internet : NON, c’est comme train=rails ….je préfère prendre le train….
Joyeux Noël à tous, les Joseph, Marie, Fabrice, Jean-François, Nathalie, et bien sûr Valérie…
On les embrasse. J.M.
JLErre
28 décembre 2009, 22:48Numérique ou pas ce qui compte dans la pensée de l’art c’est surtout l’interférence. Le numérique éclaire mais apporte aussi une confusion comme la photo a pu un temps amener une confusion dans la peinture. Reste le problème de la vieille histoire du monde fini…Alors oui, peut-être multiplier les connexions mais je reste persuadé que l’état de grâce se moque des connexions, c’est plutôt un trait de lumière dans un cerveau de mutant.
Bien à vous
Un presque sérieux
TALBOT Jean-Francois
30 décembre 2009, 00:05Bonjour / Bonsoir,
Quel doit être dans ce cas là, le rôle intrinsèque du numérique vis à vis de l’art ?
Le numérique doit t’il se produire au service de l’art, ou bien le contraire ?
L’art doit t’il rester élitiste ou bien accessible simplement à toutes et à tous…?
Le numérique peut’il accompagner le découverte de la connaissance artistique et si oui comment ?
Le numérique est t’il en mesure de pouvoir accompagner dans la découverte de la conaissance, ou bien d’accompagner celle-ci ?
Quels en sont les limites alors ? Et à quel moment serait t’il envisageable de substituer l’art Numérique, à l’Art comtemporrain ?
L’art Via le numérique puisse t’il devenir un outil d’accompagnement à la découverte de l’Art sur le terrain ?
Puisse t’il accompagner un jour, les élèves dans les écoles, en leur donnant l’envie d’aller plus loin dans la découverte de l’ART ?
A titre personnel, je n’en sais rien, vos avis m’intéressent.
Bien à vous,
Meilleurs voeux 2010 à toutes et à tous,
Jean-François.
Derrick Giscloux
31 décembre 2009, 22:46Une question peu soulevée: les « arts numériques » ne sont pas déjà l’apanage d’un nouveau sérail politique, culturel et artistique?
On a mis des décennies à reconnaître les musiques actuelles (comprendre populaires et traditionnelles) comme art ou pratique artistique qualitative, comme patrimoine. La preuve en est de leur institutionnalisation. Au prix de générations de musiciens doués …
On est beaucoup plus vif avec la création numérique parce qu’elle est davantage visible et consensuelle, et dans les problématiques unilatérales des S&NTIC (et nous sommes pourtant, effectivement bien en retard), les défricheurs en seront-ils pour autant, cette fois-ci reconnu??
Responsables culturels, cessez de donner des moyens invraisemblables à ceux qui vous semblent être les vitrines de l’art au détriment d’autres, qui font avancer les choses de façon inestimable.
Dans le cas contraire, artistes indépendants, associations et collectifs feront comme nos chercheurs, ce qui est déjà amorcé.
Songez-y.
Derrick Giscloux
http://derrickgiscloux.free.fr
Antoine
5 janvier 2010, 14:08L’art numérique est omniprésent, avec de nombreux talents en France. C’est peut être l’occasion d’organiser un événement national sur le sujet afin de structurer ce secteur et de le mettre davantage sous les feux de la rampe.
Une occasion également de rayonner hors des frontières si l’événement est d’importance.
laura
5 janvier 2010, 17:28Bonjour Madame Le Maire,
Peut-être pourriez-vous demander aux artistes numériques rencontrés d’intervenir sur le site de votre ville de Longjumeau ?
Il a bien besoin d’être réactualisé…
Nous sommes en janvier 2010, et le site nous parle encore en home page des vacances de la Toussaint 2009, du conseil municipal des enfants de l’année 2008/2009…
Dommage pour un site municipal qui devrait au contraire être une vitrine exemplaire, pour une ville ayant la chance d’avoir comme maire la Secrétaire d’Etat chargée du Développement de l’économie numérique…
J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2010 !
TALBOT Jean-Francois
5 janvier 2010, 21:15Bonsoir / Bonjour,
Dans ce cas la, si l’art numérique est au service de l’art, et bien l’art Numérique mérite sans aucun doute un peu d’éducation, le temps de servir au mieux son art et l’ar-reste.
Il est claire que le mise à jour des informations conjoncturelles, reste un maître mot et le problème dans le numérique……
C’est tout le problème aussi de l’art-ticulation-numérique……
Bien à vous,
Jean-François.
Bois
6 janvier 2010, 11:21« Il est claire que le mise à jour des informations conjoncturelles, reste un maître mot et le problème dans le numérique »….
c’est un problème de l’époque du minitel ca, pas un problème d’internet… Saviez vous qu’aujourd’hui pour les sites à contenu, les équipes éditoriales ont un accès « administrateur », avec une interface qui leur est dédiée pour alimenter directement le site, sans passer par les techniciens du code? non?
Enfin bon, ça montre bien à qui on confie les clés du camion numérique de la France, on voit avec la polémique d’aujourd’hui comme se déroule la campagne digne et respectueuse que nous avait promis Mme KM…
Allez, vous devriez postuler pour être sélectionneur de l’équipe de France, vous pourriez difficilement être plus à coté de la plaque qu’aujourd’hui.
Cordialement
Bellanger
7 janvier 2010, 23:00Avez vous évoqué la manière de soutenir la création numérique et notamment les lieux de résidences, de création, de médiation de ces contenus …?
TALBOT Jean-Francois
11 janvier 2010, 23:19Nathalie!!! T une nana géniale, j’aime bien ton blog!! …….Soyons un peu fou quand même…….qui peut le pire peut bien le meilleur non ?!! Ou bien si déja qui peut le moins peut déja….et c’est déja pas mal.
Bien à toi à vous toutes te tous…
Cdlt
Jean-François.
TALBOT Jean-Francois
22 janvier 2010, 23:13Bonjour Jany,
J’en doute sincèrement, et il n’en aurait de toute façon ni la délicatesse ni le savoir faire n’es ce pas ?
Tu en penses quoi Jany ?
Jean-François.
Jean Mularski
23 janvier 2010, 20:21On ne comprend pas très bien ce dont vous parlez, vous pouvez peut-être vous téléphoner (voir pages jaunes!).
TALBOT Jean-Francois
26 janvier 2010, 23:20Cher Jean Mularski, A qui tu t’adresses comme cela ? On (Enfin je) n’aime pas ta forme. Surtout ton coté page jaunes……… Je suis vraiment désolé pour toi, si T un frustré de la vie…ou un minable, mais bon…..si tu prends un peu de recul, tu vas y arriver , je t’assure, pas de problème. Tu te sens disposé à communiquer autrement ? Jean Mularski ? Alors si Ta envie de grandir mon ami, commence parce que tu ne comprends pas, puis tu verras….le reste cela suit, en règle général………
Bien à toi…..Monsieur Pages jaunes.
A l’occasion,
Jean-François.
TALBOT Jean-Francois
29 janvier 2010, 00:25Sinon, reste la question du numérique, et ce que la société va en faire demain, aurai tu des positions tranchés sur le subject, cher jean ?