L’Institut Diderot est un « fonds de dotation », c’est-à-dire une structure associative, semblable à une Fondation, dont les travaux d’intérêt général sont financés par des personnes morales ou privées. En l’occurrence, l’Institut Diderot a été créé par COVEA, le grand groupe d’assureurs mutualistes.
Avec à sa tête Jean-Claude Seys et Dominique Lecourt, l’Institut mène des travaux de prospective et se préoccupe d’économie sociale. Un véritable « think-tank », en somme, animé par des universitaires et des chercheurs de divers horizons, qui se réunissent autour d’invités.
J’avais eu le plaisir d’être reçue par l’Institut au printemps dernier, pour présenter les méthodes et les principaux chantiers de la prospective publique dont j’ai la charge. L’institut en a fait une plaquette. Il en a édité déjà une dizaine, sur des sujets aussi variés que l’avenir de l’Europe, des nanotechnologies, de l’automobile ou encore sur « L’avenir de la population française », dont je viens d’achever la lecture.
Il s’agit d’un exposé que l’on peut lire et télécharger, dont l’auteur est François Héran, qui a dirigé l’Institut national d’études démographiques (INED) de 1999 à 2009. Une lecture d’actualité, au moment où l’allongement de la vie est de mieux en mieux connu et anticipé (c’est notamment l’objet d’une note de veille et de l’un des derniers rapports du Centre d’analyse stratégique).
La réforme des retraites donne à chacun l’occasion de s’y intéresser depuis le début de l’année, et c’est un fait de société qui sera également au cœur de la création de la « cinquième » branche de la sécurité sociale, consacrée au handicap et à la dépendance.
L’allongement de la durée de vie bouleverse déjà et va continuer de bouleverser la plupart des sociétés européennes. S’agissant de notre pays, comme le rappelle François Héran, « la France comptait en 1900 huit personnes de 15-64 ans pour une personne de 65 ans et plus. Elle en compte seulement quatre en 2000 ; et le chiffre devrait tomber à deux en 2050. » Nous allons donc connaître un vieillissement accru.
Nous savons qu’il existe et qu’il pèse sur nos régimes de retraites ; nous savons également qu’il pèse sur notre système de santé et qu’il pose à bon nombre de familles la question de l’accompagnement et du soin des aînés. Ce changement démographique aura donc des conséquences aussi nombreuses qu’importantes.
Comme le rappelle François Héran, la situation de la France reste toutefois particulière en Europe, parce que nous avons un « vieillissement par le haut », du fait de l’allongement de la durée de vie, mais pas de « vieillissement par le bas », c’est-à-dire pas de baisse de la fécondité. C’est la raison pour laquelle, conclut-il, la France pourra conserver et même renforcer sa population active si notre natalité reste soutenue et si nous continuons d’accueillir des migrants, comme nous le faisons aujourd’hui.
D’autres pays, comme l’Allemagne ou l’Italie, seront bien plus à la peine pour enrayer la baisse de leur population active. La question est bien d’actualité, pour l’Europe tout entière.

Antoine
13 août 2010, 20:39« et si nous continuons d’accueillir des migrants, comme nous le faisons aujourd’hui »
Vous voulez vraiment tuer la France, ce n’est pas possible autrement.
Quentin
14 août 2010, 09:40Comment est-ce que l’on peut continuer de soutenir qu’il faut de l’immigration avec 10 à 15% de chômage dont 50% chez les jeunes de banlieues? Je voudrais bien que les universitaires de ce think tank me l’explique…
lambda
15 août 2010, 21:56est-ce que c’est l’avenir de la population française qu’il fallait titrer ?
Anthony
17 août 2010, 15:58juste un mot pour vous dire o combien je vous trouve ravissante et belle!
Ménage
31 août 2010, 14:54Les trois grandes époques de l’humanité sont l’âge de la pierre, l’âge du bronze et l’âge de la retraite. [Jean-Charles]
vieillissement
17 septembre 2010, 21:44bonjour à toues et à tous, je pense que Institut Diderot est une très bonne initiative, et doit servir d’exemple. pour donner quelques chiffres supplémentaires, en France, il y a actuellement 8.6 millions de personnes âgées. Notre population est viellissante car la qualité de vie ne cesse de s’amélliorer.
si vous souhaitez obtenir quelques information sur le sujet du vieillissement, je vous invite cordialement à lire cet article :
http://www.passion-psycho.fr/dossier-special/167-le-vieillissement-normal-et-pathologique-introduction
salutation à tous.
Christian DUPONT
5 octobre 2010, 08:36Madame, Je viens de suivre votre intervention sur BFM télé. BRAVO. BRAVO Vous présentez les « choses de la vie » avec franchise (pas de langue de bois), pragmatisme, le tout avec votre sensibilité féminine.
Je partage complètement votre avis sur la reconnaissance trop limitée de ce que peuvent apporter les femmes dans notre société.
Plus de femmes (à toute règle générale des exceptions existent et l’on trouve dans le monde politique et professionnel des « tigresses » non constructives ne prenant leur plaisir que dans la destruction sans plan de reconstruction….), ce serait plus d’égalité, le respect, un partage des activités, droits et devoirs plus réfléchis et équilibrés.
Les femmes ne mettent pas en péril le monde le meilleur possible souhaité pour les enfants qu’elles ont mis « au monde ».
Merci encore Madame, votre interlocuteur, peut-être « matchiste » (car journaliste mais pas indépendant politiquement) n’a pas été à la hauteur et ne vous a pas laissé vous exprimer suffisamment sur les sujets de société qui nous intéressent et que vous développiez fort clairement. (vous avez su le remettre en place 2 ou 3 fois, c’est parfait).
Avis d’un retraité cadre de banque qui continue à travailler dans le transport touristique (ou d’ailleurs l’on manque de conducteurs surtout parce qu’il faut travailler le samedi et le dimanche) afin de rester au contact des actifs, jeunes en particuliers (seul moyen pour essayer de les comprendre)
GAYET
5 octobre 2010, 09:51Bonjour,
C’est grave ce que je lis ; « d’un retraité cadre de banque qui continue à travailler dans le transport touristique (ou d’ailleurs l’on manque de conducteurs surtout parce qu’il faut travailler le samedi et le dimanche) afin de rester au contact des actifs, jeunes en particuliers (seul moyen pour essayer de les comprendre) » Les jeunes Français seraient-ils devenus ricaner ?
Le travail, selon moi, se gagne à la sueur de son front, j’entends déjà des personnes ricaner il faut dire qu’avec l’emballement de la finance 35 heures c’est encore trop pour certains alors qu’il faudrait revenir au moins si non plus aux 39 heures payées 39 heures avec l’aide financier des plus nantis de notre pays.
Rester « actif » pour un retraité est selon moi avant tout un moyen de « rester jeune » intellectuellement et cérébralement SI l’activité pour un retraité devient un moyen alimentaire cela devient TRES TRES GRAVE.
Hervé GAYET
GAYET
5 octobre 2010, 09:53Oups
ne pas lire Les jeunes Français seraient-ils devenus ricaner ?
mais Les jeunes Français seraient-ils devenus flemmard ?
Le correcteur d’ortho s’est emballé et a subtitué mot involontairement