Le Crédit Mutuel et la BNP ont remboursé il y a quelques jours l’argent qu’ils devaient à l’État. La Société Générale annonce qu’elle en fera de même d’ici peu, sans doute le Crédit Agricole suivra-t-il. Les banques remboursent. Elles vont mieux. On s’en réjouit pour elles. Ça ne suffira pas à nous sortir de la crise, ni à résoudre le problème de l’emploi, mais c’est une nouvelle encourageante.
Rétrospectivement, à l’encontre de la levée de bouclier qu’avait suscité cette mesure au début de l’année 2008, on peut se dire que l’initiative de l’État était la bonne : elle a permis d’aider les banques à se remettre en selle, et elle enrichit l’État : les intérêts sont élevés, ils ont rapporté près de 400 millions d’euros, 400 autres devraient suivre d’ici l’hiver. Le remboursement témoigne aussi d’une régulation accrue, à la suite des décisions du G20 : il faudra bientôt que les banques montrent plus de solidité, c’est-à-dire plus de fonds propres. Le gain financier est transformé en gain social : à l’initiative de Nicolas Sarkozy, le « plan d’action pour la jeunesse » va bénéficier des intérêts de ces remboursements bancaires. 500 millions investis en faveur de la jeunesse.
L’opération a permis aux banques de traverser la crise, elle favorise la régulation et elle bénéficie à terme à notre jeunesse. C’est une circulation d’argent à tout le moins judicieuse et vertueuse, non ?
Otto l'Entrepreneur
21 octobre 2009, 10:59C’est sûr, on ne va pas se plaindre: nos banques sont sauvées, l’état à récupéré son argent (heu, par contre, je vois pas comment il a pu « gagner » de l’argent avec les intérêts, vu que l’état a des emprunts bien plus gros à rembourser…?).
Mais en tant qu’entrepreneur, y a un truc qui me choque: les banques ont repris les bonnes vieilles habitudes:
* investir à risque: cf les provisions des primes des traders
* ne pas prêter aux entreprises (un exemple hyper concret vécu en octobre 2009: un prêt garanti à 100% via Oseo + nantissement, et la banque a demandé en plus des garanties personnelles au gérant!).
Bref, aucune leçon de tirée par les banques, c’est reparti comme avant. Donc la crise bancaire à secoué les petits porteurs, les salariés licenciés, et finalement enrichit les banques… Drôle de situation, je n’arrive pas à m’en réjouir.
Otto.
debatcitoyen
21 octobre 2009, 11:07Oui, il fallait aider les banques et elles semblent aller mieux, tant mieux.
Elles paient des intérêts, bien, mais il faudra voir dans quelles mesures ces intérêts sont à la hauteur des bénéfices qu’auront permis les aides de l’état, cf 140 milliards de bonus pour Wall Street http://xfru.it/ccUigs.
En d’autres termes, on partage les pertes mais privatise les profits.
Et les changements dans le système financier ? Toujours aussi friand de spéculations et réticent à évoluer.
Le débat est ouvert dans les esprits en Europe et aux USA, il ne faut pas relâcher les efforts car les financiers feront tout pour se faire oublier et continuer comme avant si les politiques ne sont pas vigilants et courageux.
PS: bravo pour votre blog, vive l’élu 2.0 !
Aline MANGENOT
21 octobre 2009, 12:43En quoi cela participe à la régulation ?
Les bonus sont plus important cette année que l’année dernière et même que 2008 ? Qu’est ce qui change ? On a juste redonner de la trésorerie sans profiter de la contrepartie possible …
Cordialement
Albert L
21 octobre 2009, 12:50Franchement, « sauver » les banques, c’est comme sauver le virus en cas d’épidémie de peste ! Comme ça, on aura préservé la source pour la prochaine crise !
Quant à imaginer que cela rapporte de l’argent, c’est de la naïveté pure et simple : il suffit de se voir prélever 20 € en cas de découvert ponctuel pour comprendre que c’est nous tous qui payons pour les banques et qu’elles ne font que se servir dans nos poches pour financer leur train de vie dispendieux et leurs prises de risques imbéciles sur les marchés mondiaux !
la banque domestique finance la banque d’investissement, et c’est bien là le scandale qui n’est pas prêt de cesser…
@AurelienLeFloch
21 octobre 2009, 13:56« C’est une circulation d’argent à tout le moins judicieuse et vertueuse, non ? »
Non! Pourtant elle aurait pu l’être… Mais le G20 et le système financier international n’avaient pas vraiment intérêt à changer les règles. En énoncer des nouvelles, oui. Communiquer sur une moralisation de ce système pour se protéger de la colère des citoyens, oui. C’était suffisant. Maintenant on peut reprendre les bonnes habitudes. Bonus à outrance, frénésie ultra capitaliste… Peu importe les conséquences à moyen terme. On prend les sous maintenant, les autres paieront après… 95 milliards pour les traders cette année! Oui, la crise est passée! Sur les places financières seulement…
Au fond, le problème n’est pas que ces traders gagnent de telles sommes. C’est une politique du mérite après tout. Pourquoi les incriminer eux!? Non, le problème vient des gouvernants financiers. Qui prônent un système nuisible à la grande majorité des citoyens de cette planète…
Alors un bon placement financier? Sûrement d’un point de vue comptable pour certains. Mais à l’échelle du pays, sûrement pas… D’un point de vue éthique et moral encore moins. Mais après tout, l’éthique n’est pas l’objectif. L’augmentation du capital si…
leblase
21 octobre 2009, 21:29« Le gain financier est transformé en gain social : à l’initiative de Nicolas Sarkozy, »
Désolé, Chère NKM, mais vous n’êtes certainement pas sans savoir que tant que la loi ne sépare pas franchement les activités et cadres des banques d’affaires et des banques de dépôt, l’amalgame permettra aux méga-établissements de puiser de l’aide au public quand ça va mal tout en cartonnant sans vergogne dans les jeux logiciels de la nouvelle « ultrafinance » une sorte de banditisme non décrié encore par votre remarquable collègue MAM).
Dans ce domaine, Nicolas Sarkozy est bien comme Barak Obama: un responsable politique espérant cacher derrière ses discours son impuissance (si ce n’est son absence de désir) à changer la régulation bancaire.
Non que ce soit facile.
C’est juste que la décence demande aux responsables politiques un peu de retenue dans leurs discours sur la finance, alors que la crise sociale, elle, n’est pas comme la crise financière: elle perdure.
Filou
22 octobre 2009, 08:28Bonjour
Et si un jour, les titulaires de comptes auprès de la BNP imposaient à leur banquier de justifier l’existence de ses nombreuses filiales dans les paradis fiscaux ?
On peut rêver …
Paul
22 octobre 2009, 14:38Je ne vois pas ce qu’il y a de vertueux dans tout ça. Les banquiers font mal leur boulot, ils se retrouvent à la rue, et le gouvernement les sort de là.
Le message qui passe c’est que si on gère mal son entreprise, l’État est là, et vous file l’argent de ceux qui travaillent bien.
Surtout quand on sait que celui qui est le plus en faillite dans ce pays c’est l’État lui-même…
Jany Keochkerian
23 octobre 2009, 07:39J’ aurais envie de dire : ce qui compte, c’est surtout d’être en mouvement ensemble.
ALOMBERT
25 octobre 2009, 16:33La vertu des banques?
L’action du gouvernement vertueuse? oui probablement à l’époque, opportuniste politiquement, certainement, opportune économiquement? cela semble moins sur maintenant! Tout est reparti très vite dans la même spirale et les mêmes travers. Les banques annoncent des bénéfices records cette année, en partie alimentés par des spéculations, en engageants les fonds public? Non, jurent-elles, bien sûr, mais leur équivalent pris sur les réserves. Le lancement des produits structurés montre qu’aucune leçon n’a été retenue. N’aurait-il pas mieux valu transformer les créances en participations, pour mieux impulser le contrôle dans les structures bancaires et tirer un profit plus important que les seuls intérêts, participant ainsi plus activement à la réduction de la dette? La promptitude au remboursement est exemplaire, le client de base n’a plus confiance en sa banque, mais le public et les investisseurs n’en manquent pas lorsque l’on constate les souscriptions aux emprunts obligataires. Merci l’argent public, vive l’argent du public, il oblige moins à rendre compte, y compris.. sur les bonus.
Julien
2 novembre 2009, 15:47Sur ce sujet, il y a deux dimensions qui s’expriment : l’opinion publique (la morale) et la réalité. Il est possible d’être choqué par le système financier mondial, et il est de bon ton de s’en offusquer lorsqu’une crise s’annonce (car c’est le moment ou les différences vont le plus s’exprimer). Mais la réalité se moque de la morale : les gouvernements qui auront le mieux aidé leurs banques leur assureront un levier non négligeable pour gagner des places en période de croissance.
Il y a deux façons de voir : Soit le politique isolé part en croisade pour une morale totale, plongeant son pays quelques années plus tard dans un déclin relatif; soit il admet ne pas pouvoir changer tout d’une baguette magique, et il défend les intérêts de tous dans un premier temps avant de penser à changer ce système.
Je ne pense pas que les français se réjouiraient si en réalité les traders de leurs banques seraient les plus mal payés au monde; quand bien même on peut bien faire son travail en étant mal payé, cela ne dure pas éternellement.
L’immobilier français est plus sain que chez nos amis anglo-saxons, les banques le sont également plus, comme les règles qui les régissent (plus strictes qu’ailleurs). La France est un pays qui va relativement bien et dont les concitoyens pensent qu’il va très mal.
MOLLE Stephane
21 mai 2010, 00:11http://www.facebook.com/note.php?note_id=148344617461&comments=
A l’époque je m’étais élevé contre votre article que je trouvais au minimum naif, et c’était une des premieres fois ou j’etais en complet desaccord avec vous
La verite me donne malheureusement raison
C’est toujours interessant de faire le point le bilan plusieurs mois apres :
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/05/20/97002-20100520FILWWW00694-l-aide-aux-banques-epinglee.php