© Jérôme Bon – 2007
Il est des dossiers qui ne nous quittent pas, quelles que soient nos responsabilités d’élu. L’A10 fait partie de ceux-là. Dès 2003, alors que j’arrivais à l’Assemblée Nationale, je me penchais sur le sort de cette autoroute et m’engageais vigoureusement contre la construction d’un parking pour poids lourds sur l’aire de Briis-Janvry. Deux années de mobilisation plus tard, l’idée était définitivement enterrée.
Mais ce n’est là qu’une péripétie parmi toutes les grosses difficultés attachées à l’A10. La première d’entre elles à mes yeux concerne les nombreux essonniens qui empruntent quotidiennement cette autoroute pour aller travailler. Un aller le matin, un retour le soir, avec parfois un trajet au moment du déjeuner pour s’occuper d’une question urgente : c’est autant de fois que l’on passe le péage de Dourdan, et que l’on paye 1,60€. Sur une année, cela peut représenter plus de 2000€ pour un ménage !
En octobre dernier, j’avais donc sollicité une réunion avec les élus locaux, l’association « A10 gratuite » les services du ministère des transports, et secrétaire d’Etat au Transport de l’époque. Il avait été convenu que la société concessionnaire de l’A10, Cofiroute, allait conduire une étude de trafic sur la zone concernée pour évaluer l’impact financier des différentes options envisageables.
Le destin fait parfois bien les choses. Quelques semaines plus tard, je me suis retrouvée en charge du Ministère des Transports. J’ai donc demandé dès le mois de février un point d’étape sur les suites de la rencontre d’octobre. Les modalités de l’étude de trafic ont été validées et nous nous sommes donnés rendez-vous quelques mois plus tard pour la présentation des résultats. Elle a eu lieu mercredi 18 mai et chaque partie étudie maintenant en détail les données recueillies.
Je résume la situation : l’Etat dispose en fait de peu de marges de manœuvre car l’exploitation de l’A10 a été concédée à Cofiroute. Si le tronçon devait devenir gratuit, il devrait être gratuit pour tous et il faudrait alors dédommager la société des pertes de revenus que cela engendrerait. C’est une obligation juridique.
En revanche, il est possible de subventionner des abonnements à bas prix. C’est d’ailleurs ce qui se fait déjà : Cofiroute propose des réductions de 30% sur le prix des péages à travers une gamme de forfaits. Cette réduction est entièrement à sa charge. En général ces tarifs réduits sont également subventionnés par les collectivités locales. L’Agglomération d’Orléans propose ainsi une baisse de 80% du prix du péage sur son tronçon local de l’A10 pour les usagers réguliers. Pour le moment, les conseils généraux de l’Essonne et des Yvelines n’ont pas souhaité participer à l’effort collectif.
D’autres pistes sont également envisageables : je crois beaucoup au développement du covoiturage, sans négliger bien entendu le renforcement de l’offre de transports en commun, notamment en passant par l’A10.
Un prochain rendez-vous a été fixé au mois de septembre pour faire le point sur ces différentes options. Je continuerai à vous tenir au courant !








