prospective

La démographie française : un vieillissement tempéré

Jeudi 12 août 2010 à 10:48 7 commentaires

institut diderot

L’Institut Diderot est un « fonds de dotation », c’est-à-dire une structure associative, semblable à une Fondation, dont les travaux d’intérêt général sont financés par des personnes morales ou privées. En l’occurrence, l’Institut Diderot a été créé par COVEA, le grand groupe d’assureurs mutualistes.

Avec à sa tête Jean-Claude Seys et Dominique Lecourt, l’Institut mène des travaux de prospective et se préoccupe d’économie sociale. Un véritable « think-tank », en somme, animé par des universitaires et des chercheurs de divers horizons, qui se réunissent autour d’invités.

J’avais eu le plaisir d’être reçue par l’Institut au printemps dernier, pour présenter les méthodes et les principaux chantiers de la prospective publique dont j’ai la charge. L’institut en a fait une plaquette. Il en a édité déjà une dizaine, sur des sujets aussi variés que l’avenir de l’Europe, des nanotechnologies, de l’automobile ou encore sur « L’avenir de la population française », dont je viens d’achever la lecture.

Il s’agit d’un exposé que l’on peut lire et télécharger, dont l’auteur est François Héran, qui a dirigé l’Institut national d’études démographiques (INED) de 1999 à 2009. Une lecture d’actualité, au moment où l’allongement de la vie est de mieux en mieux connu et anticipé (c’est notamment l’objet d’une note de veille et de l’un des derniers rapports du Centre d’analyse stratégique).

La réforme des retraites donne à chacun l’occasion de s’y intéresser depuis le début de l’année, et c’est un fait de société qui sera également au cœur de la création de la « cinquième » branche de la sécurité sociale, consacrée au handicap et à la dépendance.

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Phillip Blond, « Le Conservateur Rouge »

Jeudi 22 juillet 2010 à 15:07 22 commentaires

blond

Menant une prospective sur le débat d’idées politiques à l’étranger, j’essaie d’être attentive aux regards novateurs sur la société et l’action publique que proposent nos voisins européens.

J’ai suivi par exemple la campagne victorieuse des « Tories » britanniques et pris la mesure du travail considérable et original qu’avait réalisé en à peine plus d’un an le think-tank « ResPublica ». J’ai reçu hier son directeur, Phillip Blond, qui a publié l’an dernier un manifeste politique ambitieux : Red Tory.

Phillip Blond est un universitaire, théologien et philosophe enthousiaste, et il a donné aux Conservateurs britanniques l’essentiel de leur dernier programme électoral, celui de la « Big Society ».

Dans Red Tory, Blond dresse un état des lieux très sombre d’une société anglaise morcelée et fragmentée (« a broken society », écrit-il). Il explique que les gouvernements de droite comme de gauche portent la responsabilité partagée de cette destruction, soit parce qu’ils ont encouragé la confiscation du capital par une élite (sous les gouvernements de Mme Thatcher), soit parce qu’ils ont mené une politique socialiste de dépense publique orchestrée par l’État (avec les Travaillistes du Labour).

Dans les deux cas, ces gouvernements ont produit un même effet dévastateur : ils ont privé les classes populaires d’un accès à la richesse nationale, et ils ont détruit les corps intermédiaires et les communautés locales, qu’elles soient syndicales, associatives ou familiales, pour abandonner les individus au seul secours d’un État de plus en plus bureaucrate et lointain. La société « cassée », selon Blond, c’est une société où les individus sont privés de force collective.

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Les liens intergénérationnels et le monde qui vient

Mercredi 23 juin 2010 à 09:09 12 commentaires

le monde qui vient

© Marie Etchegoyen / Storybox Photo

J’ai animé hier matin à Sciences Po la séance inaugurale d’un séminaire de réflexion sociale et de prospective : « Le monde qui vient ». Sous ce titre presque poétique, un projet aussi simple que vaste : s’intéresser avec les meilleurs observateurs aux transformations qui sont en train de dessiner la société de demain. S’intéresser à ce qui vient et s’annonce, dès aujourd’hui. Je poursuivrai ce séminaire à un rythme régulier. La prochaine séance aura lieu à l’automne et sera consacrée au travail, à ses métamorphoses récentes et aux transformations du salariat.

Nous avons traité des « liens intergénérationnels », pendant plus de deux heures, avec deux sociologues : Jean-Pierre Le Goff et Louis Chauvel. Vous pouvez d’ailleurs trouver différents documents sur le site du secrétariat d’État, puisque nous avons réaliser quelques entretiens en marge de l’événement (un grand merci à Sciences Po pour son accueil).

Louis Chauvel a proposé un diagnostic très sombre et plutôt incisif du déséquilibre profond qui sépare aujourd’hui, en France, deux générations. Celle d’une jeunesse en grande difficulté devant l’emploi et le logement, et celle des seniors qui viennent de prendre leur retraite après avoir connu une période de prospérité autrement plus soutenue. La situation est donc critique, selon Louis Chauvel, qui estime que la France, comme d’autres pays latins, reste une société à « statuts » qui fait payer ses déséquilibres sociaux et économiques à la jeunesse. Le statut y est garanti à ceux qui en disposent, quand le coût des déséquilibres pèse sur ceux qui attendent parfois en vain d’en obtenir un : les jeunes.

Jean-Pierre le Goff a tempéré quelque peu ce portrait de générations opposées, en insistant plutôt sur le bouleversement des repères culturels et historiques qui gêne aujourd’hui la transmission. Les déséquilibres patrimoniaux ne sont pas l’essentiel des enjeux à ses yeux, là où en revanche la difficulté à transmettre perturbe les repères sociaux qui rythment la succession des générations. La continuité des âges de la vie est aujourd’hui heurtée ; le passage à l’âge adulte et au travail est à la fois retardé et difficile ; la stabilité conjugale et familiale est ébranlée. Ces bouleversements doivent être pris en compte : non pas pour revenir à un état antérieur de la société, ce qui serait vain, mais pour forger de nouvelles formes de transmission entre générations.

Nous avons débattu longuement, avec les deux intervenants et avec le public. Il m’a semblé important de rappeler que d’opposer les générations entre elles n’était pas de mise. Après tout, comme l’a concédé L. Chauvel, le rôle des retraités dans la formation des plus jeunes, dans le soutien financier des enfants et des petits-enfants, est aujourd’hui une forme de solidarité à la fois concrète et indispensable. Et les familles, qu’elles soient nouvelles ou recomposées, restent bien le lieu privilégié des liens intergénérationnels. Nous avons abordé ce matin un grand nombre de questions. La prochaine séance nous donnera l’occasion de poursuivre notre exploration de ce monde qui vient. Et de débattre.

Ne pas oublier les réfugiés climatiques | Les Echos 18.12.09

Dimanche 20 décembre 2009 à 11:22 2 commentaires

Les effets ravageurs des excès de CO2 dans l’atmosphère sont déjà là : pas moins de 250 millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont frappés chaque année par des tsunamis, des cyclones ou d’autres formes moins soudaines  de catastrophes climatiques, notamment la montée des eaux ou la désertification de certaines régions. Sous l’effet de telles catastrophes, les populations les plus démunies n’ont souvent pas d’autre choix que de fuir, au moins provisoirement.

Mais comment permettre à ces populations de vivre ailleurs dans des conditions décentes ? Depuis la convention de Genève de 1951, il existe un statut de réfugié politique, mais qu’en est-il du sort des migrants environnementaux ? C’est pour répondre à cette question que j’ai demandé au Centre d’analyse stratégique de mener une étude prospective sur ce que pourrait être le statut des réfugiés climatiques.

Le grand rendez-vous de Copenhague mentionne ces enjeux mais sans véritable perspective pour y remédier. Faute de véritable statut juridique, ces réfugiés climatiques risquent fort d’être des laissés-pour-compte de la communauté internationale. Selon le rapport Stern, 200 millions de personnes – soit une personne sur 45 – pourraient être qualifiées de migrants environnementaux d’ici 2050. Les régions les plus touchées sont l’Afrique (Sahel, Corne de l’Afrique, Afrique centrale), l’Asie centrale, du Sud et du Sud-Est, l’Amérique centrale et la partie ouest de l’Amérique du Sud. Mais ce sont les petits États insulaires dont l’existence est aujourd’hui la plus menacée. L’évacuation des îles Carteret de Papouasie-Nouvelle-Guinée a déjà commencé. Les villes côtières de tous les pays du monde, comme celles de la très peuplée baie du Bengale, seront très fortement touchées par la montée des eaux. Certaines populations sont aujourd’hui capables d’adopter des stratégies pour prévenir les changements climatiques, s’y adapter et organiser l’assistance aux populations. Mais d’autres, en revanche, bien plus vulnérables, ne peuvent se prémunir contre ces fléaux, à moins de partir.

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La santé mentale, l’affaire de tous !

Jeudi 19 novembre 2009 à 11:21 13 commentaires

santementale

Au titre de ma casquette prospective, le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) m’a remis mardi un rapport sur ce que sont les déterminants du bien-être et les moyens de les favoriser : « La santé mentale, l’affaire de tous. Pour une approche cohérente de la qualité de la vie ».

J’ai d’autant plus d’intérêt pour ce sujet que Longjumeau a ouvert il y a deux mois un centre d’accueil et de crise pour les personnes en situation de détresse psychologique mais qui ne doivent pas être confondues avec ce qu’on appelle habituellement les malades mentaux. Cette « hospitalité pour éviter l’hospitalisation » comme le dit très bien Guy Dana, le psychiatre à l’origine et en charge de la structure, est une façon d’aider les personnes en situation de crise à prendre de la distance avec leur milieu habituel pour retrouver un minimum de sérénité. La thérapie est essentiellement axée sur la parole, par des entretiens individuels et des ateliers.

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Nouveaux modèles de croissance : ce n’est pas gagné !

Vendredi 30 octobre 2009 à 17:42 16 commentaires

Rapport Cohen

Le 19 octobre, l’économiste Daniel Cohen m’a remis au Centre d’analyse stratégique le rapport qu’il a dirigé sur les « nouveaux modèles de croissance ». C’est un travail solide mené par une équipe d’économistes, de sociologues et d’autres experts de renom. Ils ont cherché à analyser la portée de cette crise, à saisir les changements qu’elle annonce, aussi bien dans les habitudes de consommation que dans la nature des biens et les services qui vont être produits dans les prochaines années.

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Les mots de la crise

Mardi 5 mai 2009 à 21:12 Aucun commentaire

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La semaine dernière, j’ai présidé un colloque sur la crise. Plus exactement sur les mots de la crise. Il ne s’agissait pas de refaire un énième débat sur la gravité de la situation économique et sur les moyens de sortir du tunnel. En organisant cette rencontre je voulais comprendre le ressenti des Français. Pour cela nous avons fait appel à un institut qui se sert des mots pour cerner les valeurs des Français, leur état d’esprit face à la crise, leurs doutes, leurs espoirs, leurs craintes… La méthode de cette enquête est assez originale : on soumet à 1500 personnes le même échantillon de plus de 200 mots. On leur demande ce qu’évoquent ces mots. Par exemple est-ce que «richesse», «morale», «marché», «justice», «souplesse», «attachement»… évoquent pour vous quelque chose de positif ou de négatif ? D’agréable ou de désagréable?

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Gros sous, gouvernement 2.0, prospective politico-technologique

Mercredi 22 avril 2009 à 19:48 3 commentaires

gros sous gouvernement 2.0 prospective politico technologique

Atterri ce matin après deux journées d’immersion à Washington, pour aborder au niveau politique les thématiques qui auront structuré mon déplacement, à savoir la protection des données personnelles, la neutralité du réseau, les tendances à venir de la société du numérique, l’impact de la crise sur le secteur des TIC. Nous avons également abordé les problèmes essentiels de la gouvernance de l’Internet et du renforcement de la sécurité des réseaux.

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Histoires de femmes, histoires de Web

Samedi 11 avril 2009 à 16:59 Aucun commentaire

histoires de femmes, histoires de web.JPG  crédits photo ludovic marin réa

Photo : Ludovic Marin/Réa

C’est enfin le week-end et l’occasion pour moi de vous raconter un peu le dîner blogueuses, organisé lundi soir au Secrétariat d’État. Entièrement placé sous le signe des femmes, j’y ai reçu 21 blogueuses aux centres d’intérêt très variés : mode, parité, Internet, environnement, prospective, vie de famille, marketing, littérature, etc. Autour de quatre tables, nous avons échangé sur les itinéraires et expériences numériques des unes et des autres. En plein débat sur les dérives d’Internet, ce dîner était l’occasion pour moi de valoriser et de rappeler qu’Internet est aussi vecteur de succès et de belles histoires. C’est bien plus qu’un mode d’expression. Internet avait souvent bouleversé la vie de mes invitées et dans le bon sens, vers un épanouissement, parfois vers une révélation. Certaines ont publié un livre à partir de leur blog, d’autres ont accédé à un métier qui les passionne, d’autres encore participent aux évolutions de notre société. Autant de personnalités qui sont aujourd’hui la preuve de ce qu’Internet a de meilleur.

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1ère journée à Tokyo

Jeudi 19 février 2009 à 13:56 Aucun commentaire

1ère journée à tokyo

Moins de 2000 kilomètres séparent Séoul de Tokyo. Première excellente nouvelle le voyage fut court. Deuxième bonne nouvelle quelques degrés celcius différencient les deux villes et c’est en faveur de Tokyo. J’arrête ici les considérations touristiques.

Dès mon arrivée j’ai pu discuter avec des responsables économiques français du secteur des TIC. Toutes les entreprises qui comptent sont présentes au Japon soit à travers des filiales soit par des bureaux de veille. Leur regard sur les réalités japonaises du secteur est plus mitigé qu’on l’aurait cru vu de France. Les équipementiers japonais pourtant très puissants ont raté le tournant des téléphones mobiles. L’importance du marché local fait paradoxalement leur faiblesse : ils pensent d’abord à définir des standards différents qui les handicapent dans un deuxième temps à l’export. Sur la télévision mobile, les avis sont partagés. Est-elle correctement financée par la pub ? Ou est-elle toujours en recherche de son modèle économique ? En tous cas le choix qui a été fait est celui de la télévision mobile terrestre, assez logiquement pour le pays le plus câblé du monde.

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