Europe

Le Forum sur la gouvernance de l’Internet a l’âge de raison

Jeudi 23 septembre 2010 à 21:07 10 commentaires

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La semaine dernière, voyage éclair à Vilnius, en Lituanie, avec une délégation composée de spécialistes de la gouvernance de l’Internet. Après Charm el-Cheikh l’an dernier, c’est la deuxième fois que je participais au Forum sur la gouvernance de l’Internet (FGI).

J’avais invité de précieux experts à se joindre à moi et m’accompagner à Vilnius : Mathieu Weill, le directeur général de l’AFNIC (le gestionnaire de l’extension Internet nationale « .fr »), Gérard Dantec, le Président du chapitre français d’ISOC (organisation non gouvernementale à l’origine de l’Internet), et Michel Combot, Directeur général adjoint du régulateur national des télécommunications, l’ARCEP. Une vieille connaissance, puisque Michel était encore il y a quelques mois mon directeur adjoint de cabinet.

Une bête étrange que ce Forum, totalement ouvert, sans véritable agenda, sans négociation, mais organisé tout de même sous l’égide des Nations Unies ; réunissant des milliers de personnes qui traitent de sujets décisifs, au cœur de mes préoccupations : l’avenir de l’Internet, le développement du cloud computing, la gouvernance des réseaux sociaux ou encore la supervision et la protection des infrastructures critiques de l’Internet.

Le FGI est issu d’un compromis entre les gouvernements, en 2005, à l’issue du Sommet mondial sur la société de l’information. À l’époque, ce compromis avait été jugé bancal.

Les discussions de ce Sommet tournaient autour de deux grands thèmes : la lutte contre la fracture numérique entre les nations et à l’intérieur des nations ; puis la possibilité de mettre en place une régulation ou « gouvernance » mondiale de l’Internet, devenu déjà indispensable à la vie démocratique comme au développement économique de tous les pays.

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La démographie française : un vieillissement tempéré

Jeudi 12 août 2010 à 10:48 9 commentaires

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L’Institut Diderot est un « fonds de dotation », c’est-à-dire une structure associative, semblable à une Fondation, dont les travaux d’intérêt général sont financés par des personnes morales ou privées. En l’occurrence, l’Institut Diderot a été créé par COVEA, le grand groupe d’assureurs mutualistes.

Avec à sa tête Jean-Claude Seys et Dominique Lecourt, l’Institut mène des travaux de prospective et se préoccupe d’économie sociale. Un véritable « think-tank », en somme, animé par des universitaires et des chercheurs de divers horizons, qui se réunissent autour d’invités.

J’avais eu le plaisir d’être reçue par l’Institut au printemps dernier, pour présenter les méthodes et les principaux chantiers de la prospective publique dont j’ai la charge. L’institut en a fait une plaquette. Il en a édité déjà une dizaine, sur des sujets aussi variés que l’avenir de l’Europe, des nanotechnologies, de l’automobile ou encore sur « L’avenir de la population française », dont je viens d’achever la lecture.

Il s’agit d’un exposé que l’on peut lire et télécharger, dont l’auteur est François Héran, qui a dirigé l’Institut national d’études démographiques (INED) de 1999 à 2009. Une lecture d’actualité, au moment où l’allongement de la vie est de mieux en mieux connu et anticipé (c’est notamment l’objet d’une note de veille et de l’un des derniers rapports du Centre d’analyse stratégique).

La réforme des retraites donne à chacun l’occasion de s’y intéresser depuis le début de l’année, et c’est un fait de société qui sera également au cœur de la création de la « cinquième » branche de la sécurité sociale, consacrée au handicap et à la dépendance.

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Phillip Blond, « Le Conservateur Rouge »

Jeudi 22 juillet 2010 à 15:07 6 commentaires

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Menant une prospective sur le débat d’idées politiques à l’étranger, j’essaie d’être attentive aux regards novateurs sur la société et l’action publique que proposent nos voisins européens.

J’ai suivi par exemple la campagne victorieuse des « Tories » britanniques et pris la mesure du travail considérable et original qu’avait réalisé en à peine plus d’un an le think-tank « ResPublica ». J’ai reçu hier son directeur, Phillip Blond, qui a publié l’an dernier un manifeste politique ambitieux : Red Tory.

Phillip Blond est un universitaire, théologien et philosophe enthousiaste, et il a donné aux Conservateurs britanniques l’essentiel de leur dernier programme électoral, celui de la « Big Society ».

Dans Red Tory, Blond dresse un état des lieux très sombre d’une société anglaise morcelée et fragmentée (« a broken society », écrit-il). Il explique que les gouvernements de droite comme de gauche portent la responsabilité partagée de cette destruction, soit parce qu’ils ont encouragé la confiscation du capital par une élite (sous les gouvernements de Mme Thatcher), soit parce qu’ils ont mené une politique socialiste de dépense publique orchestrée par l’État (avec les Travaillistes du Labour).

Dans les deux cas, ces gouvernements ont produit un même effet dévastateur : ils ont privé les classes populaires d’un accès à la richesse nationale, et ils ont détruit les corps intermédiaires et les communautés locales, qu’elles soient syndicales, associatives ou familiales, pour abandonner les individus au seul secours d’un État de plus en plus bureaucrate et lointain. La société « cassée », selon Blond, c’est une société où les individus sont privés de force collective.

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De la bioéthique à l’environnement : la recherche de la mesure

Jeudi 24 juin 2010 à 09:49 3 commentaires

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Mardi soir, en compagnie de l’évêque Pierre d’Ornellas, j’ai débattu en la Basilique Sainte-Clotilde sur la bioéthique et le développement durable. Les alentours de Sainte-Clotilde étaient plongés dans une nuit d’été plutôt étrange : non seulement le quartier était calme et vide, comme un soir de défaite, mais dans la rue Las Cases, en lieu et place des voitures, ce sont des fiacres qui stationnaient, avec leurs chevaux au repos. Le tournage d’un film avait renvoyé les abords de la Basilique au XVIIIe s., à une époque où l’équipe de France de Football n’existait pas.

L’évêque d’Ornellas préside le « groupe de travail des évêques » qui a pris une part très active aux débats sur la révision des lois de bioéthique. En juin 2009, les états généraux de la bioéthique avaient lancé ce processus, qui devrait aboutir devant le Parlement en 2011. Le Conseil d’Etat y a apporté également sa contribution, sous la forme d’une étude, et le Comité consultatif national d’éthique a rendu plusieurs avis publics sur les différents objets de la législation.

Le lien entre la bioéthique et le développement durable ne va pas de soi. Il tient bien sûr à la vie, des hommes et des autres vivants, qui est l’objet commun des sciences et des technologies du vivant, et qui est au cœur des réflexions bioéthiques et écologiques. Pour le responsable politique que je suis, ce lien tient surtout à la recherche collective d’une mesure, susceptible d’être instituée. C’était l’un des enjeux, il y a quelques années, de l’inscription du principe de précaution dans la Constitution et de la prise en compte juridique des générations futures. Et ce doit être l’objet de règles d’institutions internationales, à même d’encadrer la recherche et les technologies. Sur le terrain écologique, il faut qu’une organisation mondiale de l’environnement voit le jour. Les questions bioéthiques méritent elles-aussi une réglementation à l’échelle européenne.

Mais du point de vue de l’expertise publique et du débat collectif, la comparaison entre le développement durable et la bioéthique montre un vrai déséquilibre. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui nous sommes collectivement lucides sur les avancées, les risques ou les dangers de la recherche et des techniques médicales, notamment en matière de procréation. C’est d’ailleurs tout l’intérêt et la réussite des états généraux que d’en avoir fait la démonstration : consultations étendues, haut niveau d’information, débats informés et décisions souvent consensuelles. Mais en matière d’environnement, contrairement à ce que l’on pourrait croire, notre lucidité est bien moindre. Notre conscience collective des risques et des bouleversements reste faible, et la « mesure » législative et institutionnelle que nous devrions y mettre en est encore à ses débuts. Voilà une comparaison qui a pu sembler paradoxale, peut-être provocante, mais je suis convaincue que la qualité scientifique de l’information et des débats sur la bioéthique est en avance, et qu’elle pourrait inspirer les initiatives environnementales à venir.

Un visage pour l’Europe

Jeudi 19 novembre 2009 à 18:48 7 commentaires

communautés européennes2009

Photo : Communautés européennes, 2009

Ce soir à Bruxelles, les dirigeants des vingt-sept pays européens se retrouveront pour désigner le « Président du Conseil » et le « Haut représentant pour les Affaires étrangères ». L’Europe des vingt-sept Nations, l’Europe et ses cinq cent millions d’habitants, ses vingt-trois langues : l’Europe se donnera ce soir une voix, pour la première fois de son histoire. C’est l’une des conséquences du nouveau traité de Lisbonne, enfin ratifié.

Les hésitations et les campagnes euro-sceptiques n’auront fait que ralentir un processus d’intégration qui ce soir à Bruxelles va franchir une étape décisive. Les contours de la fonction sont encore flous, et les prérogatives du Président du Conseil sont plutôt celles d’un représentant que d’un dirigeant, mais si les vingt-sept parviennent à se mettre d’accord, l’Europe se réveillera demain avec un nouveau visage, tout juste vingt ans après la chute du mur.

MAJ 20/11 : Ce seront donc Herman Van Rompuy et Catherine Ashton qui occuperont désormais les fonctions de premier Président du Conseil de l’Europe et Haut représentant pour les Affaires étrangères. Nous allons apprendre à les connaître.

Jour J – 5

Mardi 2 juin 2009 à 18:54 Aucun commentaire

Européennes

Les sondages donnent deux tendances : l’UMP serait en tête et l’abstention battrait des records. Pourtant à 5 jours des élections, rien n’est acquis, ni gagné, ni perdu. Un bon sondage n’a jamais fait une victoire et nous devons tous rester mobilisés. Quand à cette abstention annoncée, il faut s’interroger sur la responsabilité de ceux, qui au lieu de parler d’Europe, n’ont que les questions nationales à la bouche. Ils sont nombreux à confisquer le débat au profit d’une ambition personnelle et d’un anti-sarkozysme dérisoire.

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La Californie : décalages

Jeudi 16 avril 2009 à 18:33 4 commentaires

la californie décalages

Arrivée à San Francisco, une ville à l’architecture très européenne et à l’état d’esprit très californien. Si ce n’est la baie splendide, la beauté de cette ville n’est pas dépaysante, on se sent chez soi tout de suite.

En revanche, les premiers rendez-vous de ma visite m’ont permis de constater que nous sommes bien là près du cœur battant de l’innovation en matière de technologies de l’information. Cette ville dont on me dit que quelques mois avant l’éclatement de la bulle internet elle était couverte de placards publicitaires pour embaucher des ingénieurs informaticiens est aujourd’hui comme assagie. Ce n’est pas le ralentissement économique qui veut ça, mais plutôt, me disent mes interlocuteurs, une forme de maturité du secteur des TIC, moins exubérant que par le passé, plus «installé» en quelque sorte.

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Avoir 20 ans en 2008 …

Mardi 16 décembre 2008 à 18:58 1 commentaire

Je reviens juste de Pologne où j’ai été particulièrement fière de représenter l’Union européenne à la conférence internationale onusienne sur le climat, réunion qui vise à préparer l’après-Kyoto. Au même moment se tenait, à Bruxelles, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le conseil européen qui a permis l’adoption du paquet énergie climat. Alors que les négociations à Poznan semblaient souffrir d’une torpeur diffuse, la nouvelle de cet accord a eu l’effet d’une formidable déflagration d’espoir. Si les pays de l’Union européenne, mosaïque hétérogène de situations sociales, économiques et culturelles arrivent à s’engager sur l’objectif de réduction de 20 % de leurs émissions de gaz à effet de serre en 2020, alors cela signifie que le monde entier dans sa grande diversité peut y arriver ! Et c’est bien ce message lancé par l’Europe qui a été entendu par toutes les nations du monde à Poznan.

Je veux croire que ce mouvement de l’Europe aidera résolument la jeunesse à surpasser son malaise, à reprendre confiance en l’avenir. Les images de guerilla urbaine dans les rues d’Athènes me ramènent à celles des émeutes que nous avons connues en France. Au-delà de la violence que je condamne, je ne peux rester aveugle au désespoir d’une génération qui se sent sacrifiée ni sourde aux angoisses d’une jeunesse qui voit l’avenir en forme d’impasse. A cette jeunesse qui doute de ses aînés, je veux lui dire que ce monde en crise est également à l’aube d’un renouveau. Que nous sommes à un moment passionnant de l’histoire de l’humanité qui appelle toute notre volonté et créativité pour inventer de nouveaux modèles de croissance, pour transformer en profondeur nos modes de production et de consommation. Le paquet climat-énergie c’est le signal que l’Europe se met en ordre de marche pour réaliser sa transition énergétique, pour se mettre sur la voie d’un développement recentré sur les vrais besoins des sociétés humaines, plus harmonieux , plus solidaire et plus respectueux des équilibres de la nature. Bref, avoir 20 ans en 2008, c’est avoir la possibilité de participer à ce vaste chantier de la mutation. Avoir 20 ans en 2008, c’est saisir la chance de s’engager dans cette révolution tranquille, cette révolution verte, cette révolution planétaire.

Le paquet énergie-climat : yes we can !

Mardi 16 décembre 2008 à 18:57 Aucun commentaire

Mon déjeuner, en tête à tête, avec John Kerry, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, en marge de la Conférence de Poznan, a été le théâtre d’un véritable happening.
La déclaration de Nicolas Sarzozy annonçant l’adoption du paquet climat-énergie est tombée pile au moment où nous passions à table. Me tournant vers lui, euphorique, pour lui apprendre l’accord historique, je compris alors qu’il n’était pas tout à fait au point sur le sujet. Et c’est comme ça qu’entre la poire et le fromage, je me suis retrouvée en train de donner un cours particulier en mode accéléré sur le paquet climat énergie à l’envoyé de Barack Obama à Poznan.
Esprit brillant, John Kerry a tout de suite capté l’ampleur du signal que l’Europe venait d’envoyer au monde.
Une caméra de France 2 l’attendait derrière la porte pour cueillir sa réaction à chaud. C’est alors qu’il fit cette déclaration : « L’Union européenne nous dit à tous aujourd’hui : on peut le faire, et voici comment ».
Il y a des jours où l’on ressent plus que d’autres que l’on aime son boulot, celui-là est à graver d’une pierre blanche.