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Au rythme des élèves

Mardi 28 septembre 2010 à 17:41 23 commentaires

ecoles

En septembre, l’intérêt pour l’école et l’éducation est toujours soutenu. C’est le moment où paraissent les classements internationaux, les indicateurs de l’OCDE, qui permettent d’apercevoir les particularités de notre système éducatif, et un certain nombre d’études sur la vie des élèves.

L’une d’entre elles m’a frappée : réalisée par l’Association de la fondation étudiante pour la ville, elle porte sur le rapport difficile que les collégiens des milieux populaires ont avec l’école : plus des trois-quarts d’entre eux y vont à reculons, une bonne partie des élèves souffrent d’inquiétude, de troubles du sommeil ou de maux de ventre. Ils voient le collège tour à tour comme un lieu d’ennui, d’humiliation ou de violence.

Beaucoup reste à faire pour l’école. Depuis 2007, le Gouvernement a réformé en profondeur l’Université, en la mettant sur la voie de l’autonomie ; il a recentré les programmes du primaire sur les acquis fondamentaux, il a amélioré le niveau de recrutement des enseignants (Master 2) et il a transformé le bac professionnel.

D’autres chantiers viennent d’être ouverts. Celui, indispensable, des « rythmes scolaires » : en France, nous soumettons nos enfants à des journées de travail beaucoup trop lourdes. Le nombre annuel de cours est très élevé par rapport à celui de nos voisins, mais le nombre de jours de cours est très faible. Le résultat de l’équation est simple : nos journées d’école sont épuisantes. Quant aux résultats scolaires de nos enfants, ils sont bien loin d’être les meilleurs de l’Union européenne.

Il faudra bien que l’on prenne un jour la décision de rallonger la semaine, de ne pas s’en tenir mordicus aux « quatre jours » et d’accepter de perdre une ou deux semaines de vacances dans l’année.

D’autres chantiers devraient être ouverts. Celui du collège, avant tout, dont on se dit qu’il pourrait gagner à être plus autonome, avec des équipes pédagogiques plus stables et plus soutenues. Plus accueillant et moins anxiogène pour les élèves ; plus attentif à la variété des parcours et des aptitudes. Nous devons débattre de ces questions, qui concernent tout autant l’institution scolaire que les familles, les pouvoirs publics et, au premier chef, nos enseignants. Sans doute faudra-t-il réfléchir à nouveaux frais à leurs missions et à la manière de revaloriser leurs carrières, dans tous les sens du terme. Ce sont quelques unes des questions dont le Mouvement Populaire traitera à la mi-novembre, lors de son premier grand « Rendez-vous » public, qui sera intitulé « Tout commence par l’éducation ».

Ne cédons pas à la tentation facile du « Facebook émissaire » !

Vendredi 21 mai 2010 à 10:27 45 commentaires

aperos geants

© Ministère de l’intérieur – DICOM
Photographe DELAMOTTE

Je débute ce billet dans un registre que vous n’attendiez sans doute pas de moi : je vais défendre Facebook ! Il faut avouer que les actualités concernant le plus célèbre des réseaux sociaux se télescopent. On ne parle ces jours-ci que des « apéros Facebook » et de leurs conséquences dommageables.

Je tiens à rappeler tout de suite que le Gouvernement n’a en aucune manière l’intention d’interdire les manifestations conviviales. Comme l’a indiqué mercredi Brice Hortefeux à l’issue d’une réunion consacrée à cette question, si le Gouvernement insiste sur le respect des règles d’organisation, c’est qu’il s’agit là du seul moyen d’éviter la mise en danger de la santé ou de la sécurité des participants. Oui à la fête, non aux drames !
Il ne s’agit pas de paroles en l’air : le décès d’un participant à Nantes la semaine dernière rappelle les risques liés à l’absorption excessive d’alcool.

Les apéros géants « spontanés » constituent l’occasion pour les participants de faire la fête, et il n’y a rien de mal à cela ; l’ennui c’est qu’il n’y a ni service d’ordre ni secours en cas de malaise ou d’accident.

Et Facebook dans tout ça ? Facebook est le médium par lequel les apéros sont lancés. Le réseau social ne porte aucune responsabilité quant à l’organisation de ces événements. Selon la loi (pour ceux qui veulent savoir, c’est la loi de 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, LCEN de son petit nom), un service qui donne aux internautes la possibilité de publier des données n’est en rien responsable des contenus ainsi mis en ligne. Il n’a pas d’obligation de surveillance de ces contenus.
Toutefois, si un de ces contenus lui est signalé comme illicite, il doit le retirer, faute de quoi sa responsabilité civile et pénale est engagée.

On ne peut donc pas reprocher à Facebook d’héberger des groupes appelant à organiser des apéros. Tout au plus pourrait-on lui reprocher de ne pas effacer l’invitation à un apéro qui lui aurait été signalé comme illicite, c’est-à-dire qui n’aurait pas fait l’objet d’une déclaration par les organisateurs aux autorités au plus tard 3 jours avant la date prévue, ou qui aurait été interdit par les autorités en raison de risques graves de sécurité.

N’accablons donc pas Facebook sur le thème des apéros géants. Ne l’accablons pas non plus pour une autre affaire dont on parle ces jours-ci, celle de deux personnes qui ont été licenciées par leur employeur pour avoir, sur Facebook et dans le cercle d’échanges privés, critiqué le management de leur entreprise.
Leur dialogue, qui n’était pas public, avait été transmis à l’employeur par un des « amis » ayant accès aux contenus en question.

Là encore, Facebook n’est pas responsable. Cette affaire nous rappelle opportunément que toute donnée mise en ligne sur Internet nous échappe, même lorsque l’on croit qu’elle est réservée à un cercle privé d’amis. Nos « amis Facebook » sont susceptibles de faire de ces données un usage que nous n’avions pas prévu, éventuellement à notre détriment, comme le montre ce litige. On attend avec intérêt la décision du conseil des prud’hommes de Boulogne-Billancourt, initialement prévue pour le 20 mai et renvoyée à une date ultérieure.

Il y a en revanche des reproches plus fondés à formuler envers Facebook concernant la protection des données personnelles.

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Porte de Versailles, Aïda chante l’agriculture française

Samedi 6 mars 2010 à 17:02 1 commentaire

salon agriculture

J’ai visité le Salon de l’Agriculture hier soir. Il est encore ouvert aujourd’hui et demain, je vous encourage à aller y faire un tour. Impossible de tout visiter en moins d’une demi-journée, c’est immense et d’une richesse invraisemblable.

Toutes les filières et tous les territoires sont rassemblés, c’est à la fois un panorama de l’agriculture française, des semences et des technologies, un véritable jardin zoologique où bovins (mes préférées, ce sont les Normandes) et ovins se disputent la vedette (j’oublie la basse-cour, dans laquelle on tombe dès l’entrée) et, il faut bien le dire, un festival pour les pupilles et les papilles.

On peut goûter à toutes sortes de produits, les éleveurs et les producteurs sont là pour nous guider, et découvrir un nombre incroyable de produits du terroir. J’ai bien sûr davantage visité les stands de l’Essonne, pour goûter les pots de miel aux cent saveurs de la Miellerie de Misery ou découvrir les nouvelles préparations de l’herbier de Milly ou encore le foie gras de Puiselet le Marais.

En se promenant dans les allées, on ne peut que se dire que l’agriculture est une véritable culture, à la croisée de l’ingéniosité humaine, du soin de l’environnement, du rapport à la nature. On est plongé aussi dans une véritable histoire, celle des rapports que les hommes entretiennent avec les autres vivants, végétaux et animaux, et celle de l’évolution des technologies.

Plus tard dans la soirée, rejointe par Xavier Bertrand, j’ai pu m’entretenir avec des agriculteurs. Nous sommes le premier pays agricole de l’Union européenne.
C’est ce que nous rappelle ce vaste Salon, en même temps qu’il nous dit la chance que nous avons et la responsabilité qui est la nôtre, au moment où bien des filières agricoles sont très durement frappées par la crise.

La diversité agricole est un trésor que nous allons devoir préserver. Il est menacé, c’est incontestable, mais il est à ce point au cœur de notre identité collective que d’y renoncer, ce serait renoncer à nous-mêmes. C’est ce que chante Aïda, la vache mascotte du Salon.


Visite du salon de l’agriculture
envoyé par NKM. – Regardez les dernières vidéos d’actu.

Un visage pour l’Europe

Jeudi 19 novembre 2009 à 18:48 7 commentaires

communautés européennes2009

Photo : Communautés européennes, 2009

Ce soir à Bruxelles, les dirigeants des vingt-sept pays européens se retrouveront pour désigner le « Président du Conseil » et le « Haut représentant pour les Affaires étrangères ». L’Europe des vingt-sept Nations, l’Europe et ses cinq cent millions d’habitants, ses vingt-trois langues : l’Europe se donnera ce soir une voix, pour la première fois de son histoire. C’est l’une des conséquences du nouveau traité de Lisbonne, enfin ratifié.

Les hésitations et les campagnes euro-sceptiques n’auront fait que ralentir un processus d’intégration qui ce soir à Bruxelles va franchir une étape décisive. Les contours de la fonction sont encore flous, et les prérogatives du Président du Conseil sont plutôt celles d’un représentant que d’un dirigeant, mais si les vingt-sept parviennent à se mettre d’accord, l’Europe se réveillera demain avec un nouveau visage, tout juste vingt ans après la chute du mur.

MAJ 20/11 : Ce seront donc Herman Van Rompuy et Catherine Ashton qui occuperont désormais les fonctions de premier Président du Conseil de l’Europe et Haut représentant pour les Affaires étrangères. Nous allons apprendre à les connaître.

La santé mentale, l’affaire de tous !

Jeudi 19 novembre 2009 à 11:21 13 commentaires

santementale

Au titre de ma casquette prospective, le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) m’a remis mardi un rapport sur ce que sont les déterminants du bien-être et les moyens de les favoriser : « La santé mentale, l’affaire de tous. Pour une approche cohérente de la qualité de la vie ».

J’ai d’autant plus d’intérêt pour ce sujet que Longjumeau a ouvert il y a deux mois un centre d’accueil et de crise pour les personnes en situation de détresse psychologique mais qui ne doivent pas être confondues avec ce qu’on appelle habituellement les malades mentaux. Cette « hospitalité pour éviter l’hospitalisation » comme le dit très bien Guy Dana, le psychiatre à l’origine et en charge de la structure, est une façon d’aider les personnes en situation de crise à prendre de la distance avec leur milieu habituel pour retrouver un minimum de sérénité. La thérapie est essentiellement axée sur la parole, par des entretiens individuels et des ateliers.

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