contraception

La contraception : les mots pour apprendre

Mercredi 3 février 2010 à 14:56 17 commentaires

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L’Inspection générale des affaires sociales vient de remettre à la Ministre de la Santé un rapport sur l’IVG, qui fait le bilan de la législation en vigueur et propose un état des lieux.
Peu réjouissant : un nombre beaucoup trop élevé de femmes, jeunes et moins jeunes, ont encore recours à l’IVG. Un peu plus d’une femme sur trois. Le diagnostic est d’autant plus accablant que 72 % des femmes qui ont eu recours à l’IVG utilisaient un moyen de contraception. Plus la contraception échoue, plus les IVG sont nombreuses.

Voilà qui n’est malheureusement pas nouveau, et le rapport montre avec précision que la situation est particulièrement difficile dans certaines régions ou certains milieux. Il montre également que le recours par défaut à l’IVG touche aussi bien les femmes adultes que les adolescentes, ce qui n’est pas rassurant. Il va donc falloir mener de nouvelles campagnes publiques et s’adresser en priorité aux jeunes filles, pour qu’elles soient, demain, des femmes plus averties.

Comme vient de le rappeler Roselyne Bachelot, il faut avant tout améliorer l’éducation sexuelle en milieu scolaire et favoriser l’accès à la contraception. Et si l’IVG s’impose parce que la contraception a échoué, alors il faudra que l’on facilite l’accès aux médecins et aux soins. Les agences régionales de santé auront un rôle important à jouer.

Il me semble surtout que le message pédagogique est essentiel et qu’il doit être adapté à ses destinataires, pour diminuer le nombre d’IVG et éviter qu’elle tienne lieu de contraception par défaut. Nous avons fait des efforts, en matière de sécurité routière ou d’addictions, pour améliorer l’impact des campagnes d’information sur les adolescents. Et pourtant, ça n’allait pas de soi : l’adolescent se croit immortel. Il faut pouvoir lui dire que boire et enfourcher une moto c’est mourir ou bien ne plus jamais retourner en discothèque que sur un fauteuil roulant. Il faut aller le lui dire dans les collèges, les lycées, les boites de nuit.

Ma comparaison est un peu brutale, mais je crois que l’éducation sexuelle doit relever un défi semblable : il faut qu’elle puisse s’adresser aux jeunes, filles comme garçons, en trouvant les explications et les messages qui correspondent à leur perception de la sexualité, qui n’est plus celle de leurs parents.