Referendum ou im…POSTE…ure ?

Mardi 6 octobre 2009 à 14:55 9 commentaires

poste

J’aime bien, comme tout le monde, la discussion quotidienne avec le facteur. J’aime l’idée que La Poste exerce ses missions de service public partout, vers tous les publics, que les voitures jaunes arpentent toutes les routes, vers les gens les plus isolés. J’y suis extrêmement attachée, sans doute parce que la Poste nous lie, sans réserve ni distinction. Je vois aujourd’hui l’agitation que tentent de faire fructifier quelques responsables de gauche à la suite de la « votation » qu’ils ont organisée ce week-end, en appelant les Français à signer contre « la privatisation de la Poste ». Tout cela est incroyable. Moi aussi, je suis contre la privatisation de la Poste.
Mais depuis quand en est-il question ?


La transformation du statut de la Poste est rendue nécessaire par l’aggravation de sa dette et la nécessité de procéder à une augmentation de son capital. Aujourd’hui, il y a moins de courrier et plus de colis, notamment du fait d’Internet. La poste doit donc devenir une entreprise de logistique. Et cela nécessite du capital. C’est tout, mais c’est décisif pour son avenir. Le projet de loi qui a été exposé pour la première fois en conseil des ministres, c’était en juillet, maintient et conforte les missions de service public de la Poste, ce qui n’avait jamais été fait auparavant : il l’écrit dans la Loi ! Il précise que le statut des agents restera inchangé et que le capital de la Poste restera public à 100 % ! Qui pourra entrer dans le capital de la Poste ? L’État et la Caisse des dépôts. Quand j’entends les absurdités que ce projet de loi inspire aux organisateurs de la « votation » du week-end, j’hésite entre la franche rigolade et la consternation. La manipulation dans de telles proportions, c’est tout de même déroutant.

Je remarque toutefois en souriant que l’opposition a vivement encouragé les Français à participer à une forme de référendum populaire que la réforme constitutionnelle, contre laquelle ils ont voté, rend en effet possible. C’est une manière, sans doute, d’en reconnaître la nécessité a posteriori. Mais les vrais référendum, il faudra, je crois, les faire dans les formes, avec des objets autrement plus sérieux.

9 commentaires

  1. Webmaster Code Promo

    21 octobre 2009, 11:16

    Bonjour,

    J’avoue être aussi dérouté:
    Je suis un simple citoyen, et bêtement, je pensais qu’un service public comme la poste pouvait recevoir des fonds de l’état sans avoir besoin de passer par la transformation du statut de la poste. On a fait comment jusqu’à présent??

    Quant à la « spécialisation colis », je croyais que c’était déjà fait, avec chronopost (j’ai bêtement supposé qu’en France c’est passé la même chose qu’en Allemagne: la poste coupée en 3: finance (PostBank)/colis (DPD) /Courrier).

    Coté privatisation, je suis assez fataliste: le fait que ce soit écrit dans une loi ne l’empechera pas (les lois évoluent, la preuve). Et dans l’absolu, cela m’est un peu égal. Ce qui me contrarie, c’est que je m’attends à ce que le niveau de service baisse, les prix augmentent. C’est ce qui se passe à chaque fois, et pas seulement en France.

    Pour finir, LAPOSTE n’a pas besoin d’être privatisée pour appliquer les pires méthodes des entreprises du privé: facteurs malades non remplacés, voir même: aucune embauche cet été pour pallier les prises de congés, avec un pic d’activité courrier et colis (source: un ami facteur).

    Pour toutes ces raisons, j’ai le sentiment que c’est un sujet sérieux. Mais je reconnais volontiers que je ne suis expert sur le sujet.

    W.

  2. Jean-no

    21 octobre 2009, 11:39

    Très chère Nathalie. En présentant le projet en cours comme une « privatisation », les organisateurs de la « votation » ont commis un raccourci un peu malhonnête, mais un peu seulement, car l’expérience prouve que les service publics transformés en sociétés anonymes finissent par devenir privés, quelles qu’aient été les promesses et même les garanties données. C’est comme une carie : ça commence petit mais l’issue est presque toujours la même.
    Il me semble que dans le cas de La Poste, le laisser-aller vers une privatisation inéluctable serait une grosse erreur. Dans son très mauvais film « The Postman », Kevin Costner montre la poste nationale comme un moyen de (re-)construire un pays. Le film est médiocre mais le message est valide : la poste, notamment en France, c’est le maillage du territoire, c’est la banque des pauvres, c’est l’égalité (le prix du timbre est le même pour tous). Or déjà, par les filialisations et par la politique menée depuis Mitterrand en fait, le service public se délite et les témoignages des agents postaux sont assez effrayants à ce sujet.
    On peut garantir la survie de la Poste autrement qu’en la transformant en société anonyme (le nom dit déjà bien de quoi il s’agit). Au fait, constamment utiliser le prétexte des règles européennes (bien plus souples qu’on ne le fait croire) contre ce que veulent les citoyens va finir par coûter extrêmement cher à l’Europe et à la France : l’idée plutôt fédératrice est en train d’être rejetée à droite comme à gauche, c’est terrible.

  3. alakazarm megopian

    21 octobre 2009, 12:21

    Je crois que vous, et le gouvernement avec, sous-estimez gravement l’attachement de la population au service public qu’est La Poste. Même déficient, même inefficace, même peu fiable, La Poste reste un maillage du territoire important non seulement pour garantir l’amènagement local et arrêter la désertification, mais également comme fournisseur d’emploi local et élément indispensable à l’implantation d’entreprises, même unipersonnelles. La distribution du courrier, dans un environnement dans lequel le pétrole augmente et les véhicules électriques ne répondent pas à la demande en termes de distance parcourue sur une charge, ne peut à terme que rester un service public. Mais comme d’habitude, on ouvre à tous vents. Toute personne un peu sensée sait également que seuls les Etats auront un jour le poids nécessaire pour négocier des contrats énergétiques mais non on a libéralisé l’énergie à outrance.
    Je vous accuse de ne penser qu’à court terme et pas à trente voire cinquante ans. Les choix faits aujourd’hui seront payés au centuple par nos enfants, et cela m’est inadmissible.

  4. JJ BOIS

    22 octobre 2009, 18:51

    Je dirai simplement un mot sur le fait que le statut privé ou public n’induit en rien de nos jours la pérénnité pour une entreprise,et c’est bien dommage!!
    Ces discussions sur le « statut » sont des combats d’arrière garde et l’essentiel n’est pas là.

    L’Europe qu’on l’approuve ou non ayant imposé la concurrence ,y compris dans le service postal,il est de notre responsabilité de prendre toute mesure nécessaire à la survie de notre entreprise nationale,qui voit ses missions évoluer tous les jours.
    Cela me rappelle une expérience vecue d’élu de village,dans lequel la population tenait absolument à la présence sur son territoire d’une épicerie ,mais les mèmes personnes allaient à 99% faire leurs course alimentaires au Supermarché de la ville voisine…entrainant de facto la faillite de l’épicier.

  5. delferrière bruno

    22 octobre 2009, 23:10

    Tout d’abord, bienvenue dans la web 2.0. Je croyais que nous tendions au 3.0?
    Joli blog ma foi; mes félicitations.
    J’aime bien vous lire, tout en ne pouvant être en accord avec vous.

    Que ce soit la réforme des ptt depuis 1990, celle de l’hôpital, des pompiers ou des autres services publics, ce moins de service public à tout va sous prétexte de faire des économies de bouts de chandelles, et de ne garder que du service rentable à tout prix, va à l’encontre d’une saine gestion et d’un développement correct du territoire;

    Pour ne reprendre que l’exemple que je connais, la poste, les différentes réformes de ces dernières années c’est moins de service, et pour un cout pourtant plus élevé, plus loin de l’usager, et pour un service souvent moindre qu’auparavant.

    Quant aux divers propos de part et d’autre sur le statut de la poste, sa conservation ou celle des agents, il serait sympathique de ne pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas!

    Ce n’est pas parce que les gens ne réagissent pas qu’ils ne sont pas conscients. Ou idiots.

    Et si nous avions pu organiser un réel référendum, ou entrer dans les bureaux de poste, il y aurait eu un tel afflux de réponses qu’il aurait été problématique de ne pas entendre.

    Quant à dire que l’on veut préserver et conforter la poste, à qui voulez vous le faire croire ? Alors que depuis tant d’années (je vous accorde que les premières réformes se firent sous d’autres gouvernements plutôt à l’opposé de celui ci) la poste est déstructurée, réduite, amenuisée, parcellée, dégroupée, éclatée. Et que l’on a réussi à y incorporer des personnes qui pour le même travail exactement sont payées sur des niveaux différents, conforté en cela par le Conseil d’Etat;

    Il y a trois ou quatre ans je participais aux premiers ctp de Terrain (territoire d’initiative et d’attractivité !).
    On nous avait juré la main sur le coeur qu’il n’y aurait pas de terrain II.
    Nous en sommes au troisième.

    Affirmer que vous figez aujourd’hui la situation avec une sa et des personnels qui ne changeraient jamais de statut, c’est abusif.

    Et pendant ce temps la , d’autres pays rationalisent en renationalisant….

    « Le gouvernement britannique a annoncé un plan de soutien aux huit plus grandes banques du pays, passant par une prise de participation pouvant aller jusqu’à 50 milliards de livres (65 milliards d’euros), ce qui équivaut à une nationalisation partielle. » (http://www.liberation.fr/economie/0101122499-la-grande-bretagne-nationalise-partiellement-huit-banques-du-pays);

    Amicalement delferri

  6. Michel Platezzi Conorco

    27 octobre 2009, 15:46

    Depuis quand ? Qui pose cette question ? si vous habitiez en campagne vous verrez les bureaux de Poste disparaitre chaque jour un à un. On est plus dans le service public. Les grèves, le rendement, le monopole, autant d’obstacle. Et l’on peut deja dire que LaPoste est privatisée depuis un bon moment, tout comme GDF, et la SNCF. Nous sommes surement plus ataché que vous à un service de proximité.

  7. Michel Platezzi Conorco

    27 octobre 2009, 15:54

    @alakazarm megopian « Je vous accuse de ne penser qu’à court terme et pas à trente voire cinquante ans. Les choix faits aujourd’hui seront payés au centuple par nos enfants, et cela m’est inadmissible. » . Nous vous accusons donc. J’oubliais de préciser que ces mêmes fermetures de guichet entraînent en effet la desertification de ces zones rurales, pour l’avoir vécu. plus de guichet automatique, pas de pécule pour faire son marché. plus de poste, plus de colis, plus de lettres, vous êtes voué à être marginalisé chaque jour un peu plus. Sans compter les retombées économique pertes des emplois, devalorisation du patriloine immobilier, culturel. Je vais illustrer par un exemple: Je pense au site troglodytiques ds la Loire qui se battent ds cet espace vide et delaissé par l’État, les villages alentours ont ces mêmes problèmes, alors que ces habitants se battent pour leur passé à defaut d’un futur qu’ils voient noir. Certains font visiter des sites de pomme tapées (http://pagespro-orange.fr/troglo.tap/) Pommes qu’ils ne peuvent plus tapés à cause des normes Européennes (bouh c’est sale un marteau -> four stérilisé etc « allez mourir » en somme, alors que nous devrions valoriser ces mêmes RICHESSES -je ne parle pas d’argent hein) merci l’Europe, merci l’UMP, merci Nkm (désolé que ça tombe sur vous , mais ça ne vous empechera pas de dormir je vous le promet ;)

  8. Yohann Baron

    28 octobre 2009, 16:46

    Bonjour,

    Moi je suis peut être jeune et naïf (22 ans), mais n’est il pas possible à La Poste de devenir entreprise privée mais encadrée : Genre proposer à ses clients de devenir actionnaires, tout en limitant le nombre d’action par personne. Ainsi l’Etat garderait le contrôle, tout en levant des fonds.
    Ou dans le cadre de la modernisation, un « appel aux dons », avec quelque chose comme l’émission d’un timbre fantaisie spécial. Ainsi La Poste pourrait se moderniser, et évoluer vers une plateforme de logistique, sans avoir besoin d’ouvrir son capital à des fonds d’investissements ou autre.

  9. I'm an Angel

    31 octobre 2009, 22:19

    Bonsoir Nathalie,

    Tout d’abord, bravo pour votre blog et votre investissement dans le Web. Vous êtes la seule politique qui parle du Web tel qu’il est et non par des raccourcis abracadabrantesque.

    J’ai fait partie d’une entreprise dite « publique » dont une loi nous a fait changé de statut comme il va en être pour La Poste. Le point négatif, c’est que ça a gelé la politique d’embauche à ma faveur (fin d’un contrat d’apprenti). Le point positif pour la société, cela a permis d’éviter les montages fastidieux (s’associer par obligation à une société privée) pour répondre à des appels d’offres et nous faciliter la gestion de l’entreprise. Résultat aujourd’hui, l’entreprise a des bons chiffres et n’est plus (moins) pénalisé.

    Malheureusement dans cette affaire, les organisateurs sont très malhonnêtes dans le sens de la question posée et avec les médias qui la répètent, la confusion se fait. Je n’ai malheureusement pas vu un seul journaliste contredire la désinformation et rétablir la vérité.

    De plus, on touche à une vache sacrée (rajouter dans la liste : Education Nationale et SNCF-RATP), dès qu’on ose réformer (c’est à dire supprimer un système araignée gangrenant l’Etat) dans le bons sens afin d’optimiser les coûts afin de dégager des potentiels investissements.

    Déjà que pour moi, le mot « service publique » est une imposture en soi. Je m’explique la maxime de notre république « Liberté, Egalité, Fraternité » n’est absolument respectée (à mon grand dâm !) dans ces fameux diverses services publiques. Déjà si les fonctionnaires étaient recrutés normalement et pas par concours qui ne prouvent en aucun cas, le professionnalisme de la personne, on en sortira grandi !

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