Tribunes

Sûrs de nos valeurs pour une politique moderne | Le Monde 31.08.10

Mardi 31 août 2010 à 16:46 Aucun commentaire

Exerçant chacun des responsabilités ministérielles au sein du gouvernement, participant à l’animation ou à la direction de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), nos territoires électifs et nos mandats ont leur histoire et leur géographie particulières, nos parcours politiques ont suivi des voies distinctes.

Mais nous partageons tous le même engagement, au sein d’une famille politique dont nous avons la conviction qu’elle est la plus à même de faire face à la situation de notre pays, aux enjeux de l’époque et aux gigantesques défis de l’avenir. Défi, d’abord, du sens de la politique et de la vie commune, dans une société où le poids des inquiétudes et des contraintes pèse sur les initiatives, et où le bien-être se heurte aux excès du consumérisme et d’un capitalisme dérégulé.

Défi de l’Europe, face à la montée en puissance des pays émergents, dont la Chine, désormais deuxième puissance mondiale. Défi écologique, face à la raréfaction des ressources naturelles et au changement climatique. Triple défi économique, de la compétitivité, de la recherche et de l’emploi, afin de faire baisser durablement le niveau de chômage, d’exploiter tous les nouveaux gisements d’activité et de valoriser les talents de chacun. Défi de la dette publique, enfin, qui s’il n’est pas pris en considération, mettra à mal notre souveraineté nationale et notre modèle social de solidarité. Nous sommes donc à un moment de vérité.

Alors même que les responsables politiques, il ne faut pas se le cacher, sont fortement décrédibilisés aux yeux de l’opinion publique, notre génération a un devoir moral d’exigence, de sérieux, et d’engagement. Voilà notre responsabilité, à notre égard comme à l’égard des générations futures : nous devons réfléchir à la façon dont nous vivons en société, à notre conception de l’homme et du citoyen, à l’idée que nous nous faisons de la France.

Lire la suite…

« La valeur travail reste au cœur de nos convictions » | Le Figaro 30.08.10

Lundi 30 août 2010 à 12:50 Aucun commentaire

Les secrétaires d’État à l’Économie numérique et à l’Emploi, Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, sont les rapporteurs du projet de l’UMP pour 2012.

Le Figaro. -Comment se prépare un projet comme celui de l’UMP pour 2012 ?

Nathalie Kosciusko-Morizet.-Notre conviction, c’est qu’une campagne aussi importante doit marcher sur ses deux jambes: notre crédibilité et notre vision. Cela passera donc par une période d’évaluation de ce que nous avons déjà fait pour asseoir notre crédibilité. Et par un travail de réflexion sur le projet que nous souhaitons présenter aux Français. Ces propositions, nous consacrerons l’année qui vient à les construire et à en débattre.

Laurent Wauquiez. -Le préalable à ce travail c’était bien sûr d’être au clair avec notre identité, avec nos repères, avec toutes nos valeurs. Certains voudraient faire croire qu’avec la crise, tout a été chamboulé et qu’il faudrait mettre un mouchoir sur nos valeurs. C’est tout à fait l’inverse. L’autorité, le sens de la nation, le sens du travail… Nos valeurs n’ont jamais été autant dans l’actualité. Nous assumons nos valeurs et nous renouvelons nos propositions.

Ce premier séminaire devait travailler sur les valeurs de la droite. Pourquoi l’avoir étendu aux valeurs des Français ?

L. W. -Tout simplement parce que nous devons partir des attentes des Français! Notre débat a permis d’en isoler au moins deux. La première, c’est le très grand besoin de justice et d’équité. Les Français sont prêts à faire des efforts, mais ils veulent que les efforts soient équitablement répartis. La deuxième attente concerne la place de l’individu. Les Français veulent qu’on les accompagne dans leurs projets, qu’on les épaule. Mais ils refusent l’individualisme exacerbé. C’est chacun son choix, mais pas chacun pour soi.

N. K.-M. -Une autre demande est sensible et récurrente: l’exigence de vérité. La crise a jeté une lumière crue sur un certain nombre de propositions de 2007. La tentation pourrait être de faire profil bas. Ce n’est pas notre intention. On ne change pas de valeurs à l’occasion d’une élection. La valeur travail, par exemple. Elle reste durablement au cœur de nos convictions et de notre action depuis 2007. Nous souhaitons la réaffirmer, mais nous devons aussi la réinterpréter en renouvelant nos propositions.

Lire la suite…

Pour éviter la grande braderie des terres agricoles | La Tribune 08.07.10

Jeudi 8 juillet 2010 à 15:00 Aucun commentaire

La vente massive de terres arables des pays pauvres aux pays riches qui en manquent pour assurer leur autonomie alimentaire, ou aux entreprises agroalimentaires, ne respecte pas ses promesses : l’intérêt des populations locales est ignoré, et celles-ci se retrouvent face à des hausses de prix agricoles, engendrant de fortes tensions sociales. NKM propose la création d’un label « agro-investissement responsable ».

Comment nourrir les 9 milliards d’habitants que comptera la planète d’ici à quarante ans ? Le défi peut sembler considérable il est pourtant à notre portée à condition d’investir massivement dans les filières agricoles des pays du Sud. Aujourd’hui, dans ces pays souvent frappés par la malnutrition et tributaires de l’aide alimentaire, il devient de plus en plus fréquent de vendre ou de louer à des puissances qui n’ont pas chez elles suffisamment de surfaces cultivables pour assurer leur autonomie alimentaire, ou à des entreprises étrangères des terres, des exploitations mais aussi des récoltes.

C’est pourquoi les investissements étrangers représentent souvent, pour l’agriculture des pays en développement, une perspective prometteuse. Les gouvernements espèrent ainsi améliorer l’emploi, augmenter le niveau de vie des campagnes mais aussi accroître la productivité et le niveau de production des denrées. Or, dans les années à venir, ces investissements seront également pratiqués par les pays européens, y compris la France. Car c’est ainsi que l’industrie agroalimentaire bénéficiera des avantages offerts par ces territoires en termes de climat et, bien souvent, de coût de la main-d’oeuvre, qu’elle assurera ses approvisionnements tout en s’affranchissant de la hausse prévisible des prix.

Lire la suite…

« Care », ou le triomphe des bons sentiments | Le Monde 14.05.10

Vendredi 14 mai 2010 à 15:26 Aucun commentaire

Martine Aubry hésite. Un jour, elle parle d’une retraite « à 61 ou 62 ans ». Un autre, elle cherche à se dédouaner de cette « gaffe » auprès de ses camarades et tourne le dos à l’exigence de solidarité pour sortir de son chapeau le concept de « soin ».

Elle explique alors dans ces colonnes qu’il est grand temps de faire de la société française une « société du soin », qui veillerait avec bienveillance au bien-être de ses aînés. Et elle installe au coeur de son projet le terme anglais de care, le soin, la sollicitude, qui avait été mis en avant il y a trente ans par Carol Gilligan, dans un essai de psychologie sociale féministe intitulé In a Different Voice.

Les femmes, écrivait-elle, font entendre dans leur rapport à la morale et à l’action une « voix différente », à la mesure du soin qu’elles prennent des plus vulnérables autour d’elles, enfants, malades, aînés. Carol Gilligan défendait à l’époque une morale « féminine », en expliquant que la vertu du care pouvait fonder une morale et une réflexion politique attentives aux sentiments sociaux et à la souffrance. L’ouvrage a suscité bon nombre de débats et d’objections depuis sa parution en 1982, et il est l’objet d’un intérêt renouvelé en France, où il a été récemment traduit (Une voix différente, Flammarion, 2008).

Martine Aubry s’est donc emparée du care comme d’un slogan prometteur. En vérité, rien de nouveau sous le soleil, sinon le retour à un discours de l’assistanat social et des bons sentiments, dont je doute qu’il rende justice aux femmes ni qu’il soit à la mesure du débat qui vient de s’ouvrir sur les retraites.

Lire la suite…

Ne pas oublier les réfugiés climatiques | Les Echos 18.12.09

Dimanche 20 décembre 2009 à 11:22 2 commentaires

Les effets ravageurs des excès de CO2 dans l’atmosphère sont déjà là : pas moins de 250 millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont frappés chaque année par des tsunamis, des cyclones ou d’autres formes moins soudaines  de catastrophes climatiques, notamment la montée des eaux ou la désertification de certaines régions. Sous l’effet de telles catastrophes, les populations les plus démunies n’ont souvent pas d’autre choix que de fuir, au moins provisoirement.

Mais comment permettre à ces populations de vivre ailleurs dans des conditions décentes ? Depuis la convention de Genève de 1951, il existe un statut de réfugié politique, mais qu’en est-il du sort des migrants environnementaux ? C’est pour répondre à cette question que j’ai demandé au Centre d’analyse stratégique de mener une étude prospective sur ce que pourrait être le statut des réfugiés climatiques.

Le grand rendez-vous de Copenhague mentionne ces enjeux mais sans véritable perspective pour y remédier. Faute de véritable statut juridique, ces réfugiés climatiques risquent fort d’être des laissés-pour-compte de la communauté internationale. Selon le rapport Stern, 200 millions de personnes – soit une personne sur 45 – pourraient être qualifiées de migrants environnementaux d’ici 2050. Les régions les plus touchées sont l’Afrique (Sahel, Corne de l’Afrique, Afrique centrale), l’Asie centrale, du Sud et du Sud-Est, l’Amérique centrale et la partie ouest de l’Amérique du Sud. Mais ce sont les petits États insulaires dont l’existence est aujourd’hui la plus menacée. L’évacuation des îles Carteret de Papouasie-Nouvelle-Guinée a déjà commencé. Les villes côtières de tous les pays du monde, comme celles de la très peuplée baie du Bengale, seront très fortement touchées par la montée des eaux. Certaines populations sont aujourd’hui capables d’adopter des stratégies pour prévenir les changements climatiques, s’y adapter et organiser l’assistance aux populations. Mais d’autres, en revanche, bien plus vulnérables, ne peuvent se prémunir contre ces fléaux, à moins de partir.

Lire la suite…

Face au déclassement : ni déni, ni résignation | Le Figaro 24.07.09

Samedi 25 juillet 2009 à 13:02 1 commentaire

Le débat public français vient de se saisir de la question du déclassement. C’est une bonne chose. Le « déclassement », c’est l’inversion de l’ascenseur social. Si les générations se succèdent de telle sorte que les enfants sont mieux lotis que les parents, en termes de revenus, d’éducation ou de bien être, alors l’ascenseur monte. Dans le cas contraire, lorsque la génération des enfants perd en qualité de vie, l’ascenseur social descend : on est « déclassé ». La lecture de l’étude récente de Camille Peugny (Le déclassement, Paris, Grasset, 2009) m’a incitée à poursuivre l’examen de cette question, en sollicitant les experts du Centre d’Analyse Stratégique (CAS), qui viennent de me remettre leur rapport (« La mesure du déclassement. Associer une action et une pédagogie sur les nouvelles réalités sociales »). Leur travail corrige quelques idées reçues par trop alarmistes et il plaide pour un triple refus : celui du déni, celui de la dramatisation et celui de la résignation.
Le phénomène de déclassement existe et il progresse : il a augmenté ces dernières années (on compte aujourd’hui 22 à 25% de déclassés), et il est accentué par un déclassement de type contextuel, lorsque des enfants exercent une profession semblable à celle de leurs parents, mais avec des contraintes sociales plus fortes et des moyens qui s’en trouvent proportionnellement amoindris. Il s’agit donc d’une réalité objective, qui affecte une partie non négligeable de la population ; il s’agit également d’une réalité subjective, parce que la crainte du déclassement est diffuse. Il fallait donc en prendre une mesure exacte, sans déni. Mais l’ascenseur fonctionne encore en France : la mobilité ascendante des générations reste majoritaire. À la différence de ce que l’on observe dans de nombreux pays développés, les classes moyennes maintiennent leur position. Pas de dramatisation, donc, et pas davantage de résignation, parce que l’action publique n’est pas dépourvue de ressources. C’est l’objet du rapport que de le montrer, en proposant quelques pistes. Je voudrais toutefois attirer l’attention sur deux de ses leçons : l’une concerne la manière dont les jeunes perçoivent leur avenir, l’autre le statut des femmes.

Lire la suite…

L’économie numérique solidaire, aujourd’hui pour demain | Libération 11.05.09

Mardi 12 mai 2009 à 14:04 1 commentaire

Le numérique sera dans les prochains mois un levier majeur de la sortie de crise pour notre pays. Le secteur de l’économie numérique, celui des réseaux, des équipements, des logiciels et des services en ligne, est l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale, et les outils qu’il produit sont pour l’ensemble des activités qui en font usage un moyen de modernisation et de rationalisation. Le numérique n’est toutefois pas seulement un levier économique, il est aussi, à travers Internet, un outil de médiation sociale sans équivalent. Nous devons nous en servir au mieux pour réduire la « fracture numérique », qui est l’un des noms et l’un des indices de la fragilité sociale, et pour préparer l’avenir, au-delà même de la sortie de crise.
Le développement de l’économie numérique, dont j’ai la responsabilité au sein du gouvernement, n’a de sens que si les contenus et les usages, qui sont la finalité du développement technologique, sont conçus à l’avantage de tous les citoyens. Voilà qui exige que les technologies soient mises au service d’un développement durable et d’un effort de solidarité d’autant plus impérieux que les temps sont durs. Si l’heure est à l’économie solidaire, je tiens qu’elle l’est également à l’économie numérique solidaire.

Lire la suite…

La bioéthique : un débat populaire | La Croix 23.04.09

Vendredi 24 avril 2009 à 12:00 Aucun commentaire

Un parti politique qui entend exercer pleinement ses missions a le devoir de susciter le débat sans lequel la communauté nationale serait privée de voix. Ce rôle est d’autant plus important que la complexité des savoirs rend aujourd’hui difficile d’accès certains sujets, alors même qu’ils ont sur notre vie des conséquences considérables. Il en va ainsi, tout particulièrement, des questions qui vont être examinées lors des États Généraux de la Bioéthique que viennent d’ouvrir la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot et le député Jean Léonetti.

La loi de bioéthique, votée en 2004, doit être régulièrement révisée. Pour une raison simple : la recherche médicale et génétique avance, et avec elles les applications technologiques. Elles rendent possibles, ou tout du moins pensables, des interventions qui étaient jusqu’ici inconcevables. Ces avancées technologiques rendent également nécessaires l’évolution de la réglementation.

À mesure qu’elles se développent, les technologies du vivant nous donnent de nouveaux moyens d’agir et nous confrontent à des questions qui exigent une réflexion profonde et patiente : qu’est-ce qu’ « être parent » ? Que signifie « avoir un enfant » ? Qu’est-ce que « mourir » ? Tout cela relèvera-il encore demain du hasard et de l’inéluctable, ou bien tout pourra-t-il être soumis à la volonté souveraine des individus ? Et si tel devait être le cas, devrions-nous le souhaiter ? Et jusqu’à quel point ?

Lire la suite…