Coup de coeur/coup de gueule

A gauche : vive la division durable !

Jeudi 27 octobre 2011 à 15:05 8 commentaires

En politique, les coïncidences sont rarement trompeuses. Et lorsque des élus du Parti Socialiste publient une tribune à charge sur ma politique écologique, au même moment qu’Europe-Ecologie-les-Verts, les enseignements à tirer sont nombreux.

Au lendemain du 4ème anniversaire du Grenelle de l’environnement, je comprends que la tentation soit forte pour l’opposition d’essayer de gâcher la fête. Deux tribunes publiées le même jour sur le même sujet : est-ce un manque cruel de dialogue entre ces deux partis, ou le triste constat de l’impossibilité à se mettre d’accord, même pour signer un texte?

Il est vrai qu’il est plus facile d’essayer de trouver un adversaire commun pour oublier leurs différends, que d’essayer de les régler tant l’écart est colossal. Ce n’est ni glorieux ni courageux de leur part, mais en ces temps de précampagne présidentielle, certains s’agitent comme ils le peuvent.

Aucune politique n’est jamais parfaite, et nous devons toujours mieux faire. Je ne contemple pas le Grenelle en estimant qu’il est l’alpha et l’oméga du développement durable. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse. Ce que nous avons collectivement accompli depuis 2007 est conséquent, tant sur les réalisations que sur les méthodes.

Grâce au Grenelle et à sa gouvernance à 5, notre politique écologique depuis 2007 est le fruit d’une concertation permanente et constructive entre l’Etat, les ONG, les syndicats salariés, les syndicats employeurs et les élus. Il y a à peine 10 ans, il était illusoire de réussir à gouverner ainsi. Aujourd’hui, c’est une réalité quotidienne.

Quant aux réalisations, je ne ferai pas une liste à la Prévert de ce que le Grenelle a rendu possible. Mais je n’ai pas souvenir que lorsque la gauche était au pouvoir entre 1997 et 2002 (avec des ministres verts au Gouvernement, ne l’oublions pas !) elle ait proposé le bonus/malus automobile, financé le développement des énergies renouvelables ou l’isolation des logements, travaillé au retraitement des déchets, investi massivement sur le ferroviaire ou encore interdi l’exploitation des gisements de gaz et huiles de schiste…

J’avoue être parfois désespérée de voir ceux qui devraient parler d’écologie se concentrer plus sur des calculs électoraux que sur les véritables problématiques qui concernent notre planète. La preuve en est : on assiste en ce moment même à une tractation à peine voilée avec pour objectif des sièges de députés pour les amis de Mme Joly, contre un infléchissement de la position dogmatique de la candidate sur le nucléaire. Le mélange des genres est irresponsable.

L’ambiance entre Eva Joly et François Hollande est électrique. Voila bien la seule chose de durable dans leur discours…

L’écologie dépassée de François Hollande

Jeudi 20 octobre 2011 à 10:39 3 commentaires

J’ai publié hier dans le Monde une tribune sur le projet écologique de François Hollande : un « programme » dépassé avant même de pouvoir être défendu. Vous pouvez la lire ici sur le site du quotidien.

Tunisie : construire l’après révolution

Jeudi 10 mars 2011 à 12:55 39 commentaires

rencontre franco-tunisienne

J’étais lundi à Tunis, où je voulais me rendre rapidement après la révolution du 14 janvier. Cette révolution dont les Tunisiens ne veulent pas qu’on l’appelle « du Jasmin », parce que l’expression renvoie à la prise du pouvoir par Ben Ali en 1987 et que le parfum des fleurs ne convient pas au deuil : deux-cents personnes ont payé de leur vie ce changement de régime.

J’ai eu la chance dès mon arrivée dimanche soir de pouvoir prendre le pouls de la société civile, en rencontrant dans un café de la Goulette des responsables d’associations et d’entreprises. Ils m’ont raconté les événements récents, les espoirs et les craintes ; ils m’ont expliqué aussi le calme qui nous entourait, la détermination des Tunisiens à aller de l’avant, à continuer de travailler pour animer leur pays et ne pas le fuir.

Mon séjour a été l’occasion de rencontres ministérielles. J’ai pu m’entretenir avec le ministre de l’Environnement et de l’Agriculture, le ministre du Transport et de l’Équipement et celui de l’Industrie, des Technologies et de l’Énergie. Ces ministres ont été confirmés dans leur fonction le jour même de ma visite. Cette relative stabilité, dans une période encore très fragile, nous permettra de poursuivre le dialogue dans les semaines qui viennent. J’ai pu rencontrer ensuite des associations qui agissent pour l’environnement, avec des représentants du monde universitaire. Notre délégation a ensuite fait des visites, notamment d’une station d’assainissement, parce que le traitement des eaux est une préoccupation majeure aujourd’hui. La coopération franco-tunisienne doit se poursuivre et se renforcer sur tous ces enjeux qui sont à la fois de vie quotidienne, d’environnement et de développement durable. Beaucoup reste à faire, aussi bien en matière de transports que d’urbanisme, et les Tunisiens cherchent à mieux équilibrer le développement de leur pays, dont le centre reste partiellement déshérité. C’est du centre de la Tunisie que la révolte grondait depuis des années et qu’est partie la révolution. J’ai eu conscience, rencontrant les uns et les autres, d’être au cour d’une histoire en train de se faire. C’est un moment où tout est permis, un moment où l’on espère et où l’on craint. Les Tunisiens se sont engagés courageusement dans un processus démocratique. Nous devons être à leurs cotés, quand ils le souhaiteront.

Mes interlocuteurs tunisiens m’ont impressionnée par leur optimisme, très communicatif, et par leur détermination. Lors du déjeuner avec les ONG, j’ai été émue par le récit du travail passé, poursuivi en dépit de moyens dérisoires et des brimades des autorités. Il faut que nous soutenions ces ONG tunisiennes, par de l’appui logistique. Je suis prête à accompagner les ONG environnementales françaises pour un forum des associations franco-tunisiennes, dès la fin du mois de mai.

Ordi 2.0 fait sa rentrée

Mardi 28 septembre 2010 à 16:38 12 commentaires

ordi20

Le 16 septembre, j’ai lancé avec l’association Renaissance Numérique l’opération « Rentrée 2.0″ en Île-de-France. Les collectivités, les entreprises et les associations étaient invitées à participer à cette chaîne de solidarité dont le principe est simple : faire reconditionner par des organismes d’insertion du matériel informatique, amorti mais non-obsolète, que donnent des entreprises. Puis une fois le matériel reconditionné, en faire profiter les écoles de la région.

Ce projet s’inscrit dans le programme Ordi 2.0, auquel j’ai souhaité donner une nouvelle impulsion à mon arrivée au secrétariat d’Etat. Ordi 2.0 repose sur des entreprises de reconditionnement et des espaces numériques labellisés, sur un comité stratégique piloté par la Délégation aux Usages de l’Internet et sur des coordinateurs régionaux désignés pour chaque appel à projets. Pour l’Île-de-France, c’est Renaissance Numérique.

L’initiative me tient tout particulièrement à cœur, parce qu’elle contribue à inscrire l’économie numérique dans un développement durable.
Le processus est d’abord écologique, bien sûr. Il ne faut pas oublier que dans la liste des ingrédients nécessaires à la fabrication d’un ordinateur, on constate qu’il y faut près de 240 kg d’énergies fossiles ; 22 kg de produits chimiques ; 1 500 L d’eau. Soit plus d’1,8 tonne de « matières premières », dont beaucoup sont néfastes pour l’environnement et dont certaines sont déjà rares ou en train de le devenir. Reconditionner ces ordinateurs rallonge les cycles de vie de ces objets coûteux et retarde leur mise au rebut.

L’initiative a également un intérêt économique, parce que le reconditionnement crée des emplois, notamment des emplois solidaires. Les entreprises de reconditionnement labellisées font en effet travailler des personnes en insertion professionnelle ou en situation de handicap. L’équilibre est le suivant : tous les 500 ordinateurs reconditionnés, c’est un nouvel emploi qui est créé.

L’initiative est ensuite socialement utile, puisque les ordinateurs reconditionnés sont donnés ou revendus à moindre coût à des familles, des associations, des écoles ou des salariés qui en ont besoin. L’an dernier, à Longjumeau, nous avions pu proposer à des demandeurs d’emploi longjumellois 40 ordinateurs de bureau à un tarif très avantageux, subventionné à 50 % par la mairie. Ordi 2.0 participe donc à la réduction de la fracture numérique en donnant accès aux équipements. Mais ne s’arrête pas là puisqu’il donne accès à la formation, qui est dispensée par les espaces publics numériques.

J’ai tenu à ce que Longjumeau soit résolument impliqué dans Ordi 2.0. Ma ville est la première collectivité partenaire de l’opération Rentrée 2.0. Le centre local de Sanofi- Aventis nous donne 30 ordinateurs fixes à reconditionner qui seront installés dans les écoles maternelles, en fonction des besoins et de l’état du matériel existant. Et près de 20 ordinateurs portables seront distribués à moindre coût à des collégiens ou lycéens dès l’automne. Ce sont des initiatives qui confortent notre politique numérique en milieu scolaire, et qui accompagnent très bien ce que nous avons pu faire, en installant il y a quelques jours des tableaux numériques interactifs dans des écoles élémentaires.

Il n’y a pas de raison que les programmes Rentrée 2.0 et Ordi 2.0 ne prennent pas encore plus d’ampleur. Le potentiel est formidable, nous avons largement de quoi équiper toutes les écoles d’Île-de-France, et bien plus. L’aventure est belle. Alors n’hésitez pas et rejoignez-là !

Hossein Derakhshan, blogueur, est menacé de mort

Vendredi 24 septembre 2010 à 17:36 8 commentaires

Hossein Derakhshan est un journaliste et blogueur canado-iranien. Il vivait à Paris, où il animait sous le pseudonyme de « Hoder » le blog en langue persane le plus lu au monde.

Hossein avait déjà été inquiété en 2005 pour ses positions réformistes et pour avoir invité ses compatriotes au rapprochement avec Israël. Il rendait compte de la vie politique iranienne, de ses mœurs et du poids qui pèse sur elle. Il combattait la censure sur le Net, au fur et à mesure qu’il en était victime et que ses sites étaient filtrés ou rendus inaccessibles depuis l’Iran.

Lors du dernier Forum sur la gouvernance de l’Internet (FGI), à Vilnius, il y une semaine, j’ai pu présenter l’initiative que Bernard Kouchner vient de prendre en faveur des « cyber-dissidents » qui paient au prix fort leur engagement citoyen et leur témoignage. Cette initiative en faveur de la liberté d’expression sur Internet, lancée avec nos partenaires néerlandais, donnera lieu à la constitution d’un groupe international qui se réunira à Paris dès le 15 octobre.

Mais le sort de Hossein Derakhshan n’attendra pas cette prochaine réunion. Arrêté en novembre 2008 à Téhéran, alors qu’il séjournait chez ses parents, il a été emprisonné et mis au secret. Ni sa compagne française, Sandrine Murcia, ni sa famille n’ont pu le voir. Ils viennent d’apprendre qu’hier, le Procureur de Téhéran a requis la peine de mort contre Hossein.

Je partage bien sûr l’inquiétude de ses proches et j’en appelle à toutes les volontés pour défendre la liberté d’expression. Avec Bernard Kouchner, nous allons suivre la situation avec la plus grande attention.

A voir également : le site de soutien à Hossein Derakhshan

Vint Cerf : des origines de l’Internet à l’Internet du futur

Vendredi 24 septembre 2010 à 14:06 34 commentaires

image

En marge de la cession d’ouverture du Forum sur la gouvernance de l’Internet dont je vous ai parlé hier, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnalités, dont Vint Cerf, co-inventeur de l’Internet et actuellement vice-président de Google.

Il m’a fait le plaisir d’accepter mon invitation à Paris et j’ai pu m’entretenir avec lui lundi dernier.

Sur la neutralité du net, d’abord. Il est frappant de voir combien les Américains envient la concurrence que les Européens ont su mettre en place sur les infrastructures. Aux États-Unis, la juxtaposition de monopoles locaux et la place importante que les cablo-opérateurs ont dans la diffusion d’Internet rend extrêmement conflictuel le débat sur la neutralité des réseaux. Pour autant, même si l’herbe semble toujours plus verte ailleurs, j’ai indiqué à Vint Cerf que la concurrence, en Europe, n’avait pas réglé tous les problèmes, et que la préservation d’un Internet neutre, ouvert et interopérable restait un enjeu chez nous aussi.

Vint Cerf est passionnant. Il m’a parlé d’un projet qui pourrait être bien utile au droit à l’oubli : Il travaille en ce moment à l’élaboration d’un standard de datation des données publiées sur Internet. Il s’agit en quelque sorte de remplacer le concept de prescription, que je défends donc avec le droit à l’oubli, par celui de péremption. Si une donnée n’est plus très fraîche, le fait de la republier ne la rend pas nouvelle, contrairement à ce qu’on pourrait croire en voyant de vieux articles ressortir dans les résultats des moteurs de recherche, selon l’actualité du jour. C’est une piste intéressante, à suivre de près.

Vint Cerf m’a également rappelé que la demande d’effacement de certaines données personnelles publiées n’était faisable que si l’hébergeur pouvait être certain de l’identité du demandeur. C’est vrai, mais je pense que la possibilité d’identification volontaire sur Internet va se développer et que, grâce à ces nouveaux outils, il sera plus facile de prouver qu’on est bien la personne concernée. Je lui ai présenté les grandes lignes d’IDéNum, et il m’a semblé qu’il était emballé.

Cette rencontre sera donc, j’en suis certaine, la première d’une longue série.

Pourquoi j’aime les ethnologues

Jeudi 23 septembre 2010 à 18:21 14 commentaires

Les ethnologues ? Pourquoi s’intéresser à cette tribu académique aux mœurs aussi étranges que celle des peuples primitifs qu’ils étudient ?

C’est pourtant au cours de mes travaux sur la prospective que j’ai appris à les connaître. Oui, ils sont décalés dans le monde contemporain, et c’est bien ce qui fait leur force. Non, ils ne sont plus spécialisés dans l’étude des sociétés primitives, même s’ils restent d’excellents connaisseurs de la renaissance politique et artistique des Premières Nations, des « Native Peoples », des aborigènes australiens, de l’art africain et des peuples autochtones (voir la Déclaration des Nations Unies de 2007).

Ils portent aujourd’hui sur les sociétés contemporaines dans toute leur diversité le fameux « regard éloigné » dont parlait Claude Lévi-Strauss, même lorsqu’ils travaillent sur nos institutions, nationales et mondiales, sur nos sociétés et sur nos cultures. Foin de la vieille opposition entre Eux, les Autres, humiliés ou glorifiés, et Nous ! Qui sommes-nous d’ailleurs aujourd’hui, sinon l’humanité toute entière dans sa complexité historique et sociale ? Comme l’anthropologie des Lumières, comme la sociologie d’Emile Durkheim, l’ethnologie contemporaine – qu’ils sont nombreux d’ailleurs à appeler l’anthropologie sociale et culturelle – prétend parler de toutes les sociétés. Elle met en évidence l’articulation entre les échelles locales (oserai-je écrire tribales ?) et mondiales. Elle s’interroge sur les processus multiples de recomposition des appartenances collectives, nationalismes, communautarismes ethniques et religieux. Voilà que je parle comme eux !

Mais pour construire une vision de l’avenir – et c’est le rôle de la prospective dans son acception la plus noble – il est bien utile de disposer, à côté des travaux plus classiques des sociologues et des économistes, de leurs lumières, au sens propre du terme.

Lire la suite…

La rentrée des valeurs

Mardi 31 août 2010 à 20:47 17 commentaires

Image 1

© Par jeunesump / FlickR

Rentrée studieuse à l’UMP, qui réunit ses équipes et ses élus à Port-Marly, dans les Yvelines.
Aujourd’hui, c’est le « Campus » des jeunes du Mouvement Populaire qui commence, autour de tables rondes, d’ateliers et de débats. L’ambiance est au travail et à la réflexion.
Elle l’était également hier, lors du séminaire consacré aux valeurs des Français. Autour d’universitaires, le bureau politique et les secrétaires départementaux du Mouvement ont débattu des valeurs, de celles qu’il nous revient de défendre, de celles dont l’historien que nous écoutions expliquait qu’elles sont la « vocation » de la droite républicaine et du centre. Le sens de l’État, l’exigence de la prospérité nationale, la défense des traditions et des mœurs sont l’ADN de la droite républicaine, commun à ses trois principales familles : la tradition gaulliste, les centristes et les libéraux.

L’UMP réunit depuis maintenant huit ans cette diversité de familles et de traditions, et elle a accueilli des personnalités et des sensibilités différentes, au fur et à mesure que notre mouvement s’est saisi d’enjeux nouveaux.

Je pense avant tout à l’environnement, mais il en existe d’autres, qui ont conduit l’UMP à s’ouvrir à des familles progressistes pour inventer son propre « pluralisme », celui qui anime Port-Marly depuis hier. Le Mouvement Populaire a huit ans. C’est une formation jeune, qui s’invente petit à petit un destin. Le socle en est solide : il s’agit donc de nos valeurs, de celles qui commandent notre action et qui nous distinguent de nos opposants de gauche, qui ne sont plus aujourd’hui qu’une force d’indignation.

Si notre majorité gagne les élections nationales, c’est parce que notre réalisme est crédible, parce que nous sommes jugés responsables, capables de prendre des risques, et capables d’assumer des mesures parfois impopulaires. Et c’est aussi parce que nous sommes jugés dignes de défendre la justice et l’équité.

Il va nous falloir tenir fermement à nos valeurs, à ce que les citoyens attendent de nous. Notre action politique, celle de l’UMP comme celle du gouvernement, s’efforce de concilier deux aspirations : l’encouragement de l’effort et des initiatives individuelles, et l’exigence de justice sociale et d’équité. La vérité est notre affaire. Qu’elle soit dure à entendre ou que la franchise soit risquée ne doit rien y changer, y compris lorsque nous rencontrons des difficultés ou lorsque nous nous trompons (ce qui nous arrive). Nous tenons à la vérité, nous tenons à la responsabilité et nous tenons à la justice. Ce sont trois valeurs qui sont à la fois dotées d’une charge affective puissante, d’une dimension universelle et « transcendante », qui sont accessibles et capables d’orienter une action politique. Elles seront au principe des futures campagnes électorales et du contrat que notre candidat devra passer avec les citoyens lors des élections de 2012.

D’ici-là, notre réflexion va se poursuivre de la manière la plus populaire qui soit, à travers une série de consultations de débats à différentes échelles, que nous organiserons dans tout le pays, dès le mois de novembre. Notre action gouvernementale va se poursuivre, elle aussi, sans perdre de vue le cap des réformes nécessaires qui est notre mandat depuis 2007.

Saint-Vaast la Hougue

Mercredi 4 août 2010 à 16:41 16 commentaires

Saint Vaast la Hougue

Ce billet est un cliché de vacances, une carte postale que je vous envoie depuis le Cotentin.

Ceux d’entre vous qui ne connaissent pas la région verront qu’ici, à quelques kilomètres de Valognes, le village de Saint-Vaast la Hougue possède des charmes anciens et désormais mondialement reconnus, puisque l’Unesco les a inscrits au patrimoine mondial.

Vauban y est pour beaucoup : ce sont les forts qu’il a édifiés (sur la pointe de La Hougue et sur l’île de Tatihou) qui ont obtenu ce classement en 2008. À l’époque, à la toute fin du XVIIème siècle, ces fortifications étaient attendues depuis déjà plus de trois siècles, parce que les Anglais avaient pris la fâcheuse habitude, depuis la guerre de Cent ans, de nous envahir par cette pointe. Vauban la protégea donc : « ville défendue par Vauban, ville imprenable ».

En 1944, le débarquement des Anglais y fut cette fois très attendu : Saint-Vaast fut l’un des tout premiers ports de la Manche libérés par les alliés.

Installée en famille à quelques minutes de là, j’ai pris l’habitude d’y aller le samedi matin, jour de marché.

Saint-Vaast entretient un patrimoine architectural splendide, que ses habitants n’ont pas cessé d’habiter et d’animer. On y trouve une église célèbre pour sa flèche, des demeures du XVIème siècle, dont un manoir qui avait appartenu au redoutable corsaire « Jambe de bois » et qui a aujourd’hui une vocation très pacifique : c’est un centre d’insémination artificielle !

Sur l’île de Tatihou, le musée Maritime et les fortifications côtoient une réserve ornithologique protégée : l’île aux oiseaux.

Le week-end prochain, traversée du Cotentin d’est en ouest, et cap vers Granville, qui organise les 7 et 8 août son salon du livre annuel, dont je suis l’une des invités. Avant de rejoindre Granville, j’irai saluer les tours de Saint-Vaast.

La sécurité et la République

Dimanche 1 août 2010 à 11:52 27 commentaires

J’ai parcouru avec étonnement les réactions de l’opposition au discours que le Président a prononcé vendredi dernier à Grenoble.
Cris d’orfraies et indignations surjouées, certains n’hésitant pas à dénoncer des mesures « anti-républicaines ».

Tout cela m’a rappelé les propos de la campagne électorale de 2007, lorsque les socialistes ne trouvaient rien de mieux à objecter. Trois ans plus tard, il ne me semble pas que nous vivions dans un État policier. Passons.

Une remarque, toutefois, sur la République. Depuis qu’elle existe, sous sa forme moderne, elle a toujours été pensée comme une réponse à la violence et à l’insécurité. Comment peut-on prétendre que la préservation de la sécurité  soit une menace pour la République ?
C’est parfaitement contradictoire. La violence délinquante et criminelle est exactement ce dont une République protège ses citoyens. Céder devant elle, ne pas la combattre, c’est accepter que la force fasse droit, que la loi du plus fort et l’état de guerre l’emportent.

Mais la France est un État de Droit où, je cite Rousseau, « l’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes ». Je crois que nous souhaitons tous qu’elle le reste, y compris les représentants de l’opposition ; eux aussi savent que le gouvernement légitime, lorsqu’il s’emploie à faire respecter la loi et à défendre la sécurité, protège la République.