femmes

Spice Girls et Drôles de dames

Vendredi 5 mars 2010 à 18:42 35 commentaires

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Qu’il y ait des femmes politiques est une réalité dont certains hommes semblent ne pas pouvoir s’accommoder. Il y a quelques semaines, un opposant socialiste essonnien disait des têtes de liste UMP en Île-de-France (Valérie Pécresse, Chantal Jouanno, Rama Yade et moi-même) que nous étions les « Spice Girls » de la Droite.

Aujourd’hui dans le Figaro.fr, c’est le journaliste Éric Zemmour qui nous compare cette fois aux « Drôles de dames ». Dans les deux cas, les femmes sont rassemblées dans un groupe. A l’image de petits pois, elles sont identiques et interchangeables, et elles ont des rôles de composition qui ne sauraient bien sûr dissimuler l’essentiel : elles ne sont pas à leur place.

C’est étrange, non, cette obstination à vouloir enfermer les femmes dans des rôles fictifs pour mieux moquer leur incompétence ? Finalement, il y a des têtes au sommet desquelles les oreilles de Mickey seraient du plus bel effet.

Elisabeth Badinter et le féminisme d’aujourd’hui

Vendredi 12 février 2010 à 18:53 91 commentaires

Dans son dernier ouvrage, Le conflit, la femme et la mère, Elisabeth Badinter explique que la condition féminine est entrée dans une phase de régression (depuis les années 80′), et que sous les coups conjoints de la crise économique, d’une idéologie familiale réactionnaire et d’une écologie radicale, la femme est aujourd’hui contrainte d’être une « mère idéale », qui pour se réaliser doit avant tout élever et nourrir ses enfants, entre allaitement obligatoire et purées bios.
L’ouvrage fait une critique savoureuse de ce nouvel idéal maternel qu’on impose aux femmes pour mieux les faire rentrer au foyer.

E. Badinter me cite dans son livre et m’y désigne comme l’une des porte-parole de cette régression de la condition féminine. Je fais en effet partie de celles qui prônent une attention à l’alimentation des enfants, aux soins infantiles ou à la nourriture bio.

Voilà qui m’installe donc à la pointe de la réaction, où convergent selon elle le radicalisme écologique et « l’idéologie naturaliste » qui ne voudrait voir dans la femme qu’une mère. J’ai bien sûr de la sympathie pour la critique qu’E. Badinter fait du « maternalisme », c’est-à-dire de la façon dont la société, celle du pouvoir masculin, réduit la femme à son seul statut de mère. J’en ai d’autant plus que la génération d’E. Badinter a justement donné aux femmes la possibilité, la liberté, d’être autre chose qu’une épouse, autre chose qu’une mère.
Cette génération a combattu pour que les femmes, aujourd’hui, puissent avoir la liberté de choisir, entre la vie de famille et le travail, et la liberté, surtout, de choisir dans le temps, sans exclusion, de pouvoir travailler et de pouvoir être mère, par exemple.

C’est exactement pour cette raison que je ne suis pas convaincue par l’analyse qu’E. Badinter fait de la situation actuelle, et encore moins par ce qu’elle dit du souci environnemental. À ses yeux, l’écologie est un « naturalisme » nécessairement rétrograde, auquel elle demande qu’on oppose un « artificialisme » progressiste. Je trouve cela un peu rapide. Mais il est vrai que je ne suis pas philosophe.

Les femmes d’aujourd’hui sont aussi, pour bon nombre d’entre elles, des mères. Que ces mères aient envie, comme ça a été mon cas, d’allaiter leur enfant, qu’elles le fassent si et quand elles le peuvent, me paraît être une liberté importante. Je ne compte pas m’en priver au motif que Madame Badinter trouverait cela réactionnaire et qu’elle y verrait matière à dénoncer le mythe de la « femme parfaite ».

M’intéressant à la situation des femmes aujourd’hui et aux difficultés qui leur sont faites, je travaille pour ma part sur un certain nombre de questions qui me préoccupent plus que l’allaitement. Je pense notamment à l’évolution du rapport entre les « genres », à la dégradation des relations entre filles et garçons en milieu scolaire, au « plafond de verre » qui bloque les carrières féminines ou encore aux débats actuels autour du voile. De tout cela, dans ce livre « féministe », pas un mot n’est dit.

La contraception : les mots pour apprendre

Mercredi 3 février 2010 à 14:56 17 commentaires

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L’Inspection générale des affaires sociales vient de remettre à la Ministre de la Santé un rapport sur l’IVG, qui fait le bilan de la législation en vigueur et propose un état des lieux.
Peu réjouissant : un nombre beaucoup trop élevé de femmes, jeunes et moins jeunes, ont encore recours à l’IVG. Un peu plus d’une femme sur trois. Le diagnostic est d’autant plus accablant que 72 % des femmes qui ont eu recours à l’IVG utilisaient un moyen de contraception. Plus la contraception échoue, plus les IVG sont nombreuses.

Voilà qui n’est malheureusement pas nouveau, et le rapport montre avec précision que la situation est particulièrement difficile dans certaines régions ou certains milieux. Il montre également que le recours par défaut à l’IVG touche aussi bien les femmes adultes que les adolescentes, ce qui n’est pas rassurant. Il va donc falloir mener de nouvelles campagnes publiques et s’adresser en priorité aux jeunes filles, pour qu’elles soient, demain, des femmes plus averties.

Comme vient de le rappeler Roselyne Bachelot, il faut avant tout améliorer l’éducation sexuelle en milieu scolaire et favoriser l’accès à la contraception. Et si l’IVG s’impose parce que la contraception a échoué, alors il faudra que l’on facilite l’accès aux médecins et aux soins. Les agences régionales de santé auront un rôle important à jouer.

Il me semble surtout que le message pédagogique est essentiel et qu’il doit être adapté à ses destinataires, pour diminuer le nombre d’IVG et éviter qu’elle tienne lieu de contraception par défaut. Nous avons fait des efforts, en matière de sécurité routière ou d’addictions, pour améliorer l’impact des campagnes d’information sur les adolescents. Et pourtant, ça n’allait pas de soi : l’adolescent se croit immortel. Il faut pouvoir lui dire que boire et enfourcher une moto c’est mourir ou bien ne plus jamais retourner en discothèque que sur un fauteuil roulant. Il faut aller le lui dire dans les collèges, les lycées, les boites de nuit.

Ma comparaison est un peu brutale, mais je crois que l’éducation sexuelle doit relever un défi semblable : il faut qu’elle puisse s’adresser aux jeunes, filles comme garçons, en trouvant les explications et les messages qui correspondent à leur perception de la sexualité, qui n’est plus celle de leurs parents.

Des quotas faute de mieux

Mercredi 27 janvier 2010 à 16:18 17 commentaires

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La place des femmes dans les conseils d’administration est aujourd’hui au menu du déjeuner des États généraux de la femme. C’est le magazine Elle qui est à l’origine de cette initiative. Quarante ans après avoir lancé les premiers États généraux, Elle a lancé une nouvelle édition pour réfléchir aux problèmes des femmes d’aujourd’hui. Je ne peux que saluer cette initiative.

Le sujet au menu de ce mercredi n’est pas anodin : on compte en effet à peine 7 % de femmes siégeant dans les conseils d’administration des grandes entreprises ! Les autres pays ne font pas forcément mieux que nous. Ainsi, aux États-Unis, les femmes sont certes 45 % parmi les cadres, mais seulement 5 % à avoir accédé au statut de cadre dirigeant. Pis, les femmes n’occupent que 2 % des postes de PDG dans les 500 premières entreprises mondiales.

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Pour faire voler en éclat le « plafond de verre »

Mardi 3 novembre 2009 à 18:41 38 commentaires

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Pourquoi les femmes parviennent si rarement aux postes à responsabilités ?
Sur ce plan, on pointe souvent du doigt le monde politique mais on oublie que le tableau est encore moins brillant dans le monde de l’entreprise. A peine 7 % des patrons de moyennes et grandes entreprises sont des femmes. Et dans les conseils d’administration des entreprises, elles ne sont également que 7 % à siéger ! Les autres pays ne font pas forcément mieux que nous. Ainsi aux États-Unis, les femmes sont certes 45 % parmi les cadres mais seulement 5 % à avoir accédé au statut de cadre dirigeant.

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Un heureux événement peut en cacher un autre

Mardi 15 septembre 2009 à 19:23 6 commentaires

C’est un peu l’automne des naissances, pour moi.
Au moment où va naître mon second enfant, je vois quelques messages et articles qui commencent à annoncer une autre naissance, la parution de mon livre. Alors oui, j’ai écrit un livre, qui sortira aux éditions Gallimard dans les tous derniers jours d’octobre. J’y ai travaillé depuis cet hiver et achevé en août, il y a tout juste quelques semaines.
Le titre en est Tu viens ?
C’est une question un peu racoleuse, mais vous verrez pourquoi j’ai choisi cette invitation.
C’est un livre sur le monde qui vient, entre l’écologie et le numérique, et sur quelques questions qui me tiennent à cœur. Il y est question des femmes en politique, de quelques épisodes de mon propre engagement, et l’on y croise aussi un crapaud fou. Le jour de la publication de ce livre, je lancerai un projet collaboratif d’un genre nouveau, auquel j’aimerais pouvoir associer tous ceux d’entre vous que l’aventure pourra tenter. Mais je vous en dirai plus bientôt, quand le site www.tuviens.fr sera prêt, au moment de la sortie du livre.

Histoires de femmes, histoires de Web

Samedi 11 avril 2009 à 16:59 Aucun commentaire

histoires de femmes, histoires de web.JPG  crédits photo ludovic marin réa

Photo : Ludovic Marin/Réa

C’est enfin le week-end et l’occasion pour moi de vous raconter un peu le dîner blogueuses, organisé lundi soir au Secrétariat d’État. Entièrement placé sous le signe des femmes, j’y ai reçu 21 blogueuses aux centres d’intérêt très variés : mode, parité, Internet, environnement, prospective, vie de famille, marketing, littérature, etc. Autour de quatre tables, nous avons échangé sur les itinéraires et expériences numériques des unes et des autres. En plein débat sur les dérives d’Internet, ce dîner était l’occasion pour moi de valoriser et de rappeler qu’Internet est aussi vecteur de succès et de belles histoires. C’est bien plus qu’un mode d’expression. Internet avait souvent bouleversé la vie de mes invitées et dans le bon sens, vers un épanouissement, parfois vers une révélation. Certaines ont publié un livre à partir de leur blog, d’autres ont accédé à un métier qui les passionne, d’autres encore participent aux évolutions de notre société. Autant de personnalités qui sont aujourd’hui la preuve de ce qu’Internet a de meilleur.

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