Libre cours

Le gaz de schiste

Jeudi 27 octobre 2011 à 14:46 5 commentaires

Bon nombre d’entre vous avez entendu parler dans les derniers mois des forages de « gaz de schiste ». Derrière cette appellation obscure se cache l’extraction d’hydrocarbures (du gaz ou des huiles) profondément enfouis et emprisonné dans la roche à 2 ou 3 kilomètres sous la surface. Pour libérer les hydrocarbures, les industriels utilisent une technique : la « fracturation hydraulique ». Il s’agit de créer des micro-fracturations de la roche grâce à un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques.

Le 13 juillet dernier le Parlement a voté une loi proposée par le député Christian Jacob qui interdit de facto l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste, en interdisant la fracturation hydraulique. Cette loi est contraignante pour les industriels car elle va jusqu’à l’abrogation des permis déjà accordés. Grace à ce texte j’ai pu, il y a quelques jours, donner l’instruction de retirer 3 permis visant des gaz de schiste (1 accordé à Total pour la zone de Montélimar, 2 accordés à Schuepbach pour Nant et Villeneuve-de-Berg). Plus personne ne détient aujourd’hui d’autorisation en France pour faire de la prospection d’hydrocarbures de schiste, et encore moins pour en faire de l’exploitation.

L’opposition a été irresponsable : elle a voté contre ce texte en osant dire que la loi n’allait pas assez loin. Une loi qui résulte en l’arrêt pur et simple de l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste en France ! C’est une manœuvre politicienne, et une tentative de récupération de la mobilisation d’europe-écologie-les-verts sur le sujet.

L’opposition est aussi divisée car le PS n’a pas la même position qu’EELV sur ce dossier. Alors que Cécile Duflot prône l’interdiction absolue de l’exploitation des hydrocarbures, même conventionnels (ce qui m’interroge, lorsqu’on sait qu’elle souhaite également la sortie totale du nucléaire), le PS ne veut empêcher que celle des hydrocarbures non conventionnels, c’est-à-dire des gaz et huiles de schiste. Le PS ne l’a pas compris, ou n’a pas voulu le comprendre, mais c’est exactement ce que fait la loi du 13 juillet. Je déplore ces comportements qui ne renforcent pas notre démocratie.

Pour autant, le travail s’arrête-t-il avec cette loi ? Ce n’est pas mon avis. C’est une belle avancée, mais il faut rester vigilant. Nous sommes très attentifs aux nouvelles techniques que pourraient trouver les industriels pour contourner la législation. J’ai reçu le rapport d’Arnaud Gossement sur l’articulation du droit minier et du droit de l’environnement. Ce sera une base de travail pour moderniser le Code minier, et en particulier renforcer l’information et la participation du public lors de l’attribution des permis miniers de tout type. Sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, ma famille politique est la seule à agir réellement pour protéger l’environnement de façon réaliste et donc durable.

L’écologie dépassée de François Hollande

Jeudi 20 octobre 2011 à 10:39 3 commentaires

J’ai publié hier dans le Monde une tribune sur le projet écologique de François Hollande : un « programme » dépassé avant même de pouvoir être défendu. Vous pouvez la lire ici sur le site du quotidien.

Débattre avec le Front National

Jeudi 8 septembre 2011 à 22:37 32 commentaires

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Je débattais hier soir avec la Présidente du Front National, Marine Le Pen.
C’est un rendez-vous que j’attendais avec une certaine impatience, comme la suite logique de la publication du Front antinational, il y a quelques mois. L’engagement politique est un combat pour des valeurs, et j’ai souhaité, écrivant contre le FN, rappeler à mon tour ce que sont les valeurs de ma famille politique. Montrer, aussi, en quoi elles n’ont rien de commun avec les projets du FN. Je m’en suis tenue à ma ligne de conduite, en ne cédant pas à l’outrance, qui reste la marque de fabrique des Le Pen, et en essayant d’être rigoureuse, là où les extrémistes cultivent l’approximation. Un peu de rigueur et de sérieux (un commentateur m’a trouvé un côté « prof »), j’assume. J’ai la conviction que la précision est un respect que nous devons aux Français.
Vous avez été nombreux depuis hier soir à me témoigner des encouragements. Merci à vous.
Le débat, organisé par Europe1 et I-Télé (à écouter ici), m’a paru riche : nous avons pu aborder beaucoup de questions, notamment celles qui ont trait à l’actualité économique de l’Europe et de la France. Nous avons pu parler de la situation grave dans laquelle se trouvent certains de nos voisins, une situation de crise qui vient ranimer, ça et là, y compris en France, la tentation du retrait et le fantasme d’un renoncement à l’euro.
Le Front National surfe, comme toujours, sur les malheurs et les craintes, et Marine le Pen a fait de l’abandon de l’euro son nouveau cheval de bataille. Le FN a désormais deux cibles : les « immigrés » et la monnaie européenne.
L’occasion m’a été donnée hier de rappeler que les pseudo-solutions du FN ne feraient que rajouter la crise à la crise : la sortie de l’euro provoquerait la ruine de la France et ce sont bien sûr les classes populaires et les citoyens les plus fragiles qui en souffriraient le plus immédiatement.
Le débat achevé, je ne comprends toujours pas que l’on puisse songer à rapprocher la droite républicaine de ce mouvement extrémiste qu’est le FN. Et je ne vois toujours pas en quoi ce Front extrémiste entend servir la Nation.
D’autant moins qu’hier j’ai été confrontée en direct au flou lepéniste. Au moment où l’un des animateurs nous interroge en nous demandant quelle valeur nous voulons défendre (je réponds « la vérité »), Marine Le Pen en propose plusieurs, comme si elle avait différentes priorités, comme si elle voulait tout dire, tout prendre, tout défendre, sans discernement, sans choix. La totalité, en politique, c’est inquiétant. Comme ce « programme » du FN qui promet à son tour tout à toutes les catégories professionnelles : 3 milliards pour les agriculteurs, 11 pour les militaires, 15 pour le revenu familial, 35 pour renationaliser GDF Suez, etc… Tout cela en expliquant que l’on va réduire la dette d’un coup de baguette magique, en se débarrassant des immigrés et de l’euro. Une dette, d’ailleurs, que Mme Le Pen confondait hier avec le déficit public.
Non, nous ne gouvernerons jamais aux côtés du Front national.

Pour suivre

Vendredi 2 septembre 2011 à 10:19 4 commentaires

J’ai adressé cette semaine à mes correspondants un courrier, pour leur proposer de recevoir régulièrement une lettre qui les tiendra informés de mes activités. Si vous souhaitez être inscrits sur cette liste de diffusion, il vous suffit d’adresser un message à l’adresse que vous trouverez ici : courrier.

Le décret sur la représentativité des acteurs environnementaux

Jeudi 21 juillet 2011 à 20:47 19 commentaires

J’ai été interpelée sur l’un des décrets d’application du Grenelle que nous venons de publier et qui traite de la représentativité des acteurs environnementaux.  C’est un texte dans lequel je crois beaucoup pour consolider la « démocratie écologique » que nous avons bâtie avec le Grenelle de l’Environnement. C’est pourquoi j’avais envie de lui consacrer une petite mise au point. Vous la trouverez dans ce fichier : Télécharger le PDF

Ambiance « bon enfant » au ministère

Mercredi 15 juin 2011 à 20:56 5 commentaires

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Durant quelques heures, cet après-midi, le ministère du Développement durable a résonné des gazouillis d’une vingtaine de bébés, accompagnés de leurs parents. En les invitant, Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, et moi-même avons voulu les remercier de s’être engagés dans une aventure au long cours, l’étude Elfe. Ce projet constitue le plus vaste programme de santé publique jamais lancé à ce jour. Il va permettre de recueillir des milliers de données essentielles pour mieux cerner les impacts de l’environnement sur le développement, la santé, la socialisation ou encore le parcours scolaire, de l’enfant. A cette fin, pas moins de 20.000 enfants vont ainsi être suivis dans toute la France, du stade prénatal jusqu’à leurs 20 ans.
Ce programme me tient particulièrement à cœur, car il y a 6 ans, lorsque j’attendais mon premier enfant, j’avais souhaité qu’il puisse être l’un de ces « bébés Elfe ». Malheureusement, le programme a pris du retard, et je n’ai pu y participer ni pour mon aîné, ni d’ailleurs pour mon second enfant. Je suis donc heureuse et fière de pouvoir lancer, en tant que ministre, cette belle aventure collective qui n’a qu’un seul objectif : faire progresser la santé publique.
2.800 familles se sont d’ores et déjà engagées. Trois autres campagnes de recrutement sont prévues, tout au long de l’année 2011. La prochaine aura lieu du 27 juin au 4 juillet sur toute la France auprès de 340 maternités. Alors si vous êtes sur le point d’accueillir un nouveau-né, surtout renseignez-vous pour devenir à votre tour une famille « Elfe ».
Pour plus d’informations sur le programme, rendez-vous sur le site.

Le FN, un parti antinational

Mardi 7 juin 2011 à 15:56 40 commentaires

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Le Front antinational, mon dernier livre, sera en librairie ce jeudi.
J’avais envie de m’expliquer sur le FN, sur le danger qu’il représente. Surtout aujourd’hui, à un moment où il est lancé dans une vaste entreprise de séduction, pour essayer de faire croire qu’il avait changé et s’était modéré. Et cette entreprise de séduction a été efficace, si l’on en juge par l’audience médiatique et les derniers résultats électoraux. D’autant plus efficace que l’extrême droite est désormais incarnée par une femme.
Le FN de Marine Le Pen se présente comme un parti renouvelé, qui aurait pris ses distances avec les excès de son précédent président. C’est un mensonge. La tête du parti a changé, mais les hommes sont restés et les idées sont les mêmes. Et l’extrême-droite est toujours aussi radicale.
J’ai voulu m’adresser dans ce livre à ceux qui ont l’impression que le FN a changé, et à ceux qui sont tentés par le vote FN. J’ai voulu leur rappeler combien ce parti est étranger aux valeurs de ma famille politique : la droite républicaine. Le FN, lui, ne rêve que d’une France à genoux, parce qu’il ne prospère que dans la crise et le malheur. C’est d’ailleurs là que nous conduirait son prétendu « programme », avec des mesures économiques aussi délirantes que celle qui voudrait nous faire quitter l’euro. Comme si les 1500 milliards de notre dette en euros pouvaient être soldés ainsi, d’un trait. Cette dette, que nous avons contractée pour les 2/3 auprès de pays étrangers, c’est l’impôt qui la paie : si le FN appliquait ses mesures, ce sont les classes moyennes et les Français es plus fragiles qui seraient le plus durement touchés. Voilà l’un des points sur lesquels j’attire l’attention dans Le Front antinational, conformément aux valeurs politiques qui sont les miennes, pour défendre ce que le FN refuse : l’échange, l’avenir.

La Fondation ADN organise son premier colloque

Samedi 21 mai 2011 à 06:28 12 commentaires

 

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Je suis membre d’une fondation, un « think tank » intitulé ADN, pour « Action durable novatrice ». Un cercle de réflexion ouvert, qui s’est formé cet hiver et qui veut  mener des études de prospective , sur toutes les questions qui intéresseront la société dans quelques années.

La première manifestation publique de l’ADN est un colloque, qui aura lieu lundi à Paris : « L’entreprise aux mains de la génération Y ».

La génération Y, ce sont ceux qui, âges de 18 à 30 ans, ont grandi avec les outils numériques. Ces jeunes adultes, cadres d’aujourd’hui et dirigeants de demain, sont donc des « natifs numériques ». Leurs attentes et leur comportement bousculent les codes établis et l’organisation des entreprises. Le colloque du lundi 23 leur est consacré.

Pour consulter le programme du colloque et vous y inscrire, rendez-vous ici

Les solidarités en débat

Jeudi 19 mai 2011 à 07:16 1 commentaire

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Colloque « Vivre ensemble », mardi soir à Paris. J’avais souhaité organiser cet événement, avec Laurent Wauquiez et la Fondation pour l’Innovation Politique. Pour débattre de la solidarité, avec des chercheurs, des universitaires, des acteurs sociaux. Des solidarités plus exactement, puisque nous avons pu discuter des solidarités au sein de la famille, entre les générations, de la solidarité publique ou bien encore de tous les liens qui se tissent au sein de la société civile, autour des associations ou des ONG.

Roselyne Bachelot est venue rendre compte de l’action publique, elle a pu débattre avec Louis Chauvel, François Ewald, Serge Paugam, Florence Leduc et la dizaine d’intervenants. Tous ont proposé un état des lieux et des pistes d’innovation. Il le fallait parce que les temps changent et que le « vivre ensemble » se heurte à des obstacles nouveaux. Celui de la crise, bien sûr, qui a fragilisé un nombre considérable d’entre nous, qui a frappé l’emploi et le pouvoir d’achat. Mais d’autres encore, notamment le changement de notre démographie : l’allongement de la durée de la vie accroît les phénomènes de dépendance. Il faut y répondre, il faut inventer des équilibres nouveaux. Et il faut garder confiance, à un moment où certains d’entre nous se demandent s’il faut vraiment aider son prochain, et continuer de garantir le bénéfice de la solidarité nationale à des citoyens qui parfois la détournent ou la trompent.

A ceux qui en doutent, il faut répondre que la solidarité est le principe même de la société. La solidarité, entendue comme collaboration et aide mutuelle des citoyens. Une collaboration, c’est une contribution active. Mais défendre la solidarité, c’est aussi combattre les abus et les fraudes. Il faut combattre les abus parce qu’ils dévoient la solidarité, qui est le principe de la vie sociale. Un principe qui ne se négocie pas.

D’autant moins que certains d’entre nous ont vraiment besoin de l’attention de leurs concitoyens et de leur coopération. Il faut donner du soutien à ceux qui souffrent le plus, aux malades, aux personnes dépendantes ou défavorisées. Il faut renforcer, aussi, les valeurs porteuses d’avenir et d’autonomie : l’éducation des jeunes générations, l’aide à l’insertion professionnelle et à la recherche d’emploi. Tout ce qui relève des flux de solidarité intergénérationnelle et des liens que tisse la société civile elle-même.

Nous avons discuté trois heures durant de l’avenir, de la manière de construire une solidarité durable, qui équilibre mieux le travail et les solidarités familiales. Nous avons donc débattu, aussi, du coût de la solidarité, des nouvelles ressources. Les débats sont en ligne sur le site de la Fondapol. Je vous les recommande et vous invite à les poursuivre.

Les financements innovants, à New York

Lundi 18 avril 2011 à 06:49 23 commentaires

© Rick Bajornas (UN)

© Rick Bajornas (UN)


Mon déplacement aux Etats-Unis s’est poursuivi à New York avec deux journées consacrées à la mobilisation contre le changement climatique. Mon programme comprenait deux types de rencontres : une rencontre institutionnelle avec le secrétaire général des Nations-Unies, avec lequel j’ai parlé de la séquence qui nous mènerait d’aujourd’hui à Durban en décembre, puis à la conférence de Rio+20 en juin 2012. J’ai insisté pour que nous avancions sur la question des financements innovants et sur la mise en place d’une organisation mondiale de l’environnement. J’ai également pris part à des rencontres moins institutionnelles avec des universitaires, des associations et des entreprises américaines.
Nous savons combien il est difficile de convaincre les dirigeants des différents Etats de s’accorder sur la mise en place d’un accord contraignant en matière de réduction de gaz à effet de serre. C’est pourquoi il est si important de mobiliser les opinions. Les enjeux sont de taille. Je ne me suis attachée qu’à l’un d’entre eux, dont l’importance est considérable : le financement, et plus exactement, les financements innovants. A Copenhague, en décembre 2009, nous nous étions mis d’accord pour verser 100 milliards de dollars par an aux pays en développement, à partir de 2020. Puis à Cancun, en décembre 2010, un fonds vert a été crée. Il faut désormais l’abonder, il en va de notre crédibilité. Car il n’est pas possible de demander à ces pays de s’associer à la lutte contre le changement climatique sans leur en donner les moyens. Tout cela commence à bouger. Le Président de la République a fait des financements innovants l’une des priorités de la présidence française du G20. Les enjeux étant mondiaux, il faut un financement global. Il existe bon nombre de pistes. Dont celle d’une taxe infinitésimale sur les transactions financières. Mais aussi et encore d’un mécanisme fondé sur les émissions des navires ou des avions ; ou bien d’une diminution des subventions versées aux énergies fossiles. Trouver un accord à l’occasion de la réunion du G20, en novembre prochain, permettrait d’aborder la conférence de Durban en décembre puis celle de Rio +20 sous les meilleurs auspices. Il faut rentrer dans ce cercle vertueux ! 2011 doit être l’année de la mobilisation et des réalisations. C’était la raison de ma présence à New York, pour m’entretenir avec des think tanks, des financiers et des économistes, et pour les intéresser à ces questions. Lors de mon entretien avec Ban Ki Moon, j’ai vu combien le secrétaire général des nations unies était résolu à porter ce projet et combien il appréciait la manière dont la France encourage ces initiatives.