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	<title>Nathalie Kosciusko-Morizet &#187; Tribunes</title>
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	<description>Le blog de NKM</description>
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		<title>Trois clés pour une croissance durable &#124; Le Monde 27.12.2011</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Dec 2011 17:01:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Le &#171;&#160;métier&#160;&#187; d&#8217;acteur de la vie publique nous impose un double défi. Le premier, de plus en plus vampirisant, est la maitrise des enjeux de court-termes. Elle se joue dans un présent instable et appelle une gestion qui s&#8217;exerce sous le diktat de l&#8217;urgence, et qui avec la crise atteint son paroxysme. Le second défi, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le &laquo;&nbsp;métier&nbsp;&raquo; d&#8217;acteur de la vie publique nous impose un double défi. Le premier, de plus en plus vampirisant, est la maitrise des enjeux de court-termes. Elle se joue dans un présent instable et appelle une gestion qui s&#8217;exerce sous le diktat de l&#8217;urgence, et qui avec la crise atteint son paroxysme. Le second défi, tout aussi exigeant consiste à…inventer l&#8217;avenir, à se doter de l&#8217;imagination et du recul nécessaire pour tracer des perspectives. Condition sine qua non pour redonner confiance aux Français.<br />
Aujourd&#8217;hui, nous sommes nombreux à penser que l&#8217;impact de la crise qu&#8217;affrontent la France et l&#8217;Europe s&#8217;étend au delà des sphères économiques et financières. Cette crise incarne la première expression d&#8217;un bouleversement des modes de production et du style de vie qui furent dominants depuis 1945. Une société émerge qui sonne les prémices d&#8217;un nouvel âge de la mondialisation. Une mondialisation repensée et plus juste, qui place les femmes et les hommes en maitres de leurs destins.</p>
<p>Le temps d&#8217;une mondialisation pourvoyeuse de produits standardisés s&#8217;achève. La consommation à outrance a vécu. La course aux matières premières et au travail à bas prix s&#8217;épuise et nos modèles de solidarité s&#8217;essoufflent. Au sein de la société, une inquiétude sourde cohabite avec un puissant désir de changement. En clair, la crise nous oblige à la projection. Pour ma part, je trouve cet impératif stimulant.</p>
<p>Ecartons d&#8217;emblée les solutions avancées par certains et qui sont autant de miroirs aux alouettes : aucun populisme de droite ou de gauche ne tiendra ses promesses. A l&#8217;inverse, je suis convaincue que l&#8217;action de notre gouvernement, notamment avec le Grenelle de l&#8217;environnement, a accompagné et même anticipé le désir de créativité qui caractérise la France. C&#8217;est la voie sur laquelle nous devons poursuivre notre action. Elle passe par une triple exigence refondatrice, celle de la sobriété, de la proximité et de la qualité.</p>
<p>La sobriété est devenue un impératif. Familiarisée et désormais façonnée par la préoccupation écologique, la France est, au quotidien, engagée dans une éthique de la tempérance. La raréfaction des ressources naturelles et les pollutions menaçant les équilibres vitaux de notre planète sont des contraintes assimilées par tous, en même temps que l&#8217;écologie est devenue une évidence pour tous.<br />
A la consommation capricieuse fondée sur les effets de mode doit succéder une consommation éclairée. Elle trouve ses fondements dans le simple bon sens, comme le respect des saisons pour les produits alimentaires ou le choix des biens d&#8217;équipement les moins énergivores comme les plus robustes. En tant que Ministre de l&#8217;Ecologie, ma priorité est de proposer des outils pour que chacun puisse mettre sa consommation au diapason de ses convictions. A Cette fin, j&#8217;ai lancé une expérimentation pour afficher les impacts écologiques de plus de 1 000 produits de la vie courante. Et sur le terrain de l&#8217;obsolescence programmée des équipements, je milite à Bruxelles pour l&#8217;allongement des durées de garantie.</p>
<p>La sobriété passe également par les économies d&#8217;énergie. Elles participent de l&#8217;indépendance de la France vis-à-vis des importations de matières premières aux prix voués inexorablement à la hausse.</p>
<p>En instaurant notamment de nouvelles normes thermiques sur le bâtiment, le gouvernement a engagé ce mouvement. Mais nous pouvons encore le renforcer car de nombreux gisements restent à exploiter.</p>
<p>Sur l&#8217;ensemble de ces terrains, l&#8217;intervention de l&#8217;autorité publique est légitime et déterminante pour permettre à chacun d&#8217;avoir prise sur l&#8217;organisation des flux de matières et une meilleure maitrise de son pouvoir d&#8217;achat.</p>
<p>La modernité se nourrit d&#8217;un paradoxe. La référence récurrente à une identité précise répond à la déferlante d&#8217;une production &laquo;&nbsp;dépersonnalisée&nbsp;&raquo;. Comme si la conscience du terroir était seule apte à corriger l&#8217;anonymat des mégapoles. A mon sens, il traduit un besoin, d&#8217;une grande force émotionnelle et culturelle, celui de la proximité. C&#8217;est vrai sur le plan politique.</p>
<p>La réforme territoriale, engagée il y a un an par le gouvernement, organise le rapprochement de l&#8217;activité économique et des pratiques sociales en libérant les dynamismes locaux.</p>
<p>Les cercles concentriques de la proximité me paraissent essentiels parce qu&#8217;ils sont aussi corollaires du sentiment d&#8217;appartenance à la France. Pour être de Bordeaux ou de Bourgogne, les grands vins sont finalement identifiés comme français. Ces proximités s&#8217;additionnent pour former le creuset de la vitalité économique de notre pays, de l&#8217;emploi local et de la force de notre lien social. En se débarrassant de toutes velléités d&#8217;uniformisation, en aidant chaque espace et chaque territoire à exprimer son talent, la mondialisation est une chance pour nos valeurs et nos identités.</p>
<p>N&#8217;en déplaise aux esprits chagrins, l&#8217;art de vivre à la française demeure. Il est l&#8217;expression d&#8217;un pays riche de son savoir-faire autant que de son faire-savoir, un pays envié et copié. La France excelle dans l&#8217;excellence. Edgar Morin a raison d&#8217;affirmer la suprématie de la qualité sur la quantité comme marque de notre temps, présent et futur. La France et ses partenaires européens excellent à maîtriser les technologies de pointe. Les Airbus, la fusée Ariane, le TGV, bien sûr, mais aussi l&#8217;industrie textile, les aciers spéciaux ou encore la recherche médicale. Avec la médaille Fields, remportée en 2010 par Cédric Villani, notre école de mathématiques talonne celle des Etats-Unis. L&#8217;exigence de qualité se perpétue, se renouvelle, pièce maitresse de notre dynamique économique.</p>
<p>En France, les premiers jalons de cette nouvelle croissance sont en place notamment avec le crédit impôt-recherche, le programme des investissements d&#8217;avenir et la réforme des universités. Nous devons poursuivre cet effort orienté pour l&#8217;essentiel vers notre jeunesse. La sobriété, la proximité et la qualité m&#8217;apparaissent comme les identifiants majeurs de notre dynamique politique pour construire ensemble notre avenir en cohérence et en responsabilité. Elles sont la clé d&#8217;une mondialisation assumée où la France et l&#8217;Europe ont toute leur place.</p>
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		<title>Aux premières heures d’un autre changement &#124; Le Figaro 05.11.2011</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Nov 2011 09:15:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans ces moments de grands bruits, que nous reste-t-il ? 
Notre regard doit se porter au-delà de l’actualité, des chiffres assénés, des bonnes raisons ou des mauvaises. Certains pensent que tout s’écroule et que l’on complote à la fin du monde, ou du moins de l’Europe. La dette est insupportable et le Front National agite la sortie de l’euro comme remède à tous nos maux. 
Face à cette agitation dangereuse, et peu adaptée à la gravité des enjeux, je crois en la subtilité, comme mode d’agir, à la distance, comme mode d’interprétation, à la détermination pour ne pas trahir ses convictions. 
Je crois à ceux qui sont en mouvement, qui tracent le chemin que d’autres n’auront plus qu’à suivre. Je crois à ceux qui travaillent à l’ouverture d’un nouveau chapitre de la construction européenne. Nous en sommes là. L’Europe en est là, à se reconstruire, discrètement, mais avec force, dans l’ennui d’une crise dont l’ampleur a surpris. 
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ces moments de grands bruits, que nous reste-t-il ?</p>
<p>Notre regard doit se porter au-delà de l’actualité, des chiffres assénés, des bonnes raisons ou des mauvaises. Certains pensent que tout s’écroule et que l’on complote à la fin du monde, ou du moins de l’Europe. La dette est insupportable et le Front National agite la sortie de l’euro comme remède à tous nos maux.</p>
<p>Face à cette agitation dangereuse, et peu adaptée à la gravité des enjeux, <strong>je crois en</strong> la subtilité, comme mode d’agir, à la distance, comme mode d’interprétation, à la détermination pour ne pas trahir ses convictions.</p>
<p>Je crois à ceux qui sont en mouvement, qui tracent le chemin que d’autres n’auront plus qu’à suivre. Je crois à ceux qui travaillent à l’ouverture d’un nouveau chapitre de la construction européenne. Nous en sommes là. L’Europe en est là, à se reconstruire, discrètement, mais avec force, dans l’ennui d’une crise dont l’ampleur a surpris. </p>
<p>Aujourd’hui Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont au milieu du gué. Couple politique tellement contemporain, ils se lèvent et affrontent cette crise mondiale depuis des semaines et des mois. <strong>Ils fabriquent à nouveau l’endroit de nos fiertés,</strong> de nos identités, une Europe qui, depuis le sommet de Nice et les égarements d’un référendum maladroit, était en panne. La voilà, au premier rang à nouveau. Grâce à eux deux. On ne parlait plus de cette Europe que pour en préparer la chute. Et c’est tout le contraire qui advient. 2011 est à l’image de 1989 : c’est une année de reconstruction.</p>
<p>L’épreuve passe par l’Euro. Je comprends le désarroi américain, la haine accumulée par certains depuis 1992 face à l’apparition de l’Euro, nouvelle monnaie à statut mondial, et à la nécessité du partage depuis vingt ans de la richesse, du pouvoir et de la parole. Je comprends nos hésitations, nos peurs.</p>
<p>Mais nous devons garder le cap. C’est difficile. Tant de voix, autrefois sages, résonnent pour que la Grèce sorte de la zone Euro. La mienne ici peut paraitre bien frêle, elle porte mon engagement : la démocratie, la solidarité, la paix. Car, enfin, l’Europe, c’est tout cela. Lui tourner le dos, c’est prononcer le cataclysme, entrer dans une période noire, où la ruine dévasterait tout ce à quoi nous tenons.</p>
<p>Je le redis : nous sommes en reconstruction. Aucune révolution n’ignore le passé, ni les traditions. Elle ouvre un temps nouveau, une éclosion d’évènements en préparation. Or, depuis plus de dix ans, nous sommes submergés par les changements. Intuitivement, nous avons regretté l’immobilisme des années passées, à commencer par le gouvernement Jospin. Nous avons attendu la rupture. Depuis cinq ans ce qui a été fait est colossale : le Grenelle, la réforme des Universités, des retraites et tant d’autres bouleversements. La France est complexe. Hésitante. Entre modernité et refus.</p>
<p>Nous n’avons pas besoin de normalité, de banalité, de mollesse d’un nouveau et éternel radical-socialisme. Nous voulons encore un grand changement. Plus de justice. Sujet complexe, d’équilibres nombreux et subtils. Mais incontournable. Plus de sûreté, comme nous le savons très bien, la chaine des sécurités indispensables à notre tranquillité, à nos espoirs, est infinie et s’écrit chaque jour. Plus de tonicité, de fougue, de créativité. La question centrale de notre modèle de croissance, la vitalité de notre industrie, de l’accès à l’emploi.</p>
<p>L’aventure ne peut que renaître. Elle est là. La relance de l’Union en est un symptôme. Un déclencheur. Nous allons passer par cette case, serrer les coudes, sauver l&#8217;Euro, la Grèce, même si par moments, nous avons le sentiment et la volonté de le faire contre elle-même. Nous allons nous prendre en mains, croire en notre destin. Et nous n’avons pas le choix. Des pays énormes, émergents, aux populations gigantesques frappent à nos portes. Nous devons dans la compétition mondiale être les meilleurs. Certains aimeraient se cacher, proclamer la « démondialisation » mais les fausses murailles s’effondrent toujours.</p>
<p>Je veux combattre la tentation du pire. Ceux qui ont perdu tout bon sens politique et qui par leurs chahuts tentent de nous interdire d’entendre la vibration du monde. Les Français sont à l’aube d’un grand moment de débats, de choix. Ils savent trouver la voie. Mais pour cela ils ne doivent renoncer à rien de ce qu’ils ont su créer, organiser, maitriser, imposer. Au premier rang de tout, depuis 1957, l’Europe est l’enjeu.</p>
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		<title>Agir sur les écarts de salaire pour améliorer la retraite des femmes &#124; Le Monde 04.10.10</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Oct 2010 15:48:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Co-signée avec Eric Woerth, ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique ; Nora Berra, secrétaire d&#8217;Etat chargée des aînés ; Nadine Morano, secrétaire d&#8217;Etat chargée de la famille et de la solidarité ; et Georges Tron, secrétaire d&#8217;Etat chargé de la fonction publique. ___________ Les inégalités de retraite entre les hommes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Co-signée avec Eric Woerth, ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique ; Nora Berra, secrétaire d&#8217;Etat chargée des aînés ; Nadine Morano, secrétaire d&#8217;Etat chargée de la famille et de la solidarité ; et Georges Tron, secrétaire d&#8217;Etat chargé de la fonction publique.</strong><br />
___________</p>
<p>Les inégalités de retraite entre les hommes et les femmes demeurent une injustice criante, c&#8217;est une évidence et c&#8217;est inacceptable. La réforme des retraites voulue par le président de la République est l&#8217;occasion de progresser ensemble sur cet enjeu de société. Mais, pour apporter les bonnes réponses, nous devons sortir des schémas qui ne correspondent plus à la réalité. La situation des femmes qui partent à la retraite aujourd&#8217;hui n&#8217;est plus la même qu&#8217;il y a vingt ans. Si nous voulons agir sur les vraies causes des inégalités de pension, nous devons encore combattre bien des idées reçues.</p>
<p>Première idée reçue : &laquo;&nbsp;Il n&#8217;y a eu aucun progrès.&nbsp;&raquo; Or l&#8217;écart entre la retraite d&#8217;une femme et celle d&#8217;un homme s&#8217;est réduit de 25 points en vingt-cinq ans : une retraitée de 80 ans a aujourd&#8217;hui une pension inférieure de près de 58 % à celle d&#8217;un homme, alors que pour une retraitée de 60ans, cet écart est désormais de 33 %. Naturellement, le fait qu&#8217;il subsiste un écart entre la retraite d&#8217;un homme et d&#8217;une femme est en soi intolérable.</p>
<p>Deuxième idée reçue : &laquo;&nbsp;Les femmes n&#8217;ont pas assez de trimestres, c&#8217;est pour cela qu&#8217;elles ont des retraites plus faibles.&nbsp;&raquo; C&#8217;était vrai hier, c&#8217;est de plus en plus faux. Les femmes ont maintenant des carrières d&#8217;une durée équivalente à celle des hommes. L&#8217;une des raisons en est que notre système de retraite comporte de nombreux dispositifs de solidarité, notamment en faveur des femmes. Sait-on que les femmes qui s&#8217;arrêtent pour élever leurs enfants valident quand même des droits à la retraite ? C&#8217;est un effort de la solidarité nationale de 4,5 milliards d&#8217;euros par an, et près de 2 millions de personnes en bénéficient chaque année. Dit-on suffisamment, aussi, que les femmes qui ont eu des enfants bénéficient d&#8217;une majoration de durée d&#8217;assurance de deux ans pour chaque enfant ? Nous avons voulu aller plus loin pour mieux prendre en compte la situation des mères de famille. Aujourd&#8217;hui, le fait d&#8217;avoir été en congé maternité peut faire chuter la retraite, parce que les indemnités touchées à la place du salaire pendant cette période sont exclues du calcul de la pension. Avec le texte que propose le gouvernement, cela ne sera plus le cas.</p>
<p>Troisième idée reçue : &laquo;&nbsp;La plupart des femmes doivent partir à la retraite à 65ans et, avec le projet du gouvernement, elles devront travailler jusqu&#8217;à 67 ans.&nbsp;&raquo; D&#8217;abord, ne confondons pas deux choses très différentes. L&#8217;âge où l&#8217;on peut prendre sa retraite à taux plein, c&#8217;est 60 ans aujourd&#8217;hui et ce sera 62 ans demain. C&#8217;est le cas pour une majorité de Français, quel que soit leur sexe : aujourd&#8217;hui, plus de 60 % des assurés prennent leur retraite à 60 ans et à taux plein. Quand on dit que le projet du gouvernement, c&#8217;est de faire passer le taux plein de 65 ans aujourd&#8217;hui à 67ans demain, on se trompe. 65 ans, c&#8217;est autre chose : c&#8217;est l&#8217;âge à partir duquel il est possible de partir à la retraite sans décote, c&#8217;est-à-dire sans pénalité, même sans avoir tous ses trimestres. Si l&#8217;on choisit de partir avant, on subit une décote, c&#8217;est-à-dire une minoration de sa pension. Grâce à l&#8217;allongement de la durée de la vie, nous avons la chance de pouvoir profiter plus longtemps de notre retraite : de même que nous relevons un peu l&#8217;âge de départ, il est logique de relever cette deuxième borne d&#8217;âge, qui passera à 67 ans en 2023.</p>
<p><span id="more-3625"></span>On se trompe aussi quand on dit que passer à 67 ans conduit à pénaliser les femmes les plus fragiles. Les femmes concernées ne sont pas des femmes qui travaillent à temps partiel, enchaînent les petits boulots ou ont commencé à 15ans. En réalité, ce sont des femmes qui ont arrêté de travailler il y a longtemps, et qui attendent 65ans pour demander la liquidation de leur retraite, afin d&#8217;éviter toute décote. Dans leur majorité, ces femmes ne sont pas celles qui ont les revenus les plus modestes : elles sont au contraire deux fois moins nombreuses à bénéficier du minimum vieillesse. Pour les femmes qui sont éligibles à ce minimum parce qu&#8217;elles ont des revenus très faibles, le projet du gouvernement leur donne une garantie fondamentale : l&#8217;accès au minimum vieillesse restera à 65 ans, quel que soit le nombre de trimestres. Enfin, 80 % des femmes touchent aujourd&#8217;hui leur pension de retraite avant 65 ans, alors qu&#8217;elles n&#8217;étaient que 70 % il y a dix ans. En 2023, lorsque l&#8217;on passera à 67 ans, ce chiffre aura encore augmenté puisque, on l&#8217;a vu, les femmes ont maintenant des carrières d&#8217;une durée équivalente à celle des hommes.</p>
<p>Si, en moyenne, les femmes vont de plus en plus avoir autant puis davantage de trimestres de cotisation que les hommes, si dans leur majorité elles ne subissent pas de décote, si celles qui touchent le minimum vieillesse continueront à l&#8217;avoir au même âge, si le système français contient des éléments de protection, pour les femmes, beaucoup plus forts qu&#8217;ailleurs en Europe, alors comment expliquer qu&#8217;elles continuent à avoir une retraite plus faible que les hommes ? Et surtout comment remédier à cette situation ? En comprenant l&#8217;impact des écarts de salaire, qui sont aujourd&#8217;hui le problème fondamental à régler.</p>
<p>Tout se joue pendant la carrière : plus une femme subit l&#8217;inégalité salariale, plus elle subit l&#8217;inégalité de retraite. C&#8217;est donc d&#8217;abord en agissant sur ces écarts que nous améliorerons la retraite de toutes les femmes. C&#8217;est l&#8217;un des défis majeurs de la société française, c&#8217;est l&#8217;un des grands échecs de notre pays auquel il faut remédier, c&#8217;est la vraie cause des inégalités en matière de retraite.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, la rémunération moyenne des femmes est inférieure de 27 % à celle des hommes, et de 16 % si l&#8217;on compare le salaire horaire brut total. Cette injustice a une conséquence inexorable : la retraite ne peut rattraper trente ans d&#8217;écart de salaire.</p>
<p>Nous ne voulons pas nous y résigner. Dans le cadre de la réforme des retraites, le gouvernement a donc prévu un dispositif qui met les entreprises face à leurs responsabilités : celles qui n&#8217;élaboreront pas un plan d&#8217;action pour lutter contre les écarts de salaire seront pénalisées financièrement. Elles devront en outre publier des indicateurs montrant les évolutions qu&#8217;elles auront réalisées en ce domaine.</p>
<p>Depuis 2007, nous développons aussi les modes de garde, car nous ne pouvons accepter qu&#8217;une femme soit obligée de choisir entre travailler et garder son enfant. Trop souvent en effet, une femme qui a dû interrompre sa carrière pour s&#8217;occuper de ses enfants repart à un niveau de salaire plus bas qu&#8217;auparavant: selon l&#8217;Insee, une année d&#8217;interruption signifie une baisse du salaire de 11 % en moyenne. L&#8217;échelle est toujours aussi haute, mais on repart trois barreaux plus bas. Conformément à l&#8217;engagement du président de la République, d&#8217;ici à 2012, l&#8217;Etat va consacrer 1,3 milliard d&#8217;euros pour créer plus de 200 000 places supplémentaires d&#8217;accueil du jeune enfant, afin de permettre aux parents, et en particulier aux femmes, de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale.</p>
<p>Donner la priorité à la lutte contre les écarts de salaire, voilà l&#8217;un des principaux défis pour améliorer la retraite des femmes. Ce défi est réel, il est colossal, il concerne absolument toutes les femmes. Notre responsabilité, c&#8217;est de nous attaquer à cette question pour y apporter des solutions créatives et efficaces. L&#8217;un des enjeux du débat au Sénat sera de voir si nous pouvons aller plus loin. L&#8217;égalité salariale ne doit pas être un sujet d&#8217;impuissance politique. Des résultats sont possibles. La vérité oblige à dire qu&#8217;il devient urgent de les obtenir, parce que la retraite des femmes en dépend.</p>
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		<title>La réforme, une affaire de courage &#124; Le Figaro 29.09.10</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Sep 2010 10:43:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[La rentrée politique qui s’achève a livré quelques enseignements. Je veux en retenir cette leçon : notre pays est vivant. La rentrée ne s’annonçait pourtant pas sous les meilleurs auspices. Une avalanche de polémiques insensées n’en finissait plus de poursuivre Éric Woerth, quand le débat sur la réforme des retraites peinait à être engagé. Les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La rentrée politique qui s’achève a livré quelques enseignements. Je veux en retenir cette leçon : notre pays est vivant.</p>
<p>La rentrée ne s’annonçait pourtant pas sous les meilleurs auspices. Une avalanche de polémiques insensées n’en finissait plus de poursuivre Éric Woerth, quand le débat sur la réforme des retraites peinait à être engagé. Les acteurs de la vie publique étaient pris au piège de ce détournement d’actualité, sommés de se prononcer chaque jour sur les péripéties d’une « affaire » dont tout le monde voyait bien qu’elle était grossie et entretenue pour qu’on ne s’intéresse pas à l’essentiel : l’examen de la réforme des retraites. « Tout le monde » ? Peut-être pas. Dans les rues de Longjumeau, dont je suis maire, les conversations ne portent pas sur le sort de tel ou tel personnage public. Il est bien question en revanche des retraites. Des inquiétudes légitimes que certains éprouvent à l’idée de devoir travailler plus longtemps, et des questions que tous se posent sur la manière dont cette réforme d’ensemble affectera leur parcours personnel, le calcul de leur pension ou la prise en compte des particularités de leur métier. Le débat parlementaire qui s’est ouvert la semaine dernière est un véritable débat de société : il concerne tous les citoyens et il a été préparé par un dialogue social entre les élus, le gouvernement, les partenaires sociaux et les corps intermédiaires. Les termes de ce débat et les positions sont aujourd’hui clairement identifiés. Les dernières études d’opinion dont nous disposons montrent toutes que les enjeux démographiques sont parfaitement admis. Notre espérance de vie s’est allongée, et notre système solidaire de retraites est de plus en plus financé par la dette. Il fallait y remédier, et le projet du gouvernement le fait en proposant des mesures d’âges et de financement dont on voit bien par comparaison avec nos voisins européens qu’elles sont raisonnables. Voilà du moins l’opinion de la majorité parlementaire qui a adopté mercredi en première lecture le projet de loi. Une partie de l’opposition dit ne pas la partager, et certains de ses responsables prétendent qu’ils reviendraient sur la loi si le pouvoir leur était confié. Certains seulement, puisque les plus démagogiques des promesses ne font pas l’unanimité dans leurs rangs et que l’on ne sait pas si elles répondent aux inquiétudes manifestées dans les cortèges il y a deux semaines.</p>
<p><span id="more-3543"></span>L’opposition dit et promet ce qu’elle veut ; les Français jugeront. Ils le feront d’autant plus aisément que les termes du débat sont limpides et qu’ils ont fini par placer notre rentrée politique sous le signe de la vérité. Pour cette raison très simple que le projet qui est débattu aujourd’hui a été expliqué en toute clarté : le diagnostic démographique et budgétaire sur lequel il repose est transparent, et les équilibres comme le but d’ensemble qui sont visés le sont tout autant. Ce choix de la vérité, plutôt que du flou volontaire ou de la dissimulation, expose la majorité qui l’adopte en même temps qu’il exige d’elle un véritable tempérament. Nous avons connu par le passé, en France, d’autres méthodes réformatrices. Celle de la réforme incidente ou biaisée, celle de la réforme par étapes à doses homéopathiques, prescrites par des gouvernants timorés qui attendaient que les lignes cèdent progressivement, par usure, pour que le cœur attendu de la réforme soit adopté à terme sans heurt. Tout cela au prix d’approximations ou d’hypocrisies dont les électeurs étaient rarement dupes.</p>
<p>Nous avons tourné cette page en 2007. En la matière, la réforme des Universités, qui ressemble à la réforme des retraites parce qu’elle concerne toute une génération et que notre pays l’attendait en vain depuis des décennies, aura fait la preuve qu’il est à la fois plus juste et plus responsable politiquement de se faire élire sur un programme clair et de le mettre en œuvre conformément au mandat électoral obtenu. Mais il y faut un tempérament. Celui dont fait preuve le Président de la République, parce que le risque encouru est bien plus grand lorsqu’on choisit de s’adresser au peuple en lui livrant sans fard un projet et en assumant de le porter. Celui aussi des citoyens eux-mêmes, à qui l’on adresse ainsi un discours de vérité.</p>
<p>C’est là que réside l’enseignement principal de la rentrée, qui indique aussi que le rapport des gouvernants et des citoyens a considérablement changé : plus contractuel, plus informé, il sera désormais plus exigeant et plus mûr. Ce qui ne veut pas dire plus facile : nous sommes en France ! Mais une chose est sûre : les électeurs ne donneront plus leurs suffrages qu’à des candidats à même d’assumer à la fois leurs responsabilités et leurs promesses. Il en ira ainsi en 2012, lorsque nous choisirons la majorité et le candidat qui accompagneront la sortie de crise de notre pays. Car nous tirerons bientôt avantage des efforts que nous consentons aujourd’hui et des investissements que nous venons de réaliser. La preuve sera alors donnée de la pertinence des choix politiques et économiques qu’assument aujourd’hui le Président et le gouvernement. Alors que des observateurs s’inquiètent de l’état d’esprit d’un peuple rongé par les inquiétudes et accablé par la crise, la France montre un tout autre visage. Les quelques indicateurs de la rentrée, on peut le dire sans s’emporter, sont encourageants. Ils ont vocation à nourrir quelque chose qui ne se tarit pas dans notre pays : l’énergie. L’énergie d’un peuple qui n’appelle pas à son chevet des thérapeutes mais qui demande au contraire à ses gouvernants de porter nos projets, d’assumer nos valeurs, de protéger nos intérêts et de défendre nos droits. À Paris comme à Bruxelles.</p>
<p>Notre économie se relève. La France affiche un taux de fécondité parmi les plus élevés d’Europe. Ce dynamisme démographique est souvent loin d’être partagé par nos voisins européens, et leur taux de croissance du moment, parfois meilleur que le nôtre, se heurtera bientôt au vieillissement de leur population. La société française est en train de changer ; nous avons, ensemble, l’énergie vitale qui nous permettra de tirer le meilleur parti de ces changements. Le Président de la République l’a compris et agit en conséquence.</p>
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		<title>Sûrs de nos valeurs pour une politique moderne &#124; Le Monde 31.08.10</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 15:46:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Co-signée avec Benoist Apparu, secrétaire d&#8217;Etat, chargé du logement et de l&#8217;urbanisme et secrétaire national de l&#8217;UMP chargé de l&#8217;animation des débats et communautés numériques ; Chantal Jouanno, secrétaire d&#8217;Etat chargée de l&#8217;écologie et conseillère politique de l&#8217;UMP et Laurent Wauquiez, secrétaire d&#8217;Etat chargé de l&#8217;emploi et conseiller politique de l&#8217;UMP. ___________ Exerçant chacun des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Co-signée avec Benoist Apparu, secrétaire d&#8217;Etat, chargé du logement et de l&#8217;urbanisme et secrétaire national de l&#8217;UMP chargé de l&#8217;animation des débats et communautés numériques ; Chantal Jouanno, secrétaire d&#8217;Etat chargée de l&#8217;écologie et conseillère politique de l&#8217;UMP et Laurent Wauquiez, secrétaire d&#8217;Etat chargé de l&#8217;emploi et conseiller politique de l&#8217;UMP.</strong><br />
___________</p>
<p>Exerçant chacun des responsabilités ministérielles au sein du gouvernement, participant à l&#8217;animation ou à la direction de l&#8217;Union pour un mouvement populaire (UMP), nos territoires électifs et nos mandats ont leur histoire et leur géographie particulières, nos parcours politiques ont suivi des voies distinctes.</p>
<p>Mais nous partageons tous le même engagement, au sein d&#8217;une famille politique dont nous avons la conviction qu&#8217;elle est la plus à même de faire face à la situation de notre pays, aux enjeux de l&#8217;époque et aux gigantesques défis de l&#8217;avenir. Défi, d&#8217;abord, du sens de la politique et de la vie commune, dans une société où le poids des inquiétudes et des contraintes pèse sur les initiatives, et où le bien-être se heurte aux excès du consumérisme et d&#8217;un capitalisme dérégulé.</p>
<p>Défi de l&#8217;Europe, face à la montée en puissance des pays émergents, dont la Chine, désormais deuxième puissance mondiale. Défi écologique, face à la raréfaction des ressources naturelles et au changement climatique. Triple défi économique, de la compétitivité, de la recherche et de l&#8217;emploi, afin de faire baisser durablement le niveau de chômage, d&#8217;exploiter tous les nouveaux gisements d&#8217;activité et de valoriser les talents de chacun. Défi de la dette publique, enfin, qui s&#8217;il n&#8217;est pas pris en considération, mettra à mal notre souveraineté nationale et notre modèle social de solidarité. Nous sommes donc à un moment de vérité.</p>
<p>Alors même que les responsables politiques, il ne faut pas se le cacher, sont fortement décrédibilisés aux yeux de l&#8217;opinion publique, notre génération a un devoir moral d&#8217;exigence, de sérieux, et d&#8217;engagement. Voilà notre responsabilité, à notre égard comme à l&#8217;égard des générations futures : nous devons réfléchir à la façon dont nous vivons en société, à notre conception de l&#8217;homme et du citoyen, à l&#8217;idée que nous nous faisons de la France.</p>
<p><span id="more-3330"></span>Ces défis, nous devons y répondre en nous appuyant sur les valeurs qui ont fondé le contrat politique passé entre les Français et Nicolas Sarkozy en 2007. Nous avons les uns et les autres reçu un mandat : celui de prendre les problèmes à bras-le-corps, de le faire en toute clarté.</p>
<p>Notre famille politique y a trouvé l&#8217;occasion de briser des tabous, de passer outre des contradictions ou des dogmes stériles, et de s&#8217;atteler enfin à des enjeux que nos opposants avaient galvaudés, comme l&#8217;écologie, l&#8217;éducation, l&#8217;égalité des chances ou la justice.</p>
<p>Nos valeurs, nous en sommes convaincus, demeurent plus que jamais d&#8217;actualité. Au prix toutefois d&#8217;une réflexion attentive aux bouleversements du monde et aux transformations sociales. La majorité présidentielle exerce aujourd&#8217;hui le pouvoir, dans des conditions sociales et économiques inédites, celles d&#8217;une crise sans précédent. C&#8217;est dans ce contexte particulier qu&#8217;il revient donc d&#8217;abord à notre mouvement de poursuivre cette réflexion. Voilà pourquoi, le 30 août, les cadres de l&#8217;UMP se sont réunis, en présence d&#8217;universitaires de diverses sensibilités, pour débattre du sens que nous donnons à nos valeurs, de la manière dont nous les avons portées et incarnées.</p>
<p>Celle de la justice et de l&#8217;équité, parce que si les Français sont prêts à faire les efforts que réclament le rétablissement de nos comptes publics et la préservation de notre système de protection sociale, ils veulent que ces efforts soient équitablement répartis. Celle du respect de l&#8217;ordre républicain et de la loi, qui garantissent à chacun la sécurité et la tranquillité. Celle enfin de l&#8217;action responsable, à rebours de tous ceux qui, du côté de l&#8217;opposition, font de la défense du statu quo et du conservatisme leur unique programme.</p>
<p>Ce qui a le plus décrédibilisé la politique par le passé, c&#8217;est l&#8217;inaction et l&#8217;irresponsabilité. Il est si facile de contourner les difficultés, de commander un rapport, une mission, pour tenter d&#8217;enterrer les difficultés ! Nous ne prétendons pas avoir raison sur tout, mais la marque de fabrique de notre exigence reste celle de l&#8217;action volontaire. En la matière, nous sommes ouverts à toutes les propositions, qu&#8217;elles viennent des partenaires sociaux ou d&#8217;autres partis politiques, tant qu&#8217;elles sont constructives et fécondes. Rien de plus, rien de moins. Nous avons été élus pour mener à bien un programme de réformes. Il n&#8217;est pas question de se soustraire à nos engagements.</p>
<p>C&#8217;est la raison pour laquelle, de la réforme des universités aux nombreuses avancées du Grenelle de l&#8217;environnement, de la création de Pôle emploi à la réforme de la taxe professionnelle, de la mise en place du revenu de solidarité active (RSA) au non-remplacement d&#8217;un fonctionnaire sur deux partant en retraite, le cap de la réforme n&#8217;a jamais été perdu de vue, y compris pendant la crise, et y compris auprès de nos partenaires européens, lorsque nous défendons, par exemple, les intérêts agricoles français en Europe.</p>
<p>Et ce cap de la réforme ne sera pas davantage perdu de vue dans les mois qui viennent. La réforme des retraites, aussi attendue que nécessaire, deviendra une réalité dans quelques semaines. Et c&#8217;est également à ce moment que les investissements d&#8217;avenir de l&#8217;Etat, issus du grand emprunt, commenceront à jouer leur rôle moteur, notamment dans le numérique.</p>
<p>Nous savons que certains choix à faire seront douloureux, dans un contexte économique et budgétaire difficile. Ces choix, nous devons les partager avec les Français, en honorant ensemble l&#8217;exigence de vérité et de clarté que les gouvernants doivent à ceux qui les ont élus et qu&#8217;ils représentent. C&#8217;est la raison d&#8217;être de la franchise politique. Camus écrivait que &laquo;&nbsp;mal nommer les choses, c&#8217;est ajouter au malheur du monde&nbsp;&raquo;. Voilà un adage politique qui nous convient, et c&#8217;est celui que nous opposerons aux discours paresseux, aux hypocrisies sociales et au renoncement.</p>
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		<title>« La valeur travail reste au cœur de nos convictions » &#124; Le Figaro 30.08.10</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 11:50:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Les secrétaires d&#8217;État à l&#8217;Économie numérique et à l&#8217;Emploi, Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, sont les rapporteurs du projet de l&#8217;UMP pour 2012. Le Figaro. -Comment se prépare un projet comme celui de l&#8217;UMP pour 2012 ? Nathalie Kosciusko-Morizet.-Notre conviction, c&#8217;est qu&#8217;une campagne aussi importante doit marcher sur ses deux jambes: notre crédibilité et notre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les secrétaires d&#8217;État à l&#8217;Économie numérique et à l&#8217;Emploi, Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, sont les rapporteurs du projet de l&#8217;UMP pour 2012. </p>
<p><strong>Le Figaro. -Comment se prépare un projet comme celui de l&#8217;UMP pour 2012 ?</strong></p>
<p>Nathalie Kosciusko-Morizet.-Notre conviction, c&#8217;est qu&#8217;une campagne aussi importante doit marcher sur ses deux jambes: notre crédibilité et notre vision. Cela passera donc par une période d&#8217;évaluation de ce que nous avons déjà fait pour asseoir notre crédibilité. Et par un travail de réflexion sur le projet que nous souhaitons présenter aux Français. Ces propositions, nous consacrerons l&#8217;année qui vient à les construire et à en débattre.</p>
<p>Laurent Wauquiez. -Le préalable à ce travail c&#8217;était bien sûr d&#8217;être au clair avec notre identité, avec nos repères, avec toutes nos valeurs. Certains voudraient faire croire qu&#8217;avec la crise, tout a été chamboulé et qu&#8217;il faudrait mettre un mouchoir sur nos valeurs. C&#8217;est tout à fait l&#8217;inverse. L&#8217;autorité, le sens de la nation, le sens du travail… Nos valeurs n&#8217;ont jamais été autant dans l&#8217;actualité. Nous assumons nos valeurs et nous renouvelons nos propositions.</p>
<p><strong>Ce premier séminaire devait travailler sur les valeurs de la droite. Pourquoi l&#8217;avoir étendu aux valeurs des Français ?</strong></p>
<p>L. W. -Tout simplement parce que nous devons partir des attentes des Français! Notre débat a permis d&#8217;en isoler au moins deux. La première, c&#8217;est le très grand besoin de justice et d&#8217;équité. Les Français sont prêts à faire des efforts, mais ils veulent que les efforts soient équitablement répartis. La deuxième attente concerne la place de l&#8217;individu. Les Français veulent qu&#8217;on les accompagne dans leurs projets, qu&#8217;on les épaule. Mais ils refusent l&#8217;individualisme exacerbé. C&#8217;est chacun son choix, mais pas chacun pour soi.</p>
<p>N. K.-M. -Une autre demande est sensible et récurrente: l&#8217;exigence de vérité. La crise a jeté une lumière crue sur un certain nombre de propositions de 2007. La tentation pourrait être de faire profil bas. Ce n&#8217;est pas notre intention. On ne change pas de valeurs à l&#8217;occasion d&#8217;une élection. La valeur travail, par exemple. Elle reste durablement au cœur de nos convictions et de notre action depuis 2007. Nous souhaitons la réaffirmer, mais nous devons aussi la réinterpréter en renouvelant nos propositions.</p>
<p><span id="more-3334"></span><strong>Un slogan comme le «travailler plus pour gagner plus» de 2007 doit-il être reformulé ?</strong></p>
<p>N. K.-M. -Nous avons besoin de poursuivre notre réflexion et notre action sur le travail. C&#8217;est la priorité. En 2007, nous avions souligné le lien entre travail et croissance et celui entre travail et pouvoir d&#8217;achat. Aujourd&#8217;hui, nous avons besoin aussi de parler de la connexion entre le travail et le lien social. L&#8217;accent principal ne portait pas forcément sur cet aspect en 2007. Cela sera différent en 2012.</p>
<p>L. W. -Nous n&#8217;y renoncerons pas pour faire plaisir aux adeptes du politiquement correct de gauche. Le point essentiel dans la période que nous traversons est d&#8217;associer travail et justice en luttant contre l&#8217;assistanat, en permettant à ceux qui veulent s&#8217;en sortir par le travail de pouvoir le faire, en assurant une juste rémunération des efforts.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui différencie votre méthode de celle du Parti socialiste ?</strong></p>
<p>L. W. -Tout nous différencie! Le PS est négatif et en démolition. Nous voulons être positifs et en construction. Après huit ans dans l&#8217;opposition, ils ne sont toujours pas capables de présenter leurs propositions en matière de sécurité. Autre différence, notre programme ne sera pas élaboré par un petit groupe de technos enfermés dans une chambre froide pour nous pondre un projet parisiano-parisien. Notre méthode est l&#8217;exact inverse: nous procéderons en trois étapes. D&#8217;abord avec des cercles de débats dans tous les départements pour mesurer les atteintes du terrain. Ensuite avec des ateliers thématiques sur des points précis comme les artisans commerçants ou les professionnels de santé. Et, enfin, sept à dix grands rendez-vous de fin octobre 2010 à novembre 2011.</p>
<p>N. K.-M. -Le PS a montré encore ce week-end qu&#8217;en l&#8217;absence d&#8217;unité sur les idées, il se réduit à l&#8217;antisarkozysme. Nous, nous ne sommes pas dans la polémique de personnes. Autre différence, nous avons voulu un processus extrêmement ouvert. Nous sommes prêts à faire l&#8217;évaluation de l&#8217;action menée, à entendre les critiques et à apporter de nouvelles propositions. Dernière différence, nous ne sommes pas dans les slogans creux, comme le «care» de Martine Aubry.</p>
<p><strong>Membre du gouvernement l&#8217;un et l&#8217;autre, êtes-vous les plus libres pour préparer un programme pour 2012 ?</strong></p>
<p>N. K.-M. -Nous sommes, Laurent et moi, les rapporteurs du groupe de référence, les accoucheurs du projet. Mais cela reste un travail collectif. Nous accueillons, nous sollicitons, même, toutes les contributions, et d&#8217;abord celles du terrain. C&#8217;est dans notre tempérament, puisque nous sommes tous les deux élus locaux et maires.</p>
<p>L. W. -Notre force c&#8217;est d&#8217;être tournés vers l&#8217;action. Être au gouvernement nous rend attentifs à ce que chaque proposition soit applicable et finançable en 2012. Nous n&#8217;excluons pas d&#8217;ailleurs d&#8217;en expérimenter certaines dès maintenant. À la différence du PS, nous ne nous lancerons pas dans un concours de démagogie.</p>
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		<title>Pour éviter la grande braderie des terres agricoles &#124; La Tribune 08.07.10</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 14:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[La vente massive de terres arables des pays pauvres aux pays riches qui en manquent pour assurer leur autonomie alimentaire, ou aux entreprises agroalimentaires, ne respecte pas ses promesses : l&#8217;intérêt des populations locales est ignoré, et celles-ci se retrouvent face à des hausses de prix agricoles, engendrant de fortes tensions sociales. NKM propose la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La vente massive de terres arables des pays pauvres aux pays riches qui en manquent pour assurer leur autonomie alimentaire, ou aux entreprises agroalimentaires, ne respecte pas ses promesses : l&#8217;intérêt des populations locales est ignoré, et celles-ci se retrouvent face à des hausses de prix agricoles, engendrant de fortes tensions sociales. NKM propose la création d&#8217;un label &laquo;&nbsp;agro-investissement responsable&nbsp;&raquo;. </p>
<p>Comment nourrir les 9 milliards d&#8217;habitants que comptera la planète d&#8217;ici à quarante ans ? Le défi peut sembler considérable  il est pourtant à notre portée à condition d&#8217;investir massivement dans les filières agricoles des pays du Sud. Aujourd&#8217;hui, dans ces pays souvent frappés par la malnutrition et tributaires de l&#8217;aide alimentaire, il devient de plus en plus fréquent de vendre ou de louer à des puissances qui n&#8217;ont pas chez elles suffisamment de surfaces cultivables pour assurer leur autonomie alimentaire, ou à des entreprises étrangères des terres, des exploitations mais aussi des récoltes.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi les investissements étrangers représentent souvent, pour l&#8217;agriculture des pays en développement, une perspective prometteuse. Les gouvernements espèrent ainsi améliorer l&#8217;emploi, augmenter le niveau de vie des campagnes mais aussi accroître la productivité et le niveau de production des denrées. Or, dans les années à venir, ces investissements seront également pratiqués par les pays européens, y compris la France. Car c&#8217;est ainsi que l&#8217;industrie agroalimentaire bénéficiera des avantages offerts par ces territoires en termes de climat et, bien souvent, de coût de la main-d&#8217;oeuvre, qu&#8217;elle assurera ses approvisionnements tout en s&#8217;affranchissant de la hausse prévisible des prix.</p>
<p><span id="more-3000"></span>Malheureusement, comme le montre le rapport qui vient de m&#8217;être remis par le Centre d&#8217;analyse stratégique, le scénario vertueux espéré par les pays qui vendent leurs terres agricoles est loin d&#8217;être toujours au rendez-vous. Les implantations, réalisées pour la plupart en Afrique, en Amérique latine, en Europe de l&#8217;Est et en Asie, sont aujourd&#8217;hui mal préparées et ne tiennent guère compte de l&#8217;intérêt des populations locales.</p>
<p>Trop d&#8217;achats de terres agricoles aboutissent dans ces pays à des effets déplorables comme la spoliation, l&#8217;augmentation du prix des denrées sur les marchés locaux, la réduction des surfaces dédiées aux cultures vivrières mais également de fortes tensions sociales entre les élites possédantes et les petits exploitants. Et lorsque des implantations sont avant tout motivées par un retour rapide sur investissement, les dommages sur l&#8217;environnement sont légion, qu&#8217;il s&#8217;agisse de la déforestation massive, de la diminution des ressources en eau ou de la pollution des nappes phréatiques par des produits chimiques.</p>
<p>Dès lors, comment permettre aux pays en développement de concilier le modèle d&#8217;agriculture industrielle, apporté par les investisseurs étrangers, avec le développement de l&#8217;agriculture familiale traditionnelle ? Si je ne crois guère dans ce domaine à un accord international qui engagerait les signataires, je suis convaincue en revanche que nous pourrions proposer aux pays qui le souhaiteraient une véritable aide à la définition d&#8217;une politique de gestion foncière. L&#8217;absence de cadre foncier reconnu dans une grande partie des États africains constitue en effet une source majeure de risque pour les financeurs.</p>
<p>D&#8217;un autre côté faisons en sorte que les investisseurs s&#8217;engagent dans une démarche responsable et que leur projet ait un impact positif pour l&#8217;environnement comme pour les populations locales. La création d&#8217;un label &laquo;&nbsp;agro-investissement responsable&nbsp;&raquo; attribué par l&#8217;Union européenne ou la FAO aux industriels qui déclineraient cette démarche responsable, serait une véritable avancée. L&#8217;adhésion à cette démarche diminuerait les risques de long terme associés au projet et permettrait aux investisseurs d&#8217;obtenir de meilleurs taux d&#8217;emprunt. La publicité que ce label aurait auprès des consommateurs pourrait d&#8217;autant plus favoriser la vente des produits concernés.</p>
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		<title>« Care », ou le triomphe des bons sentiments &#124; Le Monde 14.05.10</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 14:26:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Martine Aubry hésite. Un jour, elle parle d&#8217;une retraite &#171;&#160;à 61 ou 62 ans&#160;&#187;. Un autre, elle cherche à se dédouaner de cette &#171;&#160;gaffe&#160;&#187; auprès de ses camarades et tourne le dos à l&#8217;exigence de solidarité pour sortir de son chapeau le concept de &#171;&#160;soin&#160;&#187;. Elle explique alors dans ces colonnes qu&#8217;il est grand temps [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Martine Aubry hésite. Un jour, elle parle d&#8217;une retraite &laquo;&nbsp;à 61 ou 62 ans&nbsp;&raquo;. Un autre, elle cherche à se dédouaner de cette &laquo;&nbsp;gaffe&nbsp;&raquo; auprès de ses camarades et tourne le dos à l&#8217;exigence de solidarité pour sortir de son chapeau le concept de &laquo;&nbsp;soin&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Elle explique alors dans ces colonnes qu&#8217;il est grand temps de faire de la société française une &laquo;&nbsp;société du soin&nbsp;&raquo;, qui veillerait avec bienveillance au bien-être de ses aînés. Et elle installe au coeur de son projet le terme anglais de care, le soin, la sollicitude, qui avait été mis en avant il y a trente ans par Carol Gilligan, dans un essai de psychologie sociale féministe intitulé In a Different Voice.</p>
<p>Les femmes, écrivait-elle, font entendre dans leur rapport à la morale et à l&#8217;action une &laquo;&nbsp;voix différente&nbsp;&raquo;, à la mesure du soin qu&#8217;elles prennent des plus vulnérables autour d&#8217;elles, enfants, malades, aînés. Carol Gilligan défendait à l&#8217;époque une morale &laquo;&nbsp;féminine&nbsp;&raquo;, en expliquant que la vertu du care pouvait fonder une morale et une réflexion politique attentives aux sentiments sociaux et à la souffrance. L&#8217;ouvrage a suscité bon nombre de débats et d&#8217;objections depuis sa parution en 1982, et il est l&#8217;objet d&#8217;un intérêt renouvelé en France, où il a été récemment traduit (Une voix différente, Flammarion, 2008).</p>
<p>Martine Aubry s&#8217;est donc emparée du care comme d&#8217;un slogan prometteur. En vérité, rien de nouveau sous le soleil, sinon le retour à un discours de l&#8217;assistanat social et des bons sentiments, dont je doute qu&#8217;il rende justice aux femmes ni qu&#8217;il soit à la mesure du débat qui vient de s&#8217;ouvrir sur les retraites.</p>
<p><span id="more-2561"></span>S&#8217;agissant des femmes, je ne pense pas qu&#8217;il y ait un sexe de la sollicitude ou du soin. A moins de vouloir réduire l&#8217;identité du genre féminin à la situation sociale des femmes. Que les femmes occupent les professions du soin et de la sollicitude, qu&#8217;elles accompagnent la petite enfance, le grand âge ou le soin en général, est un état social, pas une nature.</p>
<p>Aux yeux de Carol Gilligan et de certaines de ses héritières, insister sur l&#8217;importance du care était un moyen de lutter contre l&#8217;inégalité sociale des genres et d&#8217;inventer une bienveillance sociale nouvelle, fondée sur des expériences quotidiennes, ordinaires.</p>
<p>Cette exigence louable, nous devons pouvoir la formuler ici et maintenant, et lutter contre l&#8217;inégalité entre les sexes en des termes qui nous sont propres : ceux de la solidarité sociale et d&#8217;une morale universaliste.</p>
<p>Le care reste le slogan d&#8217;un militantisme qui me gêne parce qu&#8217;il enferme les femmes et la réflexion politique dans la seule considération de la souffrance sociale, à laquelle il faudrait donc pallier par la bienveillance. Or non seulement il ne faut pas réserver aux femmes les fonctions sociales subalternes (soigner, c&#8217;est très bien, mais dans l&#8217;échelle sociale du soin, les femmes sont le plus souvent condamnées aux tâches les moins qualifiées), mais il ne faut pas davantage croire que la compassion bienveillante puisse tenir lieu de réponse politique à la souffrance sociale.</p>
<p>En la matière, la réponse qui convient, parce qu&#8217;elle est juste et équitable, c&#8217;est la solidarité. Vouloir fonder une morale sur le soin et la &laquo;&nbsp;voix&nbsp;&raquo; féminine n&#8217;aidera ni la morale, qui n&#8217;est rien si elle n&#8217;est pas universelle, ni les femmes, que l&#8217;on prendra au piège d&#8217;une prétendue nature affectueuse et soignante.</p>
<p>Si l&#8217;on veut vraiment parler du soin de ceux qui souffrent, alors il faut donner une réponse sociale et professionnelle, c&#8217;est-à-dire un véritable statut aux femmes qui travaillent au soin social des personnes dépendantes. Cette réponse politique en passera notamment par l&#8217;élaboration de la &laquo;&nbsp;cinquième branche&nbsp;&raquo; de la protection sociale, qui va prendre en charge la dépendance, et plus encore par la professionnalisation des fonctions de soin peu qualifiées, qui reste encore insatisfaisante. Faute de cette réponse, le &laquo;&nbsp;soin&nbsp;&raquo; reste une notion creuse.</p>
<p>C&#8217;est ce qui fragilise l&#8217;appel socialiste au care. En abordant la question des retraites sous l&#8217;angle du soin, Martine Aubry se trompe sans doute de débat. Elle semble avoir confondu la prise en charge de la dépendance et du handicap avec la réforme des retraites.</p>
<p>La société française n&#8217;est pas un malade en fin de vie qu&#8217;il faudrait traiter avec bienveillance ou compassion. En réalité, notre société vieillit bien. Environ 22 millions d&#8217;entre nous sont aujourd&#8217;hui âgés de plus de 60 ans (dont près de 9 millions ont plus de 75 ans). Nos seniors sont des hommes et des femmes qui pour certains travaillent encore, qui ont des activités sociales et qui font usage de leur temps libre.</p>
<p>La dépendance touche des personnes âgées, certes, et nous avons là un véritable enjeu de politique publique. Mais toutes les personnes âgées ne souffrent pas de perte d&#8217;autonomie, et la retraite reste pour la plupart des seniors une vie sociale autonome, que rend possible la solidarité nationale. Et c&#8217;est bien pour cela que le débat qui vient de s&#8217;ouvrir sur les retraites ne doit pas se tromper d&#8217;objet. La question du jour est celle du &laquo;&nbsp;comment&nbsp;&raquo; : comment permettre à la solidarité intergénérationnelle de l&#8217;emporter, comment protéger la répartition et préserver les pensions ?</p>
<p>Qu&#8217;il s&#8217;agisse de la réforme des retraites ou des autres questions sociales dont nous débattons, les principes auxquels nous en appelons doivent rester des valeurs universelles. On ne sert pas la communauté civique en faisant valoir des principes restreints (à telle ou telle communauté) ou des principes de circonstance. Le care des socialistes ne peut faire l&#8217;affaire.</p>
<p>Le véritable enjeu politique reste celui d&#8217;une action publique équitable et juste. Lorsque Martine Aubry affirme par ailleurs, qu&#8217;il &laquo;&nbsp;faut aider chacun à réussir sa vie&nbsp;&raquo; ou que la &laquo;&nbsp;société prend soin de vous&nbsp;&raquo;, elle se trompe, tant du point de vue humain que politique.</p>
<p>Ce que nous devons faire, c&#8217;est garantir à tous l&#8217;égalité des chances qui permettra à chacun de mener son existence avec les capacités qui sont les siennes.</p>
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		<title>Ne pas oublier les réfugiés climatiques &#124; Les Echos 18.12.09</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Dec 2009 10:22:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
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		<description><![CDATA[Les effets ravageurs des excès de CO2 dans l’atmosphère sont déjà là : pas moins de 250 millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont frappés chaque année par des tsunamis, des cyclones ou d’autres formes moins soudaines  de catastrophes climatiques, notamment la montée des eaux ou la désertification de certaines régions. Sous l’effet de telles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les effets ravageurs des excès de CO2 dans l’atmosphère sont déjà là : pas moins de 250 millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont frappés chaque année par des tsunamis, des cyclones ou d’autres formes moins soudaines  de catastrophes climatiques, notamment la montée des eaux ou la désertification de certaines régions. Sous l’effet de telles catastrophes, les populations les plus démunies n’ont souvent pas d’autre choix que de fuir, au moins provisoirement.</p>
<p>Mais comment permettre à ces populations de vivre ailleurs dans des conditions décentes ? Depuis la convention de Genève de 1951, il existe un statut de réfugié politique, mais qu’en est-il du sort des migrants environnementaux ? C’est pour répondre à cette question que j’ai demandé au Centre d’analyse stratégique de mener une étude prospective sur ce que pourrait être le statut des réfugiés climatiques.</p>
<p>Le grand rendez-vous de Copenhague mentionne ces enjeux mais sans véritable perspective pour y remédier. Faute de véritable statut juridique, ces réfugiés climatiques risquent fort d’être des laissés-pour-compte de la communauté internationale. Selon le rapport Stern, 200 millions de personnes – soit une personne sur 45 – pourraient être qualifiées de migrants environnementaux d’ici 2050. Les régions les plus touchées sont l’Afrique (Sahel, Corne de l’Afrique, Afrique centrale), l’Asie centrale, du Sud et du Sud-Est, l’Amérique centrale et la partie ouest de l’Amérique du Sud. Mais ce sont les petits États insulaires dont l’existence est aujourd’hui la plus menacée. L’évacuation des îles Carteret de Papouasie-Nouvelle-Guinée a déjà commencé. Les villes côtières de tous les pays du monde, comme celles de la très peuplée baie du Bengale, seront très fortement touchées par la montée des eaux. Certaines populations sont aujourd’hui capables d’adopter des stratégies pour prévenir les changements climatiques, s’y adapter et organiser l’assistance aux populations. Mais d’autres, en revanche, bien plus vulnérables, ne peuvent se prémunir contre ces fléaux, à moins de partir. </p>
<p><span id="more-1611"></span>Une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a montré ainsi qu’aux États-Unis il y a 93 fois plus de catastrophes climatiques qu’au Bangladesh, mais 34 fois moins de morts. Si les conséquences alimentaires et sanitaires de ces phénomènes sont bien connues, on évoque moins souvent les effets du changement climatique sur la cohésion sociale et la sécurité des pays les plus touchés. Les crises actuelles<br />
au Darfour ou dans l’Ouest sahélien démontrent la validité de ce lien : en raison de la sécheresse croissante, les<br />
éleveurs du nord du Sahel ont en effet migré vers la région sud déjà occupée par des fermiers, provoquant conflits<br />
et destruction de bétail et de fermes. </p>
<p>Par ailleurs, le manque d’eau, l’insécurité alimentaire, la dégradation de la terre tendent à envenimer les relations entre les populations et leurs autorités dans des pays déjà éprouvés par la pauvreté et les faiblesses de la gouvernance. Malgré ces constats, les migrants environnementaux ne peuvent revendiquer ni le droit d’asile ni le statut de réfugiés. Seul le plan d’action pour le XXIe siècle (Agenda 21), adopté lors du sommet de la Terre à Rio de 1992, y fait référence à propos de la lutte contre la désertification. Afin de pousser les gouvernements à reconnaître ce phénomène, de nombreuses ONG, comme Christian Aid ou Alofa Tuvalu, très actives, ont publié des rapports d’alerte. Des propositions ambitieuses sont faites pour bâtir un statut juridique complet en faveur des migrants environnementaux, c’est le cas par exemple du projet de convention relative au statut des déplacés environnementaux de l’université de Limoges. Certains soutiennent que les migrants environnementaux remplissent en réalité les critères de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés. D’autres plaident en faveur de sa révision afin d’y faire figurer la notion de « persécution écologique ». Le développement des principes directeurs sur les déplacés internes, la création d’un statut de réfugié écologique dans une nouvelle convention internationale sur mesure, la mise à disposition d’un nouveau visa de migration ou la mise en place d’accords bilatéraux sont quelques unes des autres solutions envisagées. Mais, au-delà de ces perspectives générales, puisque la migration environnementale restera majoritairement un phénomène interne aux grands continents, j’ai la conviction que le rôle des organisations régionales et des banques régionales de développement pourrait être décisif. Un pays comme le Bénin, par exemple, tire parti de son appartenance à diverses organisations régionales, comme l’Union économique et monétaire ouest-africaine, pour multiplier ses sources de financement et ses coopérations en matière de développement. Cette approche, étendue aux questions environnementales, pourrait favoriser une différenciation des obligations et des devoirs entre États en fonction de leurs capacités et de leur vulnérabilité. Le futur traité de l’après-Kyoto prendra-t-il en compte la question du statut juridique des migrants environnementaux ? Ou bien devra t- on trouver des solutions au cas par cas, selon les régions ? Cette question essentielle n’est aujourd’hui envisagée que dans le seul volet « adaptation au changement climatique » des négociations dites « post-2012 ». Une évidence s’impose : ce cadre est trop étroit pour un problème de cette taille.</p>
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		<title>Face au déclassement : ni déni, ni résignation &#124; Le Figaro 24.07.09</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Jul 2009 11:02:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nkm</dc:creator>
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		<category><![CDATA[déclassement]]></category>
		<category><![CDATA[Le Figaro]]></category>
		<category><![CDATA[qualité de vie]]></category>
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		<description><![CDATA[Le débat public français vient de se saisir de la question du déclassement. C’est une bonne chose. Le « déclassement », c’est l’inversion de l’ascenseur social. Si les générations se succèdent de telle sorte que les enfants sont mieux lotis que les parents, en termes de revenus, d’éducation ou de bien être, alors l’ascenseur monte. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le débat public français vient de se saisir de la question du déclassement. C’est une bonne chose. Le « déclassement », c’est l’inversion de l’ascenseur social. Si les générations se succèdent de telle sorte que les enfants sont mieux lotis que les parents, en termes de revenus, d’éducation ou de bien être, alors l’ascenseur monte. Dans le cas contraire, lorsque la génération des enfants perd en qualité de vie, l’ascenseur social descend : on est « déclassé ». La lecture de l’étude récente de Camille Peugny (Le déclassement, Paris, Grasset, 2009) m’a incitée à poursuivre l’examen de cette question, en sollicitant les experts du Centre d’Analyse Stratégique (CAS), qui viennent de me remettre leur rapport (« La mesure du déclassement. Associer une action et une pédagogie sur les nouvelles réalités sociales »). Leur travail corrige quelques idées reçues par trop alarmistes et il plaide pour un triple refus : celui du déni, celui de la dramatisation et celui de la résignation.<br />
Le phénomène de déclassement existe et il progresse : il a augmenté ces dernières années (on compte aujourd’hui 22 à 25% de déclassés), et il est accentué par un déclassement de type contextuel, lorsque des enfants exercent une profession semblable à celle de leurs parents, mais avec des contraintes sociales plus fortes et des moyens qui s’en trouvent proportionnellement amoindris. Il s’agit donc d’une réalité objective, qui affecte une partie non négligeable de la population ; il s’agit également d’une réalité subjective, parce que la crainte du déclassement est diffuse. Il fallait donc en prendre une mesure exacte, sans déni. Mais l’ascenseur fonctionne encore en France : la mobilité ascendante des générations reste majoritaire. À la différence de ce que l’on observe dans de nombreux pays développés, les classes moyennes maintiennent leur position. Pas de dramatisation, donc, et pas davantage de résignation, parce que l’action publique n’est pas dépourvue de ressources. C’est l’objet du rapport que de le montrer, en proposant quelques pistes. Je voudrais toutefois attirer l’attention sur deux de ses leçons : l’une concerne la manière dont les jeunes perçoivent leur avenir, l’autre le statut des femmes.</p>
<p><span id="more-138"></span></p>
<p>Le rapport dresse un constat préoccupant de la manière à tout le moins pessimiste dont les jeunes perçoivent leur avenir : la crainte du déclassement est partagée. C’est une crainte qui est partiellement fondée : le chômage des jeunes en France est un fléau, et le déclassement existe. Sous une forme scolaire et sous une forme professionnelle. Le déclassement scolaire touche, trois ans après l’entrée dans la vie active, environ 10 % d’une classe d’âge. Le déclassement professionnel est plus fréquent aujourd’hui qu’hier à l’issue d’une période de chômage, puis dans la seconde partie de carrière professionnelle. C’est le signe d’une insuffisance des dispositifs d’accompagnement des transitions professionnelles et parmi eux, de l’accès à la formation continue. Voilà qui conforte la nécessité d’une réforme de l’orientation scolaire et professionnelle, et qui demande encore que nous développions des formes innovantes de financement des projets de formation. En la matière, je crois que le prêt à remboursement contingent au revenu est une piste à approfondir. Les projets législatifs sur la formation continue joueront leur rôle, notamment par la mise en place d’un fonds national de sécurisation des parcours professionnels.</p>
<p>Dans l’ensemble, trois priorités stratégiques devront guider l’action publique : l’amélioration des perspectives d’insertion initiale et d’évolution sur le marché de l’emploi ; la correction des défauts de marché qui conduisent à un accroissement de la part des dépenses contraintes ou pré-engagées dans le budget des ménages (au premier rang desquelles figure bien sûr le logement) ; le rétablissement d’un rapport de confiance dans l’avenir qui suppose une plus grande lisibilité des mécanismes d’investissement et d’assurance de l’État providence.<br />
Ce seront les leviers d’une action qui va donc se heurter au « ressenti » de déclassement que j’évoquais et à la perception subjective qu’en ont les  jeunes générations. Que l’inquiétude sociale diffuse suscite un sentiment de déclassement supérieur à sa réalité objective mérite toutefois qu’on s’y attarde. Que l’inquiétude soit exacerbée par la crise et par l’effondrement actuel de l’emploi est bien sûr compréhensible, mais cette inquiétude n’afflige pas tous les citoyens de la même manière : elle touche d’abord la jeunesse, c’est-à-dire l’avenir. À quoi il faut ajouter ceci : le déclassement touche davantage les femmes, les jeunes et les chômeurs de longue durée. Ce qui signifie notamment que, dans une famille, la fille est davantage exposée au risque de déclassement que ne le sont ses frères. Le rapport du cas indique pourtant que les femmes s’inquiètent moins du déclassement, comme si elles se résignaient au sort que leur promet l’inquiétude sociale.<br />
Voilà qui est parfaitement choquant et qui doit être pris en compte par le débat public, au moment où l’emprunt national nous donne l’occasion de réfléchir collectivement à nos priorités ; je m’emploierai à ce qu’une meilleure connaissance du déclassement y apporte sa contribution.</p>
<p>Nathalie Kosciusko-Morizet,<br />
Secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique</p>
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