IDéNum

Vint Cerf : des origines de l’Internet à l’Internet du futur

Vendredi 24 septembre 2010 à 14:06 34 commentaires

image

En marge de la cession d’ouverture du Forum sur la gouvernance de l’Internet dont je vous ai parlé hier, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnalités, dont Vint Cerf, co-inventeur de l’Internet et actuellement vice-président de Google.

Il m’a fait le plaisir d’accepter mon invitation à Paris et j’ai pu m’entretenir avec lui lundi dernier.

Sur la neutralité du net, d’abord. Il est frappant de voir combien les Américains envient la concurrence que les Européens ont su mettre en place sur les infrastructures. Aux États-Unis, la juxtaposition de monopoles locaux et la place importante que les cablo-opérateurs ont dans la diffusion d’Internet rend extrêmement conflictuel le débat sur la neutralité des réseaux. Pour autant, même si l’herbe semble toujours plus verte ailleurs, j’ai indiqué à Vint Cerf que la concurrence, en Europe, n’avait pas réglé tous les problèmes, et que la préservation d’un Internet neutre, ouvert et interopérable restait un enjeu chez nous aussi.

Vint Cerf est passionnant. Il m’a parlé d’un projet qui pourrait être bien utile au droit à l’oubli : Il travaille en ce moment à l’élaboration d’un standard de datation des données publiées sur Internet. Il s’agit en quelque sorte de remplacer le concept de prescription, que je défends donc avec le droit à l’oubli, par celui de péremption. Si une donnée n’est plus très fraîche, le fait de la republier ne la rend pas nouvelle, contrairement à ce qu’on pourrait croire en voyant de vieux articles ressortir dans les résultats des moteurs de recherche, selon l’actualité du jour. C’est une piste intéressante, à suivre de près.

Vint Cerf m’a également rappelé que la demande d’effacement de certaines données personnelles publiées n’était faisable que si l’hébergeur pouvait être certain de l’identité du demandeur. C’est vrai, mais je pense que la possibilité d’identification volontaire sur Internet va se développer et que, grâce à ces nouveaux outils, il sera plus facile de prouver qu’on est bien la personne concernée. Je lui ai présenté les grandes lignes d’IDéNum, et il m’a semblé qu’il était emballé.

Cette rencontre sera donc, j’en suis certaine, la première d’une longue série.

IDéNum : petites mises au point

Lundi 8 février 2010 à 18:41 33 commentaires

IDéNum_ordi_avec_clef

Depuis le 1er février, date de la présentation du label IDéNum, j’observe avec intérêt les nombreuses réactions que suscite ce projet sur la toile. Afin de recenser l’ensemble de vos questions, j’ai demandé à mon cabinet de mettre en place une veille de manière à répondre point par point à vos interpellations sur le sujet.
Au-delà des aspects positifs, qui ont d’ailleurs été largement soulignés, j’entends me concentrer sur les points qui font polémique ou qui sont l’objet d’ambiguïtés, voire de confusion.

En guise de préambule, il me semble utile de rappeler les principes clé de cette idée, assez neuve en France, d’identité numérique libre et certifiée. Et, je dis bien « neuve en France », car ce label repose sur un concept qui fonctionne déjà chez nos voisins européens.

L’objectif d’IDéNum est bien de faciliter la dématérialisation de nombreuses procédures, publiques comme privées, qui nécessitent une forte garantie de l’identité de l’internaute. Les avantages sont évidents tant pour les internautes, qui auront ainsi accès à toute une palette de nouveaux services et usages, que pour les partenaires qui pourront mutualiser les investissements et réaliser des économies sur les coûts.
Quant à tous ceux qui voient poindre la menace orwellienne dans IDéNum, je tiens juste à réaffirmer son caractère totalement facultatif.

Pour plus de clarté, j’ai regroupé les questions portant sur :

  • Open ID et sur les systèmes éprouvés à l’étranger
  • Les différences entre le label IDéNum et la carte d’identité électronique
  • Le respect de la vie privée
  • Le système de sécurité
  • Dernière info, toute fraîche, que je vous livre en exclusivité : depuis le début de la semaine, les sociétés Sagem, Orange, Moneo et le Conseil Supérieur du Notariat, ont fait part de leur intérêt pour le projet.

    J’espère que cette lecture vous donnera un éclairage pertinent sur ce qu’est vraiment IDéNum. Toutefois, loin de moi la prétention de faire le tour de toutes vos interrogations en une seule « séance ». J’invite donc tous ceux qui souhaiteraient des éclaircissements supplémentaires à me poster leurs commentaires.

    Lire la suite…