Débat hier matin, à l’Université d’été du Medef, consacré aux images numériques. Nous étions réunis, avec des communicants, des universitaires, des industriels et des blogueurs, pour réfléchir au statut des nouvelles images, à leurs nouveaux usages numériques. Débat de société on ne peut plus actuel, sur la prolifération des images, leur fabrication ou leurs détournements, et la manière dont le citoyen fait face à cette abondance, chaque jour.
En regardant quelques images truquées, quelques fakes célèbres sur la toile, nous avons évoqué les inquiétudes légitimes que suscitent les nouvelles pratiques culturelles, notamment en matière d’information. L’image numérique inspire de la réticence ou de la crainte, parce qu’on la regarde comme un objet superficiel, facile à détourner, dont les sources sont souvent incertaines.
Les risques existent, oui, mais des réponses sont peu à peu données, une pédagogie des usages s’invente. J’ai insisté sur ce point, en évoquant notamment les chantiers en cours sur la protection des données, le droit à l’oubli ou bien encore la défense de l’anonymat, à laquelle je suis attachée.
C’était une manière de rappeler, aussi, que l’image numérique est sans doute bien moins superficielle ou éphémère qu’on le dit. Dans le numérique, ce qui est plat, c’est l’écran. L’image, elle, a une histoire, celle de ce qu’elle représente et celle, surtout de ses usages. C’est sa « profondeur ». Et nous avons tous besoin d’apprendre à la connaître, pour en faire bon usage.
