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	<title>Nathalie Kosciusko-Morizet &#187; Google</title>
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	<description>Le blog de NKM</description>
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		<title>Vint Cerf : des origines de l&#8217;Internet à l&#8217;Internet du futur</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Sep 2010 13:06:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur/coup de gueule]]></category>
		<category><![CDATA[données personnelles]]></category>
		<category><![CDATA[droit à l'oubli]]></category>
		<category><![CDATA[Forum sur la gouvernance de l'Internet]]></category>
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		<description><![CDATA[En marge de la cession d’ouverture du Forum sur la gouvernance de l&#8217;Internet dont je vous ai parlé hier, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnalités, dont Vint Cerf, co-inventeur de l’Internet et actuellement vice-président de Google. Il m’a fait le plaisir d’accepter mon invitation à Paris et j’ai pu m’entretenir avec lui lundi dernier. Sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="shadow"><a href="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2010/09/image.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3474" title="image" src="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2010/09/image-568x375.jpg" alt="image" width="568" height="375" /></a></p>
<p>En marge de la cession d’ouverture du Forum sur la gouvernance de l&#8217;Internet dont je vous ai parlé <a href="http://nkm-blog.org/le-forum-sur-la-gouvernance-de-internet-age-de-raison/" target="_blank">hier</a>, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnalités, dont Vint Cerf, co-inventeur de l’Internet et actuellement vice-président de Google.</p>
<p>Il m’a fait le plaisir d’accepter mon invitation à Paris et j’ai pu m’entretenir avec lui lundi dernier.</p>
<p>Sur la neutralité du net, d’abord. Il est frappant de voir combien les Américains envient la concurrence que les Européens ont su mettre en place sur les infrastructures. Aux États-Unis, la juxtaposition de monopoles locaux et la place importante que les cablo-opérateurs ont dans la diffusion d’Internet rend extrêmement conflictuel le débat sur la neutralité des réseaux. Pour autant, même si l’herbe semble toujours plus verte ailleurs, j’ai indiqué à Vint Cerf que la concurrence, en Europe, n’avait pas réglé tous les problèmes, et que la préservation d’un Internet neutre, ouvert et interopérable restait un enjeu chez nous aussi.</p>
<p>Vint Cerf est passionnant. Il m’a parlé d’un projet qui pourrait être bien utile au droit à l’oubli : Il travaille en ce moment à l’élaboration d’un standard de datation des données publiées sur Internet. Il s’agit en quelque sorte de remplacer le concept de prescription, que je défends donc avec le droit à l’oubli, par celui de péremption. Si une donnée n’est plus très fraîche, le fait de la republier ne la rend pas nouvelle, contrairement à ce qu’on pourrait croire en voyant de vieux articles ressortir dans les résultats des moteurs de recherche, selon l’actualité du jour. C’est une piste intéressante, à suivre de près.</p>
<p>Vint Cerf m’a également rappelé que la demande d’effacement de certaines données personnelles publiées n’était faisable que si l’hébergeur pouvait être certain de l’identité du demandeur. C’est vrai, mais je pense que la possibilité d’identification volontaire sur Internet va se développer et que, grâce à ces nouveaux outils, il sera plus facile de prouver qu’on est bien la personne concernée. Je lui ai présenté les grandes lignes d’<a href="http://nkm-blog.org/idenum%C2%A0-petites-mises-au-point/" target="_blank">IDéNum</a>, et il m’a semblé qu’il était emballé.</p>
<p>Cette rencontre sera donc, j’en suis certaine, la première d’une longue série.</p>
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		<title>Rapport Tessier : une ambition rendue possible par le grand emprunt</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 14:18:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Libre cours]]></category>
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		<category><![CDATA[grand emprunt]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce matin, j&#8217;étais au Ministère de la culture et de la communication pour recevoir, aux côtés de Frédéric Mitterrand, les conclusions de la mission confiée à Marc Tessier sur la numérisation du patrimoine écrit. Initialement comprise par de nombreux observateurs comme étant la réponse du Gouvernement à Google, qui avait entamé des discussions avec la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class='shadow'><a href="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2010/01/FGB0040.jpg"><img src="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2010/01/FGB0040-568x380.jpg" alt="_FGB0040" title="_FGB0040" width="568" height="380" class="aligncenter size-medium wp-image-1556" /></a></p>
<p>Ce matin, j&#8217;étais au Ministère de la culture et de la communication pour recevoir, aux côtés de Frédéric Mitterrand, les conclusions de la mission confiée à Marc Tessier sur la numérisation du patrimoine écrit. </p>
<p>Initialement comprise par de nombreux observateurs comme étant la réponse du Gouvernement à Google, qui avait entamé des discussions avec la BNF, le rapport va, heureusement, beaucoup plus loin. Il rappelle qu&#8217;un partenariat, c&#8217;est un échange, et que la France, et particulièrement ses grandes institutions publiques comme la BNF, ont non seulement un patrimoine à valoriser, mais également une expertise en matière de numérisation comme d&#8217;indexation.</p>
<p><span id="more-1555"></span>Et il montre la voie d&#8217;un partenariat entre les grandes bibliothèques européennes et les géants de l&#8217;Internet, comme Google. Oui à une collaboration, mais en incluant davantage les éditeurs dans les discussions. Oui à une numérisation massive du patrimoine écrit, mais sans que l&#8217;exploitation des fichiers, notamment des livres tombés dans le domaine public, puisse être en aucune manière exclusive.</p>
<p>Comme je l&#8217;avais proposé, la mission s&#8217;est par ailleurs penchée très sérieusement sur la question des formats de fichiers, ouverts et interopérables. Marc Tessier a d&#8217;ailleurs précisé que, pour qu&#8217;une grande institution ait une chance de percer dans le numérique, il fallait absolument qu&#8217;elle le pratique, et qu&#8217;elle ne se contente pas de passer par des prestataires.</p>
<p>Les propositions sont très ambitieuses, elles consistent à organiser la numérisation massive et l&#8217;indexation des livres au sein même de la BNF, voire de créer une plateforme mutualisée de numérisation, qui puisse également servir au éditeurs pour leurs livres récents. On ne part pas de rien, mais il y a encore du travail !</p>
<p>Il s&#8217;agit là d&#8217;un investissement d&#8217;avenir, et ces propositions, qui il y a quelques mois auraient pu être jugées utopistes, prennent une tout autre dimension grâce aux 750 millions obtenus dans le cadre du grand emprunt pour la numérisation du patrimoine, notamment écrit.</p>
<p>Bien sûr, il ne s&#8217;agit pas de concurrencer Google ou de transformer la BNF en géant de l&#8217;Internet. Mais l&#8217;idée que l&#8217;échange devrait se faire d&#8217;égal à égal, je te fournis un fichier et tu m&#8217;en fournis un, a un double avantage : les livres seront indexables et accessibles sans qu&#8217;une plateforme puisse en avoir l&#8217;exclusivité de distribution. On ne numérisera pas deux fois les mêmes ouvrages, et on accélèrera ainsi la mise à disposition de l&#8217;ensemble de la pensée écrite humaine.</p>
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		<title>48 heures chronos</title>
		<link>http://nkm-blog.org/48-heures-chronos-dimanche-19-avril-2009-a-2340/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=48-heures-chronos-dimanche-19-avril-2009-a-2340</link>
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		<pubDate>Sun, 19 Apr 2009 21:40:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nkm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet de route]]></category>
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		<description><![CDATA[Vendredi dernier, je postais mon premier billet en direct de Facebook, où j&#8217;avais rendez-vous pour discuter de leur business model et de protection des données personnelles. Mon déplacement à San Francisco aura été passionnant, mais l&#8217;agenda était complètement fou. C&#8217;est une fois arrivée à New-York après un vol de nuit assez spartiate et une série [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="shadow"><img class="aligncenter size-medium wp-image-164" title="48heureschrono" src="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2009/09/48heureschrono-530x353.jpg" alt="48heureschrono" width="530" height="353" /></p>
<p>Vendredi dernier, je postais mon premier billet en direct de <a href="http://www.facebook.com/home.php" target="_blank">Facebook</a>, où j&#8217;avais rendez-vous pour discuter de leur business model et de protection des données personnelles. Mon déplacement à San Francisco aura été passionnant, mais l&#8217;agenda était complètement fou. C&#8217;est une fois arrivée à New-York après un vol de nuit assez spartiate et une série de rendez-vous le matin dont je vous parlerai plus loin, que j&#8217;ai enfin le temps d&#8217;écrire cet article !</p>
<p><span id="more-62"></span>J&#8217;ai donc commencé ma tournée de la Silicon Valley par Facebook. Ambiance très sympa, on a discuté à la cafétéria, haut lieu de toutes les boites de la Silicon Valley. Entre distributeur gratuit de barres chocolatées et fontaine à café «organic» j&#8217;ai pu aborder les sujets sérieux avec Chris Kelly, le Chief Privacy Officer. En fait, sur la protection des données personnelles, Facebook fait peut-être plus que les autres grands réseaux sociaux. Probablement parce qu&#8217;ils sont plus sous pression. Le processus qu&#8217;ils décrivent, concernant le paramétrage des données que l&#8217;on souhaite divulguer, l&#8217;absence de contact direct entre les annonceurs et les facebookers (Facebook achemine les pubs et ne donne pas accès au fichier des utilisateurs pour les pubs ciblées), est relativement rassurant. Pour autant, des progrès restent à faire, et Facebook n&#8217;a pas véritablement apporté de réponse construite à mes questions concernant la nécessité d&#8217;autoriser l&#8217;effacement complet de ses données personnelles quand on le souhaite, par exemple. Et puis, ils ont un problème avec l&#8217;utilisation par les mineurs. La Loi américaine les oblige à obtenir le consentement écrit des parents pour les mineurs de moins de 13 ans. Comme ils n&#8217;ont pas réussi à automatiser ce processus, ils ont tout bonnement interdit Facebook aux moins de 13 ans. Mais comment peuvent-ils vérifier que les utilisateurs ont atteint l&#8217;âge obligatoire, ils ne le savent pas eux-mêmes. Et d&#8217;ailleurs, un membre de ma délégation a une fille de 10 ans qui utilise Facebook. Ces problèmes doivent être réglés, mais tant qu&#8217;un système d&#8217;authentification fiable ne sera pas mis en place sur Internet pour les utilisateurs, comme par exemple la carte d&#8217;identité électronique, ça sera difficile.</p>
<p>J&#8217;ai également rencontré Reid Offmann, de <a href="http://www.linkedin.com/" target="_blank">LinkedIn</a>, le réseau social dédié aux professionnels. C&#8217;est la mode dans la Silicon Valley, on a également discuté dans la cafétéria. Il faut dire que nous sommes nombreux, et qu&#8217;une simple salle de réunion ne suffit pas à tous nous recevoir !<br />
Reid Hoffmann est à la fois un chef d&#8217;entreprise heureux, avec une boîte qui fait du bénéfice et qui double presque son chiffre d&#8217;affaires tous les ans, et un investisseur avisé, un des business angels les plus efficaces de la vallée. La discussion tourne autour de l&#8217;impact de la crise sur le secteur des TIC. Et ses réponses, que j&#8217;ai entendues plusieurs fois et de plusieurs interlocuteurs, sont rassurantes. Non seulement il ne pense pas que la crise ait un effet trop dur sur le secteur, mais en plus, il est convaincu que, si l&#8217;écosystème de l&#8217;innovation est maintenu, qu&#8217;on laisse les investisseurs faire leur travail et que les jeunes entrepreneurs continuent d&#8217;être motivés et innovants, le secteur des TIC sera le grand gagnant de la reprise, en l&#8217;accélérant, et en donnant aux autres secteurs de l&#8217;industrie et des services les moyens de rebondir rapidement. LinkedIn, à ce propos, est très utilisé en ce moment par les entreprises qui veulent recruter de manière très ciblée des jeunes talents dans l&#8217;informatique et les services.</p>
<p>Puisque je vous parle de l&#8217;investissement, je dois vous dire également un petit mot des différents investisseurs que j&#8217;ai rencontrés dans les environs de San Francisco. J&#8217;ai pu parler avec des capitaux risqueurs (Venture capitalists dans le texte) des investisseurs du premier jour (early seeders), des chercheurs de talents.<br />
Tous ces leviers de financement, de repérage et d&#8217;accompagnement des jeunes pousses sont situés géographiquement à proximité de Stanford, le joyaux de la Silicon Valley, d&#8217;où viennent nombre des grands entrepreneurs qui ont fait Google, Facebook, Apple, etc&#8230;<br />
Il y a donc bien un écosystème, tout cela se complète et s&#8217;articule également à une réalité géographique.<br />
Pierre Lamond par exemple, est un Français installé dans la Vallée depuis plus de 30 ans. Il vient de quitter Sekoïa, les venture capitalists légendaires qui ont par exemple financé Google, pour rejoindre Khosla Ventures, autre entreprise de Venture Capitalism plus orientée sur les clean techs et les green techs. Vous imaginez bien que je ne pouvais pas rater ça ! Cet homme, qui flaire les bonnes affaires comme pas un, a décidé d&#8217;investir dans les clean techs, parce qu&#8217;il est persuadé que c&#8217;est l&#8217;Industrie de l&#8217;avenir dans la Vallée. Non pas que les TIC doivent à terme disparaître, mais que leur prolongement naturel, leur avenir, se situe dans les clean techs. La jonction de ces deux univers, nécessaire, porteuse d&#8217;espoir économique et d&#8217;opportunités pour mieux respecter notre environnement, est imminente. Et c&#8217;est maintenant qu&#8217;il faut construire les entreprises de demain : rendre les réseaux d&#8217;énergie intelligents, mieux connaître sa consommation pour la maîtriser, organiser un véritable système d&#8217;information des ressources naturelles dans tous les domaines, de leur renouvellement, des niveaux de consommation raisonnables, voilà l&#8217;enjeu ! Nous ne sommes, en France, pas en retard, mais nous manquons de lieux comme la Silicon Valley pour assurer le développement rapide et harmonieux des industries de demain. Les pôles de compétitivité sont des pistes, les simplifications administratives en cours vont dans la bonne direction, mais nous avons encore des progrès à faire dans la mobilisation de l&#8217;investissement privé. Du coup, j&#8217;invite M. Lamond à Paris, et je lui transmets toutes les informations sur les projets clean techs en cours en France, afin, peut-être, de le convaincre d&#8217;investir ailleurs qu&#8217;en Californie. J&#8217;ai bon espoir, il avait l&#8217;air très attentif à mes arguments.</p>
<p>Pierre Lamond nous l&#8217;a bien dit, il est toujours à la recherche de jeunes entrepreneurs dynamiques, avec des idées, mais surtout de la suite dans les idées. Mais ce n&#8217;est pas tout, les montants en jeu sont déjà suffisamment importants pour que les entrepreneurs qui se présentent à lui aient déjà de quoi faire une démo de leurs produits, aient une société légalement existante, aient quelques références. Pour cela, rien de tel qu&#8217;un «early seeder»; j&#8217;en ai rencontré deux, Paul Graham et Jessie Lininvgston, de l&#8217;incubateur «Y combinator». Leur job à eux, c&#8217;est de tester les personnalités des jeunes porteurs de projet, leur motivation, puis de les aider à préciser leur business plan, «d&#8217;incorporer» leur société, bref de s&#8217;occuper de la paperasse, et d&#8217;investir contre une part de leurs actions entre 5000 et 15000 $ en fonction du nombre de fondateurs de la société. Tout cela se fait par appel à projets, ouverts au monde entier. Les heureux lauréats sont accueillis au cœur de la Silicon Valley pendant trois mois, pour affiner leur projet et enfin le présenter à un panel des plus gros venture capitalists de la Vallée. Je ne peux qu&#8217;encourager mes lecteurs les plus entreprenants à leur envoyer une candidature, mais ce que je veux aussi, c&#8217;est que ce type de dispositif se développe chez nous, parce qu&#8217;on ne peut pas se contenter de voir partir nos meilleurs cerveaux en Californie !</p>
<p>Pour cela, il nous faut une mini vallée. Je pense que le plateau de Saclay est une bonne piste pour cela. Mais il va nous falloir travailler vite et dur pour arriver, à notre échelle, à créer une oasis pour jeunes pousses ! C&#8217;est un travail que je veux mener en commun avec Valérie Pécresse. Ça tombe bien, nous nous sommes croisées en Californie, et nous avons rencontré toutes les deux le Président de Stanford, l&#8217;Université qui est au cœur de tout le dispositif. Ce fut une discussion très alerte, et passionnante. Il faut dire que l&#8217;homme dirige la rolls des universités. Le trésor de guerre de Stanford, c&#8217;est plusieurs milliards de $ ! Les dons à Stanford, l&#8217;année dernière, ce sont 700 millions de $ et plus de 40000 donateurs ! Stanford est en compétition féroce avec ses homologues américaines et internationales. Ils essayent d&#8217;attirer les meilleurs étudiants et les meilleurs profs, et leurs arguments, à la fois en terme d&#8217;excellence de la formation et de conditions matérielles d&#8217;étude et de salaire des enseignants sont tout à fait exceptionnelles. Contrairement aux idées reçues, même une université privée américaine est financée au moins pour le tiers par le gouvernement fédéral américain, le reste provenant des frais d&#8217;inscription (très élevés mais avec des systèmes de bourses) et du produit des prestations que peut rendre l&#8217;université à des sociétés privées. Résultat, les investisseurs viennent repérer les meilleurs étudiants, et les meilleurs profs, pour leur proposer de monter des entreprises. Les étudiants en fin d&#8217;étude et voulant prendre des risques sont accompagnés, les profs peuvent prendre deux années sabbatiques pour lancer leur startup et revenir ensuite enseigner.</p>
<p>Tout cet écosystème de l&#8217;innovation est heureusement connu et observé par des Français, et pas des moindres, qui sont la pour effectuer une veille active et alimenter la réflexion des décideurs de notre pays. Dans cette catégorie, il y a Orange Labs, où j&#8217;ai été accueillie juste avant de quitter la vallée par Georges Nahon, qui m&#8217;a fait une présentation remarquable de l&#8217;histoire de l&#8217;innovation dans la Silicon Valley, qui date des premiers fondeurs de puces dans les années 60. On voit bien les évolutions des grandes tendances, qui partent de l&#8217;équipement et du matériel avec Intel, HP, puis IBM et Sun, pour aller vers les logiciels avec Apple qui fait la transition, puis Microsoft (c&#8217;est vrai qu&#8217;ils ne sont pas dans la vallée, mais difficile de les ignorer), pour enfin arriver aux réseaux sociaux et au Web 2.0 . Ce que cette présentation permettait d&#8217;éclairer, c&#8217;était la succession des générations d&#8217;utilisateurs qui deviennent de plus en plus prescripteurs, et dont les usages façonnent l&#8217;industrie de demain. On offre plus un produit au consommateur, on ne crée pas un besoin, on anticipe sa demande. Cela change tout ! Et cela va s&#8217;accélérer, puisque nous avons désormais devant nous une génération qui a grandit avec l&#8217;ordinateur et le téléphone mobile.<br />
Autre info intéressante, au passage, les femmes sont de plus en plus présentes à tous les niveaux de décision dans la Silicon Valley, comme ailleurs&#8230; Je le savais déjà figurez-vous, mais cela fait toujours plaisir de le voir confirmé même dans un milieu, celui de l&#8217;informatique, traditionnellement très masculin. Messieurs, ne vous inquiétez pas, avec les taux de croissance du secteur, il y aura de la place pour tout le monde. Même pas la peine de vous pousser, on trouve notre place toutes seules !</p>
<p>Dans la catégorie des observateurs, il y a l&#8217;Atelier BNP Paribas et son président dynamique et convaincu, Dominique Piotet. Son slogan, traquer l&#8217;innovation. Et il y arrive pas mal ! Il conseille les boîtes, toutes les boîtes et pas uniquement la BNP, qui veulent mieux comprendre ce monde mouvant de la Silicon Valley, mieux anticiper les tendances de demain, investir dans des jeunes pousses prometteuses.</p>
<p>Pour lui, l&#8217;avenir est clairement dans les systèmes ouverts, open source, interopérables. Non pas par idéologie, mais parce que les jeunes pousses, aujourd&#8217;hui, n&#8217;ont pas les moyens de déposer des tonnes de brevets, ni de répondre à ceux qui pourraient les accuser préventivement de violer les leurs. Par ailleurs, si elles ont une bonne idée, et la développe, il faut qu&#8217;elles puissent, pour le reste de leur produit, profiter des codes déjà existant et déjà rédigés. Il faut être rapide et agile, on a plus le temps de réinventer la roue. Pour cela, l&#8217;open source est une vraie piste, et même les plus gros nous en ont parlé.</p>
<p>Google, par exemple, ce monstre de puissance, goguenard et sympathique, dont les développeurs jouent au beach volley sur le campus, et dont les cantines gratuites attirent à l&#8217;heure de mon arrivée les milliers d&#8217;abeilles de la ruche, avec lesquelles je fais la queue avec mon plateau repas. Google est sur tous les fronts. D&#8217;abord, celui de la pub, avec un système de monétisation des contenus incroyablement efficace, ce qui le rend d&#8217;ailleurs un peu effrayant. Ça serait trop long à expliquer ici, mais je compte sur le prochain diner de blogueurs que j&#8217;organise mercredi prochain pour en reparler. Les ambitions de Google sont à la démesure de sa puissance actuelle : Organiser l&#8217;information du monde. Bien entendu, cela implique de notre part à tous, politiques, citoyens, une vigilance accrue face à une entreprise qui nous offre des produits et des services devenus pour chacun de nous indispensables aujourd&#8217;hui. Mais cela nous oblige également à regarder attentivement et comprendre leur stratégie. S&#8217;ils en sont arrivés là, c&#8217;est qu&#8217;ils sont meilleurs que les autres. Il faut se le rappeler, et comprendre pourquoi. Et se réjouir aussi, parfois, de leurs initiatives, notamment dans le domaine des clean techs, ou ils investissent dans la voiture stockeuse d&#8217;énergie, les «smart grids», qui permettent une utilisation plus rationnelle de l&#8217;énergie, et qui proposent des applications simples et puissantes s&#8217;appuyant sur les nouveaux compteurs électriques et qui peuvent vous fournir, en temps réel et avec un historique complet et visuel, votre consommation domestique. J&#8217;ai moi même pu constater dans ma mairie de Longjumeau à quel point la connaissance fine de sa consommation électrique pouvait entraîner des économies substantielles (environ 15% à la mairie) juste par une adaptation des comportements.</p>
<p>En parlant de simplicité et de puissance, j&#8217;ai également rencontré les dirigeants d&#8217;Apple, et la discussion que j&#8217;ai eue avec Bud Tribble a permis de conforter ma conviction que, pour ce qui concerne la valorisation des contenus culturels sur Internet, les deux maîtres mots étaient simplicité et lisibilité de l&#8217;offre. C&#8217;est bien ce qu&#8217;a fait Apple avec iTunes. Des prix uniques, une offre vaste, une utilisation possible sans DRM. Résultat, un immense succès commercial, et des dizaines de millions d&#8217;utilisateurs qui écoutent de la musique à partir d&#8217;une offre légale. Peut-être que cette simple et puissante leçon de Steve Jobs mérite d&#8217;être méditée dans la perspective des discussions que j&#8217;engage en France sur le thème «Internet pour la création» ?</p>
<p>Je ne peux pas terminer la narration forcément subjective de ce marathon sans mentionner deux moments agréables et porteurs d&#8217;espoirs. D&#8217;abord, la Mairie de San Francisco où j&#8217;ai été reçue par Chris Vein, le Chief Information Officer. Les Américains regardent avec beaucoup d&#8217;attention, et d&#8217;envie (eh oui !) la manière dont nous déployons le haut débit dans nos villes et nos campagnes. Et ils sont comme nous, peut être plus que nous à ce stade, en train de révolutionner les rapports entre les administrations et les citoyens, en utilisant au maximum les réseaux participatifs et l&#8217;information en temps réel. Figurez vous que la Maire de San Francisco twitte. Et que ça marche. Cela lui permet de rajouter un canal de communication à ceux, traditionnels, dont il dispose et qu&#8217;il n&#8217;abandonne pas, mais, ce faisant, de toucher un public qui ne suit pas les débats municipaux, et qui pourtant peut être directement impacté par les mesures prises par la municipalité. L&#8217;équipe de Chris a été très chaleureuse, et a insisté sur leur volonté de travailler avec moi et mon équipe dans les mois à venir, afin de comparer les politiques françaises et américaines en matière de gouvernement électronique, et d&#8217;échanger les meilleures pratiques. Et bien, on fera ça !</p>
<p>Enfin, j&#8217;ai rencontré le patron de <a href="http://www.mozilla-europe.org/fr/" target="_blank">Mozilla</a>, John Lilly, comme je vous l&#8217;avais twitté. À la cafétéria, comme vous le devinez, accompagné d&#8217;une équipe aussi diverse que peut l&#8217;être l&#8217;Amérique d&#8217;aujourd&#8217;hui (même si ça manquait un peu de femmes quand même&#8230;). Firefox, c&#8217;est l&#8217;exemple que l&#8217;open source peut marcher, mais de ces propos, je retiens aussi une certaine impuissance à pouvoir appliquer toute la philosophie du libre, faute de moyens. La protection stricte de l&#8217;intimité des utilisateurs, l&#8217;absence de commercialisation de leurs données personnelles, cela a un coût, qu&#8217;il faut pouvoir financer, ce que même des entreprises majeures du libre comme Firefox n&#8217;ont pas les moyens de faire aujourd&#8217;hui. C&#8217;est dommage, et si les tenants de l&#8217;open source et du libre arrivent à briser ce plafond de verre, ils seront, plus que jamais, j&#8217;en suis convaincue, en mesure d&#8217;offrir aux utilisateurs des produits en tous points et dans tous les domaines extrêmement compétitifs.</p>
<p>Je pars maintenant en train pour Washington et, arrivée à l&#8217;hôtel, je vous dirai deux mots de ma matinée du samedi à New York. Bonne soirée à tous !</p>
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		<title>Des puces et des robots</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 13:56:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nkm</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Photo : Olivier Ezratty La journée commence par une rencontre avec les correspondants de la presse française au Japon. La crise est dans tous les esprits. A quelques heures de la fin de ce voyage d’étude, plutôt que de commenter l’actualité française, je m’efforce de concentrer mes réponses sur les premiers enseignements que je peux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="shadow"><img class="size-medium wp-image-182" title="Des puces et des robots" src="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2009/02/2_des-puces-et-des-robots-cp-olivier-ezratty-530x353.jpg" alt="Des puces et des robots" width="530" height="353" /></p>
<p>Photo : Olivier Ezratty</p>
<p>La journée commence par une rencontre avec les correspondants de la presse française au Japon. La crise est dans tous les esprits. A quelques heures de la fin de ce voyage d’étude, plutôt que de commenter l’actualité française, je m’efforce de concentrer mes réponses sur les premiers enseignements que je peux tirer de ce voyage, les forces et les faiblesses que j’ai perçues dans les modèles coréens et japonais, ce dont nous pourrions nous inspirer. Enfin, ce qui inspire mes interlocuteurs dans ce que fait la France dans ce domaine. Ce n’est pas un hasard si je suis partie dans ces deux pays pour mon premier déplacement officiel. Ils représentent à eux deux, en tous cas vus de France, la quintessence d’une politique de croissance par l’innovation et l’utilisation des TIC. </p>
<p><span id="more-50"></span></p>
<p>En rencontrant les dirigeants de nombreuses entreprises nipponnes et coréennes, j’ai perçu chez elles une volonté de collaboration et de partenariats dans la recherche de solutions à cette crise qui nous frappe tous. C’est également ça la mondialisation. Nous sommes dans le même bateau, et en période de tempête, ceux qui tirent à hue et à dia habituellement s’organisent pour sauver le navire. Cette crise peut nous donner les moyens de mieux coordonner nos actions dans un monde numérique transfrontalier par essence. Nous avons ce besoin de coopération internationale, et j’ai senti que mes interlocuteurs y étaient prêts aujourd’hui.</p>
<p>Ayant fait le point avec la presse sur le présent, je me replonge dans un futur, qu’on dit proche mais qui visuellement, est assez bluffant. Le monde des robots. Visite de l’Information and Robot Technology Research Initiative (IRT) de l’Université de Tokyo. On y voit de vrais robots effectuer des tâches quotidiennes, parfois un peu poussivement, mais on touche là du doigt à quel point l’homme doit déployer d’intelligence et d’ingéniosité pour faire reproduire à la machine des tâches aussi bénignes que de ramasser un torchon sur une chaise et de le mettre dans une machine à laver. Ce qui est difficile, et ce qui est la clé de tout pour le développement d’une industrie des robots au service des gens, c’est de faire en sorte que ces robots sachent chercher et analyser eux-mêmes l’information qui leur permet de réaliser une action. De ce point de vue, j’ai été impressionnée, quoiqu’un peu déçue de n’avoir pas réussi à attirer l’attention du robot pendant qu’il passait le balai. Manifestement, il ne sait pas encore quelles sont les priorités…<br />
De puissants développements informatiques et optiques (reconnaissance d’image) sont à l’œuvre pour rendre ces robots plus sensibles à leur environnement, et en attendant qu’ils soient pleinement opérationnels, les recherches effectuées peuvent déboucher sur des applications concrètes très utiles : Un petit robot peut, par la reconnaissance d’image, savoir si une personne prend bien ses médicaments. Si il oublie, elle lui rappelle. Si il en prend trop, elle lance une alerte. Pour les personnes qui perdent un peu la mémoire, un système de caméras repère où sont les objets et vous indique où ils se trouvent quand vous cliquez sur leur image. J’aurais bien fait le test avec un trousseau de clés, mais on n’avait pas le temps. Enfin, un système de motion capture permet de repérer l’activité musculaire d’une personne, l’évolution de sa morphologie et de sa puissance. Déjà utilisé en test avec un sportif japonais qui prépare le marathon, ce système pourrait rapidement être intégré directement à un téléviseur. Ce sera la révolution de l’aérobic à la maison !<br />
Reconnaissance d’image. J’ai beaucoup vu cette technique à l’œuvre depuis plusieurs jours. Elle semble devoir être complémentaire, voir concurrente, de celle des tags RFID.<br />
Avant de partir, je tombe sur une autre salle, un peu à l’écart avec d’autres robots. De vrais sosies de goldorak ! Et sympas en plus. On se serre la main, ils déambulent autour de moi. C’est très bizarre comme expérience de se retrouver au milieu de plusieurs goldoraks. En fait, ces robots sont des bancs de tests sur pattes. Loin d’être des prototypes, ils sont démontables et manipulables à merci par les scientifiques qui testent sur eux leurs dernières inventions en matière de motricité et d’interaction.<br />
Même si visuellement, tout cela vous donne l’impression d’être dans la guerre des étoiles, il ne s’agit pas de doux rêves de chercheurs nostalgiques des dessins animés de leur enfance. Les plus grandes entreprises japonaises comme Fujitsu, Toyota, Panasonic, Sega financent ces recherches. Elles voient en effet le développement de la robotique comme une réponse au vieillissement de la population, et même, à sa décroissance. L’impression, du coup, est mitigée. Si la performance technologique est remarquable, le projet de société me semble un peu douteux. Remplacer le contact humain envers les aînés par des robots ? Préférer la croissance des robots à la croissance de la natalité, y compris par l’immigration maîtrisée ? En tous cas, ces recherches, comme souvent, apporteront leur lot d’innovations en cours de route et bien avant que chaque japonais vive entouré de robots. Le CNRS, qui collabore avec l’Université de Tokyo sur certains de ces projets, a bien compris l’intérêt que nous avons à être dans les premiers à les comprendre et à les maîtriser.</p>
<p>Je déjeune avec des humains, ce qui n’est pas plus mal, d’autant qu’il s’agit d’experts japonais des réseaux, des télécoms et de l’Internet. Messieurs Tokoro de Sony, Tomita de NTT (l’opérateur historique japonais), Ikegami du Ministère de l’éducation et des technologies, et Ichikawa de l’Université des électro communications me bombardent d’informations sur l’histoire passée et présente des réseaux télécoms, d’Internet, et au futur de l’Internet des objets. Sur les usages, ils ne sont pas très diserts. Tout juste confirment-ils cette exception japonaise qui veut que ce pays semble ne pas souffrir du piratage des œuvres culturelles sur Internet. La raison m’en demeure assez mystérieuse, mais j’entrevois que la richesse de l’offre audiovisuelle et musicale proposée par les opérateurs télécom via la FFTH (Fiber to home) et la TMP suffit aux japonais. Ils sont déjà plus de 10 millions d’abonnés aux services FTTH de NTT au japon. Quand on pense par ailleurs que plus de 80% de la population dispose de la fibre, on imagine que les japonais disposent d’une offre audiovisuelle en ligne sans commune mesure avec le reste du monde…<br />
On parle aussi du futur de l’Internet, et de l’Internet des objets. Le ton de mes interlocuteurs est plutôt inquiétant. Ils pensent qu’avant tout il faudrait que nous nous mettions tous d’accord pour déterminer quels objets sont utiles à interconnecter, pour éviter que tous les objets ne soient in fine communicants dans l’Internet des objets. La raison tenant à ce que plus le nombre d’objets interconnectés sera grand, plus grands seront les renseignements disponibles sur leur utilisation, et plus grand sera le danger d’une exploitation malveillante de ces données. Une idée à creuser, mais à propos de craintes, je suis frappée de l’hostilité que suscite Google chez mes interlocuteurs. Hier déjà, j’avais remarqué cela. A ce déjeuner, c’est encore plus frappant. Google est vu comme un concurrent des deux industries qui dominent l’Internet : celle des contenants, et celle des contenus. Sa puissance est telle dans ces deux domaines qu’elle en devient inquiétante.</p>
<p>Je pars ensuite pour l’Ubiquitous Networking Laboratory du Professeur Sakamura, jamais à court d’idées pour montrer comment les puces RFID peuvent trouver des applications concrètes dans la vie de tous les jours. Première démonstration avec une bouteille de Vosne Romanée 1992, malheureusement vide, mais pour laquelle nous obtenons une description d’œnologue juste en la passant près d’un lecteur. Alternant des exemples plus ou moins convaincants, Sakamura nous présente une cravate (le lecteur RFID nous dit qu’il faut éviter d’aller avec à un barbecue…) puis des médicaments et une ordonnance, avec des informations précieuses cette fois-ci sur les interactions médicamenteuses à éviter et les prescriptions à respecter. Une fois de plus, les applications les plus convaincantes sont pensées dans le contexte d’un vieillissement de la population japonaise. A croire que cette réalité démographique soit devenue le facteur principal d’investissement dans la recherche et l’innovation au Japon. Il faut dire que les chiffres parlent d’eux-mêmes :<br />
En 2055, les démographes pensent que le Japon sera revenu à 90 millions d’habitants, soit sa démographie de 1950, et que 40% des japonais seront âgés, contre 20 % aujourd’hui.<br />
Le Labo du professeur, qui veut développer des collaborations avec des entreprises et des centres de recherche en France, regorge d’exemples concrets : gestion des stocks de fruits et légumes, cannes blanches parlantes pour les aveugles, autant d’applications concrètes qui peuvent être rapidement déployées, et qui le sont d’ailleurs dans certaines villes du Japon.<br />
Après un passage au Showroom de Panasonic, très formaté et sans vraiment de possibilité d’échanger, même si j’ai vu de belles réalisations comme le mur 3D (non encore commercialisé) qui vous permet de refaire la déco de votre salon et d’agencer votre bibliothèque (virtuelle) d’un simple mouvement de la main, direction l’Ambassade.</p>
<p>Ce soir, dîner avec des créatifs japonais dans un bar branché du quartier étudiant. Mangas, romans diffusés sur téléphone portable, artistes numériques, créateurs de jeux pour mobile, éditeurs en ligne, universitaires ….. La conversation s’engage particulièrement avec un petit groupe de japonaises dessinatrices de mangas. Enfin un public avisé pour la question qui traverse mes discussions depuis mon arrivée au Japon : pourquoi si peu d’enfants, alors même que les femmes ne travaillent pas ? La réponse ne manque pas de surprendre, c’est parce que les hommes sont trop puérils, quand on a déjà un grand enfant à la maison, on est moins tenté de multiplier les vrais. Un homme, lui aussi dessinateur de manga proteste : c’est pour des raisons économiques, élever des enfants est trop cher au Japon. Ce ne doit pas être simple, en tous cas, une des dessinatrices me confie son désespoir de s’être vue refuser aujourd’hui même une place de crèche. Pour remercier pour la soirée, chacun me dessine en version manga. Il y en a vraiment de beaux. Je les scannerai à mon retour pour vous les montrer. Pour le reste, on échange les adresses. Si vous croisez à « la cantine » un artiste japonais qui vient étudier les tendances du numérique en France, ne cherchez pas, c’est moi qui l’ai envoyé. Et accueillez le bien : il est très sympa.</p>
<p>(D&#8217;autres photos sont visibles <a href="http://www.flickr.com/photos/nk_m/sets/72157619746641571/">ici</a>)</p>
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