
Tu viens ? sort demain en librairie. J’en ai reçu plusieurs dizaines d’exemplaires la semaine dernière, empilés dans des cartons. Je n’osais pas y toucher. Puis je me suis mise à les observer, à les ouvrir et à les apprivoiser enfin. C’était bien mon livre, mais démultiplié, cloné. J’en ai ouvert plusieurs pour rédiger mes premières dédicaces, plus émue sans aucun doute que ceux qui vont les recevoir.
Demain, il sera dispersé, envoyé dans des centaines de librairies. Dans des endroits où je ne suis jamais allée, où je ne connais personne. C’est une impression très étrange, où se mêlent à la fois de la fierté et de la fébrilité.
J’ai achevé la dernière version du manuscrit fin août, après un peu plus de six mois d’écriture. Des éditeurs m’avaient démarchée, déjà, pour me « commander » un livre, mais j’avais envie d’autre chose. J’avais envie d’écrire, à mon rythme, puis de frapper à la porte de l’éditeur qui me plaisait et m’impressionnait le plus.
J’ai hésité puis je me suis décidée à tenter ma chance en juin, en remettant à Antoine Gallimard les deux-tiers de ce qui allait devenir Tu viens ? Je me souviens d’avoir reçu un mot de lui un samedi. Un mail dans lequel il m’écrivait qu’il souhaitait publier le futur livre. Il parlait donc de « livre ». Je n’en revenais pas.
J’ai achevé en septembre les dernières corrections de mon manuscrit, puis après quelques temps le livre est donc arrivé. Le voilà qui existe et qui m’échappe déjà. Il va vivre sa vie ailleurs, loin de moi. Il ne me reste plus qu’à espérer qu’il trouve ses lecteurs, qu’on le lise, qu’il vous plaise.