Victoire ! Le plan de relance ne fera pas l’impasse sur le numérique

Vendredi 15 mai 2009 à 15:35 1 commentaire

Comme l’attestent vos tweets et commentaires, vous avez noté que le plan de relance s’est doté d’un volet numérique. Pour tout vous dire, il n’était pas prévu à mon arrivée au Secrétariat d’État et il a fallu batailler ferme aux côtés de Patrick Devedjian pour l’obtenir. Les promesses du numérique en terme de croissance, de compétitivité, d’innovation sont telles qu’elles ne pouvaient rester ignorées plus longtemps.

Peut-être l’avez-vous remarqué, mais en France, pour faire sérieux dans le secteur du numérique il faut parler réseaux, tuyaux, hardware. Sans doute un vieux réflexe d’ingénieurs (et je m’y connais ! ) … Si les réseaux sont, certes, essentiels, il n’en reste pas moins que le secteur du numérique ne peut se résumer à cette question. Il est donc de ma mission de faire évoluer, notamment auprès de la classe politique, cette image restrictive des TIC vers une vision plus ouverte et globale qui intègre à part entière l’importance des services et des usages. Et sur ce front nous venons aussi de marquer des points. Outre le financement d’une partie réseau, nous avons également réussi à dégager des budgets pour développer de nouvelles applications.

Concernant les réseaux, il s’agit de préparer le développement économique de demain à travers la mise en place d’infrastructures très haut débit. Pour cela, la Caisse des Dépôts a été chargée de conduire la structuration de fonds propres pour développer ces réseaux, à hauteur de 750 millions d’euros sur trois ans. La Caisse des Dépôts aura un rôle mobilisateur, de coordination des acteurs privés et publics pour « fibrer » notre pays. Outre les emplois qui seront créés pour réaliser ces travaux, des milliers d’autres sont attendus liés aux services et aux échanges qui verront le jour grâce à ces réseaux.

Sur le terrain de l’innovation en matière de services et d’usages, je lancerai dans les prochains jours deux appels à projets respectivement sur le « serious gaming » à hauteur de 30 millions et le développement de plateformes Web 2.0 à hauteur de 20 millions d’euros.

Petites précisions pour ceux de mes amis qui seraient des utilisateurs d’Internet un peu à la manière dont Monsieur Jourdain usait de la prose.

Le serious gaming consiste à utiliser les techniques des jeux vidéos (scenarisation, narration, simulation, animation) pour développer des programmes non ludiques. Tout d’abord utilisé à des fins militaires, « le jeu sérieux » concerne aujourd’hui de plus en plus de secteurs. Ce peut être un simulateur de vol pour entraîner des pilotes, une méthode pour apprendre une langue étrangère, des exercices de stimulation cérébrale pour des malades souffrant d’alzheimer,… Et dans ce domaine, la France, avec trois des dix plus grands éditeurs mondiaux de jeux vidéo et des studios très pointus et reconnus internationalement, a de sérieux atouts à valoriser.

Quant au développement de nouvelles plateformes collaboratives Web 2.0, il s’appuie sur l’idée de créer des espaces d’échanges innovants entre les citoyens et les institutions. Partant du postulat que les administrations possèdent des trésors de données mais qu’elles ne sont pas les mieux placées pour optimiser leur exploitation du point de vue de l’usager. C’est dans cet esprit que le gouvernement britannique a lancé en 2008 un concours d’idées baptisé Show us a better way sur le thème « Et vous que feriez-vous avec l’information publique ? ». C’est également un des sujets que j’ai abordés avec l’équipe du président Obama, qui travaille actuellement au projet de portail, data.gov, fédérant les données publiques pour les rendre accessibles en ligne.

Mais le Web 2.0, ce sont aussi toutes les possibilités offertes aux entreprises pour mettre en place des outils collaboratifs afin d’améliorer l’efficacité du travail en interne, ou encore de permettre aux consommateurs de faire connaître leurs attentes ou leurs avis sur les produits vendus.

Pour tous les intéressés, sachez que je reviendrai sur ce sujet prochainement pour annoncer le lancement de ces deux appels à projets.

1 commentaire

Ajouter un commentaire :