Les TIC et le développement durable : le nouvel horizon de la croissance verte

Lundi 22 juin 2009 à 11:13 1 commentaire

TIC et développement durable

Comme tous les secteurs économiques, le secteur du numérique doit faire sa mue environnementale et diminuer ses consommations d’énergie et de matière (il doit également être mis à disposition du reste de l’économie pour diminuer l’empreinte environnementale de tout ce qui n’est pas numérique : j’y reviendrai dans un prochain billet).

Alors que le numérique a longtemps été indifférent à ces questions, mes contacts avec les professionnels du secteur m’ont convaincue que nous avions passé un cap. Les démarches vertueuses ne sont plus le fait de quelques pionniers, convaincus de l’écologie, mais se généralisent parmi les DSI, même si c’est en premier lieu par réalisme économique. En effet, diminuer la consommation de son parc informatique, ou allonger la durée de vie du matériel, permet de diminuer ses frais de fonctionnement dans le premier cas, d’investissement dans le second. La crise économique actuelle nous aide à passer au durable : je ne m’en plaindrai pas.

Parmi les informations que j’ai relevées sur un très bon site consacré à ce sujet, je voudrais en commenter deux : la première du 8 juin signale qu’Orange commercialise des téléphones d’occasion, la seconde du 9 indique qu’au Royaume-Uni, une loi imposera à partir de 2010 aux datacenters de plus de 450 m² de rentrer dans un système de quotas de carbone.

Je vais examiner en détail cette initiative britannique, qui peut alimenter notre réflexion actuelle sur la fiscalité environnementale. Mais, ces questions sont éminemment complexes et peinent à se mettre en place rapidement. Ainsi, malgré le succès du bonus/malus automobile qui a fait baisser l’émission moyenne des véhicules neufs en 2 ans de 149 grammes de CO2/km à 135, il n’y a toujours pas de deuxième exemple de bonus/malus. De même, la réflexion lancée par le Gouvernement sur la contribution Climat-Energie ne trouvera une application concrète au mieux qu’en 2010…

Il me paraît primordial de profiter de l’élan actuel pour capitaliser sur toutes les initiatives qu’elles soient individuelles comme celle d’Orange cité plus haut, ou collectives, comme les Chartes de bonne conduite auxquelles j’ai bon espoir que les professionnels du secteur adhérent à l’issu du groupe de travail actuellement en place sur TIC et développement durable.

Comme nous nous y étions engagés dans le Plan France numérique 2012, nous allons très prochainement lancer, dans un partenariat large, un prix de la croissance verte numérique. Il récompensera l’invention, la création et le développement de technologies numériques au service du développement durable. Il aidera à une diffusion plus rapide des bonnes pratiques et des technologies innovantes. Il facilitera le démarrage de nouveaux marchés dans le domaine du Green IT.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour vous dévoiler les modalités de ce prix.

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1 commentaire

  1. Fred Bordage

    28 octobre 2009, 11:11

    Bonjour, comme le montre le rapport DETIC, la principale empreinte des TIC n’est pas liée à l’utilisation, mais à la fabrication et à la fin de vie des matériels. Je cite le rapport DETIC :
    - empreinte carbone « production » des TIC : 22,15 MTec,
    - empreinte carbone « utilisation » des TIC : 4,92 MTec.

    Bien entendu, l’empreinte écologique des TIC ne se limite pas aux GES. Elle est aussi liée à l’extraction des matières premières non renouvelables, aux pollutions liés à la fabrication et au transport du matériel, et aux déchets. Moins de 15% des DEEE sont collectés en France en 2008… malgré le financement du dispositif par les particuliers via l’éco-taxe.

    Comment expliquer dans ce cas que les principales initiatives en France (mis à part Ordi 2.0) portent sur la réduction de la consommation d’énergie (phase d’utilisation) plutôt que sur la durabilité du matériel et la mise en place de l’économie circulaire ?

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