
Photo : Olivier Ezratty
Arrivée ce matin à Séoul, enfin le matin pour vous, car pour moi ici l’après-midi était déjà bien avancé. A peine descendue de l’avion, cap sur le siège de Samsung Electronics où j’ai visité leur show room, tellement nouveau que Yoon-Woo Lee, CEO de Samsung, m’a confié à la sortie n’avoir pas eu le temps de l’ inaugurer.
A l’entrée quelle ne fut pas ma surprise d’être accueillie par un mur d’écrans reproduisant des images numériques de ma tête, à la mode Andy Warhol, et, sur le sol, un plancher lumineux sur lequel défilait en plusieurs langues « bienvenue à Nathalie Kosciusko-Morizet ».
Ce dispositif n’a pas été mis en place pour moi seule. Ouvert sur la ville, ce showroom est en passe de devenir un lieu des lieux « Hype » de la capitale coréenne. Il est à la disposition des séouliens qui peuvent venir y déposer des messages personnels et expérimenter eux aussi ce bref instant de célébrité en voyant leur portrait projeté sur les murs.
Au cours de cette visite, j’ai été particulièrement frappée par quatre innovations :
- La maîtrise des technologies de captation d’image, avec notamment un objectif capable d’effectuer six focus simultanés. Autant dire qu’il ne sera bientôt plus possible de rater une photo de groupe.
- Au rayon domotique, le four rêvé des mauvaises cuisinières, et des mauvais cuisiniers… Il sait lire des fiches de recettes comportant des tags RFID, et régler automatiquement le mode et le temps de cuisson appropriés.
- Les nouveaux écrans plats « blueray », dont le rendu de l’image est tellement impressionnant qu’on dirait de la 3D.
- Enfin, un coup de chapeau personnel pour un produit du futur qui réunit numérique et écologie : L’appareil à cultiver légumes et fruits bio en appartement. N’existant malheureusement pour l’instant que sur écran, ce système s’appuie sur la culture hydroponics, plus pratique en intérieur car il n’utilise pas de terre.
Aux côtés du Sénateur Jean-François Legrand et du Député Patrice Martin-Lalande qui m’accompagnent dans ce voyage d’étude, nous avons dîné avec les dirigeants de Samsung Electronics.
Yoon Woo Lee, avait bien fait les choses : Une succession de savoureuses spécialités coréennes, accompagnées de non moins délicieux vins… français.
Autre qualité à souligner chez notre hôte, car rare dans le milieu des chaebol, ces grands conglomérats coréens, il n’est pas issu d’une « grande famille ». C’est un self made man qui a gravi tous les échelons de Samsung avant d’en devenir CEO.
La discussion, trilingue, a été franche et agréable. Nous avons notamment discuté de la sortie de crise. A cet égard, j’ai pu constater que les remèdes sont différents pour une économie tournée à 80% vers l’export. La relance, pour eux, est ailleurs, puisque c’est celle qui doit avoir lieu chez leurs clients. Pour leur compte, les coréens consacrent l’essentiel de leurs investissements aux infrastructures nationales, qui ne sont pas délocalisables, ni dépendantes de la demande extérieure.
Autre différence, autour de la réflexion éthique sur la vie privée et à notre relation au respect des données personnelles. Nos interlocuteurs nous ont expliqué que le désir d’être les premiers à utiliser les dernières technologies est nettement plus fort que les craintes liées aux atteintes à la vie privée.
A une question que je leur ai posée sur l’existence d’un débat autour de l’impact des ondes électromagnétiques sur la santé, ils m’ont répondu que les coréens ont confiance dans les normes et dans le respect de ces dernières par l’industrie. J’aurai l’occasion de poser à nouveau cette question à d’autres interlocuteurs durant mon séjour, afin de recueillir l’ensemble des points de vue.
Nous avons terminé la soirée dans un bar traditionnel, situé au milieu d’un quartier étudiant, où, assis par terre, nous avons dégusté un Seoju bien chaud (alcool de riz réconfortant quand il fait moins 5 dehors).
Sur ce, il est tard et je sens comme une grosse fatigue, alors Anyong Asheio et à demain.
zied
10 novembre 2009, 10:01c’est ni matrix ni blade runner …mais notre réalité….