Ma secrétaire n’en revient pas. Elle a vu dans mes affaires un catalogue de tricot. La fiche pour faire un bonnet péruvien, très exactement. Il est trop court devant, trop long derrière, il a plusieurs trous, mais je l’ai tricoté moi-même pour la tête de mon fils. Dans le train, dans la voiture, un rang à l’endroit, un rang à l’envers, tard le soir avant de me coucher. Dans l’espoir, naïf sans doute, que mon fils aura repéré le travail, et le portant pendant mes trop longues absences, se dira que même si je ne suis pas souvent là, je pense à lui. Heureusement, mon fils n’a pas encore l’âge que les copains d’écoles critiquent la dégaine des autres petits. Parce que franchement il est un peu drôle, le bonnet.