Vendredi 8 janvier 2010 à 19:02

Le colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » vient de s’achever.
Introduite par le Président de la République et conclue par le Premier ministre, cette rencontre a réuni des gouvernants, des universitaires et de jeunes chercheurs du monde entier, venus débattre à Paris des transformations du capitalisme et de la manière dont la crise transforme aujourd’hui notre vision du monde et transforme le monde lui-même.
Au milieu de plusieurs économistes (dont les prix Nobel Amartya Sen et Joseph Stiglitz) et de ministres étrangers et français, j’ai pris la parole ce matin pour évoquer la manière dont la crise changeait notre vision du monde. J’ai pu dire à mon tour, avec d’autres, qu’il était important de saisir la crise comme une occasion : celle de ne plus répéter les mêmes erreurs ; celle, encore et surtout, de progresser réellement, efficacement, dans la création d’institutions de régulation internationale qui soient légitimes et représentatives, et qui soient efficaces.
Notre situation aujourd’hui est bien sûr paradoxale, puisque nos économies sont toutes interdépendantes mais que nos institutions politiques ne le sont pas. Ce paradoxe a été mis en lumière et mis en défaut par la crise. De sorte que le monde ne sortira véritablement de la crise que lorsqu’il sera doté d’institutions communes. Faute de cette initiative réellement « cosmopolitique », qui prendra du temps, nous ne progresserons plus.
En marge du colloque, j’ai eu l’occasion de discuter longuement de ces questions avec Joseph Stiglitz, qui m’expliquait combien les États-Unis, quoi que puisse souhaiter le Président Obama, auront du mal à prendre de telles initiatives institutionnelles. Le Congrès américain, de plus en plus hostile à Obama, n’est guère ouvert à la régulation financière et commerciale, pas plus qu’il n’est majoritairement disposé à prévenir les bulles financières ou les folies spéculatives qui nous ont pourtant conduits là où nous sommes aujourd’hui. Là d’où, selon J. Stiglitz, nous sommes bien loin d’être sortis. Du coup, m’expliquait-il, l’Europe et les pays émergents sont appelés à prendre cette initiative. La donne internationale change, c’est indéniable. L’Europe doit continuer d’agir.
Vendredi 30 octobre 2009 à 17:42

Le 19 octobre, l’économiste Daniel Cohen m’a remis au Centre d’analyse stratégique le rapport qu’il a dirigé sur les « nouveaux modèles de croissance ». C’est un travail solide mené par une équipe d’économistes, de sociologues et d’autres experts de renom. Ils ont cherché à analyser la portée de cette crise, à saisir les changements qu’elle annonce, aussi bien dans les habitudes de consommation que dans la nature des biens et les services qui vont être produits dans les prochaines années.
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Vendredi 9 octobre 2009 à 10:12
Le Crédit Mutuel et la BNP ont remboursé il y a quelques jours l’argent qu’ils devaient à l’État. La Société Générale annonce qu’elle en fera de même d’ici peu, sans doute le Crédit Agricole suivra-t-il. Les banques remboursent. Elles vont mieux. On s’en réjouit pour elles. Ça ne suffira pas à nous sortir de la crise, ni à résoudre le problème de l’emploi, mais c’est une nouvelle encourageante.
Rétrospectivement, à l’encontre de la levée de bouclier qu’avait suscité cette mesure au début de l’année 2008, on peut se dire que l’initiative de l’État était la bonne : elle a permis d’aider les banques à se remettre en selle, et elle enrichit l’État : les intérêts sont élevés, ils ont rapporté près de 400 millions d’euros, 400 autres devraient suivre d’ici l’hiver. Le remboursement témoigne aussi d’une régulation accrue, à la suite des décisions du G20 : il faudra bientôt que les banques montrent plus de solidité, c’est-à-dire plus de fonds propres. Le gain financier est transformé en gain social : à l’initiative de Nicolas Sarkozy, le « plan d’action pour la jeunesse » va bénéficier des intérêts de ces remboursements bancaires. 500 millions investis en faveur de la jeunesse.
L’opération a permis aux banques de traverser la crise, elle favorise la régulation et elle bénéficie à terme à notre jeunesse. C’est une circulation d’argent à tout le moins judicieuse et vertueuse, non ?
Mardi 5 mai 2009 à 21:12

La semaine dernière, j’ai présidé un colloque sur la crise. Plus exactement sur les mots de la crise. Il ne s’agissait pas de refaire un énième débat sur la gravité de la situation économique et sur les moyens de sortir du tunnel. En organisant cette rencontre je voulais comprendre le ressenti des Français. Pour cela nous avons fait appel à un institut qui se sert des mots pour cerner les valeurs des Français, leur état d’esprit face à la crise, leurs doutes, leurs espoirs, leurs craintes… La méthode de cette enquête est assez originale : on soumet à 1500 personnes le même échantillon de plus de 200 mots. On leur demande ce qu’évoquent ces mots. Par exemple est-ce que «richesse», «morale», «marché», «justice», «souplesse», «attachement»… évoquent pour vous quelque chose de positif ou de négatif ? D’agréable ou de désagréable?
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Mercredi 22 avril 2009 à 19:48

Atterri ce matin après deux journées d’immersion à Washington, pour aborder au niveau politique les thématiques qui auront structuré mon déplacement, à savoir la protection des données personnelles, la neutralité du réseau, les tendances à venir de la société du numérique, l’impact de la crise sur le secteur des TIC. Nous avons également abordé les problèmes essentiels de la gouvernance de l’Internet et du renforcement de la sécurité des réseaux.
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Mercredi 8 avril 2009 à 21:13
Le sommet du G20 a posé les premières pierres d’un monde plus juste. Le travail doit être approfondi, mais il va dans le bon sens.
J’ai regretté que les médias ne s’attachent pour l’essentiel qu’à l’annonce des 1000 milliards de dollars accordés au FMI. C’est une décision majeure, certes, mais d’une importance moindre que la remise à plat des règles du jeu de l’économie mondiale. Comme l’explique DSK, à quoi bon apporter de nouveaux fonds sans préalablement assainir le système bancaire. C’est bien ce que le G20 a commencé de faire en renforçant les autorités nationales et internationales de régulation.
Cette victoire incontestable de Nicolas Sarkozy, est à mes yeux une avancée majeure de ce G20. Elle permettra à l’économie de se concentrer à nouveau sur le long terme, plutôt que sur un court terme aberrant et trop souvent ignorant de l’intérêt général. Vouloir indexer les rémunérations aux résultats boursiers ne peut qu’entraîner des choix contraires au développement harmonieux de notre société. Le développement durable ne peut s’inscrire que dans un temps long, et il nous revient de l’imposer comme une nécessité.
De même les 250 milliards de dollars prévus pour relancer le commerce international sont une bonne chose. Lors de crises, alors que la tentation du repli sur soi refait surface, il est nécessaire de lutter contre les réflexes protectionnistes des États. Agir autrement, ce serait oublier les leçons de la crise de 29 dont la plus dramatique fut la Seconde Guerre mondiale.
Pour autant, cette aide n’aura de sens qu’à la condition que les règles de l’OMC intègrent enfin les critères du développement durable. C’est une doctrine que je défendais déjà en 2003, en tant que jeune députée, membre de la délégation parlementaire à Cancun lors des négociations du cycle de Doha.
6 ans après, elle est plus que jamais d’actualité.
Vendredi 20 février 2009 à 15:56

Photo : Olivier Ezratty
La journée commence par une rencontre avec les correspondants de la presse française au Japon. La crise est dans tous les esprits. A quelques heures de la fin de ce voyage d’étude, plutôt que de commenter l’actualité française, je m’efforce de concentrer mes réponses sur les premiers enseignements que je peux tirer de ce voyage, les forces et les faiblesses que j’ai perçues dans les modèles coréens et japonais, ce dont nous pourrions nous inspirer. Enfin, ce qui inspire mes interlocuteurs dans ce que fait la France dans ce domaine. Ce n’est pas un hasard si je suis partie dans ces deux pays pour mon premier déplacement officiel. Ils représentent à eux deux, en tous cas vus de France, la quintessence d’une politique de croissance par l’innovation et l’utilisation des TIC.
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Lundi 16 février 2009 à 20:06
Aujourd’hui je me suis déplacée à Barcelone pour participer à l’événement rassemblant le plus grand nombre d’entreprises du domaine des télécoms mobiles. Ce fut l’occasion pour moi d’intervenir à une table ronde dont le thème était « Comment les télécoms peuvent-ils être une partie de la solution pour sortir de la crise ? ». J’ai aussi pu m’entretenir avec mon homologue espagnol, notamment en ce qui concerne l’harmonisation au niveau européen des fruits du dividende numérique. Cette visite au pas de charge m’aura permis également d’aller saluer des PME françaises innovantes sur le beau stand d’Ubifrance, qui rassemble plus de 80 entreprises françaises à Barcelone.Enfin, j’ai pu discuter avec des dirigeants de grandes entreprises du secteur (Vodafone, Nokia) afin de connaître leurs sentiments concernant l’impact de la crise sur leurs activités. À l’issue de cette table ronde, les organisateurs m’ont remis le prix « Government leadership award » qui récompense pour la première fois un pays développé pour sa politique de soutien au développement de l’industrie des télécoms et son action en faveur des consommateurs et des usagers. Le prochain billet sera en direct de Séoul !
Lundi 29 décembre 2008 à 10:18
Des pertes vertigineuses de 50 milliards de dollars du Nasdaq à celles plus modestes, mais pas moins, scandaleuses de 60 millions d’euros d’Eco-emballage… La seule vertu de la crise financière est de faire éclater au grand jour les pratiques ordinaires mais condamnables du tout petit et tout puissant monde de la finance. On assiste aujourd’hui à l’essoufflement d’un système financier de plus en plus déconnecté de l’économie réelle. Un système dont la règle est d’amasser le plus dans le minimum de temps. Un système qui repose sur des produits toujours plus sophistiqués et toujours plus virtuels. Au royaume de la spéculation, point de moralité, seul compte le profit à tout prix, au risque même de scier la branche sur laquelle notre société entière est assise. Et, pour moi, c’est bien là que s’impose l’enseignement essentiel de cette crise. Il renforce mes convictions sur la nécessité d’adopter un modèle de croissance plus durable. Un modèle qui privilégie l’investissement dans les besoins réels des sociétés humaines et non la spéculation effrénée sur les marchés de l’éphémère.