La santé mentale, l’affaire de tous !

Jeudi 19 novembre 2009 à 11:21 13 commentaires

santementale

Au titre de ma casquette prospective, le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) m’a remis mardi un rapport sur ce que sont les déterminants du bien-être et les moyens de les favoriser : « La santé mentale, l’affaire de tous. Pour une approche cohérente de la qualité de la vie ».

J’ai d’autant plus d’intérêt pour ce sujet que Longjumeau a ouvert il y a deux mois un centre d’accueil et de crise pour les personnes en situation de détresse psychologique mais qui ne doivent pas être confondues avec ce qu’on appelle habituellement les malades mentaux. Cette « hospitalité pour éviter l’hospitalisation » comme le dit très bien Guy Dana, le psychiatre à l’origine et en charge de la structure, est une façon d’aider les personnes en situation de crise à prendre de la distance avec leur milieu habituel pour retrouver un minimum de sérénité. La thérapie est essentiellement axée sur la parole, par des entretiens individuels et des ateliers.

Le rapport du CAS s’intéresse à la santé mentale dans son ensemble, à la santé ordinaire et à ce qui peut contribuer au bien-être psychique des personnes. Les leçons du rapport sont extrêmement nombreuses. On découvre en particulier que si les dépressions sévères sont relativement stables au sein de la population (environ 3 %), les dépressions légères augmentent en revanche fortement. Autre enseignement : la détresse psychologique touche plus particulièrement les jeunes, les personnes âgées mais aussi les actifs et plus encore les femmes. A l’inverse, la tranche d’âge qui semble la plus sereine est celle des 60-75 ans.

La santé mentale n’est pas un luxe, c’est l’un des autres enseignements forts du rapport. A ce propos, l’UE évalue entre 3 à 4 % du PIB les coûts directs et indirects de la mauvaise santé mentale sur l’économie (invalidité, accidents du travail et maladies professionnelles, absentéisme, baisse de la productivité).

Enfin, le rapport met aussi en évidence le fait qu’une bonne santé mentale ne dépend pas seulement des professionnels de santé. De nombreux acteurs de la société, à l’école, dans l’entreprise, dans les services sociaux, ont un rôle à jouer pour favoriser ce qu’on appelle les « déterminants » du bien-être, notamment la confiance en soi, la capacité à surmonter les épreuves de la vie, le sentiment de maîtriser son destin…

J’ai voulu inscrire ce rapport dans la continuité des travaux de la commission Stiglitz. C’est pourquoi il s’attache à proposer des approches qui permettent d’intégrer la notion de bien-être dans la mesure du PIB.

13 commentaires

  1. Hari K T

    19 novembre 2009, 15:05

    Great design .

    Loved it . You may need to use google translation so others too can read what you have written . Its free try it out .

    Thanks

  2. Olivier Ezratty

    19 novembre 2009, 16:58

    Un des éléments clés à regarder de près concerne les évolutions des pratiques managériales en France. Les exemples récents (FT, etc) ont montré qu’il y a avait du pain sur la planche ! La faible culture du risque en France induit un système managérial qui fonctionne trop sur la peur et la hiérarchie. Une grande part des crises économiques, et pas seulement financières, ont pour origine les pratiques managériales des grandes entreprises. C’est un vrai sujet de société, très peu abordé dans les médias, au MEDEF, etc.

  3. Vincent

    20 novembre 2009, 15:26

    Excellente initiative que de poser les choses afin d’arréter de seulement coller à l’actualité souvent dramatique du moment concernant la souffrance au travail.

    240 pages sur le sujet mais au final quelles axes politiques peuvent-ils être développés.

    Comment l’état, le gouvernement peut aider à cette prise de conscience bien sur à l’école mais aussi dans les entreprises.
    Je me souviens de Xavier Darcos sur un plateau concernant France-Telecom face à un représentant du syndicat SUD qui serait presque passé cette fois-là pour syndicaliste modéré, on mérite mieux comme stratégie gouvernementale….

  4. Vincent

    20 novembre 2009, 15:29

    Xavier Darcos était modéré car concernant SUD…

  5. JeSuisLà

    23 novembre 2009, 10:45

    En cas de mort suspecte, entre un homicide et un suicide, on accepte souvent le moins cohérent: l’hypothèse du suicide.

    Pourquoi n’est-ce pas cohérent? Si on y réfléchit bien, entre quelqu’un qui ne demande qu’à vivre avec sa famille, avec ses projets, son amour de la vie, et un autre, manipulateur, sournois agresseur qui prend plaisir à empoisonner la vie d’autrui, jusqu’à pousser au suicide, qui est le plus près d’un meurtrier? Celui qui vit sa vie ou celui qui agresse les autres? Pourtant la société accepte sans trop sourcillier, que c’est celui qui aime la vie qui, lui, a tué… lui.

    Il faut dire que c’est plus facile, le mort n’étant pas là pour se défendre, réclamer et s’exprimer.

    Il serait temps de légaliser et de punir les « meurtres psychologiques », sournois, sans bruits et qui laissent les victimes et leurs familles démunis, tant sur le plan psychologique, que financier. Etre avec eux sans pitié, comme ils le sont eux-mêmes, ces malades mentaux, qui présentent belle vitrine dans la société. Faute de vouloir le reconnaitre et de se faire soigner, ils ne font que se battre pour être chefs, car ce sont des coquilles vides, sans compétence, et seules les responsabilités et les honneurs les rassurent. Seule leur agressivité perverse calme leur déséquilibre interne et c’est avec la force de l’instinct de survie, camouflé, inconscient, qu’ils se battent.

    Seulement voilà, qui fait les lois? Et quelles sont les statistiques en politique sur la dispersion de ces manipulateurs dangereux avides de pouvoir?

    Et pourtant le suicidé ne tue souvent que lui. Mais le beau chef irréprochable, malade du pouvoir, devant qui tout le monde fait courbette, combien de personnes risque-t-il de tuer, lui?

  6. olivier calemard

    23 novembre 2009, 19:36

    En tant que président de l’association sévrienne « Santé-Cité », j’ai été particulièrement sensible aux thèmes que vous abordez . Notre association, créée il y a 10 ans, a pour objet de sensibiliser chacun d’entre nous au rôle qu’il peut jouer pour son propre bien-être comme pour celui de la collectivité à laquelle il appartient. Pour cela, nous proposons des activités qui incitent à la réflexion à travers des supports concrets (atelier de marionnettes , « Gymastique sensorielle »,conférences…)
    qui aident à (re)trouver un équilibre tant physique que psychique.
    Il se trouve que nous organisons à Sèvres, le lundi 7 décembre-,une conférence intitulée « De l’art du bonheur » où la conférencière,Elaine Tournesac,Gestalt praticienne,ouvrira le débat sur les déterminants du bonheur et ce qui peut être fait pour les favoriser. Nous serions bien entendu très heureux de vous y accueillir.

  7. Isabelle Brousse

    24 novembre 2009, 01:39

    La santé mentale est dépendante d’une insertion sociale correcte, sans étiquette collée sur le front, avec un droit légitime à l’ employabilité.

    C’est un vrai changement culturel à mener au sein de la société française pour faire émerger l’idée selon laquelle on peut être riche de ses échecs, qu’il est autorisé d’ être faible pour être fort plus tard et que les événements de la vie vous rendent plus fort au lieu de vous barrer souvent définitivement en disant  » celle-là, celui-là, non, pas possible, il a eu tel ou tel événement grave dans sa vie…on ne peut pas lui faire confiance… »

    Je vois bien émerger des actions curatives de « Prévention des risques psycho-sociaux » mais j’aimerai beaucoup que les entreprises développent aussi des actions pour ne pas laisser sur la touche pas seulement les handicapés mais aussi ceux qui doivent faire face: les malades du cancer, de la sclérose en plaques, du VIH et autres maladies, les personnes qui doivent affronter un accident grave qui les concerne directement ou pas, un accident du travail, une lourde perte au sein de leur famille, tout traumatisme…

    Travaillant sur le coaching de la résilience professionnelle depuis 2 ans, ce rapport m’interpelle.
    Développer la capacité à surmonter les épreuves de la vie est effectivement une question de société , une question économique et une question qui devrait être adressée à toutes les entreprises aujourd’hui !

  8. JeSuisLà

    24 novembre 2009, 09:06

    -> Olivier Calemard & tous

    Bien sûr développer des moyens de défense contre les « empoisonneurs » c’est utile! Mais pas suffisant. Merci tout particulièrement à Olivier Calemard pour son invitation. Pourriez-vous SVP donner l’adresse de la maison des associations de Sèvres? Ce n’est, en effet, pas si facile à trouver, pour un non habitant de la ville, à partir du blog de NKM.

    C’est banal. Les sites de ville sont faits pour les habitants de la ville. Regardez, par exemple, qui peut trouver l’adresse de la maison des associations de Palaiseau à partir de http://www.ville-palaiseau.fr/

    Pourtant je me suis promenée un peu sur le site de Sèvres et en particulier ici: http://www.ville-sevres.fr/ewb_pages/m/mot_maire.php

  9. Olivier Auber

    27 novembre 2009, 00:33

    Chère Nathalie, je ne nie pas vos bonnes intentions, mais dans la société telle qu’elle est « intégrer la notion de bien-être dans la mesure du PIB » c’est comme le rêve du boucher de ne débiter que des cochons heureux.

    Le pire serait que les cochons y croient.

    http://appelpourlerevenudevie.org

  10. Pierre-Louis

    27 novembre 2009, 01:04

    Chère Nathalie,

    Il est des accidents de la vie qui la modifient définitivement.
    La schizophrénie m’a touché quand j’avais 23 ans.

    http://schizophrenia.20six.fr/schizophrenia/art/1515303/Extrait-de-l-emission-Le-Telephone-Sonne-sur-France-Inter-le-9-fevrier-2007-#comm

    Bien cordialement.

  11. JeSuisLà

    30 novembre 2009, 12:03

    Un exemple de mort terrible où on finira peut-être par admettre l’hypothèse d’un suicide, faute de « mieux ». Donc on accepte sans sourcilier que cette jeune femme est meurtrière (d’elle-même). Mais combien de crimes avérés sont-ils restés sans que la police ne trouve l’assassin? Par exemple l’an dernier? Combien de « suicides » comme celui de cette jeune fille, c’est-à-dire que ni les parents ni l’entourage ne peuvent expliquer?

    http://www.leparisien.fr/reactions/faits-divers.php?article=mort-de-myriam-les-parents-ne-croient-pas-au-suicide-29-11-2009-728151&page=2

  12. victor

    18 décembre 2009, 22:15

    pour votre info, j’ai développé l’IBET, l’Indice du Bien être au travail qui est un déterminant de la dégradation de la valeur ajoutée des entreprises générée par les situations de souffrance individuelle ayant un impact sur les collectifs de travail.
    Mes travaux sont en « open consulting » sur mon site pro http://www.mozartconsulting.fr

  13. Benoît Bettinelli

    18 mars 2010, 16:45

    Bonjour,

    Je suis X91 et je travaille au sein de l’Etat. Je suis persuadé que ma N+1 m’a mis en dépression afin de m’évincer de mon dernier poste. Personne ne m’a soutenu, que ce soit au niveau des syndicats ou de mes pairs.

    En pratique, il est très difficile aujourd’hui pour moi de remonter la pente sans soutien ni perspective.

    Merci de toute idée en ce sens.

    Bien cordialement,

    Benoît

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