En politique, les coïncidences sont rarement trompeuses. Et lorsque des élus du Parti Socialiste publient une tribune à charge sur ma politique écologique, au même moment qu’Europe-Ecologie-les-Verts, les enseignements à tirer sont nombreux.
Au lendemain du 4ème anniversaire du Grenelle de l’environnement, je comprends que la tentation soit forte pour l’opposition d’essayer de gâcher la fête. Deux tribunes publiées le même jour sur le même sujet : est-ce un manque cruel de dialogue entre ces deux partis, ou le triste constat de l’impossibilité à se mettre d’accord, même pour signer un texte?
Il est vrai qu’il est plus facile d’essayer de trouver un adversaire commun pour oublier leurs différends, que d’essayer de les régler tant l’écart est colossal. Ce n’est ni glorieux ni courageux de leur part, mais en ces temps de précampagne présidentielle, certains s’agitent comme ils le peuvent.
Aucune politique n’est jamais parfaite, et nous devons toujours mieux faire. Je ne contemple pas le Grenelle en estimant qu’il est l’alpha et l’oméga du développement durable. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse. Ce que nous avons collectivement accompli depuis 2007 est conséquent, tant sur les réalisations que sur les méthodes.
Grâce au Grenelle et à sa gouvernance à 5, notre politique écologique depuis 2007 est le fruit d’une concertation permanente et constructive entre l’Etat, les ONG, les syndicats salariés, les syndicats employeurs et les élus. Il y a à peine 10 ans, il était illusoire de réussir à gouverner ainsi. Aujourd’hui, c’est une réalité quotidienne.
Quant aux réalisations, je ne ferai pas une liste à la Prévert de ce que le Grenelle a rendu possible. Mais je n’ai pas souvenir que lorsque la gauche était au pouvoir entre 1997 et 2002 (avec des ministres verts au Gouvernement, ne l’oublions pas !) elle ait proposé le bonus/malus automobile, financé le développement des énergies renouvelables ou l’isolation des logements, travaillé au retraitement des déchets, investi massivement sur le ferroviaire ou encore interdi l’exploitation des gisements de gaz et huiles de schiste…
J’avoue être parfois désespérée de voir ceux qui devraient parler d’écologie se concentrer plus sur des calculs électoraux que sur les véritables problématiques qui concernent notre planète. La preuve en est : on assiste en ce moment même à une tractation à peine voilée avec pour objectif des sièges de députés pour les amis de Mme Joly, contre un infléchissement de la position dogmatique de la candidate sur le nucléaire. Le mélange des genres est irresponsable.
L’ambiance entre Eva Joly et François Hollande est électrique. Voila bien la seule chose de durable dans leur discours…



