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	<title>Nathalie Kosciusko-Morizet &#187; plafond de verre</title>
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		<title>Elisabeth Badinter et le féminisme d&#8217;aujourd&#8217;hui</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 17:53:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur/coup de gueule]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans son dernier ouvrage, Le conflit, la femme et la mère, Elisabeth Badinter explique que la condition féminine est entrée dans une phase de régression (depuis les années 80&#8242;), et que sous les coups conjoints de la crise économique, d&#8217;une idéologie familiale réactionnaire et d&#8217;une écologie radicale, la femme est aujourd&#8217;hui contrainte d&#8217;être une « [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son dernier ouvrage, <em>Le conflit, la femme et la mère</em>, Elisabeth Badinter explique que la condition féminine est entrée dans une phase de régression (depuis les années 80&#8242;), et que sous les coups conjoints de la crise économique, d&#8217;une idéologie familiale réactionnaire et d&#8217;une écologie radicale, la femme est aujourd&#8217;hui contrainte d&#8217;être une « mère idéale », qui pour se réaliser doit avant tout élever et nourrir ses enfants, entre allaitement obligatoire et purées bios.<br />
L&#8217;ouvrage fait une critique savoureuse de ce nouvel idéal maternel qu&#8217;on impose aux femmes pour mieux les faire rentrer au foyer. </p>
<p>E. Badinter me cite dans son livre et m&#8217;y désigne comme l&#8217;une des porte-parole de cette régression de la condition féminine. Je fais en effet partie de celles qui prônent une attention à l&#8217;alimentation des enfants, aux soins infantiles ou à la nourriture bio. </p>
<p>Voilà qui m&#8217;installe donc à la pointe de la réaction, où convergent selon elle le radicalisme écologique et « l&#8217;idéologie naturaliste » qui ne voudrait voir dans la femme qu&#8217;une mère. J&#8217;ai bien sûr de la sympathie pour la critique qu&#8217;E. Badinter fait du « maternalisme », c&#8217;est-à-dire de la façon dont la société, celle du pouvoir masculin, réduit la femme à son seul statut de mère. J&#8217;en ai d&#8217;autant plus que la génération d&#8217;E. Badinter a justement donné aux femmes la possibilité, la liberté, d&#8217;être autre chose qu&#8217;une épouse, autre chose qu&#8217;une mère.<br />
Cette génération a combattu pour que les femmes, aujourd&#8217;hui, puissent avoir la liberté de choisir, entre la vie de famille et le travail, et la liberté, surtout, de choisir dans le temps, sans exclusion, de pouvoir travailler et de pouvoir être mère, par exemple. </p>
<p>C&#8217;est exactement pour cette raison que je ne suis pas convaincue par l&#8217;analyse qu&#8217;E. Badinter fait de la situation actuelle, et encore moins par ce qu&#8217;elle dit du souci environnemental. À ses yeux, l&#8217;écologie est un « naturalisme » nécessairement rétrograde, auquel elle demande qu&#8217;on oppose un « artificialisme » progressiste. Je trouve cela un peu rapide. Mais il est vrai que je ne suis pas philosophe. </p>
<p>Les femmes d&#8217;aujourd&#8217;hui sont aussi, pour bon nombre d&#8217;entre elles, des mères. Que ces mères aient envie, comme ça a été mon cas, d&#8217;allaiter leur enfant, qu&#8217;elles le fassent si et quand elles le peuvent, me paraît être une liberté importante. Je ne compte pas m&#8217;en priver au motif que Madame Badinter trouverait cela réactionnaire et qu&#8217;elle y verrait matière à dénoncer le mythe de la « femme parfaite ». </p>
<p>M&#8217;intéressant à la situation des femmes aujourd&#8217;hui et aux difficultés qui leur sont faites, je travaille pour ma part sur un certain nombre de questions qui me préoccupent plus que l&#8217;allaitement. Je pense notamment à l&#8217;évolution du rapport entre les « genres », à la dégradation des relations entre filles et garçons en milieu scolaire, au « plafond de verre » qui bloque les carrières féminines ou encore aux débats actuels autour du voile. De tout cela, dans ce livre « féministe », pas un mot n&#8217;est dit.</p>
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		<title>Des quotas faute de mieux</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 15:18:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur/coup de gueule]]></category>
		<category><![CDATA[entreprise]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p class="shadow"><a href="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2010/01/etatsgeneraux.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1690" title="etatsgeneraux" src="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2010/01/etatsgeneraux.jpg" alt="etatsgeneraux" width="497" height="96" /></a></p>
<p>La place des femmes dans les conseils d&#8217;administration est aujourd&#8217;hui au menu du déjeuner des États généraux de la femme. C&#8217;est le magazine <em>Elle</em> qui est à l&#8217;origine de cette initiative. Quarante ans après avoir lancé les premiers États généraux, <em>Elle</em> a lancé une nouvelle édition pour réfléchir aux problèmes des femmes d&#8217;aujourd&#8217;hui. Je ne peux que saluer cette initiative.</p>
<p>Le sujet au menu de ce mercredi n&#8217;est pas anodin : on compte en effet à peine 7 % de femmes siégeant dans les conseils d&#8217;administration des grandes entreprises ! Les autres pays ne font pas forcément mieux que nous. Ainsi, aux États-Unis, les femmes sont certes 45 % parmi les cadres, mais seulement 5 % à avoir accédé au statut de cadre dirigeant. Pis, les femmes n&#8217;occupent que 2 % des postes de PDG dans les 500 premières entreprises mondiales.</p>
<p><span id="more-1685"></span>Comme je l&#8217;ai déjà évoqué en octobre, dans <a href="http://nkm-blog.org/pour-faire-voler-en-eclat-le-plafond-de-verre/" target="_blank">un précédent billet</a>, « le plafond de verre » perdure.<br />
Autrement dit, trop de femmes promises à une brillante carrière se heurtent à toute une série d&#8217;obstacles pour accéder aux plus hautes responsabilités. Il ne s&#8217;agit pas de dire que les hommes sont systématiquement en cause. Mais ce qui est sûr, c&#8217;est que les femmes sont bien souvent obligées d&#8217;assumer une charge familiale à laquelle leurs collègues masculins ne prêtent qu&#8217;un modeste concours. Les mentalités et les comportements ont beau avoir évolué, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de rentrer pour faire dîner les enfants et les coucher, les hommes sont moins souvent présents, tout occupés à se consacrer à leur travail. Et quand vient le moment de donner des gages de motivation pour décrocher un meilleur poste, notamment en restant tard le soir ou en travaillant certains week-end, les femmes sont forcément perdantes à ce jeu.</p>
<p>Je me réjouis que la majorité se soit emparée de cette question de la place des femmes dans la direction des entreprises. Certains ont beau jeu de critiquer l&#8217;idée d&#8217;imposer des quotas. J&#8217;admets que ce n&#8217;est sans doute pas la solution idéale. Mais interrogeons-nous sur les raisons qui obligent à en venir là ! Et prenons garde de ne pas nous focaliser uniquement sur ce qui se passe au sommet de la hiérarchie des entreprises. D&#8217;abord, les inégalités de statut et de traitement entre les sexes sont observables dans l&#8217;ensemble du monde du travail. Ensuite, on voit un peu partout des phénomènes inquiétants qui doivent nous interpeller. Au niveau local, j&#8217;observe par exemple une vraie régression en matière de mixité. A Longjumeau, les professeurs des écoles m&#8217;ont signalé la difficulté grandissante à faire jouer et travailler ensemble garçons et filles. Comme si chacun se repliait sur son genre. J&#8217;en déduis que le combat contre le sexisme concerne tous les niveaux de la société.</p>
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		<title>Pour faire voler en éclat le « plafond de verre »</title>
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		<comments>http://nkm-blog.org/pour-faire-voler-en-eclat-le-plafond-de-verre/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 17:41:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Kosciusko-Morizet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur/coup de gueule]]></category>
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		<description><![CDATA[Pourquoi les femmes parviennent si rarement aux postes à responsabilités ? Sur ce plan, on pointe souvent du doigt le monde politique mais on oublie que le tableau est encore moins brillant dans le monde de l’entreprise. A peine 7 % des patrons de moyennes et grandes entreprises sont des femmes. Et dans les conseils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="shadow"><a href="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2009/11/plafonddeverre1000.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1195" title="plafonddeverre1000" src="http://nkm-blog.org/wp-content/uploads/2009/11/plafonddeverre1000-568x377.jpg" alt="plafonddeverre1000" width="568" height="377" /></a></p>
<p>Pourquoi les femmes parviennent si rarement aux postes à responsabilités ?<br />
Sur ce plan, on pointe souvent du doigt le monde politique mais on oublie que le tableau est encore moins brillant dans le monde de l’entreprise. A peine 7 % des patrons de moyennes et grandes entreprises sont des femmes. Et dans les conseils d’administration des entreprises, elles ne sont également que 7 % à siéger ! Les autres pays ne font pas forcément mieux que nous. Ainsi aux États-Unis, les femmes sont certes 45 % parmi les cadres mais seulement 5 % à avoir accédé au statut de cadre dirigeant.</p>
<p><span id="more-1194"></span>Les chercheurs américains ont forgé il y a déjà quelques années une expression que je trouve bien vue. Ils parlent du « plafond de verre » pour désigner cette forme d’obstacle contre lequel les femmes à fort potentiel viennent buter, ce qui entrave leur ascension professionnelle.</p>
<p>Ce phénomène perdure, il tend même à s’aggraver, ce qui conduit la sociologue Catherine Marry à parler de « ciel de plomb ». Comment expliquer la persistance de cette inégalité alors que les femmes font un cursus scolaire souvent plus brillant que les hommes, qu’elles ont accès désormais aux métiers les plus traditionnellement masculins ?</p>
<p>On invoque souvent l’autocensure que les femmes s’infligeraient : se sentant obligées, plus que les hommes, de concilier leur charge de travail avec leurs contraintes familiales, elles se décourageraient de briguer les plus hautes places de la hiérarchie. Je pense que cette explication a sans doute du vrai mais on ne peut pas s’en contenter.</p>
<p>Il faut regarder les choses en face : il existe dans les équipes dirigeantes des entreprises une forme de solidarité masculine qui favorise la cooptation des hommes entre eux pour accéder aux plus hauts postes.  J’ai la conviction que ce n’est pas la compétition qui est défavorable aux femmes, mais une forme spécifique de compétition, celle qui passe par les réseaux et la cooptation. Certains pays ont instauré des mesures contraignantes. C’est le cas notamment de la Norvège où, depuis 2006, les entreprises ont l’obligation de faire siéger 40 % de femmes.<br />
Je me réjouis que la majorité s’empare aujourd’hui de ce débat.</p>
<p>Les quotas n’épuisent pas pour autant le sujet. Il ne faudrait pas qu’ils deviennent un prétexte pour abandonner le combat sur d’autres fronts. S’il est difficile de combattre les formes invisibles de solidarité masculine, les femmes ont sans doute intérêt à mettre sur pied, elles aussi, des réseaux de solidarité féminine et à favoriser davantage la nomination de femmes dans les institutions qu’elles contrôlent. Et puis pourquoi ne pas faire en sorte que les hommes soient plus incités à s’occuper de leurs enfants ? Là, ce n’est pas la loi qui peut changer les choses mais bien nos mentalités. Elles ont évolué, certes, mais beaucoup de chemin reste à faire !</p>
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