Philippe Séguin nous a quittés…

Jeudi 7 janvier 2010 à 10:20 8 commentaires

p. seguin

Photo : Assemblée nationale

Philippe Séguin nous a quittés cette nuit. Mes pensées vont à ses proches, à sa femme et à ses enfants. Sa disparition est une perte immense pour ma famille politique comme pour le pays tout entier, qui perd avec lui un homme d’État dont l’intelligence et la culture n’ont eu d’égale que la force et la droiture. Un homme d’honneur, dont la voix si profonde portait dans une langue très belle, un extraordinaire amour de la France.

J’avais eu la chance de faire sa connaissance, au début des années quatre-vingt dix, grâce à mon grand-père, lui-même gaulliste.

Philippe Séguin a mené des combats sans concession ; vous vous souvenez peut-être de la tenue si inhabituelle du grand débat qui l’avait opposé à François Mitterrand, lors de la campagne qu’il menait contre le traité de Maastricht, de ses interventions à l’Assemblée nationale qu’il présidait, ou bien encore de ses grandes diatribes républicaines.

Philippe Séguin était pupille de la Nation, d’une Nation qu’il aimait sans retenue, avec cet attachement fidèle qui le caractérisait, et qu’il servait hier encore à la Cour des Comptes.

Hier, à midi, lors des vœux aux services du Premier Ministre, je l’ai croisé ; il m’a semblé heureux, déterminé devant les divers chantiers où il s’apprêtait à engager la Cour, notamment sur le terrain bancaire. Nous venons de perdre un ami, un grand homme.

8 commentaires

  1. Dominique

    7 janvier 2010, 10:41

    Un vrai gaulliste, qui a su rester fidèle à ses convictions. Peut- être à samedi à Nozay.

  2. Ivanoff

    7 janvier 2010, 10:48

    Ancien maire d’Épinal, ville d’où je suis originaire. Il a su sortir cette petite ville des Vosges de l’anonymat et de son isolement. Un grand bosseur, intègre, fidèle a ses convictions, ce qui est rare voir en voie d’extinction de nos jours malheureusement…

  3. BiG

    7 janvier 2010, 11:13

    Sa famille politique vient de perdre une épine dans le pied, non ? Mais de quoi est-il mort, s’il était en forme hier ?

  4. Marc

    7 janvier 2010, 11:49

    Un très très grand monsieur, qui ses dernières années à mené un travail absolument remarquable auprès de la Cour des Comptes.

    Total respect.

  5. Jean Mularski

    7 janvier 2010, 12:55

    J’ai appris cette nouvelle avec émotion.
    Votre présentation est juste, avec sa personnalité, son talent, son autorité il a animé la vie politique et nos idées. Sentiments émus et reconnaissants.

  6. Damien

    7 janvier 2010, 15:45

    Une immense perte pour la République. Philippe Séguin que j’ai eu la chance de croiser à plusieurs reprises , notamment du côté d’Aix en Provence, est le seul homme politique de sa génération qui m’ait réellement impressionné. Par son talent, son charisme mais aussi son physique il ne pouvait laisser indifférent et avait cette capacité rare à inciter les jeunes à s’engager dans la res publica, la chose publique. Je me souviens avec émotion des années post 95 où au sein de son club de de pensée , le Rassemblement pour une Autre Politique (RAP) nous avons si souvent essayé de trouver une 3 ème voie, juste, équilibrée entre la libre initiative , la solidarité et la fraternité. Pour Séguin comme pour De Gaulle , la « finalité de toute chose, de toute politique » c’était l’Homme : un principe bien trop oublié aujourd’hui dans une société qui subi les dérives du capitalisme et fait de la seule recherche du profit son but.

  7. Denus

    12 janvier 2010, 04:03

    Philippe Séguin fut le seul homme politique qui ait eu le courage, lorsqu’il présidait l’Assemblée nationale, d’engager résolument une réforme législative allant dans le sens de la simplification.
    Il échoua face au véto catégorique des deux chambres. Et là – gauche comme droite – le consensus fut remarquable.
    La noblesse de robe tient encore le haut du pavé pour notre plus grand malheur.

  8. Jany

    12 janvier 2010, 12:01

    C’est Séguin, pas Seguin ! Moi le premier je faisais la faute. Mais aussi bien sur France 2 que face aux familles, le devin défunt aura eu son nom émasculé jusqu’à la toute fin, sous les oreilles de ses proches.

    Plus généralement, le fait pour un politique d’avoir un patronyme avec accent(s) est-il indolore par les temps numériques qui courent ?

    Un beau sujet d’égalité des chances.

    Jean-François Copé, Valérie Pécresse, Alain Juppé, José Bové : à vos plumes !

Ajouter un commentaire :