G20

Le bon placement

Vendredi 9 octobre 2009 à 10:12 12 commentaires

Le Crédit Mutuel et la BNP ont remboursé il y a quelques jours l’argent qu’ils devaient à l’État. La Société Générale annonce qu’elle en fera de même d’ici peu, sans doute le Crédit Agricole suivra-t-il. Les banques remboursent. Elles vont mieux. On s’en réjouit pour elles. Ça ne suffira pas à nous sortir de la crise, ni à résoudre le problème de l’emploi, mais c’est une nouvelle encourageante.

Rétrospectivement, à l’encontre de la levée de bouclier qu’avait suscité cette mesure au début de l’année 2008, on peut se dire que l’initiative de l’État était la bonne : elle a permis d’aider les banques à se remettre en selle, et elle enrichit l’État : les intérêts sont élevés, ils ont rapporté près de 400 millions d’euros, 400 autres devraient suivre d’ici l’hiver. Le remboursement témoigne aussi d’une régulation accrue, à la suite des décisions du G20 : il faudra bientôt que les banques montrent plus de solidité, c’est-à-dire plus de fonds propres. Le gain financier est transformé en gain social : à l’initiative de Nicolas Sarkozy, le « plan d’action pour la jeunesse » va bénéficier des intérêts de ces remboursements bancaires. 500 millions investis en faveur de la jeunesse.

L’opération a permis aux banques de traverser la crise, elle favorise la régulation et elle bénéficie à terme à notre jeunesse. C’est une circulation d’argent à tout le moins judicieuse et vertueuse, non ?

Régulation !

Mercredi 8 avril 2009 à 21:13 1 commentaire

Le sommet du G20 a posé les premières pierres d’un monde plus juste. Le travail doit être approfondi, mais il va dans le bon sens.

J’ai regretté que les médias ne s’attachent pour l’essentiel qu’à l’annonce des 1000 milliards de dollars accordés au FMI. C’est une décision majeure, certes, mais d’une importance moindre que la remise à plat des règles du jeu de l’économie mondiale. Comme l’explique DSK, à quoi bon apporter de nouveaux fonds sans préalablement assainir le système bancaire. C’est bien ce que le G20 a commencé de faire en renforçant les autorités nationales et internationales de régulation.

Cette victoire incontestable de Nicolas Sarkozy, est à mes yeux une avancée majeure de ce G20. Elle permettra à l’économie de se concentrer à nouveau sur le long terme, plutôt que sur un court terme aberrant et trop souvent ignorant de l’intérêt général. Vouloir indexer les rémunérations aux résultats boursiers ne peut qu’entraîner des choix contraires au développement harmonieux de notre société. Le développement durable ne peut s’inscrire que dans un temps long, et il nous revient de l’imposer comme une nécessité.

De même les 250 milliards de dollars prévus pour relancer le commerce international sont une bonne chose. Lors de crises, alors que la tentation du repli sur soi refait surface, il est nécessaire de lutter contre les réflexes protectionnistes des États. Agir autrement, ce serait oublier les leçons de la crise de 29 dont la plus dramatique fut la Seconde Guerre mondiale.
Pour autant, cette aide n’aura de sens qu’à la condition que les règles de l’OMC intègrent enfin les critères du développement durable. C’est une doctrine que je défendais déjà en 2003, en tant que jeune députée, membre de la délégation parlementaire à Cancun lors des négociations du cycle de Doha.
6 ans après, elle est plus que jamais d’actualité.