L’Inspection générale des affaires sociales vient de remettre à la Ministre de la Santé un rapport sur l’IVG, qui fait le bilan de la législation en vigueur et propose un état des lieux.
Peu réjouissant : un nombre beaucoup trop élevé de femmes, jeunes et moins jeunes, ont encore recours à l’IVG. Un peu plus d’une femme sur trois. Le diagnostic est d’autant plus accablant que 72 % des femmes qui ont eu recours à l’IVG utilisaient un moyen de contraception. Plus la contraception échoue, plus les IVG sont nombreuses.
Voilà qui n’est malheureusement pas nouveau, et le rapport montre avec précision que la situation est particulièrement difficile dans certaines régions ou certains milieux. Il montre également que le recours par défaut à l’IVG touche aussi bien les femmes adultes que les adolescentes, ce qui n’est pas rassurant. Il va donc falloir mener de nouvelles campagnes publiques et s’adresser en priorité aux jeunes filles, pour qu’elles soient, demain, des femmes plus averties.
Comme vient de le rappeler Roselyne Bachelot, il faut avant tout améliorer l’éducation sexuelle en milieu scolaire et favoriser l’accès à la contraception. Et si l’IVG s’impose parce que la contraception a échoué, alors il faudra que l’on facilite l’accès aux médecins et aux soins. Les agences régionales de santé auront un rôle important à jouer.
Il me semble surtout que le message pédagogique est essentiel et qu’il doit être adapté à ses destinataires, pour diminuer le nombre d’IVG et éviter qu’elle tienne lieu de contraception par défaut. Nous avons fait des efforts, en matière de sécurité routière ou d’addictions, pour améliorer l’impact des campagnes d’information sur les adolescents. Et pourtant, ça n’allait pas de soi : l’adolescent se croit immortel. Il faut pouvoir lui dire que boire et enfourcher une moto c’est mourir ou bien ne plus jamais retourner en discothèque que sur un fauteuil roulant. Il faut aller le lui dire dans les collèges, les lycées, les boites de nuit.
Ma comparaison est un peu brutale, mais je crois que l’éducation sexuelle doit relever un défi semblable : il faut qu’elle puisse s’adresser aux jeunes, filles comme garçons, en trouvant les explications et les messages qui correspondent à leur perception de la sexualité, qui n’est plus celle de leurs parents.

PETIT Stéphane
3 février 2010, 18:35Bonsoir Nathalie Kosciusko-Morizet,
Vous venez de faire ici une excellente analyse et synthèse de la situation aujourd’hui, quant à l’information faite aux jeunes sur la contraception. J’espère que beaucoup de personnes viendront lire votre Blog !
Notre Députée Bérengère Poletti est intervenue à l’Assemblée nationale ce mardi après-midi, demandant à Roselyne Bachelot quelles mesures la Ministre de la Santé comptait prendre quant au rapport de l’Inspection générale des affaires sociales sur le manque d’éducation et de formation des jeunes sur la contraception.
Comme vous venez de le souligner, Roselyne Bachelot a affirmé qu’il faut avant tout améliorer l’éducation sexuelle en milieu scolaire et favoriser l’accès à la contraception.
J’ai personnellement un fils de 13 ans, je me sens concerné par le sujet et je suis d’autant plus sensible à votre politique de communication, je vous en remercie sincèrement.
Bien à vous,
Stéphane PETIT – PARIS
Jacques Pyrat
3 février 2010, 18:46Peut-être que si, au lieu de faire une éducation sexuelle qui se contente de décrire des processus génitaux, on permettait aux jeunes de prendre conscience que ce qui fait la beauté d’une relation sexuelle, c’est la qualité de la relation qui l’entoure, la question de la contraception deviendrait un peu secondaire…
Quant à la contraception, à force de séparer dans les mentalités l’acte sexuel de la potentialité d’une conception, il ne faut pas s’étonner que le principe de réalité qui veut que la finalité de cet acte puisse être une nouvelle vie se vérifie régulièrement.
Et puis, il est tellement dommage de ne présenter que des méthodes qui luttent contre le fonctionnement naturel du corps, qui mettent le corps entre parenthèse. Pourtant, il existe des méthodes qui permettent de faire alliance avec son corps, avec le corps de la femme, et qui renforcent le dialogue dans le couple : http://www.methodes-naturelles.fr/
Jean Mularski
3 février 2010, 19:47Il serait intéressant que sur son blog « espace perso… » Nathalie nous parle un peu de sa liste pour les Régionales en Essonne, non ?
dwarfpower
3 février 2010, 21:58@Jacques Pyrat
Les méthodes naturelle représentent 10 % des méthodes de contraception utilisée et 20% des grossesses non désirées et des IVG, autant dire qu’elle ont deux fois plus de risque de grossesse et d’IVG. Dans ce contexte, les proposer comme moyen de contraception à la jeunesse c’est aller directement vers l’IVG
Jacques Pyrat
3 février 2010, 23:28@dwarfpower
Merci de donner les sources de ces chiffres.
Et si ces chiffres sont basés sur la méthode Ogino, alors, c’est normal. Cette méthode est basée sur des calculs probabilistes, et non sur l’observation du cycle féminin.
Aujourd’hui, la méthode d’auto observation permet d’obtenir des résultats semblables à ceux de la pilule, sous réserve d’avoir été formé par des moniteurs. Source : http://www.methodes-naturelles.fr/passer-a-laction/fidelite-efficacite/resultats-detudes-de-fiabilite/?searchterm=efficacit%C3%A9
dwarfpower
3 février 2010, 23:57Pour le %age de grossesse non desiree suite a methode naturelle, rapport de ligas reprenant le rapport cocon
Pour le pourcentage de femmes sous methode naturelle ined/contraception
Jacques Pyrat
4 février 2010, 01:59@dwarfpower des liens si possible.
« pourcentage de femmes sous methode naturelle ined/contraception » quelle méthode, avec quelle formation ?
dwarfpower
4 février 2010, 06:53A les joies de google
http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_actualite_scientifique/la_pilule_principale_methode_de_contraception_en_france/
http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/RM2009-112P_synth_IVG_.pdf
Pour les méthodes naturelle 10 % c’est retrait + abstinence périodique ( cette dernière semble être celle que vous préconisez avec survol rapide de vos liens ).
l’igas ne précise pas les méthodes utilisées. mais mesure non un taux d’efficacité idéal, mais un taux d’efficacité pratique.
http://en.wikipedia.org/wiki/Comparison_of_birth_control_methods cite pour les methodes symptothermique une efficacite trois fois moindre que pour la pilule dans une utilisation typique et 10 fois moindres dans une utilisation ideale. le document n’est pas sourcé sur ces données, donc a prendre avec des pincettes, mais semble recouper les chiffres de l’igas
Duchesse
4 février 2010, 14:50Je vous recommande le quizz sur la contraception de Martin Winckler :
http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=21
Pourquoi la France préfère-t-elle prescrire à toutes les femmes y compris aux jeunes filles la pilule, quand on sait maintenant que le DIU (ex-stérilet) est plus efficace et sans risque d’oubli ?
Pourquoi l’éducation sexuelle en France se limite-t-elle à des cours sur la reproduction (en général sans parler de contraception), en général survolés ou « oubliés » parce que le programme est trop lourd ?
Mme KM, soyons logique : c’est très bien de vouloir parler contraception dans les boîtes, mais déjà faudrait-il rétablir des effectifs corrects d’infirmères scolaires et cesser de fermer ou déposséder de leurs moyens les plannings familiaux.
Yohann B.
4 février 2010, 19:25Bonsoir,
j’ai 22 ans, donc déjà bien sorti de l’adolescence mais je voudrais réagir : les jeunes sont bien informés, mais ce qui pose problème ce sont plutôt relations avec les parents « que va penser ma mère si elle voit que je prend la pilule » etc…
Quand j’étais au lycée et au collège, j’ai déjà eu des actions sur la contraception, souvent il y a un grand silence, ou des questions du type « la masturbation rend sourd ? « . A un moment il y avait les « emplois jeunes » il me semble dans les collèges/lycées. Ces éducateurs, je pense, pouvait avoir un rôle très important dans la transmission de ces messages.
Par ailleurs, mon amie me disait qu’elle l’avait compris différemment cette étude : L’efficacité des pilules aurait baissé. Surtout pour les produits fortement dosés, prescrits pour les femmes ayant déjà eu un enfant. (info/intox ?)
Cordialement
corbet
5 février 2010, 09:34Je suis d’accord avec Jacques Pyrat: tant que nous parlerons aux jeunes de la sexualité en leur disant » attention protégez-vous » le nombre d’avortement chez les jeunes ne baissera pas.
Animant des ateliers pour les jeunes filles de 10 à14 ans, en présence des mamans, depuis 3 ans sur l’anatomie et la physiologie du cycle, je suis à chaque fois stupéfaite par la méconnaissance de la plupart des jeunes filles (et même de leurs mamans!)
Elles ont appris le cycle comme une leçon d’histoire ou de math mais n’ont pas du tout réalisé que toute cette physiologie se déroule dans leur propre corps et ne sont pas capables pour celles qui sont réglées de se dire « Où j’en suis dans mon cycle aujourd’hui même? »N’est-ce pas par là qu’il faudrait commencer?
cazettes
6 février 2010, 08:3650 % des IVG sont pratiqués chez des femmes qui sont sous contraception, pilule ou stérilet. » ce que dit le rapport de Madame la Ministre de la santé et qui m’inquiète drôlement.
L’information ne faut-il pas la faire différemment ?
Que impact de la contraception sur la santé : multiplication des cancers.
Quel impact sur l’eau ?
Jean Mularski
7 février 2010, 17:14Il faudrait peut être que NKM mette son blog au service de sa campagne pour les régionales et nous présente sa belle équipe…. à un mois d’une échéance très importante….
Jacques Pyrat
8 février 2010, 16:53@Jean
Je cite le propos de ce blog : « J’ai voulu bâtir ici une sorte de halte, un endroit bien à moi, pour partager avec vous les réflexions que m’inspirent l’actualité aussi bien que mes différentes missions – Maire de Longjumeau, Secrétaire d’Etat à la Prospective et au numérique, numéro 2 de l’UMP. La porte est grande ouverte. Entrez donc. »
Manifestement, ce n’est pas l’objet de ce blog que de faire campagne…
Jean Mularski
8 février 2010, 18:21@jacques
OK, mais l’avenir de la Région Ile de France c’est essentiel pour : « mes différentes missions » et pour l’avenir de millions de gens…
d’ailleurs sur ce blog on voit inscrit un message twitter » : « arrive au meeting à Tinchebray »…
Présenter une équipe et des lignes de force n’est pas « de la campagne » au sens partisan…
mais bien la possibilité de mettre en pratique une vision…
marvel
14 février 2010, 09:00Je rejoins votre analyse : ce nombre d’IVG est un drame et il faut le prévenir par une meilleure information.
Mais force est de constater l’échec de ce qui a été fait jusqu’à présent. Sans doute faut il changer le discours pour avoir une approche plus globale.
L’analogie avec la sécurité routière est pertinente. C’est comme si nous avions depuis des années fait la promotion de la ceinture de sécurité sans mettre de limitations de vitesse. Communiquer techniquement sur la contraception a l’effet induit de faire la promotion de pratiques à risques. Il faut plutôt donner du sens à la sexualité, travailler sur le respect mutuel, et encourager une sexualité responsable.
fix_k
5 mars 2010, 13:55il y aura toujours des grossesses non désirées.
Tout ne se planifie pas, les femmes ne sont pas des machines, mais des êtres.
Cela fait des décennies que l’on fait du battage avec la contraception, et le nombre d’IVG ne fait que stagner au mieux.
Il serait pertinent de communiquer sur le fait que la grossesse même non désirée n’est pas forcément un drame ou une aliénation et surtout développer les moyens pour que les femmes aient une vraie alternative à l’IVG.
Que proposent aujourd’hui les pouvoirs publiques, les plannigs familiaux comme alternatives ?
Combien d’IVG aujourd’hui sont en réalités forcées (par la famille, le copain, le milieu, les problèmes matériels, la solitude, la pression médiatique,…) ?
N’est-ce pas là une des pires violences faites aux femmes ?
N’est ce pas une honte pour nos sociétés qui se prétendent développées ?