Les difficultés d’insertion professionnelle des docteurs en France ne sont pas nouvelles, les pouvoirs publics s’en inquiètent depuis les années 1980. En 2009, 10 % des titulaires d’un doctorat 2006 sont au chômage, contre 7 % des diplômés 2006 de niveau Master. La recherche en entreprise est dans une situation paradoxale : l’ensemble des docteurs y représente seulement 13,6 % contre 50 % pour les ingénieurs. Une situation à laquelle le rapprochement entre grandes écoles et Universités devrait mettre fin.
Depuis la fin des années 1990 la situation s’est néanmoins améliorée : près de la moitié des docteurs est employée dans le secteur privé, les docteurs en Lettres et Sciences humaines ont vu leur taux de chômage trois ans après l’obtention du doctorat passer de 20 % pour les diplômés de 1998 à 11 % pour les diplômés de 2004.
Depuis 2009, le Gouvernement a porté une attention accrue aux conditions d’encadrement des doctorants, dans des formations doctorales qui assurent le lien entre les équipes universitaires responsables des Masters et les laboratoires de recherche au sein desquels travaillent les doctorants. Les financements (CIFRE ou contrat doctoral) sont plus nombreux, y compris en sciences humaines et sociales : ils protègent à la fois de l’abandon en cours de diplôme et du chômage trois ans après le diplôme (6 % pour les doctorats financés). Après la thèse, les docteurs trouvent davantage de contrats post-doctoraux, en France comme à l’étranger, notamment dans le cadre des contrats de recherche de type ANR qui permettent le recrutement de non titulaires. Toutes évolutions qui vont dans le bon sens, à un moment où la démographie académique laisse prévoir un renouvellement profond des générations en trois ou quatre ans.
Pour en savoir plus :
» Les difficultés d’insertion professionnelles des docteurs : les raisons d’une ‘exception française’ « , Mohamed ARFI et Laudeline AURIOL, Centre d’analyse stratégique, Note de veille n°189, juillet 2010.







